Mat (auteur)

auteur de bande dessinée et illustrateur français

Mat, né Marcel Turlin le à Paris 8e et mort le à Nantes, est un auteur de bande dessinée et illustrateur français.

Mat
Biographie
Naissance
Décès
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Nationalité
Activités

Biographie

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Marcel Turlin naît le à Paris 8e[1]. Orphelin[2] de père et de mère, il est élevé par sa grand-mère maternelle et doit travailler dès son adolescence[3]. Après divers métiers, comme apprenti lithographe ou dessinateur en broderie, il est mobilisé et participe à la Première Guerre mondiale[3]. Envoyé dans les tranchées, il en sort gazé et fait plusieurs séjours dans les hôpitaux[3]. Il œuvre un temps dans une maison d'édition de luxe des Grands Boulevards, puis comme illustrateur technique aux usines d'aviation Bellanger à Levallois[3]. Parallèlement, il signe ses premiers dessins d'humour dans Le Carnet de la semaine (1917-1918) et dans Le Pays (1919-1920)[2].

En 1921, il entre au Canard enchaîné[2]. Dans les années 1920 et 1930, il multiplie ses collaborations dans de nombreux magazines et publie dans L'Œuvre, L'Aéro, L'Écho des Sports, L'Humanité, Le Journal Amusant, Le Rire, Le Pélican, Le Petit Parisien, Le Matin, Le Petit Journal, Paris-Soir, L'Intransigeant, Le Sport qui pique, Gringoire, Vasco, Dimanche illustré, L'Os à Moelle, Les Échos, Vivre, L'Ingénu, Marianne, L'Almanach National et dans diverses publications des éditions Offenstadt[3].

Si l'on excepte Les Joyeux Petits Lustucru, un récit en images publié au début des années 1920, il fait ses véritables débuts dans la bande dessinée en 1930. Cette année-là, il donne naissance à Pitchounet, fils de Marius dans Ric et Rac (albums à la Société parisienne d'édition (SPE), 1934-1939). Pour ce même périodique, il réalise Monsieur Soupolait, de 1938 à 1940. De 1934 à 1942, toujours pour la SPE, il conçoit de multiples personnages et séries comme César-Napoléon Rascasse (dans des publications comme l'Intrépide, Hardi !, L'Épatant, Junior et en recueils) ; Laurel et Hardy (scénarisé par Jean Frick, dans Cri-Cri, Boum !, L'As, Le Petit Illustré et en recueils) ; Les Aventures fantastiques du professeur Soupe, Monsieur Godichard, Monsieur Toufou, Nestor Labiscotte et son chien Pouic, Les Mésaventures d'Arsène inventeur et génie méconnu et Le Professeur Salsifi dans Junior; Le Trappeur d'anchois et Baby Pancrace athlète complet dans L'Épatant; Teddy Mops, ennemi public no 1 dans L'As… Sans oublier Oscar le petit canard, bande dessinée apparue en 1941 dans Fillette. Durant la Seconde Guerre mondiale, il se contente de réaliser quelques ouvrages inédits à la SPE et aux Éditions de l'Âme française[3]. Il collabore également au seul illustré pour la jeunesse paraissant en zone occupée Le Téméraire, un journal propageant ouvertement les idées de l'occupant.

De 1945 à 1952, il se lance à nouveau dans une production intensive[3]. On le retrouve dans Vaillant (Les Aventures de Biquet et Plouf, 1945), Wrill (Porcinet, le cochon de lait, Les Farces de Tutur et Tatave et Le Professeur Bigoudi, 1945-1949), Cap'taine Sabord (Les Formidables Exploits de Nestor le corsaire, 1947), France-Soir Jeudi (Youpla le joyeux kangourou, 1946), Fillette (reprise d'Oscar le petit canard à partir de 1946 ; albums à la SPE), Junior (Les Extraordinaires Aventures du professeur Nénufar, 1947), Fantasia (nouvelles aventures de Monsieur Soupolait), Pic et Nic (Papa Laglobule, Le Joyeux Vagabond, 1947). Coq hardi (Baby Baluchon, athlète complet, à partir de 1947), le Journal des Pieds Nickelés (Le Père Latignasse, Le Joyeux Clochard, 1948-1949), Baby Journal (Boubou le petit éléphant, 1948), Cricri Journal (suite de Bambou et Fanfan le petit ours blanc, 1949), Le Film complet (Les Aventures de Filmette, 1950-1951) et dans L'Épatant (Les Aventures préhistoriques de Tétar-Zan, sur un scénario de Lortac, 1951).

De 1952 à 1960, pour les éditions Rouff, il réalise trois séries d'albums, intitulées Bamboula, Bouclette, et Viviane)[3].

"Les Aventures de Bamboula" mettent en scène personnage correspondant au cliché du "garçon noir"; pommettes rondes, nez épaté et lèvres rouges parlant avec un fort accent, qui se retrouve en France métropolitaine après s'être caché dans la soute d’un avion. Alors publiés chez l’éditeur Rouff entre 1952 et 1960, l'album rencontre à l'époque de sa sortie un faible succès. Georges Fernandes, responsable des éditions de Varly l’explique par la position de Mat, qui aurait alors été "à contre-courant des idées de l’époque". Le contenu de l’album est, pour l’éditeur, "le contraire de la connotation raciste" , dans un contexte où il "n’était pas logique de dire du bien des hommes de couleur". Georges Fernandes reconnaît cependant le racisme du nom de l’album et de son héros, puisqu’il rappelle notamment que le terme de « Bamboula » est une « insulte en France », « Je pense qu’il est bon de replacer des mots dans un contexte historique pour savoir pourquoi ils sont interdits et ne doivent plus être utilisés. »

Le français approximatif du personnage de Bamboula et sa méconnaissance de la société occidentale donnent lieu à des "gags" jugés aujourd’hui pour beaucoup comme intolérables.

Ce qui a causé l'abandon de la réédition de l'album en 2018 ayant été annoncée par les éditions de Varly, spécialisées dans la réédition d’anciens albums, ayant eu pour projet de faire re-découvrir au public "Les Aventures de Bamboula", dans un recueil. La vision de l'éditeur ne fit pas l’unanimité, comme de nombreuses réactions indignées l’ont montré après l'annonce de cette ré-édition, notamment sur les réseaux sociaux, puis sur le site d’ActuaLitté, beaucoup ont jugé l’album raciste et fustigé le choix de le rééditer. La maison d’édition a renoncé à rééditer Les aventures de Bamboula dans un mail envoyé à la rédaction radio de La1ere, l’éditeur présente ses excuses à ceux qu’il a pu blesser. « Nous rappelons que ce n’était pas une création mais le projet d’une réédition d’un album qui est déjà disponible sur internet dans les sites de ventes d’occasions et aussi depuis plusieurs années sur le site de la cité de la BD d’Angoulême… » Et conclut : "Nous ne produirons pas l’album."

Il est également l'auteur de neuf recueils de Charlot (scénario de Montaubert), dessinés en alternance avec Pierre Lacroix et Jean-Claude Forest (éditions SPE), de Tonton Miroton (dans Fillette, 1952-1953), de Doudou, Ninette et Minou (dans Jocko et Pousticket, 1955-1956) et de Kid Poiplum (dans IMA, 1956-1957)[3]. Jusqu'en 1976, il officie dans plusieurs périodiques de la SPE, avec différentes reprises ou créations comme Charlot, Pitchounet, Oscar le canard, La Famille Mirliton, Bob Roll Mops, Doudou enfant terrible, Le Père Latignasse, Le Brigadier Sagace et Spa-Râ-Drâh, L'Hercule de la préhistoire (sa dernière création, 1967)[3].

Spécialisé dans l'humour et le loufoque, il laisse derrière lui plusieurs milliers de planches, traitées dans un style rond et simple, parmi lesquelles se distinguent celles consacrées aux personnages de César-Napoléon Rascasse, de Pitchounet, d'Oscar le petit canard[3] et autres personnages

Le festival d'Angoulême 1980 lui consacre une exposition rétrospective[4],[5].

L'éditeur De Varly débute en 2017 la réédition de l'ensemble de l’œuvre de Mat[6].

Toutefois, l'éditeur renonce à rééditer Les Aventures de Bamboula série nourrie de clichés coloniaux devant les protestations de personnalités comme le producteur radio Claudy Siar[7],[8].

Il meurt le à Nantes, à l'âge de 86 ans[1].

Notes et références

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  1. 1 2 Insee, « Relevé des fichiers de l'INSEE », sur Fichier des personnes décédées, (consulté le ).
  2. 1 2 3 « Mat - biographie © Bédés d'antan - bibliographie - photo », sur BD Gest' (consulté le ).
  3. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 Gaumer 2010.
  4. Pierre Pascal (int. par Henri Filippini), « Pierre Pascal parle d'Angoulême 7 », Schtroumpfanzine, no 36, , p. 13.
  5. Florent D., « Réédition des Aventures de Bamboula : une nécessité, vraiment ? », ActuaLitté, (consulté le ).
  6. Gilles Ratier, « Actualités : Les « Charlot » de Mat réédités… », BDzoom, (lire en ligne, consulté le ).
  7. Pierre Lacombe, « Les éditions de Varly veulent rééditer la bande dessinée "Bamboula" », francetvinfo.fr, (consulté le ).
  8. « Les éditions de Varly renoncent à rééditer la bande dessinée "Bamboula" », francetvinfo.fr, (consulté le ).

Voir aussi

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Bibliographie

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Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

Périodiques

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  • Henri Filippini, « Marcel Mat », Schtroumpfanzine, no 30, , p. 17-20.
  • Pierre Guérin, « Les Formidables Exploits de Mat-le-facétieux », Le Collectionneur de bandes dessinées, no 36, , p. 11-16.
  • Mat, « Souvenirs de Mat », Le Collectionneur de bandes dessinées, no 36, , p. 17-20.
  • Pierre Guérin et Claude Guillot, « Bibliographie de Mat », Le Collectionneur de bandes dessinées, no 36, , p. 21-23.

Liens externes

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