Mathieu Guezno
Mathieu-Claude Guezno de Botsey, né le à Audierne, mort le à Audierne, est un homme politique de la Révolution française.
| Mathieu-Claude Guezno de Botsey | |
| Fonctions | |
|---|---|
| Député du Finistère | |
| – (3 ans, 1 mois et 19 jours) |
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| Gouvernement | Convention nationale |
| Député au Conseil des Cinq-Cents | |
| – (4 ans et 2 mois) |
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| Biographie | |
| Date de naissance | |
| Lieu de naissance | Audierne, France |
| Date de décès | (à 76 ans) |
| Lieu de décès | Audierne, France |
| Nationalité | |
| Parti politique | Gauche Modérés |
| Profession | Négociant |
| députés du Finistère | |
| modifier |
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Biographie
modifierIssu d'une famille de la noblesse de robe originaire de Normandie qui est venu se fixer dans les environs de Carhaix au début du XVIIe siècle, son aïeul, qui porte le même nom que lui, signe en 1743 à l'acte de naissance de La Tour d'Auvergne, dont il est le parent et un très proche allié.
D'une branche peu fortunée, Guezno perd son père, négociant en grains, de bonne heure. Négociant à Audierne, il se livre au commerce des grains et du poisson.
Élu national
modifierIl manifeste des sympathies à l'égard des idées nouvelles, ce qui lui vaut d'être le rédacteur du cahier de doléances d'Audierne et d'être, choisi comme délégué par sa paroisse à l'assemblée de la sénéchaussée de Quimper pour l'élection des députés aux États généraux en 1789.
Élu administrateur du département du Finistère en juin 1790, il se charge des finances et parvient à faire rentrer dans les caisses du Trésor des sommes en souffrance.
Mandat à la Convention
modifierLa monarchie constitutionnelle, mise en application par la constitution du 3 septembre 1791, prend fin à l'issue de la journée du 10 août 1792 : les bataillons de fédérés bretons et marseillais et les insurgés des faubourgs de Paris prennent le palais des Tuileries. Louis XVI est suspendu et incarcéré, avec sa famille, à la tour du Temple.
En septembre 1792, Mathieu-Claude Guezno, alors procureur-syndic d'Audierne et membre du directoire, est élu député du département du Finistère, le troisième sur huit, à la Convention nationale[1].
Il siège sur les bancs de la Plaine. Lors du procès de Louis XVI, il vote en faveur de la mort et rejette l'appel au peuple et le sursis à l'exécution de la peine[2],[3] :
Je vote [...] pour la mort de Louis ; et en prononçant ce vœu terrible, je renouvelle, dans le sein des représentants de la nation, le serment de ne jamais exister sous un tyran, et de ne vivre désormais que pour combattre celui qui voudrait succéder au tyran que je condamne.
Le 13 avril 1793, il est absent lors du scrutin sur la mise en accusation de Jean-Paul Marat[4]. Le 28 mai, il vote en faveur du rétablissement de la Commission des Douze[5].
Représentant en mission
modifierLe 28 nivôse an II (17 janvier 1794), Mathieu-Claude Guezno est envoyé en mission aux côtés de Jean-Nicolas Topsent (député de l'Eure) à Rochefort (département de Charente-Inférieure) « pour y surveiller tous les travaux maritimes »[6]. Il est rappelé à la Convention le 28 floréal an II (17 mai 1794).
Le 7 brumaire an III (le 28 octobre 1794), il propose de limiter les dénonciations contre les représentants et demande l'établissement d'un délai de six mois au-delà duquel les comités ne peuvent refuser « communication à un représentant du peuple de la dénonciation qui avait été faite contre lui ».
Le 12 frimaire an III (2 décembre 1794), il est envoyé en mission aux côtés de Jacques Guermeur (député du Finistère) auprès des armées des côtes de Brest et des armées des côtes de Cherbourg.
Usant de son autorité sur le général Hoche, il fait prévaloir une politique de pacification et lui fait accepter le traité de La Mabilais. Sa mission prend fin pendant l'opération contre Quiberon, la veille de la prise du fort de Penthièvre.
Membre du Conseil des Cinq-Cents
modifierSous le Directoire, Mathieu-Claude Guezno est réélu député du Finistère et siège au Conseil des Cinq-Cents. Il est tiré au sort pour quitter le Conseil le 1er prairial an VI (le 20 mai 1798)[7].
Exilé
modifierAprès le coup d'État du 18 Brumaire, au terme de la législature, le , Guezno se retire à Audierne où il est receveur des douanes. Toutefois, sous la Seconde Restauration, frappé par la loi du 12 janvier 1816, qui condamne à l'exil les régicides ayant soutenu les Cent-Jours, il quitte la France pour Bruxelles.
De retour dans son pays natal en 1830, il devient conseiller municipal, s'occupant principalement de développer l'enseignement et meurt quelques années plus tard en 1839.
Il confie à Armand René du Châtellier les nombreux documents qu'il avait réuni sur la guerre de Vendée, qui servirent à son Histoire de la Révolution dans les départements de l'ancienne Bretagne[8].
Notes et références
modifier- ↑ Claveau, Louis, Ducom, André Jean (1861-1923), Lataste, Lodoïs (1842-1923) et Pionnier, Constant (1857-1924), « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 52, Liste des députés par départements »
, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le ) - ↑ Claveau, Louis, Ducom, André Jean (1861-1923), Lataste, Lodoïs (1842-1923) et Pionnier, Constant (1857-1924), « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 57, séance du 16 et du 17 janvier 1793 »
, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le ) - ↑ Froullé, Jacques-François (≃1734-1794) et Levigneur, Thomas (≃1747-1794), « Liste comparative des cinq appels nominaux. Faits dans les séances des 15, 16, 17, 18 et 19 janvier 1793, sur le procès et le jugement de Louis XVI [...] »
, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le ) - ↑ Claveau, Louis, Ducom, André Jean (1861-1923), Lataste, Lodoïs (1842-1923) et Pionnier, Constant (1857-1924), « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 62, séance du 13 avril 1793 »
, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le ) - ↑ Claveau, Louis, Ducom, André Jean (1861-1923), Lataste, Lodoïs (1842-1923) et Pionnier, Constant (1857-1924), « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 65, séance du 28 mai 1793 »
, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le ) - ↑ Aulard, François-Alphonse (1849-1928), « Recueil des actes du Comité de salut public, avec la correspondance officielle des représentants en mission et le registre du conseil exécutif provisoire. Tome 10 »
, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le ) - ↑ Gazette nationale ou le Moniteur universel n°167, « Conseil des Anciens et Conseil des Cinq-Cents, séance du 15 ventôse (5 mars) »
, sur https://gallica.bnf.fr, 17 ventôse an 5 (7 mars 1797) (consulté le ) - ↑ Armand Duchatellier (1797-1885), Histoire de la Révolution dans les départements de l'ancienne Bretagne, Paris, Desessart; Nantes, Mellinet, 1836
Voir aussi
modifierBibliographie
modifier- Paul Cornec, Audierne et le Cap-Sizun sous la Révolution, 2011, 424 p, Editions du Cap-Sizun, Audierne.
- Adolphe Robert, Edgar Bourloton et Gaston Cougny, Dictionnaire des parlementaires français, tome 3, Fes-Lav, p. 275-276, Bourloton, Paris, 1891.
- Jean Savina, Le conventionnel Guezno du Finistère, 1763-1839, 1928, 157 p. (rééd. augmentée d'une introduction de Paul Cornec, et de nombreuses annexes, Editions du Cap-Sizun, Audierne, 2013, 306 p.)
Liens externes
modifier- Ressource relative à la vie publique :
- Tombe de Matthieu Guesno - Audierne sur topic-topos d'après l'ouvrage de Flohic éd., Le Patrimoine des communes du Finistère.