Lamotte, de son nom complet Mathieu Tripold Lamotte, né le 15 juin 1751 à Belfort et mort le 22 octobre 1832 à Munich, est un maître d'armes et musicien français.

Fidèle ami et compagnon du Chevalier de Saint-George dans sa jeunesse, il est considéré par ses contemporains comme l'un des meilleurs escrimeurs de son époque. Lamotte a enseigné pendant des années cette discipline au sein d'écoles militaires et royales d'élite, à Paris, Milan et Munich. Il a été le professeur d'escrime d'Eugène de Beauharnais, vice-roi d'Italie.

Également corniste, Lamotte est successivement cor de la Musique du Roi à Versailles et Paris, sous Louis XVI, Napoléon et Louis XVIII.

Biographie

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Enfance

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Fils de Nicolas Tripold dit La Motte, trompette au régiment Colonel général, originaire de Thionville[1] et de Marie Gabrielle Lartilloux, Mathieu Lamotte naît le 15 juin 1751 à Belfort. Il est baptisé le lendemain à l'église paroissiale. On ne sait rien d'autre de sa jeunesse[1].

Du vivant de Saint-George

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En 1786 et 1787, Mathieu Lamotte participe à des prestations musicales à Versailles, au Concert de la reine, aux spectacles et à la Chapelle du roi. Il est corniste de la Musique du roi de 1788 à 1792[1].

Début octobre 1789, Saint-George et Lamotte sont en Angleterre, où ils font des assauts d'escrime. Lors de l'un de ces duels, ils s'affrontent l'un et l'autre en démonstration[2].

En 1790, Lamotte fait des assauts d'armes au Cirque du Palais-Royal ; il est présenté comme « Lamotte, musicien du roi, amateur et professeur d'armes »[3].

L'année suivante, en 1791, il fait des concerts à Lille avec Saint-George et Louise Fusil, reformant leur trio qui s'était précédemment produit lors de concerts à Amiens pour la Semaine sainte. Saint-George cherche à les faire jouer à Tournay, mais la ville refuse d’accueillir le chevalier[4].

Après la Terreur, de 1794 à 1796, Lamotte est corniste au Théâtre de l'Égalité[1]. En avril 1796, il participe à un assaut d'armes avec Saint-George au cirque du Palais-Royal[5].

D'après Fusil, Saint-George et Lamotte partent pour Saint-Domingue pendant la Révolution haïtienne. Le bruit court qu'ils y ont été pendus lors d'une émeute ; ils font leur retour en France à la surprise générale[6].

XIXe siècle

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De 1800 à 1802, Lamotte se rend à Agen pour des assauts d'escrime. Il affronte Jean Daressy et son élève, le jeune Louis Justin Lafaugère, qui le recroisera à Carcassonne. Lamotte, ce « maître d'une si grande réputation », y est décrit comme « l'un des tireurs les plus en vue de France »[7].

Lamotte est à Lyon le 5 floréal 1805 pour donner un concert et un assaut d'armes. Il est à ce moment-là premier cor de la chapelle de l'empereur et maître d'escrime du prince Eugène[8], et sera envoyé à Milan la même année par celui-ci pour y poursuivre ses activités[9].

À Milan

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Maître d'escrime de la cour et de la garde royale, Lamotte invite le public à des académies d'escrime au Teatro della Canobbiana[10]. Il est à la tête du collège militaire de Milan, ce qui froisse les maîtres d'armes milanais. Défié en duel par le maître Giuseppe Bianchi, il est vaincu devant le vice-roi et la noblesse. Bianchi décline généreusement de le remplacer au Collège après cette victoire et préfère s'installer à Pavie[11]. Lamotte restera près de 10 ans au service du vice-roi[12].

À Paris

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En 1814, il est nommé premier cor de la Chapelle du roi[1]. La même année, il fait partie des professeurs d'escrime parisiens qui donnent un assaut d'escrime rue de Grenelle le jour de Noël[13]. D'après Paul Thiébaut, Lamotte est « le plus fort des grands tireurs de cette époque et le seul contre qui [Fabien] n'eût pas l'avantage » (Fabien, de son nom complet Philippe-Victor Fabien, étant un maître d'armes parisien)[14]. L'année suivante, il affronte Gomard, un autre maître d'armes de renom, dans un assaut d'escrime très apprécié du public[15].

En 1815, Lamotte est professeur de musique[16] ; à partir de 1816, il est professeur d'escrime des pages du roi et deuxième cor de la chapelle du roi[17],[18],[19]. En 1821, alors qu'il est professeur d'escrime à Paris, il fait une démonstration d'escrime en Allemagne[12]. Il enseigne rue Boissy-d'Anglas en 1817, place du Palais-Royal entre 1820 et 1822, et rue Quincampoix en 1823[20].

Une chanson sur l'escrime, composée par Champein (père et fils), est dédiée à Lamotte[21].

À Munich

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D'après Louise Fusil, vers 1823, Lamotte vient à Munich, accueilli par Eugène de Beauharnais. Louis Ier de Bavière décide de l'engager à son service[22].

Il devient officiellement le professeur d'escrime des pages du roi, appointé par ce dernier, des princes, et celui de la princesse Augusta-Amélie de Bavière, épouse d'Eugène[23]. Lamotte se remarie à Munich en 1829 avec une allemande[24] et y meurt le 22 octobre 1832, à 81 ans[25].

Vie privée

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Mariages

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Lamotte s'est marié plusieurs fois au cours de sa vie, avec :

  • Julie Caudrier, en 1772 à Amiens (à l'âge de 21 ans)[1]
  • Marie Victoire Corbet, en 1792 à Saint-Denis (à l'âge de 41 ans, étant veuf)[1]
  • Marie Louise Lerouge, en 1820 à Paris (à l'âge de 69 ans, étant veuf)[1]
  • Maria Anna Franziska Trenker, en 1829 à Munich (à l'âge de 78 ans, étant veuf)[24]

Relation avec Saint-George

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Lamotte était le compagnon inséparable du Chevalier de Saint-George, leur relation étant comparée à celle d'Oreste et Pylade[26]. La référence à ces héros grecs pouvant avoir une connotation homosexuelle, certains, comme l'historien Didier Godard, voient en cette amitié ambiguë le signe d'une liaison amoureuse entre les deux hommes[27]. Un « Lamothe » est cité dans Les enfans de Sodome à l'Assemblée Nationale, un pamphlet satirique de 1790 qui désigne comme homosexuelles des personnalités de l'époque ; L'écrivain Patrick Cardon identifie cet homme comme étant le compagnon de Saint-George[28].

Notes et références

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  1. 1 2 3 4 5 6 7 8 « LAMOTTE, Mathieu (1751-1825 ap.) / Notices / MUSEFREM - Base de données prosopographique des musiciens d'Église en 1790 / Bases prosopographiques / Publications / Accueil - Portail PHILIDOR », sur philidor.cmbv.fr (consulté le )
  2. (en) The British Mercury Or Annals of History, Politics, Manners, Literature, Arts Etc. of the British Empire, Hoffmann, (lire en ligne), p. 85-86
  3. Réimpression de l'Ancien Moniteur depuis la réunion des Etats-Généraux jusqu'au Consulat (Mai 1789 - Novembre 1799)., Au bureau central, (lire en ligne), p. 188
  4. Louise Fusil, Souvenirs d'une actrice, Société Belge de Librairie, (lire en ligne)
  5. « Spectacles du 30 Germinal, an 4 de la Républ. Franç. une et indivisible », sur www.retronews.fr, Journal de Paris (consulté le )
  6. Erreur de référence : Balise <ref> incorrecte : aucun texte n’a été fourni pour les références nommées ":1 details=p. 128-129"
  7. Société d'agriculture, sciences et arts d'Agen, Revue de l'Agenais. Bulletin de la Société d'agriculture, sciences et arts d'Agen, (lire en ligne), p. 377-378
  8. Bulletin de Lyon (1802), de l'Imprimerie de Ballanche père et fils (lire en ligne), p. 249-250
  9. Journal de Paris, Journal de Paris, (lire en ligne), p. 2317
  10. Bulletin de la Société de l'histoire du théâtre, Slatkine Reprints, (lire en ligne), p. 44
  11. (it) Carlo Pilla, Arte e scuole di scherma, Compositori, (lire en ligne), p. 28
  12. 1 2 (de) Münchener politische Zeitung: mit allerhöchstem Privilegium. 1821, Wolf, (lire en ligne), p. 1630
  13. Journal des débats, (lire en ligne), p. 5
  14. Paul Thiébault, Mémoires du général Baron Thiébault, Plon-Nourrit et Cie, (lire en ligne), p. 151
  15. Gazette de France, (lire en ligne), p. 987
  16. (it) Wolfgang Amadeus Mozart, Il ratto del seraglio: dramma giocoso in tre atti, Frey, (lire en ligne)
  17. « Almanach royal... : présenté à Sa Majesté, par Testu », sur Gallica, (consulté le ), p. 464
  18. Conservatoire national de musique et de déclamation (France), Le Conservatoire national de musique et de déclamation; documents historiques et administratifs, recueillis ou reconstitués par Constant Pierre, sous-chef du secrétariat, Impr. nationale, (lire en ligne), p. 209
  19. New York Public Library, Almanach des 25000 adresses des principaux habitans de Paris ..., Panckoucke., (lire en ligne), p. 352
  20. Henri Daressy, Archives des Maitres d'Armes de Paris, Quantin, (lire en ligne), p. 120
  21. Le souvenir des Ménestrels: contenant une Collection de Romances inédites, enrichies de gravures, Au Magasin de Musique de la Lyre Moderne, (lire en ligne), p. 112
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  23. (de) Lamotte, « 577 », sur www.deutsche-digitale-bibliothek.de, Münchener Conversations-Blatt, (consulté le ), p. 4
  24. 1 2 (de) Bayern Polizeidirektion (München), Königlich Bayerischer Polizey-Anzeiger von München: 1829, Königl. Bayer. Polizey-Dir., (lire en ligne), p. 123
  25. (de) Bayern Polizeidirektion (München), Königlich Bayerischer Polizey-Anzeiger von München: 1832, Königl. Bayer. Polizey-Dir., (lire en ligne), p. 1177
  26. Erreur de référence : Balise <ref> incorrecte : aucun texte n’a été fourni pour les références nommées ":1 details=p.125"
  27. Didier Godard, L'amour philosophique : l'homosexualité masculine au siècle des Lumières, H&O, (présentation en ligne), p. 71
  28. Patrick Cardon, Les enfans de Sodome à l'Assemblée nationale (1790), QuestionDeGenre/GKC, (ISBN 978-2-908050-60-8, lire en ligne), p. 62

Voir aussi

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