Mathilde d'Angleterre (1156-1189)

duchesse de Saxe et de Bavière
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Mathilde d'Angleterre, née à Londres en [1] et morte le [2] à Brunswick en Saxe, est une princesse de la maison Plantagenêt, fille du roi Henri II d'Angleterre et d’Aliénor d'Aquitaine. Après avoir épousé Henri le Lion en 1168, elle est duchesse de Saxe et de Bavière jusqu'à la chute de son mari en 1180.

Mathilde d'Angleterre
Image illustrative de l'article Mathilde d'Angleterre (1156-1189)
Enluminure issue du Genealogical roll of the kings of England vers 1300/1308. British Library, Royal MS 14 B VI.

Titre duchesse de Saxe
(février 1168 - 13 avril 1180)
Autre titre duchesse de Bavière
Souverains Frédéric Barberousse
Suzerains Frédéric Barberousse
Biographie
Dynastie Plantagenêt
Naissance
Londres
Décès
Brunswick (Basse-Saxe)
Père Henri II d'Angleterre
Mère Aliénor d'Aquitaine
Conjoint Henri le Lion
Enfants Mathilde de Saxe ( 1172-1209) Henri (1173 † 1227), Otton IV (1174 † 1218) et Guillaume de Lunebourg (1183 † 1214)

Biographie

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Le troisième enfant et la première fille du roi Henri II (1133-1189) et d’Aliénor d'Aquitaine (v.1124-1204), Mathilde est la sœur aînée de Richard Cœur de Lion et de Jean sans Terre[3]. Elle est baptisée par l'archevêque Thibaut de Canterbury dans l'église de la Sainte-Trinité d'Aldgate. Elle vit à partir de 1160 avec sa mère Aliénor à la cour d'Henri II en Normandie. Au début de l'année 1163, Mathilde doit regagner l'Angleterre avec ses parents.

Scène de couronnement d'Henri et Mathilde, Évangéliaire d'Henri le Lion (vers 1188).

Dès 1157 déjà, l'empereur Frédéric Barberousse poursuit l'amélioration des relations avec l'Angleterre et les Plantagenêts en détachant des envoyés à la cour de Henri II. En retour, des ambassadeurs anglais participent à la Diète d'Empire à Wurtzbourg. Les deux souverains se sont rapprochés en raison de leur conflit commun contre le pape Alexandre III. Au printemps 1165, Frédéric envoie son archichancelier, l’archevêque de Cologne Rainald von Dassel, à Rouen : il conclut les fiançailles de Frédéric, le fils de l'empereur âgé seulement d'un an, avec la princesse Aliénor, tandis que le plus puissant vassal de l'empereur, le duc Henri le Lion, souverain de Saxe et de Bavière (qui vient de divorcer d'avec Clémence de Zähringen en 1162) épouse, lui, la princesse Mathilde ; le prince Frédéric, mort prématurément en 1170, ne devait jamais épouser la princesse Aliénor.

Âgée de seulement 11 ans, Mathilde prend la mer à la fin de l'été 1167, escortée de trois nefs chargées de présents et d'une foule de courtisans, et sa mère l'accompagne jusqu'en Normandie[4] ; son futur mari a environ vingt-cinq ans de plus qu'elle. Les noces, somptueuses, sont célébrées par l'évêque Werner le à la cathédrale de Minden. Les festivités se poursuivirent à la cour saxonne de Brunswick. La dot fait du duc guelfe l'un des princes les plus riches de son temps. Accompagné par les archevêques Philippe de Heinsberg et Chrétien de Bûche, le couple se rend à Rouen en septembre ; toutefois, les négociations sur une alliance militaire contre la papauté et le roi Louis VII de France n'aboutissent face à la résistance du clergé anglais, avec à sa tête l'archevêque Thomas Becket.

Lorsque Henri le Lion part en pèlerinage vers la Terre sainte en 1172, Mathilde s'acquitte de ses tâches de représentation. Elle soutient les projets de son mari visant à aménager la ville de Brunswick en une somptueuse résidence. Après l'assassinat de Thomas Becket, elle s'engage auprès du pape Alexandre III pour sa canonisation achevée en 1173. Cette même année débute la construction de la cathédrale de Brunswick — l'église a été consacrée le et Thomas Becket en est fait son patron.

En 1182, Frédéric Barberousse bannit le couple de l’empire[5].

Le roi Henri, son père, met alors le château d’Argentan à sa disposition (d’où elle rend visite à sa mère, alors prisonnière en Angleterre). Au château en Normandie, Bertrand de Born lui rend hommage ainsi :

« L’ennui et la vilenie d’Argentan m’aurait tué sans faute, mais le gentil corps amoureux, le doux visage compatissant et la bonne compagnie de la Saxonne me protégeaient. »

D’ailleurs, le poète français témoigne dans deux chansons de la beauté de la duchesse[6].

En , le couple réside au château de Winchester où Mathilde accouche de Guillaume de Lunebourg. Sa mère Aliénor séjourne auprès d'elle. Le roi Henri II négocie alors le retour en grâce du couple auprès de l'empereur Frédéric Barberousse et , au printemps 1185, Henri le Lion et Mathilde peuvent retourner dans leurs terres. Aliénor obtient l'autorisation de les accompagner jusqu'en Normandie[5].

Mathilde meurt à Brunswick, en 1189, à peine trentenaire[5].

Famille et descendance

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Elle épouse le , à l'âge de onze ans, Henri le Lion († 1195), duc de Saxe et de Bavière, dont elle a six enfants[7] :

Notes et références

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  1. Edmond-René Labande, Pour une image véridique d’Aliénor d’Aquitaine, réédité avec une préface de Martin Aurell par la Société des antiquaires de l'Ouest-Geste éditions, 2005, 165 p., (ISBN 2-84561-224-9), p. 127.
  2. Kate Norgate, « Matilda, duchess of Saxony (1156–1189) », révisé par Timothy Reuter, Oxford Dictionary of National Biography, Oxford University Press, 2004. Consulté le 6 mai 2013.
  3. Aurell 2024, p. 42-43.
  4. Aurell 2024, p. 45.
  5. 1 2 3 Aurell 2024, p. 55.
  6. Gérard Lomenec'h, Aliénor d'Aquitaine et les troubadours, Sud Ouest, , 189 p. (ISBN 9782879012223), p. 118-120.
  7. Georges Minois, Richard Cœur de Lion, Perrin, , p. 103.

Bibliographie

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  • (en) Jitske Jasperse, « Matilda, Leonor and Joanna: the Plantagenet sisters and the display of dynastic connections through material culture », Journal of Medieval History, vol. 43, no 5, , p. 523-547. (DOI https://doi-org/10.1080/03044181.2017.1378918)
  • Martin Aurell, Aliénor d'Aquitaine Souveraine femme, Paris, Flammarion, Grandes Biographies, , 503 p. (ISBN 978-2-0804-6324-1)

Liens externes

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