Matérialisme politique

Le matérialisme politique (en espagnol materialismo político) est une expression de la philosophie politique de langue espagnole qui désigne toute conception tenant pour essentiels, et non pour simplement accidentels, les contenus matériels — territoriaux, économiques et sociaux — sur lesquels se constitue une société politique. Dans la terminologie systématisée par le philosophe Gustavo Bueno, il s'oppose au formalisme politique, qui réduirait le politique aux relations formelles de pouvoir[1],[2]. Depuis 2020, le terme désigne aussi, et surtout, la proposition théorique du politologue espagnol Santiago Armesilla, qui l'emploie pour nommer une articulation entre le matérialisme historique de Karl Marx et le matérialisme philosophique de Bueno, connue sous l'abréviation « MatPol »[3],[4].

Histoire du terme

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L'expression est attestée dans la polémique politique espagnole dès les années 1830, dans des textes de 1833 et 1834, sans que sa création puisse être attribuée à un auteur déterminé. Au XIXe siècle, elle est employée dans un sens non technique, dans des contextes de controverse idéologique[1].

Son élaboration théorique systématique est bien plus tardive et revient à Gustavo Bueno, qui en fait une catégorie de son matérialisme philosophique[1]. À partir de 2020, Santiago Armesilla reprend le terme pour nommer un système visant à fusionner le marxisme et la philosophie de Bueno ; c'est dans ce second sens que l'expression s'est diffusée dans le monde hispanophone, surtout par des livres, des cours et des médias audiovisuels[3],[5].

La formulation de Gustavo Bueno

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Formalisme et matérialisme politique

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Bueno expose la distinction entre formalisme et matérialisme politique dans son Primer ensayo sobre las categorías de las « ciencias políticas » (« Premier essai sur les catégories des “sciences politiques” », 1991), dont la partie ontologique consacre une section particulière à cette question[2].

Il y définit le matérialisme politique comme toute conception qui tient pour essentiel le corps qui enveloppe le noyau de la société politique[1]. Pour Bueno, le noyau de la société politique est le pouvoir qui l'organise et en assure la cohésion, mais ce noyau n'existe jamais dans le vide : il est toujours enveloppé par un corps formé d'un territoire, d'une population, de ressources et de relations avec d'autres sociétés. Les conceptions formalistes traitent ce corps comme un simple support extérieur, interchangeable ou accidentel ; le matérialisme politique soutient au contraire que le corps fait partie de l'essence même de la société politique et que le pouvoir ne peut être compris séparément de lui[2].

Les couches du corps de la société politique

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La distinction repose sur l'analyse du corps des sociétés politiques, que Bueno articule par une théorie des couches. La couche conjonctive comprend les relations entre les individus et les groupes qui forment la société ; la couche basale comprend le territoire et les ressources dont vit cette société et qu'elle transforme par le travail ; la couche corticale comprend les relations de la société avec les autres sociétés politiques et avec son environnement, y compris la défense face à elles[2].

Les axes de l'espace anthropologique

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Cette théorie des couches correspond aux trois axes de l'espace anthropologique que Bueno utilise dans l'ensemble de son œuvre : l'axe circulaire, qui concerne les relations des hommes entre eux ; l'axe radial, qui concerne leurs relations avec la nature et les choses ; et l'axe angulaire, qui concerne leurs relations avec d'autres êtres dotés de volonté (les animaux et, au sens large, d'autres sociétés agissant comme sujets)[2].

Dans cette perspective, une conception formaliste de la politique ne s'intéresserait qu'à l'axe circulaire, c'est-à-dire aux relations de pouvoir et aux formes juridiques ou institutionnelles, tandis qu'une conception matérialiste tient pour constitutifs les contenus des axes radial et angulaire[1].

Les branches et les couches du pouvoir

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Dans le même essai, Bueno classe le pouvoir politique en neuf branches, trois pour chaque couche. À la couche conjonctive correspondent les pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire, c'est-à-dire la séparation classique des pouvoirs de la tradition libérale ; à la couche basale, les pouvoirs gestionnaire, planificateur et redistributif, qui s'occupent de la production et de la répartition des ressources ; à la couche corticale, les pouvoirs militaire, fédératif et diplomatique, qui s'occupent des relations avec les autres sociétés[2]. Par cette classification, Bueno entend montrer que la théorie libérale de la séparation des pouvoirs, en se limitant à la couche conjonctive, est un exemple de formalisme politique, puisqu'elle laisse de côté l'économie et les relations internationales, qui sont tout aussi constitutives de l'État[2].

Société naturelle et société politique

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Le matérialisme politique de Bueno repose aussi sur la distinction entre sociétés naturelles et sociétés politiques. Les premières sont des groupes humains organisés par la parenté, le voisinage ou la coutume, qui n'ont pas besoin d'un pouvoir séparé pour se maintenir ; les secondes apparaissent lorsque, au-dessus de ces sociétés, surgit un pouvoir capable de coordonner des groupes différents, de contrôler un territoire et de le défendre contre d'autres. Pour Bueno, la société politique ne naît pas d'un contrat entre individus, comme le soutiennent les théories contractualistes, mais de la nécessité d'organiser la production, la répartition des ressources et la défense d'un territoire concret : son origine est matérielle et non formelle[2]. L'État serait la forme la plus développée de la société politique, et son existence est toujours liée à l'appropriation d'un territoire face à d'autres sociétés, ce qui explique le poids que l'axe angulaire et la couche corticale ont dans cette théorie, poids qu'ils n'ont pas dans les conceptions formalistes[1].

Eutaxie

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Un autre concept central de la théorie politique de Bueno est l'eutaxie, terme par lequel il désigne le bon ordre d'une société politique, mesuré à sa capacité de se maintenir dans le temps. Face aux théories qui jugent un régime selon sa légitimité formelle (par exemple son caractère démocratique), Bueno propose d'évaluer les sociétés politiques selon leur eutaxie, c'est-à-dire leur aptitude à conserver et reproduire leur propre corps[2].

Empires générateurs et empires prédateurs

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Dans España frente a Europa (« L'Espagne face à l'Europe », 1999), Bueno applique ces concepts à l'histoire et distingue les empires prédateurs, qui exploitent les territoires et les peuples qu'ils dominent sans les élever à leur propre niveau, des empires générateurs, qui reproduisent dans les territoires incorporés leurs propres institutions et finissent par engendrer de nouvelles sociétés politiques. Bueno range l'Empire romain et la monarchie hispanique dans le second groupe[6]. Cette distinction, qui tient compte du territoire, de la population et de la production des peuples dominés, est une application du matérialisme politique à la philosophie de l'histoire.

Les générations de la gauche

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Dans El mito de la izquierda (« Le mythe de la gauche », 2003), Bueno soutient qu'il n'existe pas une seule « gauche », mais plusieurs générations de gauches définies par leur rapport à l'État et par la manière dont elles transforment sa couche basale : les gauches jacobine, libérale, anarchiste, social-démocrate, communiste et asiatique, auxquelles s'ajoutent les gauches « indéfinies » ou « extravagantes » qui ne visent pas la prise de l'État[7]. Cette classification a été reprise par les auteurs du matérialisme politique pour critiquer l'idée d'une « unité de la gauche »[8].

Le matérialisme politique de Santiago Armesilla

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Origine

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Santiago Armesilla (Madrid, 1982), politologue et docteur en économie de l'université complutense de Madrid, présente le matérialisme politique dans son livre La vuelta del revés de Marx. El materialismo político entretejiendo a Karl Marx y Gustavo Bueno (« Le renversement de Marx. Le matérialisme politique entrelaçant Karl Marx et Gustavo Bueno », 2020)[3],[5]. Le titre fait allusion à la postface de la deuxième édition du premier livre du Capital (1873), où Marx expliquait avoir remis sur ses pieds la dialectique de Hegel, qui chez celui-ci marchait sur la tête[3].

Le « renversement de Marx »

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Gustavo Bueno avait à son tour proposé de renverser Marx sur plusieurs points fondamentaux : l'idée de matière, la dialectique elle-même, le rapport entre base et superstructure, le rapport entre l'État et la lutte des classes, l'idée d'aliénation et les idées de socialisme et de communisme. Selon Bueno, il serait ainsi possible de débarrasser le marxisme de ce qu'il conserverait encore d'idéalisme[3].

Armesilla soutient que, si l'on lit Marx à partir de Bueno en comparant les textes des deux auteurs, on découvre que le renversement proposé par Bueno était déjà réalisé, dans ses aspects fondamentaux, dans les textes de Marx, d'Engels et d'autres auteurs marxistes, et que l'apport de Bueno consisterait surtout à appliquer sa propre terminologie à des idées qui s'y trouvaient déjà. À partir de ce constat, Armesilla propose une « fusion nucléaire » des deux systèmes, le matérialisme historique et le matérialisme philosophique, qui permettrait de retrouver le noyau révolutionnaire de Marx : cette fusion est le matérialisme politique[3].

Objectif

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Selon Mariano Utín, coauteur avec Armesilla du manuel du premier cours consacré à la discipline, l'objectif du matérialisme politique est une compréhension matérielle, plurielle, concrète, dialectique, historique et politique de la réalité, en vue de sa mise en œuvre politique au sens fort dans un État-nation d'échelle civilisationnelle, ou « empire générateur », afin de la transformer radicalement à la plus grande échelle possible[4].

Principes

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Les textes du matérialisme politique résument sa position ontologique par la formule « tout ce qui est réel est matériel et tout ce qui est matériel est réel », et présentent Marx et Bueno comme les deux piliers du système : Marx apporterait la critique de l'économie politique et du capitalisme, Bueno un système philosophique capable d'offrir une carte générale de la réalité[9]. Du matérialisme philosophique, le matérialisme politique hérite le pluralisme ontologique (la réalité ne se réduit pas à un seul type de matière), la théorie des trois genres de matérialité, la théorie de la fermeture catégorielle des sciences et la distinction entre couches et branches du pouvoir. Du matérialisme historique, il hérite la critique de l'économie politique, l'analyse de la marchandise et du travail salarié, et l'objectif d'abolir ce dernier[3],[9].

À la différence du marxisme-léninisme classique, le matérialisme politique renonce au matérialisme dialectique comme ontologie générale, considérant, avec Bueno, que son monisme est un héritage idéaliste. C'est ce point qui a suscité le plus de critiques de la part du marxisme orthodoxe[10].

Économie politique

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Avant de formuler le matérialisme politique, Armesilla avait consacré plusieurs livres à la critique de l'économie conventionnelle : Crítica de la microeconomía política (2014), Trabajo, utilidad y verdad (2015), La economía en 100 preguntas (2018) et Breve historia de la economía (2019)[11]. Il y discute les fondements de la microéconomie néoclassique depuis la tradition de la critique de l'économie politique de Marx ; cette ligne de travail passe dans le matérialisme politique comme l'une de ses composantes : l'économie n'y est pas traitée comme une science séparée de la politique, mais comme le contenu de la couche basale des sociétés politiques, c'est-à-dire la partie de la vie de l'État qui s'occupe de produire et de répartir les ressources[3],[2].

De ce point de vue, le matérialisme politique soutient que le capitalisme ne peut pas être analysé seulement comme un système de rapports de classes à l'intérieur d'un pays, car les économies nationales dépendent de leur position face aux autres États, de leur accès aux matières premières et aux marchés, et de leur capacité militaire et diplomatique. C'est pourquoi ses auteurs accordent tant d'importance à l'échelle des États et à la formation de grands blocs[12],[13].

Nation, État et empire

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L'un des traits distinctifs du matérialisme politique est l'importance qu'il accorde à la nation politique et à l'État. Armesilla distingue la nation au sens politique, constituée historiquement comme sujet de souveraineté, de la nation au sens ethnique, et critique les mouvements qui, en se fondant sur la seconde, cherchent à fragmenter des États existants[14]. Dans Lenin. El gran error que hizo caer la URSS. Una crítica marxista al derecho de autodeterminación (2024), il soutient que le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes est une fiction juridique et une stratégie idéologique servant à légitimer l'intervention géopolitique, et que sa reconnaissance dans la Constitution soviétique a contribué à la dislocation de l'URSS[15].

Sur le plan géopolitique, Armesilla propose d'organiser le monde en « plateformes continentales », grands États ou unions d'États capables de rivaliser avec les puissances d'échelle continentale, idée qu'il avait déjà formulée en 2008 dans la revue El Catoblepas[12]. Pour le monde hispanophone et lusophone, cette plateforme serait l'Iberofonía, union intercontinentale des pays de langue espagnole et portugaise, qu'Armesilla développe dans Iberofonía y socialismo (2022) et présente comme une alternative au capitalisme anglo-germanique[13],[5].

Les gauches et l'étiquette « rouge-brun »

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Suivant la classification de Bueno dans El mito de la izquierda, Armesilla rejette l'idée d'une gauche unique et, avec elle, l'étiquette de « rouge-brun » (rojipardo) que lui appliquent ses critiques, qu'il considère comme un produit du mythe de l'unité de la gauche[8]. Le quotidien ABC a rangé Armesilla parmi les communistes conservateurs dans la défense de la nation et de la famille mais radicalement anticapitalistes sur le plan économique, et a rapporté l'avis de l'éditeur Miguel Riera, directeur d'El Viejo Topo, pour qui cette étiquette ne veut pas dire grand-chose[16]. El Periódico a situé la polémique dans la « guerre culturelle » de la gauche radicale espagnole[17].

Applications

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Les auteurs du matérialisme politique l'ont appliqué à la philosophie, à la géopolitique, à l'histoire, à l'économie, à l'anthropologie et à la critique de la culture. Outre ses livres, Armesilla diffuse ces analyses sur une chaîne YouTube à son nom, où il a interviewé des auteurs comme Pedro Baños, Marcelo Gullo, Juan Manuel de Prada ou Diego Ruzzarín[11]. Dans le domaine historique, le matérialisme politique a été employé pour critiquer la légende noire espagnole, qu'Armesilla considère comme une idéologie visant à fragmenter l'Espagne et l'Amérique hispanique[5].

Enseignement et diffusion

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L'Institut Beatriz Galindo – La Latina, centre de recherche et d'enseignement dirigé par Armesilla, développe le matérialisme politique comme cadre théorique pour la recherche en sciences humaines et sociales et propose un cours d'expert dans cette matière[11],[18]. Le manuel du premier cours est Conceptos fundamentales del materialismo político (2024), écrit par Armesilla et Mariano Utín[11].

Sur le plan politique, le matérialisme politique est la base doctrinale de Vanguardia Española, section espagnole des Vanguardias Iberófonas, mouvement présent dans plusieurs nations de langue espagnole et portugaise, dont Armesilla est secrétaire général[11],[19].

La diffusion du matérialisme politique s'est largement appuyée sur Internet. La chaîne YouTube d'Armesilla, où il applique cette théorie à l'actualité politique, à l'histoire et à la géopolitique, comptait plus de 317 000 abonnés selon la notice biographique de ses éditeurs[11]. Outre les vidéos thématiques, la chaîne diffuse des émissions en direct avec des invités d'horizons idéologiques divers, ce qui a contribué à faire connaître le terme hors des cercles universitaires liés au matérialisme philosophique. Armesilla a aussi participé à des émissions de télévision nationales et publié des articles dans la presse et dans des revues universitaires[11].

Parmi les ouvrages d'Armesilla liés au matérialisme politique figurent El marxismo y la cuestión nacional española (2017), La vuelta del revés de Marx (2020), Iberofonía y socialismo (2022), Conceptos fundamentales del materialismo político (2024), Lenin. El gran error que hizo caer la URSS (2024) et Escritos de juventud (2005-2016) (2025), qui rassemble ses premiers textes[11],[9].

Critiques

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Le matérialisme politique a été critiqué de deux côtés. Du côté du marxisme-léninisme orthodoxe, un document de travail publié en 2026 par un chercheur lié à l'université de Valence soutient que la fusion du matérialisme historique et du matérialisme philosophique est impossible sans le matérialisme dialectique, pour trois raisons : l'opposition entre le monisme du matérialisme dialectique et le pluralisme du matérialisme philosophique ; l'origine matérielle de l'abstrait dans le premier face au caractère intemporel des objets du troisième genre de matérialité dans le second ; et l'opposition entre le critère d'objectivité du marxisme et le critère d'opérativité issu de Bueno[10]. Le même texte accuse Armesilla de déformer des sources classiques, comme la définition de la nation de Staline ou certains textes d'Engels, et conclut que son projet ne met pas à jour le marxisme-léninisme mais le remplace par les présupposés de Bueno, dans un exercice de révisionnisme comparable à celui d'Eduard Bernstein[10].

D'autres secteurs de la gauche ont qualifié le matérialisme politique de « rouge-brun », parce qu'il combine l'anticapitalisme avec la défense de la nation, de l'État et de la tradition catholique, étiquette que ses défenseurs rejettent[16],[17].

Voir aussi

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Notes et références

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  1. 1 2 3 4 5 6 (es) « Materialismo político », sur Diccionario de Filosofía en español, Proyecto Filosofía en español (consulté le )
  2. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 (es) Gustavo Bueno, Primer ensayo sobre las categorías de las «ciencias políticas», Logroño, Cultural Rioja, (ISBN 84-87209-35-1), p. 271, 307
  3. 1 2 3 4 5 6 7 8 (es) Santiago Armesilla, La vuelta del revés de Marx. El materialismo político entretejiendo a Karl Marx y Gustavo Bueno, Barcelone, El Viejo Topo, (ISBN 978-84-17700-92-8)
  4. 1 2 (es) Mariano Utín, « 12.1 Conceptos fundamentales del Materialismo Político (I) », sur La Razón Comunista,
  5. 1 2 3 4 (es) María José Iglesias, « Santiago Armesilla: «La leyenda negra es ideología, busca balcanizar España» », sur La Nueva España,
  6. ↑ (es) Gustavo Bueno, España frente a Europa, Barcelone, Alba Editorial, (ISBN 8-489-84697-9)
  7. ↑ (es) Gustavo Bueno, El mito de la izquierda. Las izquierdas y la derecha, Barcelone, Ediciones B, (ISBN 8-466-61109-6)
  8. 1 2 (es) Santiago Armesilla, « 12.2 El mito de la izquierda rojiparda », sur La Razón Comunista,
  9. 1 2 3 (es) Santiago Armesilla, Escritos de juventud (2005-2016), SND Editores, (ISBN 978-84-19764-97-3, lire en ligne)
  10. 1 2 3 (es) « Sin Diamat no hay marxismo: Sobre la imposibilidad filosófica del «materialismo político» de Santiago Armesilla », sur Zenodo,
  11. 1 2 3 4 5 6 7 8 (es) « Santiago Armesilla », sur Casa del Libro
  12. 1 2 (es) Santiago Javier Armesilla Conde, « Las plataformas continentales », El Catoblepas, no 75,‎ , p. 14 (lire en ligne)
  13. 1 2 (es) Santiago Armesilla Conde, Iberofonía y socialismo, Malaga, Última Línea, (ISBN 978-84-18492-28-0)
  14. ↑ (es) Miguel Riera Montesinos et Santiago Armesilla Conde, « Marxismo y cuestión nacional: entrevista a Santiago Armesilla », El Viejo Topo, no 359,‎ , p. 19-23 (ISSN 0210-2706, lire en ligne)
  15. ↑ (es) Santiago Armesilla, « Lenin. El gran error que hizo caer la URSS. Una crítica marxista al derecho de autodeterminación », sur Santiago Armesilla
  16. 1 2 (es) Daniel Tercero, « La organización de la feria del libro Literal censura y excluye a El Viejo Topo », sur ABC,
  17. 1 2 (es) Roberto Bécares, « Este ex preso fan de Lenin sacude la guerra cultural a la izquierda de la izquierda: rojipardos versus posmodernos », sur El Periódico,
  18. ↑ (es) « Curso de experto universitario en Materialismo Político », sur BeatrizGalindo.net
  19. ↑ (es) « Iberofonía Socialista », sur vanguardias.org