Maurice Garreau

serrurier et militant révolutionnaire

Maurice Garreau, né le à Tours et mort le à la prison Mazas (Paris)[1], est un serrurier, militant blanquiste et membre de la Commune de Paris comme directeur de la prison de Mazas.

Maurice Garreau
Maurice Garreau en 1871 photographié par Nadar
Biographie
Naissance
Décès
Sépulture
Nationalité
Allégeance
Activités
Communard, serrurier, directeur de prisonVoir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Idéologie

Il ne doit pas être confondu avec Jules Garreau, cocher, garde au 244e bataillon pendant la guerre de 1870, puis, sous la Commune, membre du bataillon des Turcos chargé de garder le Louvre. Il est déporté à la déportation simple par le 8ème conseil de guerre de Saint-Germain le [2].

Biographie

modifier

Éducation et militantisme

modifier

Maurice Garreau est le fils d'un bitumier qui reçut une éducation relativement avancée et il devient serrurier-mécanicien[3].

Après la chute de l'Empire, il émigre sur Paris où il fréquente des clubs révolutionnaires[3]. En , il est condamné à un mois de prison pour avoir participé à une réunion chez Pierre Budaille[3].

Il comparait encore devant un tribunal le , pour avoir organisé avec Félix Pyat, Ferdinand Gambon et Marc Gromier une réunion électorale publique illégale et est condamné à un mois de prison[3],[4]. Néanmoins, il apparaît le en tant qu'orateur au premier banquet des Associations ouvrières[3]. Accusé de prendre part dans une tentative de complot contre Napoléon III, il est en détention provisoire avec son ami Gustave Flourens à la fin du mois de [3],[5].

Il est membre de la Délégation des Vingt arrondissements (nom provisoire du Comité central républicain des Vingt arrondissements) et signataire de l’Affiche rouge du [3]. Cette affiche destinés aux Parisiens attaque l’échec du Gouvernement de la Défense nationale[6].

Commune de Paris

modifier

Affilié au « parti blanquiste », Raoul Rigault lui confie la responsabilité de la direction du Dépôt de la Préfecture de police le durant la Commune de Paris[3].

La prison de Mazas en 1871 dessinée par Amand Gautier.

Le , Eugène Varlin et François Jourde recourent à ses services de serrurier afin d'ouvrir un des coffres-forts de l’Hôtel de ville de Paris[7]. Il est directeur de la prison Mazas dès la mi-avril[3],[8]. Sous sa responsabilité, Garreau permet au président de la cour de cassation Bonjean et à l'Archevêque de Paris, Georges Darboy de recevoir des repas chauds venant de l’extérieur de la prison[9]. L'abbé Crozes est sauvé par Maurice Garreau lors de son transfert[3]. Le , il s'oppose à l'exécution de l’ordre provenant du Comité de Salut public d’incendier la prison Mazas et de brûler les registres d’écrou[3],[10].

À l'issue de la semaine sanglante, Maurice Garreau est emprisonné et voit l'abbé Crozes avant d’être fusillé le [3]. Il semble que l'abbé Crozes donna à sa partenaire Marie Mercier sa lettre d’adieu qui fut ensuite publiée par Victor Hugo[3].

Il est fusillé à la prison Mazas[11] et enterré au cimetière de Bercy.

Références

modifier
  1. Biographie sur Le Maitron
  2. « Conseil de guerre de Saint-Germain », L'Industriel de Saint-Germain-en-Laye, , page 2 (lire en ligne)
  3. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 Michel Cordillot, « GARREAU Maurice », sur maitron.fr, (consulté le )
  4. « Réunions publiques 1868-1870 », sur La Commune de Paris, (consulté le )
  5. Recueil mensuel de législation, de jurisprudence et de doctrine sur les matiéres rentrant dans les attributions des commissaires de police, Journal des commissaires de police, (lire en ligne)
  6. « ANSEL Armand [ANSEL Bernard, Gabriel, dit Armand] », sur maitron.fr, (consulté le )
  7. Maxime Du Camp, Les convulsions de Paris ...: Les sauvetages pendant la commune, Hachette et cie, (lire en ligne)
  8. Victor Hugo et Tony Bourg, Le grand-duché de Luxembourg dans les carnets de Victor Hugo, RTL Edition, (ISBN 978-2-87951-121-4, lire en ligne)
  9. André Besson, Victor Hugo: vie d'un géant, France-Empire, (ISBN 978-2-7048-0915-8, lire en ligne)
  10. Victor Hugo, Œuvres complètes de Victor Hugo, Éditions Recontre, (lire en ligne)
  11. « https://www.lanouvellerepublique.fr/tours/indre-et-loire-les-communards-tourangeaux-150-ans-apres », sur lanouvellerepublique.fr (consulté le )

Liens externes

modifier