Maurice Tourneur
Maurice Félix Thomas dit Maurice Tourneur, né le à Paris (17e arrondissement)[1], mort le à Paris (16e arrondissement), est un réalisateur français.
| Nom de naissance | Maurice Félix Thomas |
|---|---|
| Naissance |
Paris (France) |
| Nationalité | Française |
| Décès |
(à 85 ans) Paris (France) |
| Profession | Réalisateur |
Il est le frère du comédien Robert Tourneur et le père du réalisateur franco-américain Jacques Tourneur.
Biographie
modifierSon père, Eugène Antoine Thomas, né en 1845 à Paris (ancien 6e arrondissement)[2], est bijoutier[3] de Belleville. Maurice Tourneur étudie au lycée Condorcet, où il se lie d'amitié avec Francis Jourdain. Puis il commence sa vie professionnelle comme graphiste et illustrateur de magazines dans sa jeunesse. Après s'être engagé dans une unité d'artillerie française en Afrique du Nord, il devient, à son retour, assistant du sculpteur Auguste Rodin, puis celui du peintre Puvis de Chavannes[4],[5]. Attiré par le théâtre, plusieurs personnes de sa famille font partie d'une troupe[6], il devient acteur, croise la route de la tragédienne Réjane[3] et la suit dans sa tournée en Amérique du Sud. Il intègre ensuite la compagnie d'André Antoine[7]. En 1904, il épouse la comédienne Fernande Petit dite Fernande Van Doren[8],[9] (1877-1964), dont il aura un fils, le futur Jacques Tourneur. Jusqu'en 1911, il met en scène près de 400 pièces de théâtre.
Dès 1912 il s'intéresse au cinéma, devient l'assistant de son ami Émile Chautard puis passe à la réalisation. Pour la Société Française des Films et Cinématographes Éclair il tourne Figures de cire, Les Gaîtés de l'escadron, Fille de pirates. Maniant bien la langue anglaise, il est envoyé en 1914 par Éclair aux États-Unis[5]. À cette époque la World Pictures, considère Tourneur comme le meilleur cinéaste du moment. En 1918, il fonde sa propre maison de production. Il divorce de sa première femme en 1923 et épouse l'actrice Louise Lagrange.
Revenu en France à l'avènement du parlant, après plusieurs déconvenues sur ses derniers films américains[10], il tourne jusqu'en 1948. Victime d'un accident d'auto, devenu paraplégique, il se met à la traduction de romans policiers[5],[7].
À sa mort en 1961 à l'âge de 85 ans, il est enterré au cimetière du Père-Lachaise (71e division).
Il fait partie des très rares artistes français à avoir été honorés par une étoile au Hollywood Walk of Fame à Los Angeles.
- Maurice Tourneur (à gauche), en 1917, sur le tournage de Pauvre petite fille riche, avec son cameraman Lucien Andriot.
- Sépulture au cimetière du Père-Lachaise (division 71).
Filmographie
modifierCinéma muet
modifierFrance
modifierÉtats-Unis
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- 1914 :
- La Treizième Heure (The Man of the Hour)
- Maman (Mother)
- Fille de pirates (The Wishing Ring)
- Le Spéculateur (The Pit)
- 1915 :
- The Cub
- Le Code secret (The Ivory Snuff Box)
- Insouciance (A Butterfly on the Wheel)
- Jimmy le mystérieux (Alias Jimmy Valentine)
- Trilby (Trilby)
- 1916
- The Closed Road
- La Folle Chimère (The Pawn of Fate)
- The Hand of Peril
- The Rail Rider
- L'Amérique, champion du droit (The Velvet Paw)
- A Girl's Folly
- 1917 :
- La Casaque verte (The Whip)
- La Flamme éternelle (The Undying Flame)
- L'Exilée (Exile)
- The Law of the Land
- Fille d'Écosse (The Pride of the Clan)
- Pauvre petite fille riche (The Poor Little Rich Girl)
- La Délaissée (Barbary Sheep)
- Les Étapes du Bonheur (The Rise of Jenny Cushing)
- 1918 :
- Amour Posthume (The Rose of the World)
- Maison de poupée (A Doll's House)
- L'Oiseau bleu (The Blue Bird)
- Prunella
- Woman
- 1919 :

Publicité (1919) - Sporting Life
- My Lady's Garter
- La Bruyère blanche (The White Heather)
- La Ligne de vie (The Life Line)
- Le Secret du bonheur (Victory)
- Le Papillon brisé (The Broken Butterfly)
- 1920 :
- The County Fair
- Un lâche (The Great Redeemer)
- Dans la ville endormie (While Paris Sleep)
- L'Île au trésor (Treasure Island)
- Le Cercle blanc (The White Circle)
- Au fond de l'océan (Deep Waters)
- 1921 :
- La Fange (The Bait)
- Le Dernier des Mohicans (The Last of the Mohicans) de Clarence Brown et Maurice Tourneur
- The Foolish Matrons
- 1922 : Lorna Doone
- 1923 :
- Calvaire d'apôtre (The Christian)
- L'Île des navires perdus (The Isle of Lost Ships)
- The Brass Bottle
- Les Deux Gosses (Jealous Husbands)
- 1924 :
- Torment ;
- La Phalène blanche (The White Moth)
- 1925 :
- La Frontière humaine (Never the Twain Shall Meet)
- Sporting Life
- Le Corsaire aux jambes molles (Clothes Makes the Pirate)
- 1926 :
- Aloma (Aloma of the South Seas)
- Le Cavalier des sables (Old Loves and News)
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Allemagne
modifier- 1927 : Le Navire des hommes perdus (Das Schiff der verlorenen Menschen)
France
modifier- 1928 : L'Équipage, dernier film muet de Tourneur, tourné lors de son retour en France, commencé avant son départ en Allemagne pour le tournage de Le Navire des hommes perdus, mais achevé après celui-ci.
Cinéma parlant
modifierFrance
modifier- 1930 : Accusée, levez-vous !
- 1931 : Maison de danses ; Partir
- 1932 : Au nom de la loi ; Les Gaités de l'escadron ; Lidoire
- 1933 : Les Deux Orphelines ; L'Homme mystérieux (Obsession)
- 1933 : Le Voleur
- 1935 : Justin de Marseille ; Kœnigsmark
- 1936 : Samson ; Avec le sourire
- 1938 : Le Patriote ; Katia
- 1941 : Volpone
- 1941 : Péchés de jeunesse ; Mam'zelle Bonaparte
- 1943 : La Main du diable
- 1943 : Le Val d'enfer
- 1944 : Cécile est morte
- 1948 : Après l'amour
- 1948 : Impasse des Deux-Anges
Théâtre
modifier- 1903 : Maternité d'Eugène Brieux, mise en scène André Antoine, théâtre Antoine
Notes et références
modifier- ↑ Archives de Paris, « État civil du 17e arrondissement, registre des naissances du 19 janvier au 8 février 1876, vue 23 / 31, V4E 4773 »
, sur https://archives.paris.fr (consulté le ) - ↑ Archives de Paris, « Registres matricules militaires, bureau du 6e au 10e arrondissement, classe 1865, Garde nationale mobile, THOMAS Eugène Antoine, D4R1 24 »
, sur https://archives.paris.fr (consulté le ) - 1 2 François Forestier, « Ne ratez pas : "La Main du diable" », sur nouvelobs.com, (consulté le )
- ↑ Jean Rouzaud, « Tourneur : le roi du muet », sur nova.fr, (consulté le )
- 1 2 3 Philippe d'Hugues, « Maurice Tourneur : Paris, 2 février 1873 – Paris, 4 août 1961 », [Commemorations Collection 2011 - Mission aux Commémorations nationales], sur francearchives.gouv.f, (consulté le )
- ↑ Sa sœur Yvonne dite Yvonne Mirval et son frère Robert dit Robert Tourneur étaient tous deux acteurs.
- 1 2 « Maurice Tourneur », sur Ciné-ressources (consulté le )
- ↑ Acte de mariage n° 213 (vue 17/31). Archives en ligne de la Ville de Paris, état-civil du 10e arrondissement, registre des mariages de 1904.
- ↑ Elle tournera sous la direction de son mari, soit sous son nom de naissance soit sous son nom de scène.
- ↑ En 1929, Tourneur se fâche avec Irving Thalberg sur le tournage de L'Île mystérieuse, film repris par Benjamin Christensen puis finalement terminé par Lucien Hubbard.
Voir aussi
modifierBibliographie
modifier- Harry Waldman. Maurice Tourneur: The Life and Films, McFarland, 2001, (ISBN 9780786409570)
- Christine Leteux, Maurice Tourneur, Réalisateur sans frontières, La Tour verte, 2015, (ISBN 978-2-917-819-33-3)
- Eric Bonnefille, Maurice Tourneur, Une vie au long cours, L'Harmattan, 2017, (ISBN 978-2-343-12373-8)
Liens externes
modifier- Notices dans des dictionnaires ou encyclopédies généralistes :
- Ressources relatives à l'audiovisuel :
- Ressource relative au spectacle :
- Ressource relative aux beaux-arts :
