May Swenson

poète américaine

Anna Thilda May Swenson () est une poétesse et dramaturge américaine. Harold Bloom la considère comme l'une des poétesses les plus importantes et originales du XXe siècle[1],[2].

May Swenson
Naissance
Logan, Utah, (États-Unis)
Décès (à 76 ans)
Salisbury, Maryland, (États-Unis)
Activité principale
poète et dramaturge
Auteur
Langue d’écriture Anglais (USA)

May Swenson esr l'aînée de la fratrie de dix enfants de Margaret et Dan Arthur Swenson, des mormons qui parlent couramment le suédois et pour qui l'anglais est une langue seconde[3].

Bien que sa famille, conservatrice, ait du mal à accepter son homosexualité, elle reste très proche d'elle toute sa vie. Une grande partie de sa poésie tardive est d'ailleurs consacrée aux enfants, comme le recueil Iconographs, paru en 1970[4]. Elle a également traduit des œuvres de poètes suédois contemporains, notamment une sélection de poèmes du prix Nobel Tomas Tranströmer[5].

Biographie

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May Swenson a commencé à écrire assez jeune, puisque un de ses poèmes a été publié dans le journal de son école quand elle avait 16 ans[6]. Elle fait ses études à l'Université d'État de l'Utah à Logan, où elle obtient une licence d'anglais en 1934.

En 1936, May Swenson part pour New York où elle travaille comme éditrice et écrivain fantôme pour un homme surnommé « Plat », qui serait devenu son « petit ami ». « Je pense que j’aimerais avoir un fils de Plat », écrivit-elle dans son journal, « mais je ne voudrais épouser aucun homme, mais seulement être moi-même[7]. ».

Elle rencontre Elizabeth Bishop en 1950, et entretient une correspondance régulière avec la poète jusqu'à son décès en 1979. Son premier recueil de poèmes, Another Animal, est publié par la maison d'édition Scribner en 1954.

De 1959 à 1966, elle travaille comme évaluatrice de manuscrits chez New Directions Publishing. Elle les quitte en 1966 afin de se consacrer à l'écriture. Elle écrit une pièce en un acte, The Floor, qui est mise en scène à New York dans les années 1960[8]. Elle publie également des recueils destinés à un jeune lectorat (comme Poems to Solve et More Poems to Solve).

Dans les années 1960 et 1970, elle enseigne la poésie en tant que poétesse en résidence au Bryn Mawr College, à l'Université de Caroline du Nord à Greensboro, à l'Université de Californie à Riverside, à l'Université Purdue et à l'Université d'État de l'Utah[9].

Elle est nommée chancelière de l'Académie des poètes américains de 1980 jusqu'à sa mort en 1989[10].

Elle passe les vingt dernières années de sa vie à Sea Cliff, dans l'État de New York, avec sa partenaire R. R. Knudson. Elle est enterrée au cimetière municipal de Logan, et sa tombe est marquée par un banc de granit, sur lequel sont gravés certains de ses poèmes[11].

Ses poèmes sont publiés dans Antaeus, The Atlantic Monthly, Carleton Miscellany, The Nation, The New Yorker, The Paris Review, Saturday Review, Parnassus et Poetry. Son poème Question a également été publié dans le recueil The Host de Stephenie Meyer[12].

Prix et distinctions

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Swenson reçoit de nombreuses distinctions pour son travail, notamment :

Style, imagerie et érotisme

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May Swenson crée des poèmes dans un style « iconographique », publié pour la première fois dans son recueil Iconographs de 1970, où elle agence les vers de manière à créer des images en lien avec le contenu du poème. Son œuvre « The Lowering », par exemple, un poème commémoratif pour Robert F. Kennedy, explore les funérailles militaires de ce dernier, avec des vers disposés en forme de drapeau plié[13]. Ces innovations typographiques lui ont valu d'être souvent comparées au poète e. e. cummings[8].

May Swenson est aussi connue pour son utilisation abondante d'images de la nature, mêlées à des thèmes religieux et philosophiques. Son poème « Snow By Morning », publié dans The New Yorker, compare par exemple une chute de neige à la manne biblique[14].

Le sens de l'image chez May Swenson se prête également à des poèmes érotiques[15], où elle décrit des corps humains, des seins, des membres et le « soulèvement pelvien des montagnes[16] ». L'auteure Jean Gould a notamment qualifié l'œuvre de Swenson de « sensuelle autant que sexuelle[17] ».

Héritage

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L'Université Washington de Saint-Louis conserve la plupart des documents et manuscrits originaux de May Swenson. Ces documents ont été présentés dans le cadre d’une exposition numérique intitulée « Celebrating Pride Month: the May Swenson Papers », organisée en 2018 par Rose Miyatsu à l’Université Washington de Saint-Louis[18].

L'Université d'État de l'Utah possède également deux collections de ses œuvres, ainsi qu'un supplément dans ses Collections spéciales et Archives[19],[20],[21]. L'Université crée le « May Swenson Project », qui vise à faire mieux connaître l'œuvre de May Swenson. En son honneur, l'Université a également inauguré une salle May Swenson au sein du Département d'anglais et une autre à la Bibliothèque Merrill-Cazier. Des fonds sont actuellement recherchés pour la création d'une chaire à son nom.

Le May Swenson Poetry Award, parrainé par les Presses universitaires de l'Utah, est un prix décerné chaque année de 1996 à 2016 à un recueil exceptionnel de poésie en anglais[22]. Ouvert aux auteurs publiés et non publiés, sans restriction de sujet, ce concours lui rend hommage comme étant l'une des poétesses américaines les plus importantes et les plus stimulantes du XXe siècle. Parmi les membres du jury ont figuré Mary Oliver, Maxine Kumin, John Hollander, Mark Doty, Alice Quinn, Harold Bloom, Garrison Keillor, Edward Field et d'autres figures majeures des lettres américaines.

Une biographie critique de son œuvre a été publiée en 2006 par les Presses universitaires de l'Utah, dirigée par Paul Crumbley and Patricia M. Gantt et intitulée Body My House.

Bibliographie

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Poésie

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  • Another Animal, Scribner, 1954 ;
  • A Cage of Spines, Rinehart, 1958 ;
  • To Mix with Time: New and Selected Poems, Scribner, 1963 ;
  • Poems to Solve, Scribner, 1966 ;
  • Half Sun Half Sleep, Scribner, 1967 ;
  • Iconographs, Scribner, 1970 ;
  • More Poems to Solve, Scribner, 1971[23] ;
  • Spell Coloring Book, Charles Scribner's Sons, 1976 ;
  • New & Selected Things Taking Place, Little, Brown, 1978 ;
  • In Other Words, Knopf, 1987 ;
  • Collected Poems, Library of America, 2013.
  • Made With Words, éd. Gardner McFall, Presses de l'Université du Michigan, 1998.

Traductions

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  • Windows and Stones: Selected Poems of Tomas Tranströmer (1972)

Voir aussi

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Références

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(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « May Swenson » (voir la liste des auteurs).
  1. « Harold Bloom on the Best of the Best American Poetry, 1988-1997 » [archive du ], sur www.bostonreview.net (consulté le )
  2. Richard Bernstein, « May Swenson, a Humorous Poet of Cerebral Verse, is Dead at 76 », The New York Times, (lire en ligne)
  3. Jean Gould, Modern American Women Poets, New York, Dodd, Mead & Company, (ISBN 0-396-08443-5, lire en ligne), 75
  4. (en) Anita Silvey, The Essential Guide to Children's Books and Their Creators, Houghton Mifflin Harcourt (ISBN 978-0-547-34889-6, lire en ligne)
  5. (en) Tomas Tranströmer, Windows & Stones: Selected Poems, University of Pittsburgh Press, (ISBN 978-0-8229-5228-2, lire en ligne)
  6. Patricia M. Gantt et Paul Crumbley, Body My House: May Swenson's Work and Life, Utah State University, University Libraries, (ISBN 978-0-87421-635-6 et 978-0-87421-543-4)
  7. May Swenson: A Poet's Life in Photos by R. R. Knudson & Suzzane Bigelow with a foreword by Richard Wilbur (Utah State University Press, 1996), (ISBN 0-87421-218-9), p. 39.
  8. 1 2 (en-US) « May Swenson », sur The Poetry Foundation (consulté le )
  9. (en) « May Swenson-Academy of American Poets », poets.org (consulté le )
  10. (en) « Chancellors-Academy of American Poets », poets.org (consulté le )
  11. Swenson, « May in October: Life and Death as Existential Riddles in May Swenson's Poetry », Weber Studies, vol. 8, no 1, (lire en ligne)
  12. (en) Stephenie Meyer, The Host, Little, Brown, (ISBN 978-0-316-12865-0, lire en ligne)
  13. « The Lowering », The Poetry Foundation (consulté le )
  14. Swenson, « Snow by Morning », New Yorker, , p. 85 (lire en ligne)
  15. John C. Hawley, LGBTQ America today: an encyclopedia, Westport, Conn, Greenwood Press, , 1176–1177 p. (ISBN 978031333993-6)
  16. « Blue by May Swenson - Poems | Academy of American Poets »
  17. Jean Gould, Modern American Women Poets, New York, Dodd, Mead & Company, , 85–92 (ISBN 0-396-08443-5, lire en ligne)
  18. (en-US) Miyatsu, « Celebrating Pride Month: The May Swenson Papers », Washington University Libraries, (consulté le )
  19. « Archives West: May Swenson papers, 1932-1998 », archiveswest.orbiscascade.org (consulté le )
  20. « Archives West: The May Swenson photograph collection, 1938-1991 », archiveswest.orbiscascade.org (consulté le )
  21. « Archives West: May Swenson addendum, 1932-1997 », archiveswest.orbiscascade.org (consulté le )
  22. « Swenson Poetry Award Winners | USU Press | Utah State University », digitalcommons.usu.edu (consulté le )
  23. The Essential Guide to Children's Books and Their Creators, Houghton Mifflin Harcourt (ISBN 0-547-34889-4, lire en ligne), p. 358

Geffen, Alice et Berglie, Carole, “Bibliography of the Works of May Swenson.” dans Body My House : May Swenson's Work and Life, édité par Maure Lyn Smith, Paul Crumbley et Patricia M. Gantt, 205–38. University Press of Colorado, 2006. https://doi.org/10.2307/j.ctt4cgmvd.17 .

Liens externes

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