McDonnell FH-1 Phantom
Le McDonnell FH-1 fut le premier avion à réaction américain à pouvoir décoller d'un porte-avions[1] ou à s'y poser. Il fut également le premier avion opérationnel de ce type à servir dans l’US Navy et l'US Marine Corps, même s'il ne fut construit qu'à soixante-six exemplaires
| McDonnell FH-1 Phantom | |
FH-1 Phantom en vol en 1948. | |
| Constructeur | |
|---|---|
| Rôle | Avion de chasse |
| Premier vol | |
| Mise en service | |
| Date de retrait | |
| Nombre construits | 66 |
| Équipage | |
| 1 | |
| Motorisation | |
| Moteur | Westinghouse 19XB-2B |
| Nombre | 2 |
| Type | turboréacteur |
| Poussée unitaire | 7,1 kN |
| Dimensions | |
| Envergure | 12,42 m |
| Longueur | 11,35 m |
| Hauteur | 4,32 m |
| Masses | |
| À vide | 3 031 kg |
| Carburant | 1 136 kg |
| Maximale | 5 459 kg |
| Performances | |
| Vitesse maximale | 771 km/h |
| Plafond | 12 525 m |
| Vitesse ascensionnelle | 1 289 m/min |
| Rayon d'action | 1 120 km |
| Armement | |
| Interne | 4 mitrailleuses Browning M2 de 12,7 mm |
| Externe | 8 roquettes ou un réservoir de carburant |
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|

Conception
modifierDébut 1943, les responsables de l'aviation de l'US Navy furent impressionnés par l'audacieux projet XP-67 Bat de McDonnell. En , le Bureau aéronautique de la Marine, demanda à la jeune compagnie McDonnell Aircraft Corporation d’étudier un chasseur à réaction embarqué. Westinghouse Electric Company fut désigné pour concevoir les réacteurs. Les deux compagnies acceptèrent ce défi. Trois prototypes furent commandés le et dénommés XFD-1. Selon le système de désignation des aéronefs de l'US Navy de 1922, la lettre « D » précédant le tiret indiquait le constructeur. Cette lettre avait été précédemment attribuée à la Douglas Aircraft Company, mais l'US Navy décida de la réattribuer à McDonnell, Douglas n'ayant fourni aucun chasseur à la marine depuis des années[2].
Les ingénieurs de McDonnell ont évalué plusieurs combinaisons le nombre et la taille des réacteurs, allant de huit moteurs de 24 cm de diamètre à deux moteurs de 48 cm de diamètre. La conception finale a retenu les deux moteurs de 48 cm, cette configuration s'étant avérée la plus légère et la plus simple. Après plusieurs essais, il fut décidé que deux réacteurs montés à la jonction des ailes et du fuselage étaient plus économiques et plus performants[3] afin de réduire la longueur des conduits d'admission et d'échappement, offrant ainsi une meilleure efficacité aérodynamique que les nacelles sous les ailes[4], et légèrement inclinés vers l'extérieur pour protéger le fuselage des gaz d'échappement chauds. Le positionnement des moteurs au centre de la cellule, derrière le centre de gravité, a nécessité le placement du cockpit, avec sa verrière en forme de bulle, en avant de l'aile, offrant également au pilote une excellente visibilité dans toutes les directions. Le long nez a permis l'utilisation d'un train d'atterrissage tricycle, surélevant ainsi le flux d'échappement et réduisant le risque d'endommagement du pont d'envol du porte-avions par les gaz d'échappement chauds. Les méthodes de construction et la conception aérodynamique du Phantom étaient relativement conventionnelles pour l'époque ; L'appareil possédait des ailes droites, un empennage classique et une structure monocoque en aluminium avec un revêtement en aluminium riveté à fleur. Les ailes repliables permettaient de réduire la largeur de l'avion en configuration de stockage. Quatre mitrailleuses de calibre .50 (12,7 mm) étaient prévues dans le nez, tandis que des supports pour huit roquettes à haute vitesse de 5 pouces (130 mm) pouvaient être installés sous les ailes, bien que ces dernières aient été rarement utilisées en service. Adapter un avion à réaction à une utilisation sur porte-avions représentait un défi bien plus important que la conception d'un chasseur terrestre, en raison des vitesses d'atterrissage et de décollage plus faibles requises sur un pont d'envol réduit. Le Phantom utilisait des volets de profondeur sur les ailes fixes et repliables afin d'améliorer ses performances à l'atterrissage à basse vitesse[5], mais aucun autre dispositif hypersustentateur n'était employé. Des emplacements étaient également prévus pour des propulseurs d'appoint à décollage assisté (JATO) afin d'améliorer les performances au décollage.


En , le premier prototype n°48235 fut construit mais un seul réacteur Westinghouse 19XB-2B était disponible. Les essais au sol se révélant très concluants, il fut décidé d'effectuer le premier vol avec un seul réacteur, ce qui fut effectué le . Le premier vol avec les deux réacteurs eut lieu quelques jours plus tard. Le , le prototype fit son premier cycle d’appontage à partir du USS Franklin D. Roosevelt. Il réussit à décoller sans l’assistance de la catapulte. Très impressionnée par ces performances, l’US Navy passa commande de cent exemplaires de série, mais avec la fin de la guerre, la commande fut ramenée à trente exemplaires, puis finalement augmentée à soixante exemplaires.
Carrière
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Le premier Phantom de série décolla en . Par rapport au prototype, le fuselage avait été allongé de 48 cm pour augmenter la capacité en carburant interne. La mise en service se fit en , et la VF-17 fut la première escadrille de l’US Navy opérationnelle sur avion à réaction. En , la VF-17, embarquée à bord du USS Saipan, mena une série d’appontages et de simulations d’attaque et devint du même coup la première escadrille embarquée au monde à être opérationnelle sur avion à réaction.
Le FH-1 Phantom atteignit tous ses objectifs et permit de jeter les bases d’utilisations opérationnelles d’un avion à réaction à bord d’un porte-avions. La première escadrille de l'US Marine Corps à déployer le Phantom fut la VMF122. Le Phantom devient l'appareil de la patrouille acrobatique de l’USMC, les « Flying Leathernecks ».
Les Phantom avaient un faible taux de montée, une avionique limitée, et étaient incapables de larguer des bombes. Ils furent retirés des unités de première ligne dès 1949 et servirent alors d'avions entraînement et de perfectionnement. Ils furent définitivement réformés en 1954. Entre-temps, McDonnell avait réalisé un nouvel avion plus performant, le F2H Banshee.
Le Phantom révéla aussi un inconvénient dû à la position des mitrailleuses. Ces dernières se trouvant dans le nez de l'avion et très proches du cockpit, le pilote pouvait se trouver aveuglé lors du tir.
Un Phantom réussit l'exploit de décoller d'une plage par ses propres moyens, après avoir effectué un atterrissage par erreur.
Notes et références
modifier- ↑ Techniquement l’appareil à propulsion mixte (moteur à piston et moteur à réaction) Ryan FR Fireball fut le premier avion disposant d'un turboréacteur à décoller d’un porte-avions, mais il devait utiliser son moteur à piston pour y parvenir.
- ↑ Mesko 2002, p. 7.
- ↑ Air International November 1987, p. 233.
- ↑ Air International November 1987, p. 234.
- ↑ Air International November 1987, pp. 234–235.
Voir aussi
modifierDéveloppement lié
Aéronefs comparables
- de Havilland Sea Vampire
- Hawker Sea Hawk
- North American FJ-1 Fury
- Supermarine Attacker
- Vought F6U Pirate
Articles connexes
Bibliographie
modifier- Enzo Angelucci et Paolo Matricardi (trad. de l'italien), Les avions, t. 5 : L'ère des engins à réaction, Paris/Bruxelles, Elsevier Sequoia, coll. « Multiguide aviation », , 316 p. (ISBN 2-8003-0344-1), p. 13.
- Enzo Angelucci et Peter M. Bowers (en), The American fighter, City, Haynes, (ISBN 0-85429-635-2).
- (en) William Green, War Planes of the Second World War, vol. 4 : Fighters, S.l, Macdonald & Co, (réimpr. Sixth impression 1969) (ISBN 0-356-01448-7).
- (en) William Green et Gordon Swanborough, WW2 Aircraft Fact Files : US Navy and Marine Corps fighters, Londres, Macdonald and Jane's, (ISBN 0-356-08222-9).
- (en) Roy A. Grossnick, United States naval aviation, 1910-1995, vol. 6 : Postwar Years: 1946–1949, Washington, Naval Historical Center, Dept. of the Navy For sale by the U.S. G.P.O., Supt. of Docs, , 811 p. (ISBN 0-945274-34-3, lire en ligne).
- (en) Hayden Hamilton, « The McDonnell FH-1 Phantom: the Forgotten Phantom », AAHS Journal, vol. 55, no 2, .
- (en) Carl Mills, Banshees in the Royal Canadian Navy, Willowdale, Ont., Canada, Banshee Publication, (ISBN 0-9695200-0-X).
- (en) « Mr Mac's First Phantom: The Story of the McDonnell FH-1 », Air International, Bromley, Royaume-Uni, Fine Scroll, vol. 33, no 5, , p. 231–235, 258—260 (ISSN 0306-5634).
- (en) René J. Francillon, McDonnell Douglas aircraft since 1920, Londres, Putnam, (ISBN 0-370-00050-1).
- (en) Jim Mesko, FH Phantom, Carrollton, Squadron/Signal Publications, (ISBN 0-89747-444-9).
- (en) Ray Wagner, American combat planes, Garden City, N.Y, Doubleday, (ISBN 0-385-13120-8).
- (en) Jim Winchester, American military aircraft : a century of innovation, New York, Barnes & Noble, (ISBN 978-0-7607-6982-9).
- (en) Bill Yenne, McDonnell Douglas : a tale of two giants, New York, Crescent Books, , 256 p. (ISBN 0-517-44287-6)