Mediouna (tribu)

tribu berbère, au Maghreb

Les Mediouna constituent une tribu berbère zenète, issue des Beni Faten, qui joua un grand rôle au Moyen-âge, dans la conquête de l'Andalousie, aux cotés de Tariq ibn Ziyad [1].

(fr) Mediouna
(ar) مديونة
ⵎⴰⴷⵢⵓⵏⴰ
Ethnie Berbères
Langue(s) Berbère atlasien
Arabe atlasien
Religion Islam
• Autres (minoritaire)
Région d'origine Djebel Beni Rached

Origines et histoire

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Les Mediouna correspondent aux mediani, tribu numide dans l'antiquité dont le territoire allait de l'ouest de Sétif à la Kroumirie[1],[2]. Les mediouna font partie de la confédération des Béni Faten, issus, suivant les théories des généalogistes aujourd'hui remises en question, de Faten fils de Tenzit, fils de Daris, fils de Zahhik, fils de Madghis El-Abter[3]. Les Béni Faten s'étaient, avant l'islam, convertis au judaïsme, puis partiellement au christianisme. Ils habitaient alors les régions voisines de Tlemcen, depuis la montagne du Djebel Béni Ràched, jusqu'à celle qui s'élève au sud d'Oujda et qui porte leur nom. Lors de la conquête de l'Espagne, un grand nombre passèrent dans ce pays, et une autre fraction s'établit au sud de Salé. Quand les Beni Toudjin et les Beni Râched eurent conquis le Maghreb central, les Mediouna, trop faibles pour opposer une résistance efficace à ces tribus également Zénètes, furent expulsés des territoires qu'ils occupaient et se répandirent un peu partout. C'est à ce moment sans doute qu'un certain nombre d'entre eux vinrent s'établir dans la zone littorale de la Chaouïa.

Convertis à l'islam à une époque précoce, les mediounas adoptent massivement le kharidjisme (notamment les doctrines ibaḍites et sufrites), qui trouve un fort écho parmi les populations berbères locales. Ils jouent un rôle de premier plan dans la Grande révolte berbère contre le califat omeyyade. En 741, le chef mediouni Khalid ibn Hamid al Zanati, à la tête d'une armée confédérée de 12000 Berbères, inflige une défaite historique et sanglante à l'armée arabe lors de la célèbre bataille des Nobles. En Ifriqiya, d'autres fractions s'allient aux chefs ibadites comme Abd al-Rahman ibn Rustum et à Abou Qurra, roi en Algérie occidentale à la tête de 40000 soldats et participent au siège de Kairouan[1].

Au XIIIe siècle, les mediounas se révoltent contre les mérinides mais finissent battus par ces derniers[1].

Lors des troubles précédents le bombardement de Casablanca du 5 au , les Mediouna furent, des trois tribus avoisinant la ville, ceux qui montrèrent le plus d'acharnement dans la lutte contre les Français. Après avoir déversé sur la ville des bandes de cavaliers, les Mediouna la mirent au pillage et résistèrent avec opiniâtreté à la pénétration française et ne se soumirent qu'après les Zenata et les Oulad Ziyân [4],[5].

Territoire

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Les mediouna sont répartis sur toute la région qui va de la Libye au Maroc[1].

Territoire des Mediouna en Algérie au XIXe siècle

En Algérie, ils sont présent de la kalaa des Sidi Rached à Tlemcen. Le nom de cette tribu persiste encore dans la commune éponyme de Mediouna[1].

Au Maroc, le territoire de la tribu des Mediouna était délimité par celui des Zenata à l'est, des Oulad Ziyân et des Oulâd Harîz au sud, des Soualem (fraction des Oulad Ziyân) à l'ouest et par l'océan Atlantique au Nord sur une longueur de 38 km. La superficie totale de son territoire était d'environ 450 km2; c'est donc des trois tribus de Casablanca-banlieue la plus importante par son étendue.

Bureau Topographique du Maroc Occidental - Tribus de Casablanca Banlieue (Mediouna, Oulad Ziyân/Soualêm et Zenata).

Sauf à la lisière sud où se trouvait une bande de terre riche mais restreinte, la plus grande partie du sol des Mediouna entrait dans la catégorie des terres légères et caillouteuses dites « Sâhel ». Elles étaient en général peu fertiles, du fait de la minceur de la couche de terre arable. De ce fait, elle était en majorité recouverte de palmiers nains et servait de terrain de parcours aux troupeaux du voisinage. Les principaux cours d'eau qui sillonnaient le territoire des Mediouna sont l'Oued Bou Skoura, l'Oued Tit Mellil, l'Oued Merzek et l'Oued Hasan, affluent de l'Oued El-Melah. Les sources les plus importantes étaient quant à elle Aïn Khadour, près de l'Oued Qouria, 'Aïn Seba, 'Aïn Sidi Brahim, 'Aïn Rebouilha près de Sidi Brahim, 'Aïn Tehenga, 'Aïn Dissa, 'Aïn Màzi, 'Aïn Bourdja et 'Aïn Sidi 'Abdallah Bel-Hàdj. De par ces cours d'eau et nombreuses sources, la tribu était très bien pourvue en eau avec une moyenne d'un puits par douar. Le centre du pouvoir de la tribu des Mediouna, domicile du caïd, était situé dans la Kasbah de Mediouna. Cette grande Kasbah, à laquelle le Sultan faisait parfois les honneurs d'un séjour, était située au carrefour des pistes de Settat, du Boucheron, du Camp Boulhaut et de Casablanca. Elle fut construite au dix-huitième siècle par le caïd Ali ben El-Hasan El-Mediouni. D'après le Kitâb El-Istiqça, elle fut mise au pillage par les troupes de Moulay Slimân en 1797 (an 1211 de l'hégire), les vainqueurs y trouvant alors un butin considérable. La Kasbah de Mediouna était un lieu de Mi'âd avant l'occupation française. Comme la plupart des autres kasbah des Châouïa, elle est en grande partie détruite aujourd'hui.

Notables

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Dans le pays des chaouia, la tribu des Mediouna était divisée en sept cheikhats, correspondant aux 8 fractions de la tribu (les Hâreth Ahl et les Tirs étant soumis au même cheikh). Les Cheikhs étaient traditionnellement issus des familles suivantes : les Medjati (Oulâd Medjatiya), les Boumahdi (Oulâd Haddou), les Messoudi (Oulâd Mes'oûd), les Harithi (Hâreth Ahl et Tirs), les Abd-El-Khalaq (Hefafra), les Benmohammed (Oulâd Ben 'Amar) et les Ammari (Amamra)[6].

Les Mediouna ne comptent que très peu de Chorfa à l'exception des Oulâd Haddou, se réclamant originaires de la Sàguïat El-Hamra et de descendance idrissides, de même que les Oulâd Sidi 'Abbou, frères des Hadjâdjma et les 'Azzouqa[6].

Les familles de Mouràbitin sont les Messoudi (Oulâd Mes'oûd), en possession de plusieurs dhâhirs, et les Benmohammed (Oulad ben 'Amar).

Notes et références

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  1. 1 2 3 4 5 6 (en) Nagendra Kr Singh et Abdul Mabud Khan, Encyclopaedia of the World Muslims: Tribes, Castes and Communities, Global Vision, (ISBN 978-81-87746-05-8, lire en ligne), p. 987
  2. Collection de l'École française de Rome, École française de Rome, (ISBN 978-2-85399-378-4, lire en ligne), p. 734
  3. (ar) Ibn Khaldoun, Histoire des Berbères et des Dynasties Musulmanes.
  4. E.Burke, Mouvements sociaux et mouvements de résistance au Maroc: la grande siba de la Chaouia (1903-1907), Hesperis Tamuda Rabat,
  5. H. G. Conjeaud, Histoire militaire de la Chaouia depuis 1894, Casablanca, Les Editions du Moghreb, .
  6. 1 2 Mission scientifique du Maroc, Villes et Tribus du Maroc : Casablanca et les Chaouïa, t. II, Ernest Leroux, , 338 p.

Annexes

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Bibliographie

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  • Mission Scientifique du Maroc (coll.), Villes et Tribus du Maroc: Casablanca et les Chaouïa, Ed. E. Leroux (Paris), 1915 Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.
  • Frédéric Weisgerber, Casablanca et les Châouïa en 1900, préface du général Albert-Gérard-Léon d'Amade (1856-1941)
  • E. Marchand, Casablanca, la Chaouia, Ed. Larose (Paris), 1918
  • H. G. Conjeaud, Histoire militaire de la Chaouia depuis 1894, Casablanca, Les Ed. du Moghreb [ 1938 ] ; in-12 (219 pp.)