Mehmet Üstün, né en 1961 à Ulucami (mahalle/quartier), dans le district de Çaykara, province de Trabzon (Turquie), est un enseignant de religion musulmane, un responsable institutionnel et religieux belgo-turc néerlandophone. Depuis 2018, il exerce la fonction de président du bureau de l'Exécutif des musulmans de Belgique (EMB), l'ancien organe officiel représentant le culte musulman auprès des autorités fédérales belges. Depuis la démission de Salah Echallaoui en décembre 2020, il préside également le conseil d'administration de l'Association de gestion de la Grande Mosquée de Bruxelles (AGMB).

Son mandat à la tête de l'organe représentatif du culte musulman est marqué par la réorganisation institutionnelle de la Grande Mosquée du Cinquantenaire, mais également par un important différend politique et juridique avec le ministère belge de la Justice, ayant conduit au retrait de la reconnaissance officielle de l'EMB en septembre 2022[1].

Biographie

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Parcours et encrage local

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Établi dans la province de Limbourg (Région flamande), Mehmet Üstün est un enseignant de religion musulmane depuis les années 1980[2]. Il s'engage au sein de la gestion de la mosquée Sultan Ahmet à Heusden-Zolder (la plus ancienne mosquée de la Région flamande[3].)

Impliqué de longue date dans les structures représentatives du culte islamique en Belgique, il occupe pendant six ans le poste de vice-président de l'Exécutif des musulmans de Belgique (EMB) et préside le collège néerlandophone de cette institution.

Présidence de l'Exécutif des musulmans de Belgique

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Le 11 mai 2018, Mehmet Üstün est désigné président de l'EMB par son Assemblée générale. Il succède à Salah Echallaoui dans le cadre d'un accord interne prévoyant une présidence rotative triennale entre la composante marocaine et la composante turque de l'organe chef de culte[4],[5].

À la tête de l'EMB, il supervise les prérogatives légales confiées à l'institution par l'État belge : la désignation et l'encadrement des professeurs de religion islamique dans l'enseignement public, la désignation des aumôniers musulmans dans les établissements pénitentiaires et hospitaliers, la gestion administrative des dossiers de reconnaissance des mosquées auprès des régions et l'élaboration de programmes de formation pour les imams exerçant en Belgique[6].

Gestion de la Grande Mosquée du Cinquantenaire

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À la suite du retrait par le gouvernement belge de la concession historique octroyée à la Ligue islamique mondiale (conséquence des attentats du 22 mars 2016 à Bruxelles[7],[8]), la gestion de la Grande Mosquée du Cinquantenaire à Bruxelles est confiée provisoirement à l'EMB. À la suite de la démission de Salah Echallaoui en décembre 2020, Mehmet Üstün devient le directeur de la Grande Mosquée du Cinquantenaire.

En mars 2021, l'Assemblée générale de l'ASBL Association de Gestion de la Grande Mosquée de Bruxelles (AGMB) élit un nouveau conseil d'administration et confirme Mehmet Üstün à sa présidence. Dans ce cadre, il prend en charge la transition organisationnelle du lieu de culte vers un modèle de gestion ancré localement et tente de créer un islam belge.

Tensions politiques et perte de reconnaissance officielle

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À partir d'octobre 2020, le ministre fédéral de la Justice en charge des Cultes Vincent Van Quickenborne remet en cause le fonctionnement interne de l'EMB. S'appuyant sur des synthèses de la Sûreté de l'État, les autorités reprochent à l'institution : un manque de transparence démocratique et l'absence de renouvellement par élections internes[9], des risques d'ingérence étrangère, notamment des proximités supposées avec les réseaux étatiques turcs (Diyanet) et le mouvement Millî Görüş. Mehmet Üstün est soupçonné d'être lié à l'extrémisme[10].

Selon le ministre de la Justice, l'organisation dirigée par Mehmet Üstün est devenue « un club conservateur de cinq personnes qui ne respectent pas les accords ; qui ne montrent aucun désir de se réformer, de représenter la communauté musulmane ou de prendre leurs distances avec leur patrie »[11].

Après deux mises en demeure, un arrêté royal publié le 29 septembre 2022 retire la reconnaissance officielle et les subsides publics accordés à l'EMB[12]. Mehmet Üstün et le bureau de l'EMB rejettent vigoureusement ces griefs, qualifiant la décision ministérielle d'« ingérence politique arbitraire » et de violation du principe constitutionnel de séparation de l'Église et de l'État. L'institution introduit alors des recours juridiques devant le Conseil d'État[13].

À la suite de cette décision gouvernementale, l'EMB perd officiellement son droit de représenter les musulmans et son aide publique annuelle de 600 000 euros[9].

Prises de position

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Mehmet Üstün revendique une indépendance politique et a rejeté à de multiples reprises toute allégation de dépendance idéologique vis-à-vis du gouvernement turc ou de mouvements islamistes. Il affirme que les liens culturels ou spirituels entretenus par les musulmans de Belgique avec leurs pays d'origine sont comparables aux liens internationaux observés dans d'autres cultes reconnus (notamment le catholicisme avec le Vatican[14]). Il défend la souveraineté de la communauté musulmane dans le choix de ses représentants, dénonçant toute tentative de cooptation ou de restructuration forcée par le pouvoir exécutif[15].

Notes et références

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Références

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  1. ↑ Redaction, « L'Exécutif des musulmans de Belgique dénonce une ingérence de l'Etat », sur mizane.info, Mizane Info, (consulté le ).
  2. ↑ (tr) « Bir Başarı Hikayesi de Belçika'dan », sur Çaykara Gazetesi, (consulté le ).
  3. ↑ https://www.cosimo.be/onsmijnverleden/zolder-de-cit%C3%A9s
  4. ↑ https://shs.cairn.info/revue-courrier-hebdomadaire-du-crisp-2020-14-page-5?lang=fr&hl=fr-FR
  5. ↑ https://www.cathobel.be/2018/05/rotation-a-la-tete-de-lexecutif-des-musulmans/
  6. ↑ « Belçi̇ka'da müslümanlarin temsi̇l süreci̇ bi̇r yil daha uzatildi. », sur gundem.be (consulté le ).
  7. ↑ (nl) « De Grote Moskee: islamitische doos van Pandora? », De Morgen,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  8. ↑ Le Soir, « Nadia Fadil : «La question du droit à l’information face au droit à la surveillance est légitime» » Accès payant, sur lesoir.be, (consulté le ).
  9. 1 2 « Le président de l’Exécutif des Musulmans accuse le ministre Van Quickenborne de “rompre le dialogue” », sur BX1, (consulté le ).
  10. ↑ (nl) « Aan extremisme gelinkte Mehmet Üstün zit ook in bestuur van Grote Moskee », sur bruzz.be (consulté le ).
  11. ↑ (tr) « Belçika, ülkedeki Müslümanların tek temsilcisi olan örgütün ruhsatını ‘dış müdahale ve aşırılık’ gerekçesiyle iptal etti », sur BBC News Türkçe, (consulté le ).
  12. ↑ (nl) « Wie vervangt de Moslimexecutieve? 'Vacuüm dreigt voor moslims in België' », sur bruzz.be (consulté le ).
  13. ↑ Rédaction, « Le président de l’Exécutif des musulmans de Belgique conteste tout extrémisme après un reportage de la VRT », sur 7sur7.be, (consulté le ).
  14. ↑ https://www.cathobel.be/2023/03/francois-et-lislam-mehmet-ustun-president-de-lexecutif-des-musulmans-nous-eclaire/
  15. ↑ (nl-BE) « Mehmet Üstün start nieuwe procedure tegen staat », sur Internetgazet Heusden-Zolder (consulté le ).

Articles connexes

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