Meir (Égypte)

bâtiment en Afrique

La nécropole de Meir (en arabe : مقابر مير, "Maqābir Mayr", litt. « cimetière de Meir ») est un site archéologique situé en Moyenne-Égypte, dans le gouvernorat d'Assiout, sur la rive occidentale du Nil. On y trouve les tombes des nomarques, des maires et des prêtres de Cusae, datant de la fin de l'Ancien Empire et du Moyen Empire.

Meir
Ville d'Égypte antique
Meir (Égypte)
Tombes rupestres de Meir, groupe A
Noms
Nom arabe مقابر مير
Administration
Pays Drapeau de l'Égypte Égypte
Région gouvernorat d'Assiout
Nome Nome inférieur du Sycomore (14e nome de Haute-Égypte)
Géographie
Coordonnées 27° 24′ 35″ nord, 30° 42′ 42″ est
Localisation
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Meir
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Meir

Site de Meir

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Meir, tout comme Koçeir el Amarna, servait de nécropole à la cité de Cusae, en Égypte, à plusieurs dizaines de kilomètres au nord de la ville d'Assiout. Durant la fin de l'Ancien Empire et le Moyen Empire (de la VIe à la XIIe dynastie), Meir a fait office de lieu de sépulture pour les nomarques du quatorzième nome de Haute-Égypte, le nome inférieur du Sycomore. Au pied de la colline abritant les tombes rupestres se trouve un cimetière réservé aux populations plus modestes. Les tombes rupestres étaient exclusivement destinées aux nomarques de Cusae, ville qui constituait un centre de culte dédié à la déesse égyptienne Hathor. Des inscriptions sur les parois de ces tombes attestent de ce culte : elles mentionnent à maintes reprises les prêtresses d'Hathor et présentent de nombreuses représentations de vaches. Aylward Manley Blackman a dirigé les fouilles du site et a publié, par la suite, six volumes consacrés à ses découvertes. Les tombes sont disposées du nord au sud le long d'un flanc de colline ; Blackman a désigné les tombes-chapelles par les lettres A à E. Meir est réputé pour posséder l'un des ensembles de tombes du Moyen Empire les plus riches qui soient. Le site est également célèbre pour ses tombes ornées de reliefs extrêmement détaillés, illustrant des scènes de la vie quotidienne. Parmi les sépultures ayant fait l'objet de fouilles approfondies sur ce site, on peut citer celles d'Oukhhotep et de Pépyânkh Héryib.

Fouilles

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Avant même que des archéologues ne puissent entreprendre des fouilles à Meir, bon nombre de tombes furent pillées pour récupérer le bois qu'elles contenaient. Plus tard, des fragments et des tombes inachevées furent détruits dans d'immenses brasiers, étant jugés « sans valeur » et « encombrants ».

En 1890, Émile Chassinat suscite l'intérêt de la communauté archéologique en se rendant sur le site de Meir. Peu après, plusieurs archéologues — parmi lesquels Georges Daressy (1900), Alexandre Barsanti, Georges Legrain (1900), Jean Clédat (1901–1902) et Sha'ban (1903) — consacrent une période significative à l'exploration du site. Les rapports issus de ces travaux se concentrent exclusivement sur les grandes tombes ; ils demeurent, par ailleurs, très lacunaires et peu détaillés.

Entre 1910 et 1914, Ahmed bey Kamāl prend le relais en s'attachant à fouiller ces tombes moins prestigieuses, souvent restées inachevées. Enfin, entre 1912 et 1950, Aylward Manley Blackman mène des fouilles à Meir et publie par la suite six volumes décrivant les diverses tombes rupestres du site. Malheureusement, Blackman privilégie les sépultures les plus élaborées et les mieux conservées, laissant les tombes plus modestes — ou inachevées — inexplorées et inédites. Le site de Meir fait depuis les années 2010 l'objet de plusieurs publications par Naguib Kanawati.

Religion

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Dans toutes les tombes décorées de Meir, il apparaît clairement que la déesse Hathor occupait une place importante dans la vie des habitants de Cusae. Les volumes I à VI des ouvrages de Blackman révèlent que la quasi-totalité des nomarques, ainsi que divers membres de leur famille, occupaient des fonctions liées à Hathor. Nombre de ces nomarques portaient le titre de « surveillant des prophètes d'Hathor » ou de « prêtre d'Hathor », tandis que beaucoup de femmes de haut rang portaient celui de « prêtresse d'Hathor ». Outre ces titres, les reliefs ornant les parois représentent également des cérémonies consacrées à Hathor. On en trouve un exemple dans la tombe d'Oukhhotep, fils de Senbi : un relief y figure une scène rituelle montrant deux taureaux s'affrontant jusqu'à la mort ; on suppose que cet affrontement visait à remporter l'honneur d'être auprès de la déesse-vache, Hathor[1].

Les tombes de Meir remontent à la période allant de la VIe à la XIIe dynastie ; elles constituaient un lieu de sépulture important pour les dirigeants du quatorzième nome. Lors des fouilles menées par Aylward Blackman, les différentes tombes rupestres ont été désignées par les lettres A à E. Ces tombes ont été creusées à flanc de colline et disposées du nord au sud. Le site abrite environ soixante-quinze tombes dotées de décorations intérieures, ainsi qu'un grand nombre d'autres sépultures qui ont été pillées ou endommagées au fil du temps. En contrebas du site principal des tombes rupestres, se trouve une nécropole destinée aux habitants de la cité qui n'étaient pas des nomarques. Ce cimetière, réservé aux « gens du commun », a fait l'objet de très peu de fouilles ; il n'existe pratiquement aucune information à son sujet dans les ouvrages publiés par les principaux archéologues ayant travaillé à Meir.

Tombes A à E

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La liste des principales tombes est la suivante[2] :

Notes et références

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  1. ↑ Le terme « frère » avait diverses significations en ancien égyptien, comme « frère », « cousin » ou encore « collègue » ; cela signifie qu'Oukhhotep IV pouvait être un neveu d'Oukhhotep III, un cousin (issu de germain) d'Oukhhotep III ou encore sans relation familiale[3].

Références

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  1. ↑ Blackman 1915a, p. 25.
  2. ↑ Porter et Moss 1968, p. 247-256.
  3. ↑ Grajetzki 2024, p. 120.

Bibliographie

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Publications d'Aylward Manley Blackman

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Publications de Naguib Kanawati

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  • (en) Naguib Kanawati, Effy Alexakis, Anna-Latifa Mourad et S. Shafik, The cemetery of Meir, vol. I : The tomb of Pepyankh the Middle, Oxford, Aris & Phillips, , 68 p. (ISBN 978-0856688454) ;
  • (en) Naguib Kanawati et Linda Evans, The cemetery of Meir, vol. II : The tomb of Pepyankh the Black, Oxford, Aris & Phillips, , 66 p. (ISBN 978-0-85668-841-6) ;
  • (en) Naguib Kanawati, Linda Evans, Miral Lashien, Anna-Latifa Mourad et Ashraf Senussi, The cemetery of Meir, vol. III : The Tomb of Niankhpepy the Black, Oxford, Aris & Phillips, , 68 p. (ISBN 978-0-85668-856-0) ;
  • (en) Naguib Kanawati et Linda Evans, The cemetery of Meir, vol. IV : The Tombs of Senbi I and Wekhhotep I, Oxford, Aris & Phillips, , 151 p. (ISBN 978-8566888478) ;
  • (en) Naguib Kanawati et Georgia Barker, The cemetery of Meir, vol. V : The Tomb of Wekhhotep III, Oxford, Aris & Phillips, , 57 p. (ISBN 978-1912246120) ;
  • (en) Naguib Kanawati et Georgia Barker, The cemetery of Meir, vol. VI : The tombs of Senbi II and Wekhhotep II, Oxford, Wallasey, Abercromby Press, , 78 p. (ISBN 978-1-912246-23-6).

Autres publications

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