Mela Muter

peintre polonaise

Mela Muter, née Maria Melania Klingsland, née le à Varsovie en Pologne, et morte le à Paris, est une artiste-peintre française d'origine polonaise[pas clair].

Mela Muter
En .
Biographie
Naissance
Décès
Sépulture
Nom de naissance
Maria Melania KlingslandVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalités
Formation
Activité
Père
Fabian Klingsland (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Conjoints
Michał Mutermilch (d) (de à )
Raymond LefebvreVoir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Maître
Miłosz Kotarbiński (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Genre artistique
Distinction
Œuvres principales
L'Onyar a Girona (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Vue de la sépulture.

Biographie

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Famille et formation

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Elle naît le à Varsovie[1],[2]. Elle y grandit dans une famille aisée et cultivée. Son frère, Zygmunt Klingsland, deviendra diplomate polonais à Paris et critique littéraire en Pologne[3].

En 1899, elle épouse Michal Muttermilch, écrivain et militant socialiste polonais. En 1902, après une année de cours dans l'« école de dessin pour femmes » de J. Kotarbinski, elle s'installe avec son mari à Paris et s’inscrit à l'Académie Colarossi[1] puis à l'Académie de la Grande Chaumière[4], décidée à devenir une peintre professionnelle[5],[6].

Les salons et la reconnaissance

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Elle expose dès 1902 à Varsovie à la Société pour la promotion des beaux-arts, et à Paris au Salon des beaux-arts, puis à partir de 1909 au Salon des indépendants[6], au Salon d'automne et au Salon des Tuileries[4]. Elle devient un membre important du mouvement artistique l'École de Paris[4]à quelle période ?[précision nécessaire]. Elle est remarquée par le marchand d'art Ambroise Vollard[4].

Elle voyage en Espagne, mais aussi en Bretagne, en particulier à Audierne, Douarnenez, Pont-Aven[7] et Concarneau où elle s'installe en 1914 au début de la Première Guerre mondiale : « Concarneau paisible, loin de l'angoisse parisienne, comme hors du danger mais mon cœur était lourd », écrit-elle[7].

Dans le milieu culturel de l'entre deux-guerres

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Entre 1917 et 1920, Mela Muter devient la compagne de l'écrivain Raymond Lefebvre, militant pacifiste socialiste révolutionnaire, partisan de la IIIe internationale communiste[8]. Elle fréquente alors les milieux intellectuels pacifistes et socialistes français, peint Paul Vaillant-Couturier, Henri Barbusse et Anatole France[9]. La relation avec Raymond Lefebvre provoque son divorce religieux avec Michal Muttermilch en 1919. Mais Raymond Lefebvre meurt en 1920 au large de la Mer de Barents, en revenant du IIe Congrès du Komintern avec Jules Lepetit et Marcel Vergeat[10].

Elle sera amie avec la sculptrice Chana Orloff, la peintre Georgette Chen, la peintre Josette Bournet [11] ou encore le critique d’art André Salmon

Elle expose à de multiples reprises à Paris[12]. En 1921, elle est invitée à faire partie du jury du Salon d'automne[5]. Elle est en contact avec des écrivains tels que Henri Barbusse et Romain Rolland, ou l'architecte Auguste Perret (à qui elle commande la construction d'une villa-atelier située Allée Maintenon à Paris), les compositeurs Maurice Ravel et Erik Satie[4]. Elle se lie d'une forte amitié avec Rainer Maria Rilke[4].

À l'étranger, elle fait de grandes expositions à Barcelone, en Allemagne, et à Washington au Carnegie Institute. Elle est reconnue particulièrement comme portraitiste[13]. Frances Hodgkins retient celui de Roger Fry en 1922[5]. Elle brosse le portrait de ses amis : Clemenceau, Ravel, Satie, ainsi que de Rainer Maria Rilke.

Son fils, atteint de tuberculose osseuse, meurt en 1924[14]. Elle se fait naturaliser française en 1927[15].

Elle participe aux expositions de groupe organisées par la Société des Femmes Artistes Modernes (FAM), créée en 1931 par Marie-Anne Camax-Zoegger. Elle est présente sur la liste des artistes de l'exposition de 1935 à la Galerie Bernheim-Jeune.

Les dernières années

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Pendant la Seconde Guerre mondiale, bien que convertie au catholicisme[16] et naturalisée, elle se sent menacée du fait de ses origines juives[14] et de ses idées politiques. Elle quitte Paris pour Avignon et y enseigne le dessin, l'histoire de l'art et la littérature. Elle reçoit des autorités de la ville un petit appartement[3]. Après la guerre, elle a des problèmes de vue, une opération de la cataracte en 1965 lui permet de retravailler la peinture. Elle meurt dans son atelier le [3],[17]. Elle est inhumée au cimetière parisien de Bagneux, dans la 94e division.

L'œuvre

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Influencée initialement par le symbolisme, elle évolue ensuite vers l'expressionnisme[4], mais elle reste durant tout son parcours à l'écart des modes et des tendances[3].

Ses portraits officiels représentent en grande majorité des hommes, mais la peintre effectue également des effigies, des études et des nus de femmes, le plus souvent anonymes, ainsi que des maternités à caractère profondément spirituel. Ses toiles peintes dans les années 1920-1930 représentent des femmes du peuple, de milieu défavorisé, alourdies par le travail physique, les grossesses fréquentes, et les soucis familiaux. Son intérêt va également vers les représentants des mondes extra-européens: elle laisse des portraits des tirailleurs sénégalais, des Chinois et des Hindous présents alors à Paris[9].

D'après Tériade, elle expose une « bonne série de paysages pyrénéens et provençaux qui marqueront parmi les plus importantes de ses œuvres »[18]. Elle expose aussi des natures mortes[18].

Expositions

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Notes et références

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  1. 1 2 (en) « Muter, Marie Mela », sur Bénézit, (consulté le ).
  2. « Muter Mela [Mutermilch, Maria-Melania, née Kingsland dite] - Maitron », sur maitron.fr (consulté le ).
  3. 1 2 3 4 Natasza Styrna, « Mela Muter 1876-1967 », sur Jewish Women's archive,
  4. 1 2 3 4 5 6 7 Ada Ackerman, « Muter, Mela (épouse Mutermilch, dite) [Varsovie 1876 - Paris 1967] », dans Béatrice Didier, Antoinette Fouque et Mireille Calle-Gruber (dir.), Dictionnaire universel des créatrices, Éditions Des femmes, , p. 3098
  5. 1 2 3 Hodgkins 2013, p. 379.
  6. 1 2 Huyghe et Bazin 1968, p. 208.
  7. 1 2 « Mela Muter : "Je ne savais rien de sa vie, mais en contemplant ce visage flétri par les pleurs" », Le Télégramme, (lire en ligne)
  8. « Raymond Lefebvre », sur Editions universitaires de Dijon (consulté le )
  9. 1 2 Artur Winiarski (dir.) et Alice S. Legé (dir.), L'École de Paris : collection Marek Riefler (catalogue d’exposition, Paris, Musée de Montmartre, 17 octobre 2025-15 février 2026), Paris, In fine / Musée de Montmartre, , 192 p. (EAN 9782382032381), p. 54-55.
  10. « Morts suspectes en URSS : le naufrage de Raymond Lefebvre », sur RetroNews - Le site de presse de la BnF, (consulté le )
  11. Ewa Bobrowska et François Trouilleux :Lettres de Mela Muter à Josette Bournet: témoignages d’une amitié artistique / Listy Meli Muter do Josette Bournet: świadectwa artystycznej przyjaźni ouvrage illustré, bilingue français-polonais, 328 p. Varsovie : Wydawnictwo DiG, Edition Bellerive-sur-l’Allier : La Rama, 2025
  12. « Mela Muter, peintre star d’un Paris « fou » », sur RetroNews - Le site de presse de la BnF, (consulté le )
  13. (en) « Muter, Marie Mela », sur Benezit
  14. 1 2 (en) « Mela Muter », sur Jewish Women's Archive (consulté le )
  15. « Journal officiel de la République française. Lois et décrets », sur Gallica, (consulté le )
  16. Ewa Bobrowska et Rachel Mazuy, « Raymond Lefebvre, Mela Muter. Correspondance amoureuse en temps de guerre (1917-printemps 1920). », dans Rachel Mazuy et Denis Pernot, Raymond Lefebvre. La Révolution et la mort., Dijon, Editions universitaires de Dijon,
  17. Acte de décès (avec date et lieu de naissance) à Paris 13e, no 1491, vue 21/31.
  18. 1 2 Tériade 1996, p. 38.
  19. Catalogues des expositions, Buffet et Leclerc, 72 rue du Château-d'Eau, Paris.
  20. Maurice Delépine, « Les arts », Le Midi socialiste, 16 mars 1936, page 4.
  21. « Chagall, Modigliani, Soutine… », sur Musée d'Art et d'Histoire du Judaïsme, (consulté le )
  22. « L'exposition Pionnières est ouverte ! | RMN - Grand Palais », sur www.grandpalais.fr (consulté le )
  23. In fine éditions, « Collioure, Babel des arts », sur In Fine éditions d'art, (consulté le )
  24. Collectif, Le Paris de la modernité : 1905-1925, Paris, Paris Musées, coll. « catalogue d’exposition », , 300 p. (ISBN 9782759605668)

Annexes

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Bibliographie

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  • Dictionnaire Bénézit
  • « Mela Muter », sur AWARE Women artists / Femmes artistes (consulté le )
  • Barbara Brus-Malinowska, notice sur Mela Muter dans « Peintres polonais en Bretagne », catal. expo. Musée départemental breton, Quimper, 2004, p. 74-76.
  • Nieszawer et Princ, Histoires des artistes Juifs de l'École de Paris, 1905-1939, (Denoël, 2000 - Somogy, 2015) Les étoiles éditions, 2020, p. 313-316.
  • « Mela Muter, peintre star d’un Paris « fou » », sur RetroNews - Le site de presse de la BnF, (consulté le )
  • Rachel Mazuy, « MUTER Mela », dans Mutermilch, Maria-Melania, née Kingsland dite, Maitron/Editions de l'Atelier, (lire en ligne)
  • Ewa Bobrowska, Rachel Mazuy, Raymond Lefebvre, Mela Muter. Correspondance amoureuse en temps de guerre (1917-printemps 1920), in Rachel Mazuy, Denis Pernot, Raymond Lefebvre, La révolution et la mort, Dijon, EUD, 2023.
  • René Huyghe et Germain Bazin, Histoire de l'art: la peinture, , 536 p. (lire en ligne), p. 208.
  • Tériade, Écrits sur l'art, (lire en ligne), p. 38.
  • (en) Frances Hodgkins, Letters of Frances Hodgkins, (lire en ligne), p. 379.
  • Artur Winiarski (dir.) et Alice S. Legé (dir.), L'École de Paris : collection Marek Riefler (catalogue d’exposition, Paris, Musée de Montmartre, 17 octobre 2025-15 février 2026), Paris, In fine / Musée de Montmartre, , 192 p. (EAN 9782382032381).

Liens externes

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