Melogale personata

espèce de mammifères

Mélogale masquée, Mélogale indien, Blaireau-furet de Birmanie

Melogale personata
Description de cette image, également commentée ci-après
Mélogale masquée naturalisée, photographié au musée d’histoire naturelle de Gênes
Classification
Règne Animalia
Sous-embr. Vertebrata
Super-classe Tetrapoda
Classe Mammalia
Cohorte Placentalia
Super-ordre Laurasiatheria
Ordre Carnivora
Sous-ordre Caniformia
Famille Mustelidae
Sous-famille Helictidinae
Genre Melogale

Espèce

Melogale personata
I.Geoffroy Saint-Hilaire, 1831

Statut de conservation UICN

( LC )( LC )
LC  : Préoccupation mineure

Répartition géographique

Description de l'image Burmese Ferret-badger area.png.

Synonymes

La Mélogale masquée (Melogale personata) également connu sous le nom de Blaireau-furet de Birmanie, est une espèce de mammifères carnivores de la famille des Mustélidés. C'est un petit carnivore discret de la taille d'un chat que l'on rencontre en Asie dans une zone allant environ du Bhoutan au Vietnam. En 2008, son statut de conservation était toujours inconnu, faute de données et d'observations suffisantes sur ce animaux et les confusions possibles avec la Mélogale de Chine (Melogale moschata)[2].

Dénominations

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Taxonomie

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Illustration de la Mélogale masquée (Melogale personata) par Charles Bélanger dans Voyage aux Indes-Orientales, 1834[4].

Historique

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La Mélogale masquée (Melogale personata) est décrite pour la première fois en 1834 par le zoologiste français Isidore Geoffroy Saint-Hilaire dans le second volume du Voyage aux Indes-Orientales de Charles Bélanger. L'épithète spécifique personata (signifiant « masquée » en latin) est explicitement choisie par l'auteur pour rappeler la disposition remarquable des couleurs contrastées de la face de l'animal, qui arbore un pelage blanc sur les lèvres, les joues et la gorge, encadré par des teintes brunes. Geoffroy Saint-Hilaire souligne que cette coloration faciale, combinée à une bande blanche longitudinale s'étendant du sommet de la tête jusqu'à l'arrière du dos, présente une forte analogie visuelle avec d'autres carnivores fouisseurs comme les Mouffettes, les Télagons ou les Zorilles ou le Taxidée[4].

La localité type de l'espèce est fixée aux environs de Rangoun, dans la région historique du Pégou (située dans l'actuel Myanmar ou Birmanie), où Charles Bélanger a découvert le spécimen de référence. Ce spécimen-type, conservé vivant en captivité par le voyageur, présentait une queue tronquée d'environ huit pouces. Cependant, les notes de terrain de Bélanger indiquent que chez un animal intact, la queue, que la mélogale porte habituellement relevée en panache sur son dos, représente environ la moitié de la longueur totale de l'animal. Bien que les habitudes sauvages du taxon fussent inconnues au moment de sa description, Geoffroy Saint-Hilaire s'est appuyé sur les observations de Bélanger (qui décrivait un animal forestier très irritable hérissant ses poils en cas de colère) et sur son anatomie pour déduire que l'espèce vivait dans des terriers qu'elle creusait elle-même et possédait un régime omnivore non exclusivement carnée[4].

Le Mélogale du Népal (actuellement sous-espèce Melogale personata nipalensis) a été décrit à l'origine en tant que nouvelle espèce en 1836 sous le protonyme de Gulo Nipalensis par le naturaliste Brian Houghton Hodgson dans le Journal of the Asiatic Society of Bengal publié en 1843[10]. Découvert dans la région centrale du Népal, l'animal a été caractérisé par son pelage supérieur brun terreux, son dessous jaunâtre, une ligne blanche s'étendant de la nuque jusqu'aux hanches, ainsi qu'une queue cylindrique et pointue mesurant environ la moitié de la longueur totale du corps[10]. Dans ses remarques, Hodgson note que cet animal vermiforme présente une formule dentaire et des caractéristiques qui l'associent au genre Gulo, l'identifiant comme l'analogue continental direct du Gulo orientalis décrit par Horsfield sur l'île de Java[10].

En 1842, le zoologiste René Primevère Lesson l'intègre au genre Helictis, mais comme il était déjà associé à un genre spécifique au moment de sa description, il ne sera pas systématiquement associé à ce genre. Il sera tantôt associé au genre Melogale, tantôt associé au genre Helictis[3]. Mais il conservera son genre Melogale définitivement en 1951 sous la plume d’Ellerman et Morrison-Scott, les derniers taxons décrits remontant à cette date[11].

Liste des sous-espèces

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Liste des sous-espèces recensées par Mammal Species of the World (version 3, 2005) ()[12] et d’actualité selon ITIS ()[13] :

  • Melogale personata laotum Thomas, 1922 ;
  • Hélictis du Népal (Melogale personata nipalensis) (Hodgson, 1836) ;
  • Mélogale masquée (Melogale personata personata) (I. Geoffroy Saint-Hilaire, 1831) ;
  • Melogale personata pierrei (Bonhote, 1903)
  • Melogale personata tonquinia Thomas, 1922

Description

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 v · d · m  Formule dentaire
mâchoire supérieure
1 4 1 3 3 1 4 1
2 4 1 3 3 1 4 2
mâchoire inférieure
Total : 38
Dentition de Melogale personata.

La Mélogale masquée est un mustélidé au corps malicieusement long et souple, rappelant davantage l'allure d'un furet que celle d'un blaireau traditionnel[4],[14]. La longueur combinée de la tête et du corps varie de 33 à 43 cm[8] (ou de 35 à 40 cm selon les auteurs< [15] ), à laquelle s'ajoute une queue touffue mesurant entre 15 et 23 cm[8],[15]. Son poids corporel oscille généralement entre 1 et 3 kg[8] (ou de 1,5 à 3 kg[15]).

La coloration de sa fourrure s'étend du brun fauve au marron ou gris foncé, marquée par une bande dorsale blanche ou jaune qui court le long de la tête et du cou, s'étendant parfois jusqu'aux hanches[4],[15],[16]. Sa face est ornée de taches noires et blanches (ou jaunes) situées sur les joues et entre les yeux ; la disposition de ces marques faciales est unique à chaque individu[4],[15]. Le mufle et les oreilles paraissent être couleur de chair, tandis que la plante des pieds et la paume des mains sont noirâtres[4]. La partie terminale de la queue tend vers une nuance blanchâtre[4],[15].

Sur le plan anatomique, sa dentition comporte un total de 38 dents, réparties à raison de 18 dents à la mâchoire supérieure et 20 à la mâchoire inférieure, une caractéristique générique distinctive mise en évidence dès sa description originelle[4].

Cette espèce présente une très forte ressemblance morphologique avec la Mélogale de Chine (Melogale moschata). La distinction fiable entre les deux taxons s'effectue principalement par l'examen de la structure craniodentaire, la Mélogale masquée possédant une quatrième prémolaire supérieure nettement plus grande [17]. Bien que certaines sources historiques aient suggéré la possibilité de différencier ces deux espèces par l'analyse des motifs de leurs marques faciales ou dorsales, ce critère visuel s'avère trompeur et non fiable au sein de plusieurs populations[18].

Distribution et habitat

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La Mélogale masquée a été enregistrée dans le Nord-Est de l'Inde, au Népal, au Myanmar, en Thaïlande, au Laos, au Viêt Nam, au Cambodge, au Bangladesh, ainsi que dans la province du Yunnan dans le Sud-Ouest de la Chine. Elle habite les forêts sempervirentes, et s'avère plus fréquemment signalée dans les habitats perturbés que dans les forêts primaires[19]. De nombreuses observations ont également été rapportées à proximité de zones résidentielles ou agricoles[17],[20],[21],[22].

La répartition géographique exacte de l'espèce demeure toutefois incertaine. La difficulté à cartographier précisément son aire de répartition est accentuée par sa forte ressemblance morphologique avec la Mélogale de Chine (Melogale moschata). Le territoire des deux espèces se chevauche dans certaines régions, et elles ne peuvent pas être distinguées de manière fiable sans un examen approfondi de leur dentition[23].

Comportement et écologie

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Le comportement et l'écologie de la Mélogale masquée demeurent encore très peu connus de la communauté scientifique. Une grande partie des descriptions publiées s'appuient en effet sur l'étude d'individus morts ou sur des clichés obtenus par piège photographique[19].

L'espèce fréquente une grande variété de biotopes, incluant les forêts, les prairies ainsi que les terres cultivées. Bien qu'elle passe la majeure partie de son temps au sol, elle semble posséder d'excellentes aptitudes pour grimper aux arbres[15]. Animal principalement nocturne, elle passe ses journées à se reposer à l'abri dans des terriers ou des fentes de rochers[15]. La Mélogale masquée est présumée mener une existence essentiellement solitaire[15].

Régime alimentaire

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Le système dentaire de la Mélogale masquée indique un régime omnivore et opportuniste. Son alimentation se compose d'une grande diversité de proies et de végétaux : elle consomme des insectes, des vers, des escargots, de petits mammifères, des lézards, des grenouilles et des oiseaux, mais elle agrémente également son régime de fruits, de noix et d'œufs[15].

Reproduction

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Les données sur la reproduction de l'espèce restent fragmentaires. Les naissances semblent principalement survenir au cours des mois de mai ou de juin, et il est attesté qu'une portée peut compter jusqu'à trois jeunes individus[15].

Interaction avec l’Homme

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Menaces et statut de conservation

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L'état réel des populations de la Mélogale masquée demeure très mal connu. Dans la partie septentrionale de son aire de répartition, notamment au Laos et au Viêt Nam, la confusion fréquente avec la Mélogale de Chine (Melogale moschata) accentue le manque de clarté des données démographiques existantes[15].

Bien qu'aucune preuve n'indique que l'espèce soit spécifiquement visée par la chasse, elle est régulièrement capturée de manière accidentelle dans des pièges initialement destinés à d'autres animaux[19][22].

La Mélogale masquée est actuellement classée en statut de « préoccupation mineure » (LC) sur la Liste rouge de l'UICN[19].

Rôle potentiel de zoonoses

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La Mélogale masquée est suspectée de pouvoir servir de réservoir sauvage pour certains agents pathogènes humains. Une tique prélevée en Thaïlande sur un individu mort sur la route s'est révélée porteuse d'une souche de Rickettsia japonica, une bactérie responsable de la fièvre tachetée japonaise, ce qui implique l'animal comme un réservoir potentiel pour cette maladie[24].

Par ailleurs, l'espèce a également été citée comme un réservoir potentiel pour le coronavirus du SRAS, en lien avec le commerce international de petits carnivores[25].

Notes et références

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Références

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  1. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 ASM Mammal Diversity Database, consulté le .
  2. UICN, consulté le .
  3. 1 2 ASM Mammal Diversity Database, consulté le .
  4. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 Charles Bélanger, Voyage aux Indes-Orientales par le nord de l'Europe, les provinces du Caucase, la Géorgie, l'Arménie et la Perse, suivi de détails topographiques, statistiques et autre sur le Pégou, les Iles de Java, de Maurice et de Bourbon, sur le Cap de Bonne-Espérance et Sainte-Hélène, pendant les années 1825, 1826, 1827, 1828 et 1829, Paris, Arthus Bertrand, (lire en ligne)
  5. (en) Amy Chernack (dir. et Project Co-ordinateur), Normand David et Michel Gosselin (French common names) (ill. Lluis Sogorb), All the Mammals of the World, Barcelone, Lynx Nature Books, , 800 p., 24 x 31 cm / 4,6 kg (ISBN 978-84-16728-66-4, présentation en ligne), p. 686
  6. Meyer C., ed. sc., 2009, Dictionnaire des Sciences Animales. consulter en ligne. Montpellier, France, Cirad.
  7. (en) Murray Wrobel, 2007. Elsevier's dictionary of mammals: in Latin, English, German, French and Italian. Elsevier, 2007. (ISBN 0444518770), 9780444518774. 857 pageRechercher dans le document numérisé
  8. 1 2 3 4 5 Éditions Larousse, « blaireau - LAROUSSE », sur www.larousse.fr (consulté le )
  9. Paul Gervais, Histoire naturelle des mammifères, vol. 2, Paris, L. Curmer, , passage=105
  10. 1 2 3 (en) B. H. Hodgson, « Notice of a new species of Gulo », The Journal of the Asiatic Society of Bengal, vol. 12, no 137, , p. 509-510 (lire en ligne)
  11. (en) J. R. Ellerman et T. C. S. Morrison-Scott, Checklist of Palaearctic and Indian mammals 1758 to 1946, Londres, British Museum (Natural History), (lire en ligne)
  12. Mammal Species of the World (version 3, 2005), consulté le .
  13. Integrated Taxonomic Information System (ITIS), www.itis.gov, CC0 https://doi.org/10.5066/F7KH0KBK, consulté le .
  14. Collectif (trad. André Delcourt et Hervé Douxchamps), Tous les animaux de l'univers, Unide (no 3), , 1732 p., Blaireau pages 206 à 208
  15. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 (en) S. Larivière (dir.) et A. P. Jennings (dir.), « Family Mustelidae (Weasels and Relatives) », dans Handbook of the Mammals of the World : Volume 1: Carnivores, vol. 1 : Carnivores, Lynx Edicions, (ISBN 978-84-96553-49-1)
  16. Collectif (trad. Sylvie Menny), Le règne animal, Gallimard Jeunesse, , 624 p. (ISBN 2-07-055151-2), Le blaireau-furet page 200
  17. 1 2 (en) G. B. Thapa, D. R. Dahal, D. Maharjan et S. Thapa, « The craniodental structure of a Large-toothed Ferret Badger Melogale personata from Nepal », Small Carnivore Conservation, vol. 62, (lire en ligne [archive du ])
  18. UICN, consulté le .
  19. 1 2 3 4 UICN, consulté le .
  20. (en) M.A. Islam, Gawsia Wahidunnessa Chowdhury et Jerry Belant, « First record of the Large-toothed Ferret Badger in Bangladesh », Small Carnivore Conservation, vol. 39, , p. 41–42 (lire en ligne)
  21. (en) G. P. Pokharel, M. K. Dhamala, D. Khadka, S. Bhatta, R. P. Sapkota, K. R. Kafle, J. L. Belant et B. B. Khawas, « Range extension of the Melogale personata I. Geoffroy Saint-Hilaire, 1831 (Mustelidae) in Nepal », Check List, vol. 17, no 6, , p. 1451 (DOI 10.15560/17.6.1451)
  22. 1 2 (en) B. Baral, G. B. Magar, S. R. Giri et R. S. Rai, « Distribution and new elevational record of Melogale personata (Carnivora: Mustelidae) from Khotang district, Nepal », Mammalogy Notes, vol. 10, no 1, , p. 310 (DOI 10.47603/mano.v10n1.310)
  23. (en) C. Schank, E. H. B. Pollard, W. Schrest, R. Timmins, J. Holden et J. Walston, « First confirmed records of large-toothed Ferret Badger Melogale personata in Cambodia, with notes on country records of Melogale », Small Carnivore Conservation, vol. 40, , p. 11–15 (lire en ligne)
  24. (en) S. Hirunkanokpun, A. Ahantarig, V. Baimai, P. Pramual et W. Trinachartvanit, « A new record of Rickettsia japonica in ticks infesting a Burmese ferret-badger in Thailand », Tropical Biomedicine, vol. 39, no 1, , p. 55–59 (PMID 35507925, lire en ligne)
  25. (en) D. Bell, S. Roberton et P. R. Hunter, « Animal origins of SARS coronavirus: possible links with the international trade in small carnivores », Philosophical Transactions of the Royal Society B: Biological Sciences, vol. 359, no 1447, , p. 1107–1114 (PMID 15306396, PMCID 1693393, DOI 10.1098/rstb.2004.1492)

Liens externes

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