Mémona Hintermann-Afféjee
Mémona Hintermann-Afféjee, née Mémoona Afféjee[a],[b] le au Tampon (La Réunion)[1], est une journaliste, grand reporter de télévision et présentatrice de journal française.
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Mémoona Marie Andrée Colette Afféjée |
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Lycée polyvalent Roland Garros de Le Tampon (d) |
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Après une carrière sur la chaîne FR3 puis France 3, de à fin , elle devient membre du Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) de à .
À partir de 2026, elle devient intervenante régulière sur CNews et Europe 1.
Biographie
modifierFamille et enfance
modifierMémona Afféjee est la fille de Cassim Ismaël Afféjee, Indien musulman (Zarabe), commerçant au Tampon, ruiné par ses dettes de jeu et alcoolique[2], et de Marie-Claire Séry, créole issue d'une famille bretonne originaire de Plougastel-Daoulas, ayant émigré au XVIIIe siècle[3]. Ses parents ne se sont jamais mariés. Sa mère est rejetée par son père pour s'être mise en couple avec un Indien musulman[4]. Elle grandit dans une famille très pauvre[5], vivant dans une case sans eau ni électricité. Sa mère a onze enfants dont sept ont survécu[6] : Sara, Bène, Mamode, Farouck, Ahmed dit Tati, Mémona et Doudou[7].
À l'état civil, elle se prénomme Mémona, un prénom musulman. Elle est élevée dans la religion musulmane, allant à l'école coranique[2], jusqu'à ses huit ans, âge où elle reçoit le baptême catholique au Tampon et se choisit pour prénoms de baptême Marie Andrée Colette[8].
Débuts en journalisme
modifierAprès avoir obtenu le baccalauréat au lycée Roland Garros du Tampon, elle remporte en le concours de l'Office de radiodiffusion télévision française (ORTF) à Saint-Denis-de-la-Réunion où elle officie pendant quatre ans[9]. En , elle obtient une maîtrise en droit.
Voulant exercer son métier en France métropolitaine, elle choisit Orléans où elle arrive le [10] et commence par présenter le journal télévisé régional à FR3-Orléans (aujourd'hui France 3 Centre-Val de Loire) avant de présenter le journal national.
Grand reporter
modifierEn , Mémona Hintermann devient grand reporter au service Étranger de FR3 et part couvrir la plupart des grands conflits dans le monde ; elle a ainsi couvert la chute du mur de Berlin et les guerres de Yougoslavie. Elle est notamment spécialiste du Moyen-Orient et de l'Afghanistan. En complément, dans les années et durant l'été , elle présente Soir 3, le journal de seconde partie de soirée de France 3.
En , elle publie une autobiographie, Tête haute, qui relate son enfance à La Réunion dans une famille multiculturelle très pauvre. Entre autres choses, elle y « témoigne vigoureusement de sa foi chrétienne »[11] et y défend les principes sur lesquels elle a bâti sa vie : « méritocratie, respect de la pluralité religieuse, ascenseur social républicain[12] ».
En , elle prend position contre les honneurs accordés au colonel Kadhafi lors de sa visite officielle en France, et affirme qu'en en Libye, ce dernier aurait tenté de la violer après lui avoir laissé entendre qu'il lui accorderait un entretien[13],[14].
En , elle publie un ouvrage en collaboration avec son mari, le journaliste allemand Lutz Krusche : Quand nous étions innocents : Un amour franco-allemand. À la même date, elle officie en tant que présentatrice « joker » de France 3, puisqu'elle présente le Soir 3 tout au long de l'été, et comme grand reporter.
Membre du Conseil supérieur de l'audiovisuel
modifierEn , Mémona Hintermann est nommée pour six ans conseillère au Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) par le socialiste Jean-Pierre Bel, président du Sénat[c],[15]. Conformément aux règles déontologiques du CSA, elle démissionne de ses fonctions à France 3 pour se consacrer à cette charge[16].
Pendant, son mandat, son principal combat est celui de la représentation de toutes les diversités françaises à la télévision[17],[18]. Ses sorties médiatiques et son franc-parler font d'elle une personnalité atypique dans le conseil des sages[19]. Son mandat se termine en [20].
Après le CSA, retour au journalisme
modifierEn , elle fait partie des intervenants réguliers de l’émission La Belle Équipe, présentée par Clélie Mathias[21]. À la même époque, la journaliste Sophie Gastrin, lui consacre un documentaire, diffusé sur Réunion la 1re[22].
De à , elle signe, Sans filtre, un édito chaque dimanche dans Midi libre[23]. À partir de , sa chronique est aussi publiée dans les colonnes de La Dépêche du Midi.
Vie privée
modifierDe son premier mariage avec le journaliste et homme politique Eric Hintermann, d'origine suisse et protestant[24], elle a deux enfants : Élodie et Julien, vétérinaire.
En , elle rencontre, lors d'un reportage dans la Westerplatte, le journaliste de nationalité allemande Lutz Kusche (né en ). Ils se marient le à Neuilly-sur-Seine, leur union est célébrée par Nicolas Sarkozy, alors maire de la commune[25]. Le , Tatjana Kusche, 16 ans, la fille unique de son mari, est tuée dans un accident de voiture dans les Landes. Elle est enterrée à Capbreton[26].
En hommage à son parcours professionnel et humain, et sa contribution à faire rayonner la Réunion à travers le monde, un lycée porte son nom à Saint-Denis de la Réunion.
Prise de position et engagement
modifierLe , Mémona Hintermann appelle au boycott de la chaîne d'information en continu LCI, estimant que celle-ci doit se voir « couper le signal, annuler sa convention » pour avoir diffusé en direct et dans son intégralité le discours d'Éric Zemmour lors de la Convention de la droite[27].
Depuis , elle est par ailleurs membre du Comité d'orientation du Club XXIe siècle[28], une association loi de 1901 dont l'objectif est de promouvoir « une vision positive de la diversité, de l'égalité des chances et de la méritocratie républicaine »[29].
Mémona Hintermann-Afféjee, ex-membre du Conseil supérieur de l'audiovisuel, déplore en le manque de diversité sociale de la radio France Inter : « Quand j'écoute Inter, j'entends une France bourgeoise épargnée par les difficultés de la vie, qui ne correspond pas au pays tel qu'il est. Enfants de diplomate ou de ministre, les figures de la matinale entretiennent une part d'entre-soi jusque dans le choix des mots employés »[30].
Depuis , elle est administratrice de Reporters d'espoirs, l'association fondatrice de la démarche du journalisme de solutions créée en , pour promouvoir une information qui éclaire la complexité du monde et aide les citoyens à prendre conscience des problèmes comme des solutions, des difficultés comme des chemins de résilience.
En , à la suite des propos supposés racistes visant Bally Bagayoko, nouvellement élu maire de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), comparé aux « grands singes » et à un « chef de tribu » par Jean Doridot puis Michel Onfray sur CNews, plusieurs propos tenus par Mémona Hintermann sur la même chaîne déclenchent une polémique. Elle y déplore notamment qu’on ne puisse plus évoquer « l'Homo sapiens à propos d'une personne noire ». De même, elle dit ne plus reconnaître « certains endroits en France », et d'ajouter : « quand je revois cette France aujourd'hui, (…) cette France-là, mais qu'est-ce que vous en avez fait ? Mais vous êtes dingues ! ». Si Mémona Hintermann réfute être « raciste », la présidente de région de La Réunion, Huguette Bello, estime qu'elle « connaît pourtant parfaitement l'histoire de La Réunion marquée par l'esclavage et la déshumanisation des personnes noires ». En conséquence, elle demande qu'une procédure soit lancée pour débaptiser le lycée portant son nom[31].
Publications
modifier- Mémona Hintermann, Tête haute, Paris, J.-C. Lattès, , 284 p. (ISBN 978-2-7096-2857-0 et 978-2-709-63136-5, lire en ligne).
- Mémona Hintermann et Lutz Krusche, Quand nous étions innocents : un amour franco-allemand, Paris, J.-C. Lattès, , 460 p. (ISBN 978-2-7096-3009-2 et 978-2-7096-3373-4, lire en ligne
). - Mémona Hintermann et Lutz Krusche, Ils ont relevé la tête : des histoires qui nous aident à vivre, Paris, J.-C. Lattès, , 303 p. (ISBN 978-2-7096-3534-9 et 978-2-709-63601-8, lire en ligne
). - Mémona Hintermann et Lutz Krusche, Une vie peut en cacher une autre, Paris, J.-C. Lattès, , 309 p. (ISBN 978-2-7096-3961-3 et 978-2-7096-4103-6, lire en ligne
). - Mémona Hintermann, Je n'ai pas su voir ni entendre : comment faire face à la tentative de suicide d'un proche ?, Paris, Hugo Doc, , 262 p. (ISBN 978-2-7556-8889-4 et 978-2-7556-8901-3, lire en ligne
). - Mémona Hintermann, Les Vulnérables, Paris, Michel Lafon, , 413 p. (ISBN 978-2-7499-4716-7 et 978-2-7499-4815-7, lire en ligne
). - Mémona Hintermann, Une journaliste ne devrait pas dire ça ?, Paris, Hugo Doc, , 347 p. (ISBN 978-2-7556-6369-3 et 978-2-7556-6740-0, lire en ligne
). - Mémona Hintermann (préf. Boris Cyrulnik), Nos animaux nous réparent : ils donnent du sens à nos vies, Paris, Hugo Doc, coll. « Hors collection », , 256 p. (ISBN 979-10-429-0182-0 et 979-10-429-0510-1, lire en ligne
).
Distinctions
modifierRécompenses
modifier- : Prix « Livre et droits de l'Homme » de la ville de Nancy avec Lutz Krusche, pour leur ouvrage Ils ont relevé la tête, remis au Livre sur la place sous le haut patronage de Simone Veil[32]
- : Prix des écrivains combattants[33]
- : Grand prix de l'Association de la presse étrangère (APE), dans la catégorie « télévision »[34]
Décorations
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Officière de l'ordre national du Mérite (décret du )[d], chevalière du
Officière de la Légion d'honneur (décret du )[a], chevalière du (décret du )[b]
Honneurs
modifier- : citoyenne d'honneur de la ville du Tampon (La Réunion)[35]
- : médaille départementale du Mérite de La Réunion[36]
- : médaille d'or du département de La Réunion[33]
- : rue Mémona-Hintermann inaugurée en son nom à Vanosc (Ardèche)[37]
- : citoyenne d'honneur de la ville de Capbreton (Landes)[33]
- : lycée polyvalent Nord « Technologies nouvelles & Communication visuelle » Mémona Hintermann-Afféjee inauguré à Bois de Nèfles (La Réunion)[38]
Notes et références
modifier- ↑ Who's Who in France : -, Levallois-Perret, Jacques Lafitte, , 35e éd., 2175 p. (ISBN 2-85784-042-X), p. 975.
- 1 2 Hintermann et Krusche 2009, p. 108.
- ↑ Hintermann et Krusche 2009, p. 104.
- ↑ Hintermann et Krusche 2009, p. 105.
- ↑ Hintermann 2006, chap. 3 : « Ma famille : un casting d'enfer ».
- ↑ Hintermann et Krusche 2009, p. 103.
- ↑ Hintermann et Krusche 2009, p. 109.
- ↑ Emmanuel Berretta, « Mémona Hintermann : "Le CSA doit défendre le téléspectateur" », Le Point, .
- ↑ Hintermann et Krusche 2009, p. 114.
- ↑ Hintermann et Krusche 2009, p. 116.
- ↑ Patrice de Plunkett, « Memona Hintermann témoigne vigoureusement de sa foi chrétienne », sur Patrice de Plunkett : le blog, .
- ↑ « Rencontre avec Memona Hintermann, auteur de "Tête haute" », sur Canal Académie, (consulté le ).
- ↑ Interview de Mémona Hintermann, L'Édition spéciale, Canal+, 10 décembre 2007.
- ↑ François Vignal, « Je revois Kadhafi devant moi, menaçant de me flinguer », Libération, (version du sur archive.org).
- ↑ « Présentation du Conseil : Le Collège », sur csa.fr, Conseil supérieur de l'audiovisuel (version du sur archive.org).
- ↑ Emmanuel Berretta, « CSA : Memona Hintermann se met en règle », Le Point, .
- ↑ Xavier Allain, AFP, « Mémona Hintermann : «Les télés ont peur de montrer des Noirs et des Arabes» », sur tvmag.lefigaro.fr, TV Magazine-Le Figaro, (consulté le ).
- ↑ AFP, « La diversité de la population française était mieux représentée à la télévision en , selon le CSA », sur franceinfo.fr, (consulté le ).
- ↑ Médias, le mag, « Mémona Hintermann : une sage pas si sage », sur YouTube, (consulté le ).
- ↑ Véronique Groussard, « RT, Zemmour, Gallet… : quand Mémona Hintermann flingue ses années CSA », Le Nouvel Obs, (consulté le ).
- ↑ Antoine, « #CNews - La Belle Équipe - Sommaire de la première émission », sur YouTube, (consulté le )
- ↑ « Le parcours exemplaire de la journaliste Mémona Hintermann-Afféjee », sur imazpress.com, Imaz Press, (consulté le ).
- ↑ Vincent Coste, « "Je raconte tout !" : la grand reporter Mémona Hintermann évoque ses origines, sa carrière, sa vie »
, Midi libre, (consulté le ). - ↑ Hintermann et Krusche 2009, p. 335.
- ↑ Hintermann et Krusche 2009, p. 11.
- ↑ Hintermann et Krusche 2009, p. 391.
- ↑ « Affaire Zemmour : une journaliste appelle au boycott de LCI », Valeurs actuelles, .
- ↑ « Le Club XXIe siècle se dote d'un comité d'orientation », sur club21siecle.org, Club XXIe siècle, (version du sur archive.org).
- ↑ « Le Club », sur club21siecle.org, Club XXIe siècle (version du sur archive.org).
- ↑ « Les émissions de France Inter : quel postulat ? », sur Libres jugements, (consulté le ).
- ↑ Jérôme Talpin, « Propos racistes visant Bally Bagayoko : l'intervention de Mémona Hintermann-Afféjee sur CNews suscite la polémique à La Réunion »
, Le Monde, . - ↑ Nicolas Bastuck, « Tous à Nancy pour la rentrée littéraire ! », Le Point, .
- 1 2 3 « Présentation du Conseil : Mémona Hintermann-Afféjee », sur csa.fr, Conseil supérieur de l'audiovisuel (consulté le ).
- ↑ « Mémona Hintermann récompensée par l'Association de la Presse Étrangère », Télérama, .
- ↑ Isabelle O'Neill, « Rencontre avec... Memona Hintermann », Le Messager de Saint Antoine, .
- ↑ « La rencontre-débat avec Mémona Hinterman », sur cg974.fr, Conseil départemental de La Réunion, .
- ↑ G.K., « Une rue "Mémona Hintermann" inaugurée dans un village de l'Ardèche », sur Zinfos974, .
- ↑ « Le Lycée Mémona Hintermann-Afféjee », sur zinfos974, .
Dans le Journal officiel de la République française (JORF), sur Légifrance :
- 1 2 Décret du portant promotion et nomination, JORF, no 161, , texte no 6, NOR PREX1815750D.
- 1 2 Décret du portant promotion et nomination, JORF, no 162, , p. 11348, NOR PREX0104977D.
- ↑ Décret du portant nomination du président et de membres du Conseil supérieur de l'audiovisuel, JORF, no 20, , p. 1536, texte no 1, NOR HRUX1301126D.
- ↑ Décret du portant promotion et nomination, JORF, no 114, , p. 8026, texte no 2, NOR PREX0806566D.
Voir aussi
modifierLiens externes
modifier- Ressource relative à plusieurs domaines :