Meng Tian
Meng Tian (?-), ou Mong T’ien (chinois traditionnel et simplifié : 蒙恬, pinyin : Méng Tián) est un général et architecte militaire chinois de l'époque de la fin des Royaumes combattants et de la dynastie Qin. Il s'est principalement illustré pour ses campagnes contre les Xiongnu, et la construction de la première Grande Muraille de Chine.
Biographie
modifierMeng Tian naît vers la fin de la période des Royaumes combattants. Il est le frère de Meng Yi, juge au service de Qin, et le fils de Meng Wu, petit-fils de Meng Ao, tous deux généraux de l'État de Qin. Meng Tian commence son service en tant que mandarin chargé de faire appliquer les ordres de justice[1].
En , au côté du général Li Xin et avec 200 000 hommes, il menèrent une attaque contre l'État de Chu[2]. Cette attaque se termina par une défaite cuisante de Qin[2].
Après la défaite de son fils, Meng Wu seconde Wang Jian avec une armée de 600 000 hommes pour achever la conquête de l'État de Chu[1],[3].
En , le roi Ying Zheng promeut Meng Tian au rang de général (將軍, jiāngjūn) et l'envoie attaquer l'État de Qi[1]. Meng Tian rentre victorieux et avec la chute du Qi, Ying Zheng achève l'unification de la Chine et se proclame empereur sous le nom de règne de Shi Huangdi. Il nomme Meng Tian secrétaire d'État (內史 (zh), nèishǐ)[1],[3].
Vers , l'empereur Shi Huangdi envoie Meng Tian avec 300 000 hommes pour attaquer les Xiongnu. Meng Tian repousse les Xiongnu sur plus de 700 li (environ 400 km) et capture le Henan. Il se poste en garnison dans le district de Shang (aujourd'hui le sud-est de Yuling dans le Shanxi), puis, afin de défendre les territoires nouvellement conquis, entreprend la construction de la première Grande Muraille de Chine. Cette dernière part de Lintao et arrive à Liaodong et traverse le Fleuve Jaune. Finalement, l'ouvrage fait plus de 10 000 li (environ 5 760 km) et dissuade efficacement les Xiongnu[1].
En , à la mort de l'empereur Qin Shi Huang, Meng Tian tombe, victime des complots de l'eunuque Zhao Gao. Il est poussé au suicide par empoisonnement et son clan est exterminé[3].
Invention du pinceau
modifierTraditionnellement, on attribue à Meng Tian l'invention du pinceau de calligraphie, qu'il aurait créé avec les poils lièvres ou de lapins[4],[5]. Cependant, cette légende fut mise à mal dans les années 1950 par la découverte d'un pinceau datant de l'époque des Royaumes combattants (Ve au IIIe siècle av. J.-C.). Finalement, la découverte plus tard de sinogrammes anciens tracés avec un pinceau fait remonter cette invention jusqu'à l'époque de la dynastie Shang (XVIIIe au XIIe siècle av. J.-C.)[4]. Des témoignages archéologiques montrent même qu'il y a plus de 6 000 ans, des pinceaux étaient parfois utilisés pour dessiner des motifs sur la surface des poteries[4]. Cependant seul le pinceau de Meng Tian étaient appelés 筆 (bǐ), soit le caractère traditionnel pour un pinceau à écrire ou d’autres instruments d’écriture que nous connaissons aujourd’hui ; les pinceaux utilisés par les autres royaumes portaient des noms différents[6]. C'est Qin Shi Huang qui unifia la fabrication et l’appellation du «pinceau à écrire»[6]. On peut donc considérer que Meng Tian est d'une certaine manière à l'origine d'une modification ou amélioration voir même de la démocratisation du pinceau de calligraphie, même si les pinceaux n'étaient pas encore accessibles à tous[6],[7].
Dans la culture populaire
modifierDans le manga Kingdom de Yasuhisa Hara, Meng Tian est l'un des personnages secondaires majeurs de l'oeuvre. Il porte le nom de Mou Ten et est un jeune commandant de l'armée du royaume de Qin.
Notes et références
modifier- 1 2 3 4 5 (zh-TW) Donald Sturgeon, « Shiji : Biographies : Biographies of Meng Tian - Chinese Text Project », sur ctext.org (consulté le )
- 1 2 (zh-TW) Donald Sturgeon, « Shiji : Biographies : Liezhuan of Bai Qi and Wang Jian - Chinese Text Project », sur ctext.org (consulté le )
- 1 2 3 (en) Ulrich Theobald, « Meng Tian 蒙恬 (www.chinaknowledge.de) », sur www.chinaknowledge.de (consulté le )
- 1 2 3 « L'histoire à la pointe du pinceau », sur Le Figaro, (consulté le )
- ↑ (en) « The Four Treasures of the Study in Ancient and Modern Times: Pen », sur The Four Treasures of the Study in Ancient and Modern Times: Pen (consulté le )
- 1 2 3 « Histoires de la Chine ancienne : L’histoire du pinceau à écrire », sur fr.clearharmony.net (consulté le )
- ↑ (en) « Meng Tian | Qin Dynasty, Warlord, Conqueror | Britannica », sur www.britannica.com (consulté le )