Michèle Barzach

gynécologue, psychanalyste et femme politique française

Michèle Barzach, née le à Casablanca (Maroc) et morte le [1] à Paris, est une gynécologue, psychanalyste[2] et femme politique française.

Michèle Barzach
Illustration.
Michèle Barzach en 1989.
Fonctions
Députée française
–
(2 ans, 5 mois et 13 jours)
Élection 5 juin 1988
Circonscription 13e de Paris
Législature IXe (Cinquième République)
Groupe politique RPR
Prédécesseur Proportionnelle par département
Successeur René Galy-Dejean
Ministre déléguée à la Santé
et à la Famille de la France
–
(2 ans, 1 mois et 15 jours)
Président François Mitterrand
Gouvernement Chirac II
Prédécesseur Edmond Hervé
Successeur Claude Évin (Santé)
Georgina Dufoix (Famille)
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Casablanca (Maroc)
Date de décès (à 83 ans)
Lieu de décès Paris
Nationalité Française
Parti politique RPR - UMP
Conjoint Jacques Lebas
Diplômée de Université de Paris
Profession Gynécologue
Ministres français de la Santé

Elle est ministre de la Santé et de la Famille dans le second gouvernement Chirac de 1986 à 1988, est ensuite écartée de la vie politique par Jacques Chirac en raison de velléités de suivre le projet de Michel Noir et François Léotard.

Elle est ensuite présente dans des organisations humanitaires ou internationales, et est notamment présidente d'UNICEF France de 2012 à 2015.

En 2020, à la suite d’une dénonciation par une victime, mineure au moment des faits, rapportée par le New York Times, des liens avec le pédocriminel Gabriel Matzneff sont révélés concernant Michèle Barzach, lorsqu’elle exerçait la gynécologie ; une enquête est diligentée par l’Office central pour la répression des violences aux personnes qui décide de l’interroger ; l’enquête ne débouche pas sur des suites judiciaires.

Biographie

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Origines

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Michèle Barzach naît le à Casablanca[3], dans une famille juive d'Afrique du Nord[4].

Études

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Elle effectue ses études secondaires à Casablanca (Maroc) puis ses études médicales à la faculté de médecine de Paris[5].

Carrière médicale

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De 1970 à 1986, elle est gynécologue et psychanalyste[6] à Paris[5].

Parcours politique

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Michèle Barzach milite dix années au RPR avant d'être lancée par Jacques Toubon[7] et Alain Juppé[5]. En 1983, elle est nommée adjointe au maire du 15e arrondissement de Paris[5]. Entre 1984 et 1986, elle est déléguée nationale du RPR aux affaires sociales[5].

1986-1988 : ministre de la Santé

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Elle devient ministre de la Santé et de la Famille en 1986, nommée par le Premier ministre Jacques Chirac[8]. Dans les faits, elle est ministre déléguée sous l'autorité du ministre des Affaires sociales Philippe Séguin. Elle est en poste du au [9].

Elle s'oppose à la privatisation de la Sécurité sociale que défendent des libéraux proches du Premier ministre[5].

Le , soit une semaine après la catastrophe de Tchernobyl et le passage du nuage radioactif sur la France et le Benelux, la voix du gouvernement portée par Michèle Barzach, alors ministre de la Santé, juge que le nuage de Tchernobyl n'a pas contaminé la France et qu'il n'y a aucune mesure particulière à prendre liée à la santé publique[10].

Sur le plan de la sécurité des naissances, elle entame un processus de concentration des maternités par une circulaire signée en 1988[11].

Michèle Barzach est la première ministre de la Santé à prendre conscience de la nécessité d'entamer une politique publique pour contrer le sida, à l'époque une maladie émergente, et à s'engager concrètement sur le sujet[12],[13],[7],[14].

La même année, s'opposant à la plupart des membres de son camp, elle souhaite faire la promotion du seul dispositif capable d'éviter la contamination au VIH, le préservatif, mais cela doit passer par une modification législative ad hoc. En effet, à l'époque, la publicité pour le préservatif était proscrite depuis longtemps car il était considéré comme étant un anticonceptionnel. La loi votée, elle lance une campagne d'information sur le préservatif[15] et en fait autoriser la publicité à la télévision[16],[17].

Un an plus tard, le , elle signe un décret qui autorise la vente libre de seringues en pharmacie, mesure qui va permettre une limitation de la contamination des toxicomanes par différents virus, notamment les VIH et virus de l'hépatite C, et qui va signer le début d'une politique de réduction des risques en cette matière, en opposition à la loi de 1970 sur les drogues[16].

Carrière politique après 1988

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En 1988, Michèle Barzach est élue députée à Paris, puis adjointe au maire de Paris Jacques Chirac en 1989, chargée des affaires sociales et de la santé[5], et députée européenne par la suite. En 1989 se forme un groupe dit des « Rénovateurs », qui se propose de réunir UDF et RPR, sous l'impulsion de Michel Noir et François Léotard. Jacques Chirac, dont elle était très proche, s'estime trahi en raison de la proximité de la ministre avec ce groupe[réf. souhaitée], provoque son exclusion de la direction du RPR après qu’elle a été candidate au comité directeur du parti. Elle perd aussi sa fonction d'adjointe à la mairie de Paris et son mandat de députée[9],[18],[19],[20],[21],[22]. Elle échoue aux élections régionales de 1992 à Orléans face à Antoine Carré[18].

Carrière dans les organisations humanitaires et internationales

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Michèle Barzach est membre du conseil d'administration de l'association « Amis du fonds mondial Europe », après en avoir été la présidente jusqu'en 2013, association qui vise à promouvoir les actions du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme.

De 1997 à 2001, elle préside le comité consultatif du département santé, nutrition, population de la Banque mondiale. Entre 1999 et 2012, elle est représentante spéciale du directeur général de l'Organisation mondiale de la santé[5].

Administratrice non exécutive du groupe pharmaceutique GlaxoSmithKline (GSK), elle dirige sa fondation, qui promeut l'accès aux soins pour les femmes et les enfants en Afrique subsaharienne[5].

Le , elle est élue à la tête d’UNICEF France, poste qu'elle occupe jusqu'au [23],[24].

Vie privée

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Michèle Barzach est mère d'une fille[5].

En 2003, elle épouse le médecin humanitaire et spécialiste du sida Jacques Lebas[réf. souhaitée].

Mention dans l'affaire Matzneff

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Le , le New York Times relaie les propos d'une victime de Gabriel Matzneff, Francesca Gee, trois mois après la sortie du livre Le Consentement de Vanessa Springora. Michèle Barzach est mentionnée comme ayant été la gynécologue chez qui Matzneff emmenait ses jeunes victimes afin que la pilule leur soit prescrite, et ce alors que la loi de l’époque interdisait la prescription de contraceptifs à des mineurs sans l'accord des parents. Par ailleurs, dans Élie et Phaéton, Matzneff cite explicitement le nom de la gynécologue Michèle Barzach qui, selon lui, « à aucun moment n’a cru devoir faire la morale à ce monsieur de 37 ans et à sa maîtresse de 15 »[25]. Elle est entendue à ce sujet les et par les policiers de l’Office central pour la répression des violences aux personnes (OCRVP) à Nanterre[26],[27], manifestement sans suite.

Décoration

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Publications

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Publication médicale

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  • L'Image Radiologique Des Sarcomes Utérins (thèse de doctorat en médecine soutenue à la faculté de Médecine de Paris), , 207 p. (lire en ligne)

Autres publications

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Notes et références

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  1. ↑ AFP, « L'ancienne ministre de la Santé Michèle Barzach est morte à l'âge de 83 ans », sur RTL.fr, (consulté le )
  2. ↑ « Affaire Matzneff : Michèle Barzach, ancienne ministre de la Santé, entendue par la police », sur lefigaro.fr (consulté le )
  3. ↑ « Michèle Barzach, nouvelle présidente de l’UNICEF France », sur UNICEF France, (consulté le ).
  4. ↑ Maurice Szafran, Les Juifs dans la politique française, de 1945 ... (lire en ligne).
  5. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 Édouard Pflimlin, « Michèle Barzach, ancienne ministre de la santé de Jacques Chirac, est morte », sur Le Monde, .
  6. ↑ « Affaire Matzneff : l'ancienne ministre de la Santé Michèle Barzach entendue par les enquêteurs », sur Franceinfo, (consulté le ).
  7. 1 2 « Le ministre de la santé fait le bilan de la lutte contre le SIDA, Michèle Barzach, la dame de cœur », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  8. ↑ « Emmanuel Macron et le syndrome Michèle Barzach », sur France Culture (consulté le ).
  9. 1 2 Rama Yade, Anthologie regrettable du machisme en politique, Éditions du moment, (ISBN 978-2-35417-391-3, lire en ligne)
  10. ↑ Aurélie Rossignol, « 30 ans de Tchernobyl : les victimes dénoncent toujours un « mensonge d'État » », sur leparisien.fr, (consulté le ).
  11. ↑ Jocelyne George et Normandie Roto Impression), L'Accouchement sans douleur, histoire d'une révolution oubliée, Les Éditions de l'atelier / Les Éditions ouvrières, (ISBN 2-7082-3751-9)
  12. ↑ Christophe Broqua, Patrice Pinell, Busscher et Marie Jauffret-Roustide, Une épidémie politique : la lutte contre le sida en France (1981-1996), Presses universitaires de France, (ISBN 2-13-063871-6)
  13. ↑ Philippe Artières, Éric Favereau et Joséphine Gross, Une vie politique, entretiens avec Philippe Artières et Éric Favereau, Éditions du Seuil, (ISBN 978-2-02-116557-9)
  14. ↑ « Sida : le combat de Jacques Chirac | INA », sur ina.fr (consulté le )
  15. ↑ « 1987 | C’était il y a 30 ans… les années Gai Pied », sur Yagg.com, (consulté le )
  16. 1 2 « Les présidents français face à l'épidémie | Transversal : VIH & sida aujourd'hui », sur transversalmag.fr (consulté le )
  17. ↑ « Plateau Michèle Barzach : autorisation de la publicité pour les préservatifs | INA » (consulté le )
  18. 1 2 Centre France, « [Dans le rétro] Le parachutage raté de Michèle Barzach en 1992 à Orléans », sur www.larep.fr, (consulté le )
  19. ↑ « Michèle Alliot-Marie, la cheftaine », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le )
  20. ↑ « Michèle Barzach évincée du gouvernement | INA » (consulté le )
  21. ↑ « Les vérités de Barzach », sur LExpress.fr, (consulté le )
  22. ↑ Élizabeth Martichoux, Ces femmes qui nous gouvernent, Albin Michel, (ISBN 2-226-04909-6)
  23. ↑ « Jean-Marie Dru succède à Michèle Barzach à la présidence de l’UNICEF France », sur UNICEF France, (consulté le ).
  24. ↑ « Michèle Barzach élue à la tête de l’UNICEF France », .
  25. ↑ Norimitsu Onishi, « Longtemps contrainte au silence, la victime d’un écrivain pédophile témoigne enfin », The New York Times,‎ (ISSN 0362-4331, lire en ligne, consulté le )
  26. ↑ Stéphanie Marteau et Dominique Perrin, « Affaire Gabriel Matzneff : l’ancienne ministre de la santé Michèle Barzach entendue par la police », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le )
  27. ↑ Olivier Annichini, « L'affaire Michèle Barzach, une pilule dure à avaler », sur Investigation, (consulté le )
  28. ↑ « Légion d'honneur : la promotion du 14 Juillet », sur lefigaro.fr (consulté le ).

Voir aussi

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Article connexe

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Liens externes

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