Jacques Lebas
Jacques Lebas, né le à Compiègne et mort le [1],[2],[3] dans le 5e arrondissement de Paris[4], est un médecin français, engagé dans l'humanitaire et précurseur dans la lutte contre le VIH via l'association AIDES. Il a présidé l'ONG Médecins du monde de 1989 à 1992.
| Président Réseau international de Médecins du Monde | |
|---|---|
| - |
| Naissance | |
|---|---|
| Décès | |
| Nom de naissance |
Jacques Henri René Lebas |
| Nationalité | |
| Activité | |
| Conjoint |
| Distinction |
|---|
Biographie
modifierOrigines
modifierCarrière
modifierEn 1975, Jacques Lebas est interne des hôpitaux de Paris. Devenu médecin, il rédigea avec ses amis un additif au serment d’Hippocrate :
« Je m’engage, dans la mesure de mes moyens, à donner mes soins à ceux qui, dans le monde, souffrent de corps ou d’esprit, je refuse que la science ou le savoir médical couvrent l’oppression ou la torture, que l’on porte atteinte à la dignité de l’homme, que l’on cache l’horreur… Je m’engage à témoigner… »
Médecine humanitaire au Tchad et au Salvador
modifierIl s'engage dans la médecine humanitaire dans la mouvance des French doctors. Il fait partie des fondateurs de l'ONG Médecins du monde. Il part avec son ami Bernard Kouchner au Tchad, alors en pleine guerre civile, vivant dans un hôpital improvisé sur les bords du fleuve Chari. Il part ensuite pour le Salvador, autre pays en guerre civile, parmi les guérilleros des montagnes ou les pêcheurs miskitos[3].
Médecine hospitalière et sida
modifierRevenu à Paris, il devient chef de clinique à l’hôpital Claude-Bernard lorsqu’apparaît la pandémie de sida. Il fait partie de l’équipe qui débusque[3] le VIH. Il milite contre l’ostracisation dont les malades séropositifs sont victimes, allant jusqu’à accompagner chacun de ses malades jusqu’à la fin. Avec Alain Deloche, il crée des centres de dépistage anonymes et gratuits, gérés par l’ONG Médecins du monde. Ce centre de dépistage sert de modèle et est ensuite repris par les autorités sanitaires. Avec l’association AIDES, il proclame la déclaration universelle des droits des patients malades du sida ou séropositifs. L’ONG Médecins du monde et l’association AIDES nouent un partenariat, unissant leurs forces pour se lancer dans la longue bataille contre le sida et pour la reconnaissance du droit des malades, ce qui aboutit à changer la physionomie des relations médecins-patients et débouche sur la loi de 2002 relative au droit des patients (dite loi Kouchner).
Retour à la médecine humanitaire
modifierEn 1989, il est élu président de Médecins du monde. Il médiatise les conditions sordides qui régnaient dans les orphelinats roumains. Il ouvre à Paris, le premier dispensaire, rue du Jura, destiné à s’occuper des démunis. Il convainc l'AP-HP d’ouvrir une consultation à Saint-Antoine, le centre Baudelaire, premier service à accueillir les sans-domicile fixe dans un hôpital public : « les sans papiers, les démunis, les moins que rien. Ici, on ne demande rien, on soigne. ». La consultation donnera naissance ensuite aux Permanences d’accès aux soins (Pass) qui vont se développer un peu partout en France. Sous leur impulsion, la couverture médicale universelle et l’aide médicale d'État vont être mises en place.
Vie privée
modifierJacques Lebas a été marié en premières noces à la docteure Anne Velay, médecin militante. Ensemble, ils ont eu deux filles[réf. souhaitée]. En 2003, il épouse l'ancienne ministre de la Santé Michèle Barzach[réf. souhaitée].
Bibliographie
modifier- Jacques Lebas, À la vie à la mort. Médecin par temps d’épidémies, Paris, Éditions du Seuil, , 240 p. (ISBN 2-02-019336-1)
- Jacques Lebas, Pierre Chauvin, eds. Précarité et santé, Paris, Flammarion Médecine Sciences, 1998, 299 p. (ISBN 2-257-10838-8)
Notes et références
modifier- ↑ Medecins du monde, « Décès de Jacques Lebas », sur www.medecinsdumonde.org
- ↑ Ministère des Solidarités et de la Santé, « Hommage à Jacques Lebas, ancien président de Médecins du Monde », sur solidarites-sante.gouv.fr
- 1 2 3 Bernard Kouchner, « L’ancien président de Médecins du monde, le docteur Jacques Lebas, est mort », Le Monde,
- ↑ État civil sur le fichier des personnes décédées en France depuis 1970
