Mike Porcaro

bassiste américain

Michael Joseph Porcaro dit Mike Porcaro, né le à Hartford (Connecticut) et mort le à Los Angeles (Californie), est un bassiste de rock américain, ancien membre du groupe Toto.

Mike Porcaro
Nom de naissance Michael Joseph Porcaro
Naissance
Hartford (Connecticut)
Drapeau des États-Unis États-Unis
Décès (à 59 ans)
Los Angeles
Genre musical Pop rock, hard rock, jazz-rock
Instruments Guitare basse, batterie, percussions
Années actives Années 1970 - 2007
Labels Columbia Records
Site officiel (en) Le site officiel de Toto

Issu d'une famille de musiciens, il est le fils du percussionniste Joe Porcaro et le frère du claviériste Steve Porcaro et du batteur Jeff Porcaro. Tout d'abord destiné à la batterie, Mike Porcaro choisit la basse comme instrument principal à l'âge de douze ans et joue comme contrebassiste dans l'orchestre de son lycée. Pendant que ses frères forment Toto en 1977 en compagnie de David Paich (claviers), Steve Lukather (guitare), Bobby Kimball (chant), et David Hungate (basse), il officie en tant que musicien de studio et joue pour de nombreux artistes.

Lorsque David Hungate quitte Toto en 1982 pour des raisons personnelles, Mike Porcaro intègre le groupe en compagnie de ses deux frères. Il participe aux dernières sessions d'enregistrement de l'album à succès Toto IV, récompensé de six Grammy Awards l'année suivante. Mike Porcaro joue par la suite sur tous les albums studio du groupe, depuis Isolation en 1984 jusqu'à Falling in Between, en 2006. La disparition de son frère Jeff Porcaro en 1992 le marque profondément, mais renforce son investissement au sein de Toto. Il coécrit notamment plusieurs chansons du groupe et s'investit dans les arrangements musicaux.

En 2006, Mike Porcaro subit les premiers symptômes de la sclérose latérale amyotrophique. Son état de santé le contraint de rentrer aux États-Unis alors que le groupe effectue le Falling in Between Tour. Sa maladie est officiellement diagnostiquée l'année suivante, contraignant le bassiste à mettre un terme à sa carrière. Il est alors remplacé par Leland Sklar. Toto se sépare en 2008 après le départ de Steve Lukather, mais se reforme deux ans plus tard dans le but de récolter des fonds pour aider Mike Porcaro, dont la maladie ne cesse de progresser. Nathan East est choisi pour officier en tant que bassiste. En 2015, alors que Toto prépare la sortie de l'album, Toto XIV, l'état de santé de Mike Porcaro continue de se dégrader. Il meurt le des suites de la maladie.

Mike Porcaro occupe une place importante dans la section rythmique de Toto qu'il forme avec son frère Jeff Porcaro puis son remplaçant Simon Phillips. Son caractère discret, son jeu au plus près de la grosse caisse et sa maîtrise du groove sont très appréciés par ses camarades, qui le surnomment « The Groove Master ». Il est par ailleurs l'un des premiers bassistes à démocratiser l'usage de la basse cinq cordes aux États-Unis à la fin des années 1970.

Biographie

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Jeunesse et formation (1955-1982)

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Jeff Porcaro, frère aîné de Mike.

Michaël Joseph Porcaro naît le à Hartford, dans l'État du Connecticut[GT 1]. Il est le fils de Eileen et Joe Porcaro, un batteur et percussionniste professionnel de jazz[H 1]. Il est issu d'une famille de deux autres frères : Jeff, son frère aîné est né en 1954, tandis que Steve voit le jour en 1957[GT 2],[GT 3]. Il a également une sœur prénommée Joleen[LR 1]. Mike passe les premières années de sa vie dans sa ville natale, avant la famille ne déménage à Los Angeles en 1966[H 1],[BD 1]. Sa mère Eileen, qui est flûtiste, initie chacun de ses fils au jazz dès les premières années, en les berçant au rythme du chabada[H 2],[BD 2]. Elle évoque un souvenir qui la marque : « Jeff, qui n'avait que 7 ans, s'était construit une petite batterie avec des casseroles et l'avait installée dans le salon. Son frère Mike avait saisi un lampadaire sur pied, comme si c'était une contrebasse. Ils ont allumé des bougies pour tamiser la lumière, comme dans un club de jazz, et ils nous ont donné un concert » se remémore t-elle[H 2].

Joe Porcaro est employé comme percussionniste pour une émission de télévision, le Glenn Campbell Show et l'oncle de Mike, également percussionniste, est très actif au sein des studios d'enregistrement ouest-américains[H 1],[H 3]. Mike Porcaro passe une enfance heureuse en compagnie de ses frères, et commence l'apprentissage de la batterie à l'âge de cinq ans, tout comme ses deux frères[H 4]. Cependant, manquant de patience, et après avoir découvert les Beatles, il se tourne vers la guitare, puis la basse[H 4]. « Je me suis mis à la basse un peu par accident un été quand il m'a fallu choisir un autre instrument, je devais avoir 12 ou 13 ans », avoue t-il[BA 1]. Son père salue sa maîtrise du tempo, en le comparant à celui de son frère Jeff. « Je pense que s'il avait persévéré, il serait devenu un excellent batteur, il a un tempo tellement solide. Un aussi bon tempo que Jeff, sinon meilleur » déclare t-il[H 3].

Jeff Porcaro se lie d'amitié avec David Paich et décroche un prix prestigieux au sein de son lycée qui lui ouvre les portes des studios d'enregistrement alors qu'il n'a que 17 ans[H 5]. Pendant ce temps, Mike Porcaro développe son jeu au sein de l’orchestre de son lycée, où il pratique également la contrebasse, et fait la connaissance de Steve Lukather, qui le considère comme un « tueur » à la basse[BA 1],[LR 2]. Bien que ne faisant pas partie groupe Rural Still Life fondé par ses frères et David Paich, Mike joue régulièrement avec eux, ainsi qu'avec leur père. « Travailler avec Jeff et Steve ne pouvait que me faire progresser », déclare t-il[GB 1]. Après le lycée, il se professionnalise et effectue, pendant trois années, de nombreuses sessions en studio afin de gagner en expérience. Il joue notamment avec des artistes comme Lenny Castro, Christopher Cross ou Kiss[GT 1],[LR 3]. Pendant ce temps, Jeff Porcaro et David Paich forment Toto en 1977 et choisissent David Hungate comme bassiste[BD 2]. Jeff Porcaro l'a rencontré durant ses premières expériences en studio et ne souhaite pas imposer son frère Mike pour ne pas donner l'impression de le favoriser[H 3],.

Débuts avec Toto (1982-1991)

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Mike Porcaro intègre Toto après le départ précipité de David Hungate, en 1982.

Mike Porcaro suit le projet de groupe de ses frères à distance, tout en effectuant des sessions régulières en studio avec Jeff Porcaro[BA 2]. Alors que Toto enregistre ses quatre albums premiers avec David Hungate, le bassiste continue sa carrière de musicien de studio. Il réalise son rêve d'enfance en participant à un enregistrement d'Aretha Franklin avec son frère Jeff[GB 1]. « Les sessions de studio m'ont demandé beaucoup d'efforts pour obtenir le niveau nécessaire et parvenir à pratiquer tous les styles », précise t-il[GB 1]. Alors que l'enregistrement de Toto IV se termine et que la sortie de l'album est prévue pour , David Hungate accueille la naissance de son fils. Ne souhaitant pas participer à la tournée prévue pour la sortie du disque, il déménage à Nashville afin de se consacrer à sa vie de famille[M 1]. Il déclare : « Je venais de déménager à Nashville et une nouvelle vie s'offrait à moi. Mais la principale raison est la naissance de mon fils. [...] Ce fut la décision la plus difficile que j'ai jamais eu à prendre »[M 1]. Hungate est remplacé par Mike Porcaro, qui participe aux dernières phases d'enregistrements, en jouant du violoncelle sur le titre Good for You[M 2]. Il intègre ainsi définitivement le groupe en compagnie de ses deux frères[BD 2].

Toto atteint la consécration l'année suivante lors de la la 25e cérémonie des Grammy Awards, qui a lieu le à Los Angeles. David Hungate participe tout de même à l'événement malgré son départ du groupe, qui est récompensé de six Grammy Awards[GT 4]. De son côté, Mike Porcaro est écarté de la cérémonie par les organisateurs, bien qu'il ait participé à l'enregistrement de Toto IV et effectué la tournée internationale[LR 4]. Il poursuit par la suite sa carrière avec Toto et enregistre la bande originale de film pour Dune puis l'album Isolation, qui sort en [GT 5]. Sa stabilité, son caractère discret et son jeu sont particulièrement appréciés au sein du groupe[GT 1],[GT 6]. Puis, après les départs successifs des chanteurs Bobby Kimball et Fergie Frederiksen, il travaille sur les albums Fahrenheit et The Seventh One avec Joseph Williams au chant. Durant cette période, il épouse Cheryl, avec laquelle il aura trois enfants[GT 7]. En 1990, il participe à l'enregistrement de la première compilation du groupe Past to Present 1977-1990 avec Jean-Michel Byron en tant que chanteur principal, avant que ce dernier quitte la formation aussitôt à la fin de la tournée[GT 8].

Mort de Jeff Porcaro (1992)

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Son petit frère Steve Porcaro, avec lequel il collabore en 1997 au sein des « Porcaro Brothers ».

Toto est réduit à quatre membres au début des années 1990, et Steve Lukather est désigné comme nouveau chanteur principal. Alors que le quatuor s'apprête à sortir son album Kingdom of Desire en septembre 1992, Jeff Porcaro fait un malaise cardiaque en inhalant accidentellement un insecticide pulvérisé dans son jardin[H 6]. Mike Porcaro est informé de l'accident par ses parents alors qu'il effectue une session d'enregistrement pour Randy Jackson[GB 1]. Lui et sa famille se rendent au chevet de son frère au Westlake Hospital de Los Angeles mais les secours ne parviennent pas à le réanimer[LR 5],[LR 6]. Ses obsèques sont célébrées quelques jours plus tard au Forest Lawn Memorial Park en compagnie de Mike et sa famille, et plusieurs de ses amis l'accompagnent au son de tambours en bandoulière lors de son inhumation[H 7].

Mike Porcaro est très affecté par la mort de son frère, tout comme ses camarades de Toto. Il songe à stopper l'activité du groupe, puis, en accord avec les autres, décide de partir en tournée. « Nous avions deux semaines pour prendre une décision. Une annulation aurait été une catastrophe, pas seulement pour le show business. Nous avions bossé comme des fous, Jeff s'était donné à fond et nous allions tout laisser tomber ? Jeff avait écrit la musique et les paroles de cet album, non, on ne pouvait pas abandonner » confie t-il[H 8]. Simon Phillips a la lourde tâche de remplacer Jeff Porcaro, puis le groupe prévoit de se séparer à la fin de la tournée[H 9],[gw 1]. Celle-ci obtient un franc succès auprès du public, mais Mike Porcaro en revient épuisé. « Nous avons fait face tous les trois, mais nous ne nous en sommes pas remis. On ne guérit jamais vraiment. Lorsque je suis revenu de cette tournée, tout le poids des émotions a pesé comme une grande vague », déclare t-il[H 10].

Carrière avec Toto et collaborations (1992-2006)

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En 1995, Toto enregistre Tambu, un album hommage à Jeff Porcaro et dans lequel Mike Porcaro s'investit particulièrement. Le groupe se réunit en effet la plupart du temps chez lui pour l'écriture et la composition des chansons[T 1]. Le bassiste crée pour sa part le titre The Turning Point, que le groupe choisit dans un premier temps pour nommer l'album, avant de changer pour Tambu[BA 1]. Durant cette période, Mike Porcaro se consacre essentiellement à sa famille et à Toto, réduisant drastiquement ses sessions en studio pour les autres artistes. « J'ai fait ça pendant vingt ans, j'en ai quarante maintenant et je suis content de ne plus avoir à m'occuper de toutes ces tractations, cette concurrence. Je ne joue que pour des amis », déclare t-il[BA 3].

La même année, Mike Porcaro évoque un projet d'album avec son frère Steve Porcaro et dans lequel des parties de batterie de Jeff Porcaro seraient ajoutées[BA 2]. Leur collaboration se concrétise en 1997, lorsque les deux frères enregistrent avec Joseph Williams le single des « Porcaro Brothers » : Young at Heart. Ce morceau est choisi comme chanson officielle de la finale de la Ligue des champions de 1997. Mike Porcaro en est le producteur, bassiste et un des percussionnistes[1]. En parallèle, Toto célèbre ses vingt ans d'activité avec la parution de la compilation Toto XX, et Mike Porcaro participe à la tournée promotionnelle à laquelle se joignent son frère Steve, Joseph Williams et Bobby Kimball[BM 1],[BM 2],[LR 7].

En 1998, le bassiste enregistre Mindfields avec Toto et ne se limite qu'à quelques collaborations, comme avec Santana sur son album Supernatural. « J'ai beaucoup apprécié cette opportunité trente ans après Woostock, d'autant que du Santana pur jus avec des rythmes latins. J'adore ! », précise t-il[BM 2]. Après sa participation à la tournée Livefields avec Toto, Mike Porcaro joue sur l'album célébrant les vingt-ans du groupe, Through the Looking Glass[GB 2]. Au début des années 2000, il profite d'une baisse d'activité de Toto pour perfectionner la maîtrise de son instrument. « Je travaille entre deux et quatre heures par jours. J'en suis certainement à ma période où je travaille davantage qu'à n'importe quel autre moment de ma carrière », admet-il[GB 3]. En 2005, il se rend à de nombreuses reprises chez Simon Phillips pour l'enregistrement de l'album Falling in Between, capté au sein du studio personnel du batteur[F 1]. Il s'investit notamment dans la composition et les arrangements[F 2]. L'album sort en février 2006, et Mike Porcaro entame la tournée internationale avec le groupe.

Problèmes de santé et mort (2006-2015)

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Steve Lukather rend visite à Mike Porcaro la veille de sa mort.

Alors qu'il voyage avec Toto pour honorer la tournée internationale de l'album Falling in Between, Mike Porcaro présente des symptômes inquiétants : il souffre du pouce gauche et commence à avoir du mal à jouer de la basse[LR 8]. Après quelques mois, il se sent de plus en plus fatigué, au point de ne plus pouvoir se tenir debout sur scène. Lors de ses derniers concerts, le bassiste doit même rester assis pour jouer[LR 8]. Son état de santé ne s'améliorant pas, il rentre aux États-Unis afin de passer des examens médicaux plus poussés. En 2007, il est finalement diagnostiqué d'une sclérose latérale amyotrophique et doit complètement se retirer de la tournée[M 3]. Leland Sklar est choisi pour le remplacer et participer à l'album Falling in Between Live, capté en au Zénith de Paris[GT 9]. Toto se sépare l'année suivante à la suite du départ de Steve Lukather, et le groupe cesse ses activités durant deux ans.

En 2010, constatant que l'état de santé de Mike Porcaro se dégrade, David Paich appelle Steve Lukather et lui propose une action pour soutenir financièrement leur ami. Les soins nécessaires à Mike Porcaro sont en effet de plus en plus coûteux et celui-ci a des difficultés financières en raison de l'arrêt complet de son activité[LR 9]. Les deux hommes contactent Simon Phillips et Steve Porcaro, et tous acceptent de repartir en tournée en soutien à Mike Porcaro, admis en soins intensifs[GT 10]. La maladie a en effet atteint un stade avancé, et celui-ci se retrouve alité de manière permanente[LR 10]. Le groupe choisit Joseph Williams comme chanteur principal, dont la voix a été travaillée, au détriment de Bobby Kimball. Greg Phillinganes vient de nouveau compléter la formation et Nathan East office en tant que bassiste[GT 11]. La tournée est un franc succès pour le groupe, qui décide de réitérer l'expérience l'année suivante. Une partie des fonds récoltés durant la tournée est reversée à la famille de Mike Porcaro[LR 10]. Grâce à cette aide, il parvient, en 2011, à réaliser son unique album personnel, intitulé Brotherly Love. Celui-ci est capté lors du concert célébrant les dix ans de la mort de son frère Jeff Porcaro, en 2002. De nombreux musiciens tels que David Paich, Joseph Williams, Joe Porcaro, Steve Porcaro, Lenny Castro, Bernard Purdie ou encore Steve Gadd y participent[2].

Steve Lukather rend visite de nombreuses fois à Mike Porcaro durant ces années difficiles. Le , il se rend, sans le savoir, chez lui pour la dernière fois. « J'ai rendu visite à Mike le dernier soir avant qu'il meure. Je me suis penché sur son lit, je l'ai embrassé et je lui ai dit que je l'aimais. Il a tout fait pour me rendre cet amour en retour, ce qui a lui demandé un effort considérable. Il avait les larmes aux yeux et j'en avais dans les miens. J'avais ce sentiment très fort que je ne le reverrai plus », déclare t-il[LR 11]. Le lendemain, son frère Steve Porcaro l'appelle et lui annonce la mort de son frère, emporté par la maladie[M 3],[LR 11]. Quelques jours plus tard, le groupe lui rend hommage lors de la sortie de l'album Toto XIV, qui lui est dédié[GT 12],[GT 13]. Comme son frère Jeff, Mike Porcaro est inhumé au Forest Lawn Memorial Park. Lors de la cérémonie, Steve Lukather est invité à prendre la parole par la femme de Mike et donne un discours en hommage à « l'un de ses meilleurs amis »[LR 11].

Style musical et influences

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Mike Porcaro est influencé par le jeu de Verdine White.

Influences et section rythmique

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Mike Porcaro se définit lui-même comme « un musicien de la rue », qui a appris la basse sans être un expert de la technique[BA 1]. Disposant d'une formation initiale de batteur de jazz comme ses deux frères, il s'intéresse naturellement à la rythmique et à la meilleure façon de jouer le meilleur groove sur une chanson, à la façon de Verdine White[F 1]. « J'ai cette capacité à me synchroniser et me concentrer sur le groove. Je me mets en phase avec ce que je ressens. Dans le groupe, c'est moi qui dis comment doit être le groove, c'est mon job », déclare t-il[BA 3]. Il est également influencé par des musiciens comme Chuck Rainey, Jerry Jemmott ou James Jamerson[3]. À l'instar de ses camarades de Toto, Mike Porcaro est attaché au travail en studio, et travaille avec des artistes aux influences rock, jazz, country ou de musique de variété[GB 1].

Il développe avec son frère Jeff Porcaro une alchimie musicale unique, en formant une section rythmique soudée caractérisée par une imbrication naturelle des partie de basse sur le rythme de batterie[H 4]. Mike Porcaro parle d'un « mariage » pour définir la relation entre la basse et batterie. Son jeu s'imbrique également à celui de son frère grâce à sa parfaite connaissance de ses breaks de batterie. « Nous avons grandi ensemble, appris à jouer ensemble depuis le collège et le lycée. Quand il commençait un break, je savais où il allait se terminer et de quelle façon », précise t-il[gb 1]. Lorsque Jeff Porcaro meurt en 1992, Mike Porcaro perpétue cette section rythmique avec Simon Phillips[H 8]. Gregg Bissonette, qui le côtoie brièvement en 1996, déclare à son propos que « personne ne connaît les grooves de Toto mieux que lui » et reconnaît « la complicité qu'il existait entre lui et Jeff »[B 1].

Techniques de jeu et instruments

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Mike Porcaro privilégie le jeu aux doigts, mais il est également un adepte du médiator et utilise la technique du slap sur certaines chansons. Son jeu, au plus près de la grosse caisse, permet de dicter le groove d'une composition, tout en laissant la place à la guitare et aux claviers pour s'exprimer[M 2],[BA 3]. Mike Porcaro n'est pas un adepte des soli de basse. Il déclare à ce propos : « Je n'ai jamais été un accroc de la technique ! Je ne suis pas un soliste, j'aimerais bien être une bête, mais c'est dur en vieillissant. C'est de la motivation qu'il me faut, mais avec un batteur comme Simon Phillips dans le groupe dont l'approche est radicalement différente de celle de Jeffrey, je pense que ça pourrait venir. Mais pas de solo de basse. Jamais ! »[BA 1]

Mike Porcaro commence sa carrière musicale sur des basses classiques quatre cordes, puis il est l'un des premiers musiciens à populariser l'usage de la basses cinq cordes à partir de 1977 sur la côte ouest des États-Unis. Selon lui, son utilisation permet de lutter contre l'utilisation des synthétiseurs basses qui se multiplient dans les années 1970[BA 3]. Dans les années 1990, il est endorsé par la marque britannique Status, et possède également des instruments de marque F Bass, Music Man et Ibanez[BM 3]. Durant ses dernières années de carrière, il joue sur des basses Peavey cinq cordes et sans amplificateur sur scène. « Tu peux avoir tout ce que tu veux sur scène, ton son n'est pas à son apogée à moins de vingt mètres de l'ampli. J'ai eu tout ce que tu peux imaginer comme gros amplis durant toutes ces années, et finalement, une basse, ton jeu, et un boîtier en direct, ça fait aussi bien l'affaire », déclare t-il[F 1].

Le bassiste aime fusionner avec son instrument, si bien qu'il entre régulièrement en état de transe lorsqu'il joue, ce qui fait régulièrement sourire ses camarades sur scène. « Quelquefois, j'ouvre les yeux et je vois Luke et des choristes qui m'entourent, hilares, sur scène attendant de voir combien de temps je vais mettre avant de réaliser qu'ils sont là ! »[BA 1],[BA 3] Steve Lukather le décrit comme un homme « au groove imparable en tant que musicien » et « très sous-estimé en tant qu’instrumentiste » en raison de sa discrétion et son humilité[4]. Mike Porcaro ne cherche pas la virtuosité dans son jeu et a une approche « basique » sur l'utilisation de la basse. « Bien sûr, j'admire toutes les prouesses que l'on peut accomplir avec une basse. Mais je laisse cela aux autres, pour se faire un nom. Je ne dois pas impressionner grand monde, à l'heure actuelle, chaque bassiste voulant égaler Jaco Pastorius », conclut-il[F 1].

Discographie

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Notes et références

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Bibliographie

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  • (fr) Pierre Graffin et Régis Tagli, Histoire de Toto, Camion blanc, , 272 p. (ISBN 978-237848-501-6)
  • (en) Steve Lukather et Paul Rees, The Gospel According To Luke, Constable, , 415 p. (ISBN 978-1-47212-643-6)

Revues musicales

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  • Bass & Drums, no 14 « La tournée d'adieu Toto », (ISSN 1145-5349) 
  1. Laura Grünberger, « Jeff Porcaro : l'éclipse », Bass & Drums, no 14, , p. 21 (ISSN 1145-5349).
  2. 1 2 3 Laura Grünberger, « Jeff Porcaro : l'éclipse », Bass & Drums, no 14, , p. 20 (ISSN 1145-5349).
  • Guitar World, no 38 « Toto raconté par Steve Lukather », (ISSN 0997-394X) 
  1. Laura Grünbeger, « Luke la Main Froide », Guitar World, no 38, , p. 41 (ISSN 0997-394X).
  • Batteur Magazine « Hors série n°1 : Tout sur Jeff Porcaro », (ISSN 1265-9711) 
  1. 1 2 3 Christophe Rossi, « Jeffrey Thomas Porcaro », Batteur Magazine, no Hors série n°1, , p. 10 (ISSN 1265-9711).
  2. 1 2 Christophe Rossi, « Joe et Eileen Porcaro - Genèse d'un génie », Batteur Magazine, no Hors série n°1, , p. 15 (ISSN 1265-9711).
  3. 1 2 3 Christophe Rossi, « Joe et Eileen Porcaro - Genèse d'un génie », Batteur Magazine, no Hors série n°1, , p. 18 (ISSN 1265-9711).
  4. 1 2 3 Christophe Rossi, « Les Rythmiques des Familles / Jeff & Mike », Batteur Magazine, no Hors série n°1, , p. 21 (ISSN 1265-9711).
  5. Christophe Rossi, « Lorsque Jeff pénétrait dans le studio, la pièce s'illuminait... », Batteur Magazine, no Hors série n°1, , p. 29 (ISSN 1265-9711).
  6. Dom Famularo, « Jeffrey Thomas Porcaro / Une vie dédiée à la musique », Batteur Magazine, no Hors série n°1, , p. 9 (ISSN 1265-9711).
  7. Dom Famularo, « Jeffrey Thomas Porcaro / Une vie dédiée à la musique », Batteur Magazine, no Hors série n°1, , p. 12 (ISSN 1265-9711).
  8. 1 2 Christophe Rossi, « Les Rythmiques des Familles / Jeff & Mike », Batteur Magazine, no Hors série n°1, , p. 22 (ISSN 1265-9711).
  9. Simon Phillips, « Jeff Porcaro : un être charismatique et plein de joie de vivre », Batteur Magazine, no Hors série n°1, , p. 27 (ISSN 1265-9711).
  10. Christophe Rossi, « Les Rythmiques des Familles / Jeff & Mike », Batteur Magazine, no Hors série n°1, , p. 23 (ISSN 1265-9711).
  • Guitar & Bass, no 21 « Toto », (ISSN 1250-0216) 
  1. Olivier Boasson, « Toto », Guitar & Bass, no 21, , p. 27 (ISSN 1250-0216).
  • Batteur Magazine, no 84 « Simon Phillips avec Toto & en solo », (ISSN 0981-8936) 
  1. Christophe Rossi et Ferid Bannour, « Dr Simon & Mr Phillips  », Batteur Magazine, no 84, , p. 23 (ISSN 0981-8936).
  • Batteur Magazine, no 87 « Toto - L'intérim », (ISSN 0981-8936) 
  1. Christophe Rossi et Ferid Bannour, « Gregg Bissonette - Tour de force », Batteur Magazine, no 87, , p. 25 (ISSN 0981-8936).
  • Bass Magazine, no 5 « Spécial 5 cordes », (ISSN 0998-8440) 
  1. 1 2 3 4 5 6 Olivier Cauvin, « Mike Porcaro - Groove Obsession », Bass Magazine, no 5, , p. 15 (ISSN 0998-8440).
  2. 1 2 Olivier Cauvin, « Mike Porcaro - Groove Obsession », Bass Magazine, no 5, , p. 17 (ISSN 0998-8440).
  3. 1 2 3 4 5 Olivier Cauvin, « Mike Porcaro - Groove Obsession », Bass Magazine, no 5, , p. 16 (ISSN 0998-8440).
  • Bass Magazine, no 21 « Histoire de Toto », (ISSN 0998-8440) 
  1. Paolo Coccina, « Mike Porcaro », Bass Magazine, no 21, , p. 20 (ISSN 0998-8440).
  2. 1 2 Paolo Coccina, « Mike Porcaro », Bass Magazine, no 21, , p. 21 (ISSN 0998-8440).
  3. Paolo Coccina, « Mike Porcaro », Bass Magazine, no 21, , p. 22 (ISSN 0998-8440).
  • Guitar & Bass, no 16 « Les têtes à Toto », (ISSN 1250-0216) 
  1. 1 2 3 4 5 Christophe Andreck, « Toto a 25 printemps », guitar & bass, no 16, , p. 22 (ISSN 1250-0216).
  2. Christophe Andreck, « Toto a 25 printemps », guitar & bass, no 16, , p. 19 (ISSN 1250-0216).
  3. Christophe Andreck, « Toto a 25 printemps », guitar & bass, no 16, , p. 23 (ISSN 1250-0216).
  • Bassiste Magazine, no 5 « Flea - Red Hot Chili Peppers », (ISSN 1957-8067) 
  1. 1 2 3 4 Jean-Louis Foiret, « Messe Basse - Mike Porcaro », Bassiste Magazine, no 5, , p. 32 (ISSN 1957-8067).
  2. Jean-Louis Foiret, « Messe Basse - Mike Porcaro », Bassiste Magazine, no 5, , p. 31 (ISSN 1957-8067).
  • Bassiste Magazine, no 60 « Mike Porcaro - On l'appelait « The Groove Master » », (ISSN 1957-8067) 
  1. 1 2 Julien Meurot, « David Hungate / Pour le plaisir et rien d'autre », Bassiste Magazine, no 60, , p. 30 (ISSN 1957-8067).
  2. 1 2 Tony Grieco, « Mike Porcaro / Quatre cordes et quelques tonnes de feeling en moins... », Bassiste Magazine, no 60, , p. 11 (ISSN 1957-8067).
  3. 1 2 Tony Grieco, « Mike Porcaro / Quatre cordes et quelques tonnes de feeling en moins... », Bassiste Magazine, no 60, , p. 12 (ISSN 1957-8067).

Autres références

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  1. (en) « Steve Porcaro & Mike Porcaro, Porcaro Brothers – Young At Heart », sur discogs.com (consulté le )
  2. (en) « Mike Porcaro – Brotherly Love », sur discogs.com, (consulté le ).
  3. DiBass, « Mike Porcaro », sur basseenligne.com, (consulté le )
  4. (en) Melissa Parker, « Steve Lukather Interview: Talks "Toto XIV" and Reflects on the Passing of Bandmate Mike Porcaro », sur smashinginterviews.com, (consulté le )

Annexes

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Articles connexes

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Liens externes

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