Toto (groupe)

groupe de musique américain

Toto est un groupe américain de rock, originaire de Los Angeles, en Californie. Il est formé en 1976 par Jeff Porcaro (batterie) et David Paich (claviers), auxquels se joignent Steve Lukather (guitare), Steve Porcaro (claviers), David Hungate (basse) et Bobby Kimball (chant). Après des débuts prometteurs, le groupe atteint la consécration dans les années 1980 avec son album Toto IV. En 1982, Mike Porcaro remplace David Hungate à la basse. En moins de dix ans, Toto change plusieurs fois de chanteur principal, engageant Fergie Frederiksen, Joseph Williams puis Jean-Michel Byron. En , Toto doit faire face à la mort de son membre cofondateur, Jeff Porcaro, remplacé par Simon Phillips.

Toto
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Toto en 2010 après sa reformation.
Informations générales
Pays d'origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Genre musical Pop rock
Soft rock
Jazz fusion
Rock progressif
Années actives 19762008, 20102019, depuis 2022
Labels Columbia Records
Frontiers Records
Legacy Recordings
Site officiel https://totoofficial.com/
Composition du groupe
Membres Steve Lukather
Joseph Williams
Membres additionnels Shannon Forrest
Warren Ham
John Pierce
Dennis Atlas
Rai Thistlethwayte
Anciens membres Jeff Porcaro (†)
Mike Porcaro (†)
Fergie Frederiksen (†)
Bobby Kimball
Jean-Michel Byron
Simon Phillips
David Hungate
Keith Carlock
David Paich
Steve Porcaro
Lenny Castro
Greg Phillinganes
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Logo de Toto.

Dans les années 2000, le groupe connaît un nouveau changement dans ses rangs avec le retour de Bobby Kimball au chant, le retrait de David Paich, remplacé par Greg Phillinganes, et le départ forcé de Mike Porcaro, atteint d'une sclérose latérale amyotrophique. La formation se sépare brièvement en 2008, avant de se reformer en 2010 afin de soutenir son bassiste, dont les soins sont de plus en plus coûteux. Ce dernier meurt des suites de la maladie en 2015. La même année, le groupe sort l'album Toto XIV, marquant le retour de Joseph Williams au chant et de David Hungate à la basse. Par ailleurs, Simon Phillips quitte le groupe pour être remplacé par Keith Carlock puis par Shannon Forrest.

En 2018, le groupe célèbre ses quarante années d'existence depuis son premier album studio. Une ultime tournée internationale est planifiée jusqu'en , date à laquelle le guitariste Steve Lukather annonce la dissolution du groupe sous sa dernière forme à la suite d'une différend juridique avec la famille Porcaro. Après la pandémie de Covid-19, Steve Lukather et Joseph Williams reprennent le répertoire du groupe sous le nom The Dogz Of Oz avec de nouveaux musiciens.

Entre 1978 et 2019, Toto enregistre quatorze disques studio vendus à quarante millions d'exemplaires et six album live. Le groupe remporte par ailleurs sept Grammy Awards et il est introduit au Musicians Hall of Fame and Museum de Nashville. La musique de Toto évolue durant ses quatre décennies de carrière. Le groupe mélange les genres musicaux tels que le rock, la pop et le jazz fusion. Des chansons telles que Hold the Line, Africa, Rosanna sont devenues des classiques du groupe et ont contribué à sa notoriété internationale.

Histoire

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Formation de Rural Still Life puis de Toto (1970-1977)

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Jeff Porcaro est l'un des membres fondateurs de Toto.

Au début des années 1970, à Los Angeles, deux amis de lycée, David Paich et Jeff Porcaro, ont pour ambition de monter leur propre groupe de rock. Ils se rencontrent pendant leurs études au Grant High School et sont tous deux issus de familles de musiciens[GT 1],[H 1]. David Paich est le fils d'un compositeur et chef d'orchestre renommé, Marty Paich, tandis que le père de Jeff Porcaro est percussionniste de jazz[GT 2],[GT 3]. Les deux hommes font partie du même orchestre pour une émission de télévision et amènent régulièrement leurs jeunes fils musiciens, qui font connaissance dans le studio en pratiquant leurs instruments[H 2]. Jeff Porcaro se fait rapidement une renommée auprès des studios, étant réputé pour son groove et sa capacité à jouer tous les styles de musique[H 3]. Les deux jeunes hommes deviennent des musiciens expérimentés et collaborent avec Steely Dan sur deux de ses albums au milieu des années 1970[GT 1].

Afin de former leur propre groupe, David Paich et Jeff Porcaro recrutent le claviériste Steve Porcaro, le cadet de la fratrie et le bassiste David Hungate, qui a notamment joué avec Sonny and Cher et Alice Cooper[M 1]. Le groupe adopte le nom provisoire de Rural Still Life et souhaite dans un premier temps effectuer des reprises de Steely Dan[L 1],[LR 1]. La jeune formation reprend également des titres de Jimi Hendrix et joue lors de bals ou de soirées au lycée[BD 1]. Le guitariste Steve Lukather fréquente le même établissement scolaire et connaît Steve Porcaro par l’intermédiaire de leur professeur de musique[LR 1]. Il rejoint le groupe en 1976 alors qu'il est âgé de dix-neuf ans, après avoir été auditionné au sein du studio personnel de Joe Porcaro[LR 1]. Il admire particulièrement Jeff Porcaro, qui suit ses progrès[LR 2]. « Il était comme un frère. Un mentor. Lui et toute sa famille m'ont aidé à percer », déclare t-il à propos du batteur[GT 4]. Tout comme ses camarades, Lukather accorde beaucoup d'importance sur le travail en studio, ce qui lui permet de jouer et de progresser sur tous les styles de musique[gb 1].

Puis, Bobby Kimball complète la formation en tant que chanteur principal, après avoir rencontré les autres membres en 1977. Il déclare : « Paich et Porcaro m'ont demandé si j'accepterais de venir chanter avec le groupe qu'ils étaient en train de former. Je savais que tous les deux étaient parmi les meilleurs musiciens que j'ai jamais entendus, alors je leur ai dit que j'adorerais faire partie de leur formation »[GT 5]. Lors de son audition, il amène les paroles d'une chanson qu'il a écrite, You Are the Flower, qui figure sur le premier album l'année suivante[LR 3]. Les musiciens se réunissent pour choisir un nom définitif au groupe tout juste formé. Selon Steve Lukather, Jeff Porcaro et David Paich visionnent le dessin animé Le Magicien d'Oz et choisissent le nom de Toto[LR 4]. En effet, l'un des personnages du film est un chien du nom de Toto[GP 1]. Le batteur choisit également ce nom car il souhaite également que la formation expérimente plusieurs genres musicaux, et la signification du nom en latin va dans ce sens. David Paich réfute quant à lui la référence au film Le Magicien d'Oz et parle d'un « nom simple, facile à mémoriser, comme Kodak par exemple ». Il ajoute que le nom a été formé par Jeff Porcaro à l'aide d'un jeu de Scrabble[Li 1].

Des débuts prometteurs : Toto, Hydra et Turn Back (1977-1981)

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David Paich écrit et compose toutes les chansons du groupe dès ses débuts.

En 1977, le groupe signe son premier contrat avec le label Columbia Records et enregistre son premier album Toto, qui sort en octobre l'année suivante. David Paich et Jeff Porcaro se montrent particulièrement enthousiastes lors de l'enregistrement, notamment lors du solo de guitare exécuté par Lukather sur le premier single du groupe Hold the Line[LR 5]. La chanson, composée en une nuit par David Paich, atteint la cinquième place au Billboard Hot 100[GT 6],[GT 7]. À la suite de ce succès, Toto est nommé pour la première fois de sa carrière à la cérémonie des Grammy Awards de 1979 pour la catégorie « meilleur nouvel artiste », face à Elvis Costello, The Cars et A Taste of Honey, mais ne remporte pas de récompense[GT 8],[GT 9].

Le groupe enchaine avec l'enregistrement de l'album Hydra la même année, dont chaque morceau est écrit par David Paich[GT 10]. Malgré ses qualités, l'album ne permet pas à Toto de concrétiser le succès engendré par son prédécesseur[1]. En effet, le single 99, qui rend hommage au film THX 1138 n'atteint que la vingt-sixième position des classements musicaux américains[2]. Steve Lukather salue le travail fourni par la formation mais souligne que « tout est allé un peu vite pour le groupe »[2]. Après une tournée internationale en 1980, Toto s'oriente vers un registre plus rock, retourne en studio et enregistre l'album Turn Back, qui s'avère être un échec commercial[GT 11]. Toto subit de nombreuses critiques qui dépassent le cadre artistique de la part de la presse rock américaine. Steve Lukather se souvient de propos outrageux rédigés par certains journalistes : « Lors de la pénurie mondiale de pétrole de 1978, un type a écrit qu'il faudrait interdire le pressage de nos albums et le gaspillage de pétrole. Un autre a même souhaité que nos parents aient été stérilisés pour que nous ne soyons jamais nés et n'ayons jamais eu la chance de faire de la musique »[LR 6].

À la suite de ce deuxième échec consécutif, la maison de disque Columbia Records fait pression sur le groupe en le menaçant de rompre son contrat si les ventes du prochain album ne sont pas meilleures[GT 12]. David Paich reconnaît pour sa part qu'à cette époque, Toto veut prouver qu'il est un groupe pouvant jouer du rock 'n' roll sur scène, ne mesurant pas la baisse de créativité et de sensibilité des paroles des albums Hydra et Turn Back par rapport à Toto. Steve Lukather conclut en précisant qu'au moment de la sortie de Turn Back, Toto est toujours « à la recherche de son propre son »[3]. L'album demeure néanmoins important dans la mémoire du guitariste, puisqu'il signe sa première composition pour le groupe, Live For Today[GT 12]. Bobby Kimball traverse quant à lui une période difficile de sa vie puisqu'il est brièvement arrêté en pour avoir vendu de la cocaïne à un policier sous couverture[4].

Africa et Rosanna : le succès de Toto IV (1982–1983)

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Steve Lukather lors de la tournée Toto IV en 1982.

Suite à l'échec commercial de Turn Back, le groupe décide de réagir et prévoit l'enregistrement d'un nouvel album. Afin de satisfaire les attentes du label Columbia Records, Steve Lukather déclare : « Nous allons faire ce que nous faisons de mieux »[5]. Le guitariste admet que la pression est intense, mais prévoit un album composé de « chansons mariant le rock'n'roll à des grooves funk et qui sonnent bien à la radio »[LR 7]. De nombreux musiciens sont sollicités pour l'enregistrement de l'album, dont les percussionnistes Lenny Castro et Joe Porcaro, le saxophoniste Tom Scott, ou encore Marty Paich[6]. Toto investit tout d'abord les studios Sunset Sound Recorders et Ocean Way Recording à Los Angeles, où la plupart du travail d'enregistrement et de mixage de Toto IV a lieu entre fin 1981 et début 1982[7]. Le groupe fait appel à l'ingénieur du son Al Schmitt pour réaliser ce travail[LR 7]. Dix chansons sont choisies pour figurer sur l'album. Le travail d'écriture et de composition est principalement effectué par David Paich. Steve Lukather signe pour sa part une nouvelle composition avec le groupe, avec le titre I Won't Hold You Back[8]. Cette ballade sentimentale inspire de nombreux fans du guitariste, et aide son ami Steve Perry à surmonter une rupture amoureuse avec sa petite amie de l'époque[LR 8]. Steve Porcaro écrit et compose pour sa part le morceau It's a Feeling[6].

Alors que l'enregistrement de Toto IV se termine et que la sortie de l'album est prévue pour , David Hungate accueille la naissance de son fils. Ne souhaitant pas participer à la tournée prévue pour la sortie de l'album, il déménage à Nashville afin de se consacrer à sa vie de famille[M 1]. Il déclare : « Je venais de déménager à Nashville et une nouvelle vie s'offrait à moi. Mais la principale raison est la naissance de mon fils. [...] Ce fut la décision la plus difficile que j'ai jamais eu à prendre »[M 1]. Hungate est remplacé par Mike Porcaro, frère de Jeff et Steve, lequel participe aux dernières phases d'enregistrements, en jouant de plus du violoncelle sur le titre Good for You[M 2]. Bassiste au caractère discret, Mike Porcaro est néanmoins, comme ses compagnons, un musicien de studio ayant plusieurs années d'expérience[gb 2]. Il joue notamment avec des artistes comme Lenny Castro, Christopher Cross ou Kiss[GT 13].

Toto IV paraît le dans le monde entier[5]. Cinq singles en sont extraits : Rosanna, Make Believe, Africa, I Won't Hold You Back et Waiting for Your Love[8]. Le succès est inédit pour le groupe puisque la chanson Africa se hisse en première position du classement au Billboard Hot 100 le . Ajoutée au dernier moment sur l'album, la chanson demeure le seul titre du groupe à en occuper la première place[H 4]. David Paich est inspiré par les documentaires de la National Geographic sur l'Afrique pour l'écriture de la chanson, notamment les problèmes liés à la guerre, la famine et la sécheresse[JS 1]. Rosanna occupe la deuxième place de ce même classement durant cinq semaines consécutives à partir du [9]. Paich s'inspire de l'actrice Rosanna Arquette, qui vit une relation amoureuse tumultueuse avec Steve Porcaro, pour le titre de la chanson[LR 9]. Jeff Porcaro signe pour sa part une partie de batterie en shuffle qui devient une référence pour les batteurs du monde entier[GT 14]. Toto IV atteint la quatrième place au Billboard 200 le [10]. Ce succès permet au groupe d'effectuer une tournée internationale jusqu'au Japon, où le public est particulièrement réceptif[LR 9].

Collaborations musicales et Grammy Awards (1983-1984)

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En 1982, certains membres de Toto participent à l'enregistrement de l'album Thriller de Michael Jackson.

Le succès commercial engendré par l'album donne au groupe des perspectives de collaborations musicales prestigieuses. Michael Jackson invite plusieurs membres du groupe à participer à l'enregistrement de son album Thriller, prévu entre avril et . Steve Lukather se lie d'amitié avec le guitariste Eddie Van Halen et les deux hommes signent leur principale collaboration sur le titre Beat It[GT 15]. David Paich et Jeff Porcaro sont également conviés aux séances d'enregistrement[11]. Steve Porcaro apporte également sa pierre à l'édifice en écrivant la ballade Human Nature[LR 10]. En multipliant les collaborations, les quatre hommes deviennent des musiciens de studio recherchés sur la côte ouest des États-Unis. « Entre nous quatre, nous prenions tous les appels et exécutions des sessions enregistrements du matin au soir, tous les jours de notre vie », déclare Steve Lukather[LR 11].

En 1983, Toto participe à la 25e cérémonie des Grammy Awards, qui a lieu le à Los Angeles[12]. Il s'agit de la deuxième participation du groupe à cette institution après sa nomination au Grammy Award du meilleur nouvel artiste en 1979. La production propose par ailleurs à Toto de jouer en direct lors de la soirée, ce que Jeff Porcaro refuse, craignant que les performances vocales de Bobby Kimball ne soient pas à la hauteur[LR 11]. Les efforts fournis par Toto sont toutefois récompensés puisque pour l'album Toto IV, les musiciens et le personnel technique reçoivent un total de vingt-huit nominations et six récompenses : album de l'année (Toto IV), chanson de l'année (Rosanna), producteur de l'année (Toto), meilleur arrangement instrumental (Rosanna), meilleur arrangement vocal (Rosanna), meilleur ingénieur d’enregistrement (Toto IV)[13]. Après cinq années de carrière, le groupe obtient ainsi la reconnaissance critique tant attendue[GT 16].

Le réalisateur David Lynch propose à Toto d'enregistrer la bande originale de son film Dune.

En 1984, après le succès international de Toto IV, le groupe décide d'enregistrer son unique bande originale de film pour Dune, un film de science-fiction de David Lynch lui-même adapté du roman de Frank Herbert. David Paich est particulièrement enthousiaste à l'idée de participer au projet, décrit comme « le prochain Star Wars »[GT 17]. Le groupe reçoit simultanément une autre proposition pour participer au film Footloose, réalisé par Herbert Ross mais décline l'offre au profit de celle de Lynch[LR 12]. Le film n'atteint pas le succès escompté, bien que, selon Steve Lukather, le groupe s'y soit pleinement investi[LR 12]. D'après le guitariste, Dune sonne davantage comme un disque solo de David Paich qu'un album de Toto[gb 3]. Le travail de la formation est de nouveau salué lors de la 26e cérémonie des Grammy Awards puisque l'album Thriller de Michael Jackson remporte huit récompenses et demeure un succès commercial inégalé[JS 2].

Isolation : passage éphémère de Fergie Frederiksen (1984-1985)

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Malgré ce succès, Toto connaît de premières tensions entre ses membres. Le comportement de Bobby Kimball pose problème, et notamment sa consommation de drogues qui ternissent ses performances vocales[GT 18]. Bien que ses camarades soient également des consommateurs réguliers, Kimball est le seul membre dont les conséquences de ses prises de drogues se font immédiatement ressentir[gb 3]. En outre, Kimball s'isole des autres membres du groupe et est plus âgé que ses collègues[LR 13]. Malgré plusieurs avertissements émis à son encontre, le chanteur n'arrive pas à calmer sa dépendance, et est finalement renvoyé par Jeff Porcaro[LR 14]. « On m'a demandé de partir. Ce n'était pas mon choix » déclare t-il[GT 18]. Selon lui, de nombreuses tensions liées à l'argent et à la drogue sont apparues après le succès de Toto IV, et il est le seul en avoir injustement fait les frais[GP 2]. Les problèmes subsistent les années suivantes puisque le groupe lui intente un procès pour l'utilisation abusive du nom de Toto à des fins promotionnelles[GP 2].

Privé de chanteur principal, le groupe propose tout d'abord à Richard Page, membre du groupe Mr. Mister de rejoindre ses rangs, mais celui-ci est contraint de refuser, étant déjà engagé avec le label RCA Records[LR 15],[LR 16]. Puis, sur une proposition du bassiste de Styx Ricky Phillips, Fergie Frederiksen, un chanteur danois est auditionné et recruté[GT 18]. Sa tessiture est particulièrement appréciée lors de son audition, et notamment sa capacité à monter dans les aigus[LR 16]. Frederiksen participe dans la foulée à l'enregistrement de l'album Isolation, qui sort en [GT 19]. Sa présence oriente le groupe vers des influences musicales plus rock que sur Toto IV[S 1].

Malgré l'ambition du groupe d'égaler les ventes de son album précédent, le disque n’obtient pas le succès attendu, mais se place à la 42e place au Billboard 200[GT 20]. Il obtient néanmoins un disque d'or aux États-Unis, et rencontre encore plus de succès au Japon avec un triple disque de platine[LR 17]. De nouvelles tensions éclatent rapidement entre David Paich et Fergie Frederiksen, tout juste engagé. En effet, depuis les débuts du groupe en 1977, Paich impose dans ses compositions des performances vocales particulièrement exigeantes de la part de ses chanteurs[LR 18].

Toto investit plusieurs centaines milliers de dollars dans la tournée américaine qui suit la sortie de l'album et choisit de réserver des salles plus grandes, profitant de sa notoriété grandissante[LR 19]. Cependant, les ventes de billets s'avèrent difficiles et certains concerts ne sont remplis qu'à moitié[LR 19] Malgré les répétitions, David Paich est insatisfait du travail de Frederiksen, et celui-ci est remercié en 1985 au terme de la tournée[GT 21]. Steve Lukather se souvient de prestations inégales, tantôt « excellentes » en concert, mais parfois « mauvaises » en studio[LR 18]. Le guitariste reconnaît néanmoins les qualités humaines de Frederiksen et admet qu'aucun membre du groupe n'a osé lui annoncer son éviction. « La chose la plus douloureuse était que Fergie était le gars le plus sympa que l'on pouvait espérer rencontrer et que nous l’appréciions tous », déclare t-il[LR 20].

Fahrenheit et The Seventh One : les années Joseph Williams (1986-1989)

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Joseph Williams enregistre les albums Fahrenheit et The Seventh One entre 1986 et 1988.

De nouveau à la recherche de sa voix principale, Toto fait passer plusieurs auditions. Le chanteur Eric Martin est convié chez David Paich, recommandé par Steve Lukather, afin d'interpréter la chanson Could This Be Love, écrite pour le prochain album du groupe. Sa prestation ne convainc toutefois pas le membre fondateur de Toto, et il n'est pas engagé[LR 21]. Pendant ce temps, le nom de Joseph Williams circule dans les conversations du groupe. Fils du compositeur John Williams, Joseph a déjà collaboré avec Steve Lukather en 1982. Le guitariste a également joué avec son frère batteur dans les années 1970. Il est par ailleurs claviériste, auteur et producteur[LR 22]. Auditionné dans le studio personnel de Jeff Porcaro, Joseph Williams s'intègre immédiatement et est aussitôt recruté[LR 22].

En 1986, après avoir retrouvé la cohésion entre ses membres, Toto enregistre l'album Fahrenheit. La power ballad I'll Be Over You, chantée par Steve Lukather avec la collaboration de Michaeal McDonald, se distingue et atteint la onzième place au Billboard Hot 100[GT 22]. D'autres artistes participent à l'enregistrement de l'album Fahrenheit, comme Don Henley sur la chanson Lea écrite par Steve Porcaro ou encore Miles Davis sur l'instrumental jazz fusion Don't Stop Me Now[LR 23]. Le groupe est si impressionné et honoré de sa présence qu'il laisse carte blanche au trompettiste pour jouer par dessus le morceau[LR 24]. Toto effectue une nouvelle tournée internationale au cours de laquelle les membres sont en harmonie et où le public est au rendez-vous, particulièrement en Europe[LR 25]. Le retour du groupe sur le sol américain est marquée par une pause, au cours de laquelle chacun des membres se consacre à sa famille. Jeff Porcaro accueille par exemple son deuxième enfant, tandis que son frère Mike Porcaro se marie[GT 23].

Toto investit trois studios à Los Angeles pour l'enregistrement de son album suivant[GT 24]. Alors que la formation renoue durablement avec le succès et semble stable, Steve Porcaro annonce brutalement son départ du groupe, au grand dam de Steve Lukather[LR 26]. Le benjamin de la fratrie Porcaro ne se sent en effet plus en phase artistiquement avec le reste du groupe et souhaite être crédité comme simple musicien additionnel sur le prochain album en préparation[LR 26],[LR 27]. Steve Porcaro choisit par ailleurs de se concentrer sur sa famille et sa carrière en solo de compositeur de musique de films[GT 25].The Seventh One est publié au début de l'année 1988 et compte cinq singles : Pamela, Stop Loving You, Straight for the Heart, Anna et Mushanga. Le groupe, qui n'a pas l'habitude de proposer des textes politiques, écrit par ailleurs une de ses premières chansons engagées, Home of the Brave[GT 26].

Après la sortie de l'album, le groupe effectue une nouvelle tournée, et les titres Stop Loving You et Pamela rencontrent un franc succès auprès du public européen, qui devient le continent de prédilection du groupe lors de ses concerts[LR 28]. Toutefois, malgré une tournée à succès dans des salles pleines, une nouvelle ombre noircit le tableau du groupe. Joseph Williams est contraint de quitter la formation pour consommation excessive de cocaïne, à l'instar de Bobby Kimball quelques années plus tôt[GT 27]. Suite à l'éviction de Williams, les membres de Toto ressentent de nouveau le besoin de faire une pause ; Steve Lukather entame pour sa part une carrière en solo et publie son premier album, intitulé Lukather[GT 28]. Le guitariste souhaite en effet développer un jeu plus rock qu'avec Toto et enregistre son disque avec Eddie Van Halen, Steve Stevens, Richard Marx et Ian Hammer[GW 1].

Past to Present et la mort de Jeffrey Porcaro (1990–1992)

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Le guitariste Steve Lukather pendant le Past to Present Tour en 1990.

En 1990, Toto rencontre le batteur et producteur Bobby Colomby. Celui-ci suggère divers changements artistiques au sein du groupe et propose d'engager le chanteur Sud-africain Jean-Michel Byron. Les deux hommes apportent une démo d'une chanson écrite par Byron, Love Has the Power[LR 29]. Steve Lukather fait part de son étonnement, et en discute avec Jeff Porcaro, qui le rassure en l'informant que Byron serait engagé sur un disque compilation et serait aussitôt remercié s'il ne fait pas l'affaire[LR 30]. Le label Columbia Records, par l’intermédiaire de nouveau président Don Ienner, insiste en effet pour le groupe produise son premier best-of après dix ans de carrière[GT 29]. Bobby Kimball est contacté pour participer à l'enregistrement d'un titre inédit, composé par David Paich et Joseph Williams, intitulé Goin' Home[LR 29],[LR 30]. Cependant, la chanson est mise de côté au profit de quatre autres inédites écrites et chantées par Byron et figurant sur la compilation Past to Present 1977-1990 : Love Has the Power, Out of Love, Can You Hear What I'm Saying et Animal[GW 2],[GT 30].

Bien que le succès commercial de l'album soit au rendez-vous, notamment en Europe, la tournée prévue par la suite se déroule dans des conditions délétères. Jean-Michel Byron est en effet incapable de s'intégrer à Toto, se montre trop égoïste sur scène et affiche un égo démesuré. Lors d'une représentation, le chanteur enfile même un gant blanc afin d'imiter Michael Jackson, ce qui outre particulièrement Steve Lukather[GT 31]. Byron est relégué au second plan au fur et à mesure de l'avancée de la tournée, puis se sépare de la formation à la fin de celle-ci[GT 32]. Le concert enregistré en VHS à Paris en est une démonstration de l'échec de la tournée : plusieurs chansons initialement prévues dans la setlist ne sont pas jouées[GT 32],[GT 33]. « Vers la fin de la tournée, c'était devenu clair, il n'avait rien en commun avec aucun de nous », admet le guitariste[gw 1].

Toujours à la recherche de son chanteur principal, le groupe se concerte et choisit finalement de confier la tâche à Steve Lukather. « J'ai dû beaucoup travailler pour me sentir prêt à chanter deux heures minimum, tenir la guitare en même temps et être un peu le leader du groupe », confie t-il[gw 2]. La choriste Jenny Douglas-Mc Rae le seconde et assure quant à elle le chant sur le titres les parties les plus hautes[GB 1]. Toto commence en parallèle l'écriture de son nouvel album et fait un passage au Montreux Jazz Festival de 1991 où il y interprète deux titres inédits, Jake to the Bone et Kingdom of Desire[GT 34]. Le groupe prend un virage artistique important, guidé par les influences hard rock de Steve Lukather, avec un son plus électrique et « dépouillé »[T 1]. Jeff Porcaro déclare à propos de cette décision : « On n'a plus vraiment de voix haute et cinq chœurs, la musique a changé d'orientation. C'est franchement plus rock, plus bluesy aussi »[H 5]. Toto enregistre l'album Kingdom of Desire en 1992 en tant que quatuor soudé, désireux d'aller de l'avant[H 6]. Peu avant la sortie de l'album, le groupe fait un passage remarqué lors d'une soirée au National Association of Music Merchants Show en y interprétant de nouveau l'instrumental Jake to the Bone[H 7].

Alors que le groupe prépare la sortie de l'album pour le mois de , Jeff Porcaro est victime d'un accident domestique à son domicile le . Alors qu'il pulvérise un insecticide dans son jardin, il inhale involontairement le produit[gw 1]. Ne se sentant pas bien, il décide d'aller se doucher, mais est pris de vertiges à la sortie de sa salle de bains et s'effrondre[H 8]. Son épouse prévient les secours, et il est héliporté à l'hôpital. Steve Lukather, qui a prévu de passer la soirée en compagnie du batteur, est informé par la femme de Mike Porcaro que le reste de la famille est au chevet de Jeff au Westlake Hospital de Los Angeles[LR 31]. Malgré les tentatives de réanimation, Jeff Porcaro meurt d'un arrêt cardiorespiratoire quatre heures plus tard. L'autopsie révèle que le batteur souffre d'une insuffisance cardiaque non diagnostiquée dans le passé[H 8]. Une rumeur circule sur les circonstances de sa mort, insinuant une surdose de cocaïne, mais celle-ci est démentie[S 2]. Ses obsèques ont lieu quelques jours plus tard au Forest Lawn Memorial Park et plusieurs de ses amis l'accompagnent au son de tambours en bandoulière lors de son inhumation[H 9].

Arrivée de Simon Phillips, Absolutely Live et Tambu (1992-1996)

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Simon Phillips assure le remplacement de Jeff Porcaro dès la tournée de Kingdom of Desire.

La famille de Jeff Porcaro et les membres de Toto sont anéantis[LR 32]. Les musiciens se demandent si le groupe peut survivre sans son membre fondateur. Mike Porcaro décrit son état d'esprit et celui du groupe dans cette période difficile : « Jeff était comme un frère pour David Paich et Steve Lukather. Nous avons fait face tous les trois, mais nous ne en sommes pas vraiment remis. On ne guérit jamais vraiment. »[H 6]. Alors que la tournée suivant la sortie l'album est prévue depuis six mois, le groupe prend la décision de continuer, mettant en avant le fait que Jeff Porcaro l'aurait souhaité. « Jeff avait écrit la musique et les paroles de cet album, non on ne pouvait pas abandonner », précise Mike Porcaro[H 6]. Réduite à trois, la formation doit décider quel batteur pourrait succéder à Jeff Porcaro. Son choix se porte sur le britannique Simon Phillips, qui a notamment joué avec The Who. Choqué par l'annonce de la mort de Jeff Porcaro, celui-ci réussit néanmoins à apprendre le répertoire de chansons en seulement trois semaines avant d'entamer la tournée[H 10]. Dans un premier temps, le groupe prévoit de cesser ses activités après la tournée hommage. « La seule chose dont je suis sûr, c'est qu'il s'agit de notre dernière tournée. Je ne veux pas continuer Toto sans Jeff », précise Steve Lukather[gw 1].

Deux mois après la mort de Jeff Porcaro, Toto enregistre son premier album live, capté durant la tournée de Kingdom of Desire, le à Rotterdam[GT 35]. Steve Lukather assure désormais le chant, épaulé par trois choristes sur les titres précédemment chantés par Bobby Kimball et Joseph Williams[GT 35]. Simon Phillips, tout juste engagé, est immédiatement mis à l'aise par ses collègues et s'accorde avec eux pour ne pas à avoir à imiter le style de Jeff Porcaro, mais à mettre en avant son propre jeu[H 10]. Phillips respecte toutefois les anciennes chansons du groupe, en se demandant toujours comment son prédécesseur « les jouait »[T 2]. Le britannique, qui est ambidextre et pratique le jeu ouvert, dispose par ailleurs d'un kit de batterie massif et est un adepte de la double grosse caisse[LR 33].

La tournée hommage est un succès mais le groupe en ressort éreinté. Mike Porcaro se souvient d'une « tâche immense à accomplir » et parle d'un « poids des émotions qui a pesé sur lui comme une grande vague »[H 4]. Simon Phillips parle d'une tournée « difficile émotionnellement » et « d'une énorme pression »[T 2]. À l'issue de la série de concerts, Steve Lukather change d'avis et, porté par l'amour du public, décide de poursuivre avec Toto. « Une bonne partie de l'esprit du groupe s'en est allé lorsque Jeff est mort. Mais au cours de la tournée, nous nous sommes aperçus que le plaisir était toujours là, même s'il était différent », admet-il[GP 3]. Simon Phillips s'intègre bien, au point que les autres membres l'engagent définitivement à l'issue de la tournée[S 2]. Le groupe ressent donc le besoin de faire une pause en 1993 et publie Absolutely Live, enregistré un an plus tôt. Steve Lukather en profite pour enregistrer son deuxième album solo, qui s'intitule Candyman[GT 36]. Après avoir collaboré avec le chanteur canadien Bryan Adams sur son titre Please Forgive Me, David Paich lui propose d’intégrer le groupe en tant que chanteur principal, mais celui-ci refuse et préfère se consacrer à sa carrière en solo[GB 1].

Trois ans après la mort de Jeff Porcaro, Toto élabore son nouvel album studio, entièrement dédié à son membre fondateur[H 10]. Les musiciens se retrouvent régulièrement chez Mike Porcaro pour l'écriture et la composition des titres[T 3]. Le groupe investit ensuite les Capitol Studios de Los Angeles et y enregistre Tambu, qui sort en [T 1]. Steve Lukather est de nouveau au chant et Simon Phillips est à la batterie, tandis qu'Elliot Scheiner s'occupe des arrangements[T 4]. L’enregistrement se déroule dans de bonnes conditions et Steve Lukather confirme sa nouvelle place de chanteur principal, tandis que Jeff Porcaro occupe toutes les conversations[GT 37]. Beaucoup de titres sont achevés seulement en quelques heures[T 4]. L'enregistrement est effectué dans des conditions live, avec les quatre musiciens dans la même pièce, tandis que les soli de guitare sont tous effectués en une seule prise[GB 1],[GB 2]. La chanson I Will Remember est un hommage poignant à Jeff Porcaro et tout ce qui est amené à disparaître[GT 38],[GT 39]. Mike Porcaro compose pour sa part une chanson aux influences rhythm and blues, The Turning Point[T 4]. Simon Phillips apporte quant à lui ses influences jazz fusion, et a toujours une pensée pour son prédécesseur et sa manière d'aborder les chansons[T 2],[T 5]. L'album, bien que fidèle à la musique du groupe, n'obtient pas de critiques dithyrambiques, mais met en avant l'alchimie musicale du quatuor[T 6],[GT 40]. Lors de la tournée de 1996, Simon Phillips souffre d'une crise de colite, et il est provisoirement remplacé par Gregg Bissonnette[GT 41],[B 1]. Ce dernier parvient à apprendre une vingtaine de chansons du groupe en seulement une journée[B 2].

Retour de Bobby Kimball, Toto XX et Mindfields (1997–2002)

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Bobby Kimball réintègre Toto en 1997 pour célébrer les vingt ans du groupe.

En 1997, Toto célèbre ses vingt ans d'existence. Le groupe sélectionne une douzaine de chansons inédites, écartées par le label Columbia Records des précédents disques, et les inclut dans une compilation qui paraît sous le titre de Toto XX : 1977-1997[GT 42],[LR 34]. C'est ainsi que Goin'Home, enregistrée pour figurer sur Past to Present 1977-1990 est mise en boîte dans cette nouvelle compilation. Il en est de même pour Tale of a Man, initialement prévue pour Hydra et Last Night, issue des sessions de Fahrenheit, qui sont également sélectionnées[GT 43]. Joseph Williams et Bobby Kimball sont rappelés pour terminer les enregistrements, tandis que Steve Porcaro accepte d'effectuer la tournée des vingt ans avec le groupe[LR 35]. Steve Lukather, David Paich, Mike Porcaro et Simon Phillips complètent la formation. Quatre chansons live sont également choisies, dont On the Run, captée lors du Montreux Jazz Festival de 1991 avec Jeff Porcaro à la batterie[GT 44]. Malgré un succès commercial mitigé, les musiciens gardent des souvenirs positifs de la tournée européenne suivante, au point que Bobby Kimball réintègre le groupe en tant que chanteur principal[GT 45].

De retour à Los Angeles, le groupe se réunit chez David Paich et débute un important travail d'écriture et de composition. « Dès qu'on a commencé à écrire de nouveau ensemble, la vieille alchimie a aussitôt recommencé à opérer et nous avons réalisé que ce qui nous avait manqué toutes ces années, c'était le timbre inimitable de la voix de Bobby », admet Steve Lukather[GM 1]. Ces sessions donnent naissance à l'album Mindfields, composé de treize chansons et un titre bonus pour la version japonaise. En effet, le protocole commercial impose régulièrement une ou plusieurs chansons supplémentaires sur les version nippones en raison du prix élevé des disques[S 3]. L'ami du groupe Elliott Scheiner officie de nouveau en tant qu'ingénieur du son et co-producteur[LR 36]. L'album paraît en en Europe et au Japon mais rencontre toutefois des difficultés pour sortir aux États-Unis suite à des désaccords artistiques avec le label Columbia Records[LR 36].

Conçu pour être un album mature, Mindfields subit de mauvaises critiques de la part de la presse, considéré comme trop long[GT 46]. En revanche, le retour de Bobby Kimball contribue à remplir les salles de concert, bien que ses performances aient été inégales lors de la tournée. « Il pouvait faire une bonne soirée, et une mauvaise le lendemain. Alors qu'il prenait de l'âge, c'était de plus en plus difficile pour lui d'atteindre les notes les plus hautes », déclare Steve Lukather[LR 36]. Le second album live du groupe, intitulé Livefields, émerge du Mindfileds World Tour, qui s'étend sur dix-huit mois. Il est capté lors de plusieurs dates européennes, notamment en France[GT 47].

Après un hiatus d'une année, Steve Lukather songe au vingt-cinquième anniversaire de Toto, prévu pour l'année 2002. Il a alors l'idée d'enregistrer un album de reprises, prévu pour rendre hommage aux artistes qui ont bercé la jeunesse du groupe[gb 4],[LR 37]. « J'ai choisi la plupart des titres. Et sur les onze, il y en a neuf qui ont été écrits par des amis. Je le considérerais davantage comme un tribute album que comme un disque de reprises », précise le guitariste[gb 4]. Throught the Looking Glass paraît en et comprend notamment les reprises Could You Be Loved de Bob Marley, While My Guitar Gently Weeps des Beatles ou The House of the Rising Sun des Animals[gb 5]. Toto reprend également Watching the Detectives d'Elvis Costello, qui est ironiquement connu pour détester le groupe, ce qui amuse particulièrement Lukather[gb 1]. La tournée qui suit marque la sortie d'un troisième album live à succès, Live in Amsterdam, enregistré en 2003[GT 48].

Retrait de David Paich, Falling in Between et première séparation (2003–2007)

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Leland Sklar remplace Mike Porcaro en 2007, diagnostiqué d'une sclérose latérale amyotrophique.

À partir du milieu de l'année 2003, Toto connaît de nouveaux bouleversements au sein de ses rangs. Tout d'abord, lors de la tournée des Night of the Proms, Simon Phillips tombe malade et doit être remplacé au pied levé par Jon Farriss. Ce dernier, qui est un ami de Steve Lukather, apprend le répertoire du groupe en seulement un jour[LR 38]. Puis, lors de la même série de concerts, David Paich est contraint de rentrer aux États-Unis pour s’occuper de sa sœur qui est malade[LR 39]. Afin de le remplacer, le groupe choisit de recruter Greg Phillinganes, ancien claviériste de Michael Jackson, Stevie Wonder et Eric Clapton. Tout d'abord présent lors des tournées, Phillinganes est par la suite engagé comme un membre du groupe à part entière, sans que Paich ne quitte réellement la formation[GT 49]. En 2005, les musiciens font la connaissance de Serafino Perugino, fondateur du label Frontiers Records, qui leur propose de produire un nouvel album[LR 39]. Les musiciens acceptent, mettant fin à plus de vingt-cinq ans de collaboration avec Columbia Records, label détenu par Sony Music Entertainment, ce qui leur permet d'avoir davantage de contrôle sur la propriété des chansons et la production tout en étant mieux rémunérés[GT 50].

Falling in Between est enregistré au sein du studio personnel de Simon Phillips, à Los Angeles[S 4]. Le batteur, qui a acquis les locaux deux ans auparavant, est également un ingénieur du son expérimenté. « Les gens me connaissent comme batteur, mais je suis aussi ingénieur du son. Je me passionne pour ça depuis l'âge de dix-huit ans », déclare t-il[S 5]. Tout comme sur Mindfields, chaque membre apporte sa contribution sur chacune des dix chansons de l'album. Celui-ci comporte de nombreuses parties instrumentales aux influences jazz fusion[S 6]. David Paich s'investit particulièrement dans l’écriture et la composition malgré les problèmes de santé de sa sœur, tandis que Greg Phillinganes y participe en tant que compositeur et interprète[S 7],[S 8]. Steve Porcaro et Lenny Castro contribuent également en tant que musiciens additionnels[GT 51],[GT 52]. Le single Bottom of Your Soul, sur lequel chantent Bobby Kimball et Joseph Williams, en est extrait[GT 51]. L'album, qui paraît en , reçoit les « meilleures critiques que le groupe n'ait jamais reçues », selon Steve Lukather[LR 40].

Alors que le groupe débute la tournée sans David Paich, retenu auprès de sa famille, Mike Porcaro présente des symptômes inquiétants : il souffre du pouce gauche et commence à avoir du mal à jouer[LR 41]. Après quelques mois, il se sent de plus en plus fatigué, au point de ne plus pouvoir se tenir debout sur scène. Lors de ses derniers concerts, le bassiste doit même rester assis pour jouer[LR 41]. Son état de santé ne s'améliorant pas, Mike Porcaro rentre aux États-Unis pour subir des examens médicaux plus poussés. En 2007, il est finalement diagnostiqué d'une sclérose latérale amyotrophique et doit complètement se retirer de la tournée[M 3]. Leland Sklar est choisi pour le remplacer et participer à l'album Falling in Between Live, capté en au Zénith de Paris[GT 53]. Dès l'annonce de la maladie de Mike Porcaro, d'importantes tensions surgissent au sein du groupe, notamment entre Bobby Kimball et Steve Lukather. Le guitariste, dépité par les absences David Paich et Mike Porcaro, est également déçu par les performances vocales du chanteur principal. À l'issue de la tournée, après en avoir informé David Paich par téléphone, il annonce son départ du groupe à l'été 2007[LR 42].

Reformation et tournées estivales (2008–2014)

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En 2008, Steve Lukather se consacre exclusivement à sa carrière solo. Il enregistre l'album Ever Changing Times en compagnie de son fils Trevor, ainsi que de Leland Sklar et Abraham Laboriel Junior[LR 43]. Le guitariste laisse planer le doute sur l'avenir de Toto, ce qui ne l'empêche pas de participer à la cérémonie d’introduction du groupe au Musicians Hall of Fame and Museum de Nashville en 2009[LR 44],[GT 54]. Durant deux années, le groupe ne donne aucun concert. En 2010, l'état de santé de Mike Porcaro continue de se dégrader, tandis que son frère Steve Porcaro se voit diagnostiquer une tumeur du cerveau. Une opération réalisée à temps lui permet de s'en sortir, mais lui coûte la perte totale de l'audition d'une oreille[LR 44]. Cette situation enfonce le guitariste dans une grande dépression, qui doit faire à des problèmes d'alcool, la perte de sa mère, et le divorce avec sa seconde épouse. « Pour tout cela, 2010 est toujours l'année la plus dure et bizarre de toute ma vie », déclare t-il[LR 45].

La même année, David Paich appelle Steve Lukather et lui propose une action pour soutenir financièrement Mike Porcaro, dont les soins sont de plus en plus coûteux[LR 46]. Les deux hommes contactent Simon Phillips et Steve Porcaro, et tous acceptent de repartir en tournée en soutien à leur ami, admis en soins intensifs[GT 55]. La maladie a en effet atteint un stade avancé, et celui-ci se retrouve alité de manière permanente[LR 47]. Le groupe choisit Joseph Williams comme chanteur principal, dont la voix a été travaillée, au détriment de Bobby Kimball. Greg Phillinganes vient de nouveau compléter la formation et Nathan East office en tant que bassiste[GT 56]. La tournée est un franc succès pour le groupe, qui décide de réitérer l'expérience l'année suivante. Une partie des fonds récoltés durant la tournée est reversée à la famille de Mike Porcaro[LR 47]. Steve Lukather rejoint en parallèle Ringo Starr et son All-Starr Band, et enregistre un nouvel album en solo, Transition[LR 48].

En 2013, Toto enregistre son cinquième album live, Live in Poland (35th Anniversary), capté à Lódz pour célébrer les trente-cinq ans de carrière du groupe[GT 57]. La sortie du DVD du concert est cependant retardée à la suite d'une réclamation du label Frontiers Records, qui exige la parution d'un album studio, comme stipulé dans le contrat signé avec le groupe en 2006[GT 58]. Ce malentendu juridique a pour conséquence l'obligation légale pour Toto d'enregistrer un nouveau disque sous peine de voir la sortie de Live in Poland (35th Anniversary) annulée[M 4]. Or, quand le groupe reprend ses activités en 2010, leur management omet de leur signaler cette clause, qui n'est découverte qu'à la sortie de 35th Anniversary in Poland[GT 58]. Toto annonce son entrée en studio pour l'enregistrement d'un nouvel opus, ce qui leur permet d'éviter un procès de la part du label tout en satisfaisant leur envie de sortir un nouveau disque.

Toto XIV et la mort de Mike Porcaro (2014–2015)

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Le bassiste Mike Porcaro meurt le , quelques jours avant la sortie de l'album Toto XIV.

Après vingt-deux ans passés eu sein de la formation, Simon Phillips choisit de ne pas participer au nouvel album et quitte le groupe. « Dans son esprit, Toto n'était plus le groupe qu'il avait rejoint vingt ans auparavant. Je pense qu'il en a eu marre de remplacer des batteurs morts - Keith Moon avec The Who et Jeff Porcaro avec nous - et a décidé de se tourner vers ses propres projets », admet Steve Lukather[LR 49],[LR 50]. Il est remplacé par Keith Carlock[GT 59]. Nathan East, présent sur les tournées depuis 2010 décide également de se consacrer à ses projets personnels. David Paich contacte alors David Hungate, le bassiste originelle du groupe, et lui demande s'il souhaite réintégrer la formation. « J'ai accepté sans hésiter. Nous n'étions pas fâchés, même si nous ne sommes pas beaucoup revus après mon départ. Pour autant, nous avons tous eu cette impression de s'être quittés la veille », déclare Hungate[M 1].

Pour son retour en studio, le groupe se compose de Steve Lukather à la guitare, Joseph Williams au chant, Keith Carlock à la batterie, David Paich et Steve Porcaro aux claviers et David Hungate à la basse. Toto fait par ailleurs appel à des musiciens comme Lenny Castro aux percussions ou Leland Sklar comme second bassiste, ainsi que Martin Tillman au violoncelle et Tom Scott au saxophone, Tim Lefebvre et Tal Wilkenfeld à la basse, ainsi que cinq choristes. L'enregistrement a lieu au sein des Treehouse Studios à Hollywood entre à . Ces locaux ont la particularité de se trouver à seulement quelques centaines de mètres du lieu d'enregistrement de l'album Toto de 1978[GT 60]. Le groupe s'investit pleinement dans le processus créatif de l'album sans chercher à le bâcler. « On a voulu le faire sérieusement, comme si ça comptait vraiment », précise Steve Porcaro[GT 60]. Peu de temps après son entrée en studio, le groupe est attristé par la mort de son ancien chanteur Fergie Frederiksen, emporté par un cancer début 2014[GT 61].

Le , Steve Lukather rend visite à Mike Porcaro pour la dernière fois. « J'ai rendu visite à Mike le dernier soir avant qu'il meure. Je me suis penché sur son lit, je l'ai embrassé et je lui ai dit que je l'aimais. Il a tout fait pour me rendre cet amour en retour, ce qui a lui demandé un effort considérable. Il avait les larmes aux yeux et j'en avais dans les miens. J'avais ce sentiment très fort que je ne le reverrai plus », déclare t-il[LR 51]. Le lendemain, Steve Porcaro appelle Lukather et lui annonce la mort de son frère, emporté par la maladie[M 3],[LR 51]. Quelques jours plus tard, le groupe lui rend hommage lors de la sortie de l'album Toto XIV, favorablement accueilli par la presse et le public[GT 62],[GT 63]. Comme son frère Jeff, Mike Porcaro est inhumé au Forest Lawn Memorial Park. Lors de la cérémonie, Steve Lukather est invité à prendre la parole par la femme de Mike et donne un discours en hommage à « l'un de ses meilleurs amis »[LR 51].

40 Trips Around the Sun et seconde séparation (2015-2019)

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Steve Porcaro quitte définitivement le groupe en 2019, juste avant sa dissolution.

Toto effectue ensuite la tournée américaine suivante en compagnie de Yes, tandis que Keith Carlock, occupé par un projet avec Steely Dan, choisit de céder sa place de batteur[F 1]. Sur recommandation de David Hungate, Shannon Forrest est recruté, et Lenny Castro accompagne le groupe sur scène en temps que percussionniste[LR 52],[LR 53]. « Je connaissais Luke depuis longtemps, et j'avais eu l'occasion de travailler avec David. Une chose en entraînant une autre, je me suis retrouvé en tournée avec le groupe », précise Forrest[F 1]. Après la fin de son différend juridique avec Frontiers Records, Toto est approché par son précédent label, représenté par la compagnie Legacy Recordings, par l’intermédiaire d'une nouvelle équipe de management. L'entreprise leur remet, lors d'une soirée de concert à New York, la certification de quarante millions d'albums vendus dans le monde depuis 1978[LR 54].

L'année suivante, David Hungate arrête sa collaboration avec le groupe, et il est remplacé par Shem von Shrcoeck[LR 54]. Le groupe continue de donner des concerts en 2017, en partagent l'affiche avec Pat Benatar puis Roger Hodgson[GT 64]. En 2018, Toto célèbre ses quarante années de carrière. De nouveau sous contrat avec Sony Music Entertainment, le groupe publie 40 Trips Around the Sun, une complition qui comprend des classiques enregistrés entre 1978 et 1993 comme Hold the Line, 99, Africa, Rosanna, Stop Loving You ou Jake to the Bone[GT 65]. Dans le même temps, le coffret All in 1978/2018, qui contient les treize albums originaux du groupe, un EP, Live in Tokyo 1980 et un disque de chansons inédites, Old Is New est publié après un travail de remasterisation par Elliot Scheiner[GT 66]. 40 Trips Around the Sun est bien reçu par la critique musicale et le public, et un album live issu de la tournée sort en 2019[GT 67]. Steve Lukather publie son autobiographie, co-écrite avec Paul Rees, The Gospel According To Luke dans laquelle il relate son histoire et celle de Toto[L 2]. Il décide par ailleurs de devenir le manager du groupe, tout en continuant sa collaboration avec Ringo Starr et son All-Starr Band[L 3].

Une procédure judiciaire entamée par Susan Porcaro, veuve de Jeff Porcaro, finit par sceller le destin du groupe sous sa dernière forme. Attaquant Steve Lukather et David Paich en justice, celle-ci réclame une part de revenus par rapport à l'utilisation du nom Toto, co-fondé par Jeff Porcaro[X 1]. Cette close n'a en effet pas été discutée lors de la mort de son défunt mari en 1992[GT 68]. Steve Porcaro, bien que non concerné par la plainte, ne supporte pas cette action en justice et quitte définitivement le groupe[GT 68]. À l'issue d'un ultime concert donné à Philadelphie en 2019, Toto annonce sa dissolution. David Paich, dont la santé décline, se retire complètement des tournées, alors Steve Lukather fait part de sa lassitude et sa fatigue au terme de ce conflit réglé par un accord confidentiel. « Ce putain de procès nous a détruits. Je n'ai rien vu venir, on n'a pas pu se défendre... » confie t-il[GT 68],[GT 69].

Alors que la chanson Africa dépasse le milliard d'écoutes sur Internet en 2019, un artiste germano-namibien, Max Siedentopf, installe dans le désert du Namib une structure permettant de diffuser la chanson en boucle[GT 68],[GT 70]. L'installation, qui fonctionne à l'énergie solaire est constituée de six enceintes connectées et reliées à un lecteur MP3 qui diffusent le titre en continu. « Dans le désert namibien, qui en plus d’être le plus vieux désert d’Afrique est aussi le plus ancien du monde, j’ai mis en place une installation sonore afin de rendre hommage à cette chanson qui est probablement la plus populaire de ses quatre dernières décennies », déclare t-il[14].

The Dogz of Oz et dernières activités (2020-2026)

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Joe Porcaro meurt en , alors que les relations entre son fils Steve Porcaro et Steve Lukather sont brouillées[GT 71],[X 1]. De plus, la pandémie de Covid-19 met en pause l’industrie de l'événementiel et des spectacles avec la fermeture des salles de concerts[GT 72]. En 2021, Steve Lukather et Joseph Williams repartent en tournée avec de nouveaux musiciens, en compagnie du groupe Journey. La formation utilise le nom de « Toto - The Dogz Of Oz »[GT 73]. « Nous voulions continuer d'utiliser le nom du groupe, parce qu'il représente une partie de nos vies. Après bien des souffrances, nous avons aussi réglé avec les autres problèmes juridiques qui nous pourrissaient la vie, afin de pouvoir continuer », confie Steve Lukather[X 1]. Le guitariste, qui manage le groupe depuis 2018, souhaite repartir sur des relations saines avec ses musiciens et éviter les problèmes juridiques. Il ajoute : « Nous voulions qu'il y ait un vrai changement. Les derniers temps, avec l'ancien Toto, il y avait tellement de mauvaises vibrations dès que le rideau se refermait, que nous avions un grand besoin de fraîcheur et d'énergie nouvelle »[X 2].

Entre 2021 et 2024, Xavier Taplin assure le rôle de claviériste, tandis que Robert Searight officie en tant que batteur[X 3]. En 2024, ces derniers quittent le groupe, Shannon Forrest reprend sa place à la batterie et Greg Phillinganes revient en tant que claviériste[GT 74]. Ce dernier quitte cependant le groupe deux ans plus tard pour se consacrer à sa famille, remplacé par Rai Thistlethwayte. La formation se produit en 2026 en compagnie de Christopher Cross et The Romantics lors d'une tournée aux États-Unis[15]. Shannon Forrest choisit de ne pas renouveler sa collaboration avec le groupe, et Keith Carlock officie de nouveau en tant que batteur[16].

Style musical et influences

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Polyvalence et travail en studio

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Boz Scaggs est une des principales influences de Toto à ses débuts.

Dès ses débuts, Toto s'illustre grâce la polyvalence de ses musiciens, entraînés à jouer sur une multitude de genres musicaux[GT 75]. Chacun accorde de l'importance au travail en studio, se montre créatif et gagne en expérience dans tous les styles de musique[LR 55]. Tout d'abord, au début des années 1970, Jeff Porcaro remporte un prix spécial alors qu'il n'est qu'au lycée, puis il est sélectionné pour jouer au sein d'un orchestre répétant aux studios A & M, réputé pour réunir les meilleurs musiciens de Los Angeles[H 3]. Réussissant son audition, il multiplie les séances de travail, gagne en expérience et malgré son jeune âge, devient l'un des batteurs de studios les plus demandés dès les débuts de Toto[H 2],[H 11]. Cependant, il ne se contente pas de cette situation et souhaite former son propre groupe. « Jeff n'avait pas la mentalité d'un requin de studio, les producteurs et les artistes l'appelaient ; lui, il n'a jamais appelé personne, jamais », précise son frère Mike Porcaro[H 12].

Ce dernier accorde la même importance au travail en studio que son frère Jeff. En effet, avant d'intégrer Toto, le bassiste travaille son instrument durant trois ans et joue sur tous les styles de musique. « Le travail en studio est la seule façon de jouer tous les styles de musique qui existent. J'ai ainsi pu jouer du jazz, de la country, du rock, de la variété. On ne peut pas avoir une telle diversité de jeu dans un seul et unique groupe », précise t-il[gb 2]. Steve Porcaro a également la même approche que ses frères, se tourne vers le piano et les percussions et effectue une brillante carrière en studio, notamment avec Michael Jackson[17]. Cependant, il s'attache davantage à l'idée d'écrire ses propres chansons, de les travailler et de les terminer[18].

Tout comme les frères Porcaro, Steve Lukather considère le travail en studio comme formateur. Lorsqu'il débute, le guitariste pense également que les sessions en studio lui permettront d’intégrer la communauté de musiciens de rock'n'roll de Los Angeles[LR 56]. Lukather choisit de devenir musicien professionnel après avoir été inspiré par Jeff Porcaro et David Paich[LR 57]. Il multiplie les séances de travail pour développer son jeu et effectue jusqu'à six sessions d’enregistrement pour plusieurs artistes dans la même journée. « Dès mon plus jeune âge, j'ai appris à jouer tous les styles de musique. Je n'ai jamais été bridé dans un genre particulier » déclare t-il[gb 1]. Le guitariste apprécie par ailleurs de travailler avec l'ensemble des musiciens dans la même pièce, dans des conditions live. « J'aime que tous les musiciens jouent ensemble dans la même pièce ; la magie et l'énergie qui s'en dégagent apparaissent tout de même plus bénéfiques pour un titre que si l'on travaille en régie, en remplissant piste après piste », déclare t-il[GW 3]. Steve Lukather demeure l'un des musiciens de studio les plus prolifiques du groupe, avec près de 1 500 collaborations durant sa carrière[GT 15].

Thèmes, musique et paroles

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Synthétiseurs, shuffles : la naissance du rock FM (1977-1985)

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Jeff Porcaro admet que l'écriture des textes des chansons n'a pas toujours été la priorité du groupe[H 13]. « Nous sommes essentiellement un groupe de musiciens et nos paroles ne voulaient pas dire grand-chose, alors que c'est quatre-vingt pour cent du truc », déclare t-il[H 13]. Steve Lukather, qui écrit plusieurs chansons dans la carrière du groupe, reconnaît également qu'il n'est pas un bon auteur. Il précise : « Je pourrais brâmer « Baby I Love You » pour me persuader que je suis parolier, mais je préfère laisser faire ceux qui ont un vrai talent d'écriture »[GB 3]. Le premier album Toto est naturellement influencé par Steely Dan et Boz Scaggs, dont Jeff Porcaro, David Paich et David Hungate ont participé à l'enregistrement de l'album Silk Degrees[GT 75]. Leur musique mêle des éléments de rock, de hard rock, de funk, de soul et les textes abordent principalement le thème de l'amour et la fidélité[GT 6],[GT 7],[GT 76],[GT 77]. Hydra, caractérisé par un son situé entre le soft rock, le rock symphonique, le rock progressif et par la présence continue de synthétiseurs, est entièrement composé par David Paich, qui exprime, grâce à des morceaux comme Hydra, St George and the Dragon sa passion pour le monde médiéval[19]. Hydra est voulu comme un album-concept par David Paich, avec une instrumentation riche sur les thèmes de la mythologie et la chevalerie, ainsi que la dystopie avec la chanson 99[GT 78],[GT 79]. En 1980, Toto choisit de revenir à des influences plus brutes et rock, avec des guitares saturées d'effets. Le romantisme est un des principaux thèmes abordés dans les textes[GT 80],[GT 11].

Toto IV révèle la maîtrise de la production, des arrangements, du mélange des genres musicaux et des harmonies jusqu'ici inégalée dans l'histoire du groupe[GT 81]. Rosanna, dont le titre est une référence à l'actrice Rosanna Arquette, est un morceau rock progressif, rythmé par le shuffle de Jeff Porcaro, qui devient l'une des signatures rythmiques incontournables du groupe. Les deux solos de guitares de Steve Lukather, les envolées lyriques de Bobby Kimball et le jeu inspiré de piano-bar de David Paich en font l'un de ses titres phares[GT 14],[GT 82]. Pour la chanson Africa, écrite et composée par Paich, le claviériste puise ses inspirations dans son amour pour l'Afrique et son souhait de s'y rendre. Il est également passionné par les explorations de David Livingstone[20]. L'idée initiale de Paich est « qu'un homme blanc écrive une chanson sur l'Afrique alors qu'il n'y est jamais allé ; il peut seulement retranscrire ce qu'il a vu à la télévision ou les souvenirs de son passé ». Le claviériste visionne plusieurs publicités pour l'Unicef et lit des articles du magazine National Geographic[21]. Pour la musique, Jeff Porcaro enregistre une boucle de batterie, accompagné des synthétiseurs de Paich, et des marimbas, congas, maracas sont ajoutées par Lenny Castro et Joe Porcaro[LR 58]. Africa est un défi artistique pour le groupe en terme d'harmonies vocales, notamment pour les parties les plus hautes chantées par Kimball et le trio de voix du refrain, mais également un challenge technique avec la complexité de son mixage audio[LR 59]. Toto aborde de nouveau les thèmes de l'amour de la rupture avec la ballade I Won't Hold You Back et l'énergique Afraid Of Love[LR 60],[LR 8]. À cette époque, les journalistes catégorisent la musique du groupe dans un nouveau genre : le « rock FM »[H 14].

Ballades et pop : l'influence des années 1980 (1985-1990)

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Jimi Hendrix est l'une des sources d’inspiration du guitariste Steve Lukather.

Isolation fait la part belle aux synthétiseurs de Steve Porcaro et au piano de David Paich, tandis que le jeu de Jeff Porcaro est plus simplifié. L'album mêle des éléments de rock, de funk et de jazz, tandis que Eddie Van Halen influence Steve Lukather sur son jeu de guitare. Les chansons How Does It Fell et Change Of Heart mobilisent l'orchestre symphonique de Londres, avec des arrangements de Marty Paich et James Newton Howard[GT 19],[GT 20],[GT 83]. Lorsque Joseph Williams est engagé en 1986 sur l'album Fahrenheit, le style du groupe s'oriente vers un registre plus pop. Le titre Till The End met les cuivres en avant tandis que la chanson éponyme Fahrenheit mêle des éléments de funk sur un rythme dansant. Les ballades I'll Be Over You et Lea, respectivement écrites par Steve Lukather et Steve Porcaro, mettent en avant des paroles mélancoliques. Le trompettiste Miles Davis est invité à participer à l'instrumental Don't Stop Me Now et y apporte toutes ses influences jazz[GT 84],[GT 85],[GT 22],[GT 86].

The Seventh One est dans la même lignée que son prédécesseur et apporte son lot de ballades avec la chanson Anna, écrite par Steve Lukather et Randy Goodrum et Pamela, qui s'inspire de la chanson Rosanna dans son écriture et sa composition[LR 26]. Toto propose une instrumentation riche, à l'instar du titre Home of The Brave qui fait office de grand final, avec des paroles civiques appelant au devoir de mémoire et de résistance face à une liberté menacée[GT 26],[LR 27]. « On avait peur de s'aventurer là dedans, mais on sentait qu'il était temps de changer de sujet, on avait suffisamment puisé dans les éternelles histoires d'amour », confie David Paich[Li 2]. Les influences pop du groupe se font ressentir jusqu'à l'enregistrement de Past to Present 1977-1990 en 1990, où Jean-Michel Byron écrit les quatre ballades inédites de l'album[GW 2],[GW 1]. Byron propose des influences de musique brésilienne et africaine qui offrent au groupe « la possibilité d'explorer d'autres univers que nous ne pouvions explorer avec des chanteurs « blancs » », selon Jeff Porcaro[Li 2].

Hard rock et jazz-fusion (1990-1998)

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Après les départs successifs des chanteurs des années 1980, Steve Lukather reprend la place de chanteur principal sur l'album Kingdom of Desire. Le guitariste apporte ses influences blues et rock dans les compositions, à travers des artistes comme Led Zeppelin, Jimi Hendrix et Cream avec des guitares omis-présentes, alors que les claviers se font plus rares[H 5],[GT 87],[L 1]. L'instrumental Jake to the Bone met en avant les influences jazz fusion du groupe sur une structure rythmique en
[B 2]. « Après tous les changements de chanteur que nous avons connu, nous avions décidé de ne pas nous prendre la tête et de nous éclater. C'est pour ça que ça sonne plus rock, avec plus de guitare », déclare Mike Porcaro[H 6].

La mort de Jeff Porcaro, puis l'arrivée de Simon Phillips, marquent un nouveau changement profond dans le son du groupe et son album Tambu[T 1]. Celui-ci est un disque hommage à son membre fondateur, et aborde des réflexions profondes sur les relations humaines, comme avec la chanson I Will Remember, avec une musique plus « organique et acoustique » selon Steve Lukather[LR 61]. Le groupe collabore avec plusieurs paroliers comme Stan Lynch et Randy Goodrum pour l'écriture des textes, tandis que la musique est « dans la lignée de Toto IV », complète Mike Porcaro[GB 3],[H 6].

Pop rock et retour aux multiples influences (1998-2015)

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Alors que Toto enregistre une dizaine d'albums sur ses quinze premières années de carrière, le groupe ralentit la cadence par la suite avec le retour de Bobby Kimball. La formation choisit d'effectuer un nouveau virage artistique avec l'album Mindfields, avec un son pop rock et des influences aux Beatles, The Who ou aux Rolling Stones[GT 88]. « Dans un sens, cet album représente une prise de risque sur le plan artistique », admet Steve Lukather[GM 1]. La chanson Better World se démarque comme un véritable hymne rock progressif construit en trois actes, inspirée du groupe Pink Floyd, avec des paroles sur l'espoir et la responsabilité[GT 46],[GT 89]. L'album mélange des compositions inspirées des précédents albums du groupe comme Caught In The Balance et Mad About You, et des morceaux plus blues et rock comme High Price Of Hate, dont les guitares sont influencées par Jeff Beck[GM 2].

Falling in Between met de nouveau en avant l'expertise du groupe à mélanger les genres musicaux, mêlant des influences de rock progressif, de jazz fusion et parfois de musique orientale. Steve Lukather, David Paich, Bobby Kimball, Greg Phillinganes et Joseph Williams partagent le chant sur la plupart des titres, avec de nombreux arrangements vocaux, tandis que Lenny Castro office en tant que percussionniste[GT 52],[GT 90],[GT 91].

Le dernier album du groupe, Toto XIV est conçu à la fois comme un retour aux premières influences du groupe et un hommage à Mike Porcaro[GT 61]. Steve Lukather déclare : « Le groupe retrouve ses racines. Lorsque j’entends ces sons que Steve Porcaro joue, comme lui seul peut le faire, avec David, et moi à leurs côtés ... Tu mets cette combinaison de musiciens dans une pièce et ça sonne comme du Toto classique, même si on est en 2015. »[22] Il ajoute, avec humour, que l'album est « une production odieuse que les gens qui aiment notre musique aimeront vraiment : grosses harmonies, gros synthés, grosses guitares, gros grooves, super virtuosité musicale, et des mélodies classiques de Toto »[22].

Section rythmique et influence des frères Porcaro

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Jeff Porcaro s’inspire du batteur Bernard Purdie pour jouer le shuffle.

La musique de Toto repose sur une section rythmique solide dirigée par la batterie de Jeff Porcaro jusqu'à sa mort en 1992. Les années de travail en studio font de lui un batteur habité d'une grande musicalité[H 3]. Les enseignements de son père Joe Porcaro font qu'il est également doté d'une bonne technique, d'une remarquable dextérité à la main droite et à la grosse caisse ainsi qu'une bonne capacité à lire les partitions[H 15]. Jeff Porcaro développe au sein du groupe une alchimie musicale avec ses frères Steve aux claviers puis Mike à la basse[H 2]. Steve et Mike Porcaro jouent également de la batterie dans leur jeunesse, ce qui leur permet d'exceller dans la maîtrise du rythme. « Steve est un excellent percussionniste. Quant à Mike, je pense que s'il avait persévéré, il serait devenu un excellent batteur, il a un tempo tellement solide. Un aussi bon tempo que Jeff, sinon meilleur » déclare leur père Joe Porcaro[H 2]. Les deux frères forment une section rythmique soudée caractérisée par une imbrication naturelle des partie de basse sur le rythme de batterie[H 12]. « Pour moi, le bassiste fait partie intégrante de la batterie. C'est lui qui fera groover un morceau sur la manière de se caler sur la batterie », explique Mike Porcaro[gb 2].

Jeff Porcaro développe sa technique au fil des années et s'inspire de batteurs comme Bernard Purdie et John Guerin pour travailler le shuffle[H 12]. Ce rythme complexe a la particularité de contenir de nombreuses « notes fantômes » sur une structure rythmique en ternaire. Jeff Porcaro l'applique sur plusieurs des morceaux du groupe, dont la chanson Rosanna, qui devient l'un de ses rythmes signatures[H 16]. Bien qu'il ait été adulé par de nombreux musiciens sur la maîtrise du shuffle, Jeff Porcaro reconnaît qu'il s'agit de « l'un des trucs les plus difficiles à faire tourner » et qu'il n'aime pas particulièrement en jouer[H 17]. Le batteur se montre d'ailleurs gêné lorsque son nom est associé au rythme à travers le groove de Rosanna. Il travaille par ailleurs d'autres techniques en s'inspirant de disques de la Motown et qui font sa renommée, comme sa capacité à jouer des triples croches à la grosse caisse ou au charleston[H 18].

Lorsque Jeff Porcaro meurt en 1992, Simon Phillips a la lourde responsabilité de le remplacer. Celui-ci applique son propre jeu et forme une nouvelle section rythmique avec Mike Porcaro, tout en continuant de jouer les grooves de Jeff Porcaro[H 6]. « Je devais prendre garde de jouer exactement ce qui était requis, sans excès. L'essence de certaines chansons de Toto sont dans le groove qu'insufflait Jeff, son jeu et son style faisait partie de la composition », déclare t-il[H 10]. Le groupe laisse cependant Simon Phillips s'exprimer avec son propre style, à travers notamment ses solos de batterie[H 12]. Malgré les différences entre les jeux de Jeff Porcaro et Simon Phillips, Mike Porcaro noue une complicité naturelle avec Simon Phillips dès leur première séance d'enregistrement[GB 3]. Gregg Bissonette, qui remplace ce dernier en 1996 le temps d'une tournée, note également que certains rythmes sont indissociables du style de Jeff Porcaro, comme sur Africa et Rosanna[B 3]. Le batteur se lie d'amitié avec Mike Porcaro durant cette période et reconnaît « la complicité qu'il existait entre lui et Jeff » sur les grooves de Toto[B 4].

En 2014, Shannon Forrest succède à Keith Carlock, engagé brièvement pour l'enregistrement de Toto XIV[F 2]. Alors qu'il accompagne le groupe en tournée, le batteur reconnaît l'impact artistique de Jeff Porcaro à travers les chansons du groupe. « Les chansons en elles-même sont écrites autour de nuances et subtilités de ses grooves, des subdivisions, placements de grosse caisse. Si tu changes l'un de ses éléments, la chanson change de visage » admet-il[F 1]. Forrest adapte même son kit de batterie pour se rapprocher au plus près de celui de Jeff Porcaro[F 1],[F 3],[F 4]. Il partage la scène avec le percussionniste Lenny Castro, qui a travaillé sur plusieurs des albums du groupe et adapte son jeu en fonction des percussions, comme sur les chansons Africa et Jake to the Bone. « L'interaction entre nous est perpétuelle et nous veillons constamment à ne pas empiéter l'un sur l'autre » déclare t-il[F 5].

Virtuosité et technicité : l'influence majeure de Steve Lukather

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Steve Lukather commence la musique à l'âge de sept ans, après avoir vu les Beatles à la télévision[X 4]. Le solo de George Harrison sur la chanson I Saw Her Standing There le marque profondément dans sa jeunesse et sonne comme une révélation pour lui[GT 92],[GT 93]. « Je n'ai jamais rien voulu faire d'autre de ma vie », déclare t-il[X 4]. Il demande une guitare à ses parents, qui lui en offrent une petite accoustique, et commence la pratique assidue de l'instrument, au moment de la naissance du heavy metal. D'abord guidé par Jimi Hendrix et Jeff Beck, il élargie ses influences au jazz fusion avec l'écoute de musisiens tels que Jay Graydon (en) et Larry Carlton[gw 3].

Membres

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Membres actuels

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Musiciens de concert

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D'après le site officiel du groupe pour la tournée 2024[23] :

  • Warren Ham : saxophone, harmonica, flûte, chœurs, chant additionnel, percussions (1986-1988, depuis 2017)
  • John Pierce : basse (depuis 2020)
  • Dennis Atlas : claviers, chœurs (depuis 2024)
  • Shannon Forrest : batterie (2014-2019, depuis 2024)

Anciens membres

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Musiciens de concert

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  • Shem Von Schroeck : basse, chant (2017-2020)
  • Steve Maggiora : claviers, chœurs, chant additionnel (2020-2024)
  • Amy Keys : chœurs (2013-printemps 2014)
  • Dominique Xavier Taplin : claviers (2018-2024)
  • Robert Sput Searight : batterie (2020-2024)
  • Mabvuto Carpenter : chœurs (2010-2016)
  • Nathan East : basse (2010-printemps 2014)
  • Jory Steinberg : chœurs (2010)
  • Leland Sklar : basse (2007-2008, 2015-2016)
  • David Santos : basse (2015)
  • Kenny Moran : claviers, chœurs (2005-2008)
  • Ricky Lawson : batterie (2003, pour Night of the Proms)
  • Jon Farriss : batterie (2003, pour Night of the Proms)
  • Jeff Babko : claviers, chant (2000)
  • Tony Spinner : seconde guitare, chant (1999-2008)
  • Buddy Hyatt : chœurs, percussions (1999-2000)
  • Sofia Bender : chœurs (hiver 1996)
  • Gregg Bissonette : batterie (automne 1995)
  • Jenny Douglas Foote : chœurs (1990-1993, 1995, 1996-1997, 2011-2012, été 2014-2016)
  • Chris Trujillo : percussions (1990-1993)
  • Jackie McGhee : chœurs (1990-1991)
  • John Jessel : claviers, chœurs (1999-2003)
  • Luis Conté : percussions (1988, 2015)
  • Ralph Rickert : cuivres, chœurs (1986-1987)
  • Scott Page : saxophone, seconde guitare, flûte (1985)
  • Timothy B. Schmit : chœurs (1982, concerts européens)
  • James Newton Howard : claviers (1982, concerts au Japon et aux États-Unis)
  • John Smith : saxophone ténor, chœurs (1982)
  • Lenny Castro : percussions (1979, 1982 (EU)-1987, 2015-2019)
  • Keith Landry : seconde guitare, chœurs (1980)
  • Tom Kelly : seconde guitare, chœurs (1979)

Chronologie

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Uniquement les membres officiels

Discographie

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Albums studio

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Albums en public

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Compilations

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Récompenses

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Notes et références

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Bibliographie

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  • (fr) Pierre Graffin et Régis Tagli, Histoire de Toto, Camion blanc, , 272 p. (ISBN 978-237848-501-6)
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  15. 1 2 Graffin et Tagli 2025, p. 52
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  • (fr) Éric Jean-Jean et Perrine Suquet, 60 ans de la musique Pop, Leduc, , 224 p. (ISBN 979-10-285-2472-2)
  • (en) Steve Lukather et Paul Rees, The Gospel According To Luke, Constable, , 415 p. (ISBN 978-1-47212-643-6)
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  49. Lukather et Rees 2018, p. 303
  50. Lukather et Rees 2018, p. 304.
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  52. Lukather et Rees 2018, p. 307.
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  54. 1 2 Lukather et Rees 2018, p. 310.
  55. Lukather et Rees 2018, p. 15.
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  57. Lukather et Rees 2018, p. 46.
  58. Lukather et Rees 2018, p. 128.
  59. Lukather et Rees 2018, p. 129.
  60. Lukather et Rees 2018, p. 125.
  61. Lukather et Rees 2018, p. 268.

Revues musicales

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  • Guitar World, no 15 « Steve Lukather », (ISSN 0997-394X) 
  1. 1 2 Hans Kullock, « Steve Lukather », Guitar World, no 15, , p. 31 (ISSN 0997-394X).
  2. 1 2 Hans Kullock, « Steve Lukather », Guitar World, no 15, , p. 30 (ISSN 0997-394X).
  3. Hans Kullock, « Steve Lukather », Guitar World, no 15, , p. 32 (ISSN 0997-394X).
  • Line-Up Magazine, no 12 « Toto - Disque à disque », (ISSN 1143-225X) 
  1. Laura Grunberger, « Toto - La totale  », Line-Up Magazine Magazine, no 12, , p. 65 (ISSN 1143-225X).
  2. 1 2 Laura Grunberger, « Toto - La totale  », Line-Up Magazine Magazine, no 12, , p. 67 (ISSN 1143-225X).
  • Bass & Drums, no 14 « La tournée d'adieu Toto », (ISSN 1145-5349) 
  1. Laura Grünberger, « Jeff Porcaro : l'éclipse », Bass & Drums, no 14, , p. 21 (ISSN 1145-5349).
  • Guitar World, no 38 « Toto raconté par Steve Lukather », (ISSN 0997-394X) 
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Autres références

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Liens externes

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