Mine de Canari

mine d'amiante en Corse

La mine de Canari, carrière de Canari ou usine de Canari est une carrière[1] à ciel ouvert d'amiante située au Nord de la Corse dans le Cap Corse.

Mine de Canari
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Principal gisement d'amiante en France, découvert en 1898, il a été exploité à son plein potentiel de 1949 à 1965 par une société filiale d'Eternit. Le 12 juin 1965, date de sa fermeture, l'entreprise employait encore 300 personnes[2].

Les bâtiments et installations de l'usine ont été démolis à partir de l'automne 2025 jusqu'en mai 2026[3].

Contexte de la création de la mine

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Généralités

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L'amiante était connue depuis la plus haute antiquité pour ses propriétés ignifuges et son [caractère étrange] de roche fibrée apte à être filée et tissée.

Les Romains et les Paléochrétiens, l'utilisaient notamment pour renforcer la terre de leurs poteries allant au feu et aussi pour des « draps de crémation », qui permettaient de ne pas mélanger les cendres d'un haut personnage ou d'un supposé saint avec celles de son bûcher funéraire.

Cependant l'exploitation de l'amiante ne prendra vraiment son essor qu'avec la première révolution industrielle, comme celle de la machine à vapeur.

L'amiante sera utilisée pour des joints de tuyautages, des garnitures de tiges de pistons des moteurs thermiques, l'isolation des chaudières etc. L'industrie navale employait jadis massivement ce matériau, pour tenter de combattre les risques d'incendie à bord des navires à vapeur, dont bon nombre, avaient encore des coques en bois.

Il en résultera un véritable boom économique mondial - comparable à celui de l'aluminium lors du développement de l'aviation - qui déclenchera une frénésie spéculative sur ce matériau et une fièvre de recherches « tous azimuts » des gisements d'amiante, lors du Second Empire et de la IIIe République.

L'amiante était considérée comme un matériau stratégique et les industriels s'efforçaient de trouver des gisements en France pour ne pas dépendre de compagnies minières russes ou canadiennes, qui monopolisaient le marché mondial. Après la découverte d'un gisement à Molines-en-Queyras dans les Alpes, des géologues vont venir prospecter en Corse, qui est une « montagne dans la mer » et le prolongement sous marin de l'arc alpin.

En Corse

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Divers petits gisements découverts seront bientôt exploités de façon artisanale, notamment dans le Nord-Ouest du cap Corse, mais aussi au col de Prato, à Piedicroce, Matra et Sant'Andréa-di-Cotone. Toutefois, le plus prometteur sera celui que découvrira un certain Monsieur "Ange-Antoine Lombardi", forgeron et mineur de son état, dans le village de Canari, en 1898.

La mine de Canari

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L'exploitation restera très artisanale à ses débuts - quelques dizaines de tonnes par an - mais un géologue prospecteur d'origine suisse, Henri Eggenberger, s'intéressera au gisement pour le compte de la puissante société Eternit[4], dont les capitaux étaient détenus en grande majorité par de riches hommes d'affaires du Nord de la France.

Vers la fin des années 1920, la société "Eternit" décide de construire une petite usine pilote sur le site - broyant 30 tonnes de roches par jour - avant d'envisager de passer au stade véritablement industriel. En effet, la société était pionnière d'un matériau « miracle », le fibrociment (ou amiante ciment) qui permet de réaliser par moulage, des plaques ondulées pour toiture, des tuyaux pour canalisations d'égouts et bien d'autres éléments de construction standardisés de façon économique, rapide et simple, avec l'avantage d'un matériau résistant au feu.

À cette application nouvelle viendront s'ajouter, celles des garnitures de freins et d'embrayage pour l'automobile, en plein essor. Toutefois cette exploitation à grande échelle par la "SMA" (Société minière de l'amiante), filiale d'Eternit, sera retardée par le début de la Seconde Guerre mondiale, durant laquelle la Corse sera occupée par des troupes italiennes de Mussolini.

Passage au stade industriel

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La guerre n'empêchera cependant pas "Henri Eggenberger" et des ingénieurs d'Eternit, de faire tracer et étudier dès 1941, les plans de la future usine capable en principe de broyer et traiter 2000 tonnes de roches par jour, ce qui compte tenu du faible rendement de quelques pour cent, ne produira finalement qu'autour de 6 000 tonnes d'amiante de qualité moyenne par an, plus des sous produits (fibrettes, talc, magnésie) qui seront commercialisés.

L'exploitation sera identique et copiée sur celle d'un gisement existant en Italie à Balangero, utilisant la gravité naturelle pour fonctionner: A Canari, Les fronts de la carrière étaient façonnés en terrasses en haut de la montagne - on y accédait par une route en lacets depuis le lieu dit "Punta bianca" - il y avaient plusieurs gigantesques entonnoirs à ciel ouvert, et les fronts de taille étaient en formes de gradins, comme un titanesque théâtre romain (cf photo en tête d'article), leur largeur étant étudiée pour pouvoir y faire circuler des engins, pelles mécaniques et autres bouteurs.

La roche extraite par des petites explosions à la dynamite, était poussée dans le fond de 2 entonnoirs où des galeries obliques communiquaient avec un tunnel circulaire de trois kilomètres de circonférence où circulait des wagons-benne - sur une voie à d'écartement normal, contrairement aux chemins de fer de la Corse). Ces wagons-benne à bascule tirés par un locotracteur diesel, étaient chargés par un système très robustes de trappes en acier, manœuvrées par des vérins pneumatiques très puissants situées au plafond du tunnel, deux entonnoirs, donc deux trappes de chargement. Une petite portion de la voie circulaire était située à l'air libre, les wagons y déversaient les roches brutes dans un premier concasseur vertical - très robuste structuré en béton armé. Les pierres issues de ce premier broyage étaient stockées un certain temps pour pouvoir sécher. Un silo avec un élégant toit incurvé, aujourd'hui disparu, sera construit dans les années 1950, pour améliorer le séchage par temps pluvieux. De là les pierres amiantifères descendaient en cascade vers l'usine proprement dite, pour subir une série de traitements : broyage fin, passage dans un four rotatif, tri des fibres etc.. permettant d'extraire enfin le matériau et de mettre en sacs la fibre d'amiante. Le site de Canari était donc à la fois une mine à ciel ouvert et une usine produisant et conditionnant la fibre d'amiante. Les roches non utilisées appelées "les stériles" étaient ensuite rejetées à la cote en bas de la falaise par deux "sauterelles", machines de plans inclinés positionnées à flanc de falaise, dont le haut se situait au bas de l'usine, sur le bord de la route de corniche reliant Canari à Saint Florent.

L'usine définitive sera finalement construite à partir de 1946 en deux tranches - l'usine A et l'usine B - sous la supervision d'ingénieurs italiens venus de Balangero.

La construction en béton armé sera exécutée par une société dirigée par un technicien italien, spécialisé dans ce type de projet, le turinois "Michel Oddon Bellezza".

L'exploitation de la partie carrière sera une entité semi-autonome, sous la direction d'un carrier italien remarquablement efficace, "M Cataldo", né à Siderno Marina en Calabre.

Leurs procédés industriels seront très modernes pour l'époque, en complet contraste avec l'économie Corse balbutiante de l'immédiat après-guerre : agro-pastoralisme, tourisme encore embryonnaire, etc.. ce qui expliquera à la société italienne de construction, la difficulté à recruter de la main-d'œuvre qualifiée pour des tâches très diversifiées : mécanicien pour l'entretien du parc des machines, forgeron pour entretien des fleurets de marteaux-piqueurs, conducteur d'engins de chantier type "wagon-drill", de bande transporteuse de pierres dog-bill, conducteur de pelles mécaniques et camions "dumpers", broyeurs, tables canadiennes pour la séparation de la fibre, gigantesque four rotatif sécheur, électricien pour entretien du réseau triphasé à haute tension, machiniste pour locotracteurs, etc..

Le petit village de Canari, jusque là pauvre et déclinant, viendra basculer d'un seul coup dans l'univers de l'industrie lourde et en subira de plein fouet les gros inconvénients : horaires de travail contraignants, pollution de l'air, bruit, travail éreintant et parfois dangereux, et bientôt des malades de mésothéliome pulmonaire, qui concerneront de façon aiguë les ouvriers affectés au traitement de la fibre et à son conditionnement en sacs, mais nettement moins que les mineurs, qui, eux, travaillaient à ciel ouvert, encordés comme des alpinistes au flanc des gradins, avec des risques dus aux chutes de pierres et aux tirs de dynamite mal maîtrisés.

L'implantation de la mine aura aussi ses avantages : développement et retombées économique de la région, dans le village implantation de commerces et de services (écoles, médecins), arrivées et hausse de la population, des salaires bien plus élevés que pour des ouvriers agricoles, avec respect du droit du travail, application de la sécurité sociale et des pensions de retraite... À cette époque, et partout en Corse, des riches propriétaires terriens recrutaient encore des ouvriers journaliers agricoles dociles à la tâche, en se faisant accompagner par le curé, qui conseillaient d'écarter soigneusement les "rouges" et les "fortes têtes", et se dispensaient la plupart du temps de verser les cotisations sociales[5].

La commune touchera des indemnités en pourcentage sur la production, avec toutefois une certaine "triche" de la part de la direction de la "SMA", qui motivera des contestations et des arbitrages, ainsi que la taxe professionnelle, et pourra disposer d'un bon budget pour diverses réalisations d'intérêt communautaire.

Parmi les premiers travailleurs de la mine, au lendemain de la 2e Guerre Mondiale, il y aura aussi, pendant un an environ, de la main-d'œuvre gratuite: prisonniers allemands amenés sur place, qui seront progressivement remplacés par de la main-d'œuvre locale ou immigrée.

Les mesures d'hygiène et de sécurité seront nettement à la traîne : il n'y aura pas de dépôt d'explosifs conforme aux normes en vigueur jusqu'au début des années 1950, et l'inspecteur du travail du services des Mines devra demander, le concours de l'armée pour stocker les explosifs dans sa poudrière de Bastia. Les treuils des monte-charges en plans inclinés (ou descenderie), utilisés pour transporter hommes et matériels, vers les étages à flanc de falaise, n'avaient pas de [frein parachute de secours], mais le plus grave problème, qui ne sera jamais vraiment résolu, sera la question cruciale de l'aération et du dépoussiérage des locaux de l'intérieur de l'usine.

Des ouvriers y travaillant, en particulier à l'ensachage des fibres, inhalaient en permanence, des quantités énormes de poussières de fibres d'amiante et développeront en quelques années, voire quelques trimestres, plus tard, des cancers de la plèvre maladie spécifique de l'amiante appelés mésothéliomes.

Le risque professionnel du travail de l'amiante était très bien documenté au Canada depuis les années 1930, mais il était encore assez peu connu en France et la pression économique induira dans la profession une omerta généralisée, toutefois la prise de conscience se fera peu à peu, au fil des luttes sociales, qui obligeront aussi la direction à équiper l'usine de vraies douches et d'un réfectoire salubre pour les repas des ouvriers et employés, et ce sera en partie face aux coûts financier d'une vraie mise aux normes, que la mine fermera en 1965, alors que l'usine-sœur de Balangero en Italie, dont le matériau était plus riche en amiante, sera elle équipée d'installations de ventilation et ne fermera qu'en 1992[6].

Viabilité économique

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La teneur en fibres d'amiante commercialisables (entre 2 et 5 %) à Canari, semble avoir été quelque peu surestimée dans les rapports initiaux du géologue Eggenberger qu'il fit effectuer en 1965, et qui seront nettement abaissés dans les rapports qu'il envoyait au siège social d'Eternit.

De plus la richesse du gisement baissera régulièrement au fur et à mesure de l'exploitation, obligeant à concasser encore plus de roches, pour maintenir les projets de production ciblés et la qualité du produit fini sera devenue moyenne.

Toutefois la direction d'Eternit tiendra absolument à maintenir cette mine de Canari en exploitation, pourtant elle ne représentait environ que 10% de la consommation française, car le commerce mondial de l'amiante était en fait un réseau oligopole où trois acteurs principaux se le partageait : les consortiums canadiens, les mines de Rhodésie, et les exploitations minières d'Union Soviétique) se taillant la part du lion, et manipulant à leur guise, les cours de cette matière première considérée comme irremplaçable. Avec la mine de Canari et 50 % des parts de celle de Balangero, Eternit sera dotée d'un "parapluie" ou d'un "filet de sécurité" pour ne pas être trop dépendante des fluctuations des cours mondiaux.

Pour maintenir leurs chiffres ciblés de production, les dirigeants de la "SMA", - De Coster, Théo Pierre-Bès - préconiseront divers investissements pour améliorer la productivité, mais ceux-ci ne seront que partiellement réalisés. Une autre mesure d'économie dans le transport aurait pu être la construction d'un quai d'accostage pour des cargos à St Florent et une jetée à la pointe de la "Marinuccia", permettant de diminuer la distance et le coût du transport d'une douzaine de centimes par tonne - l'acheminement des sacs d'amiante se faisait avec de gros camions semi-remorques américains Kenworth, étant assez mal adaptés au réseau routier étroit de la Corse à l'époque - mais la chambre de commerce et d'Industrie de Bastia, peu désireuse de perdre les droits d'accostage lucratifs, freinera au maximum ces aménagements ce qui avancera la fermeture de la mine.

Saint-Florent se dotera seulement d'un port de plaisance moins profond au début des années 1970, sur l'embouchure de l'Aliso, avec les inconvénients de l'envasement du port et de l'érosion des plages[7].

Finalement les années passantes, la rentabilité de la mine ira en décroissant avec l'usure du matériel d'extraction, l'épuisement (relatif) du gisement et surtout les problèmes de remise aux normes d'hygiène et de sécurité imposées par la loi, sans oublier les nuisances environnementales pour le tourisme, alors en plein développement.

Rejet des "stériles" : une empreinte environnementale durable

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Compte tenu du rendement moyen du gisement (autour de 3 %), la production annuelle de 6 000 tonnes supposait de broyer 200 000 tonnes de roches par an - chiffres qui sera doublés ensuite avec la réalisation de la 2e tranche de l'usine et 180 000 tonnes de roches "stériles" et de terre superficielle - la "découverte" en jargon minier, via les deux "sauterelles", c'est-à-dire les toboggans de la falaise plongeant vers la mer, à partir d'un tunnel creusé - sans autorisation - sous la Route qui surplombait de 80 m le bas de la falaise. Ne pouvant plus évacuer des quantités importantes de stériles, l'exploitation de la mine devra être stoppée faute de pouvoir évacuer ses propres déchets.

Sur la vingtaine d'années d'exploitation de la mine, c'est donc près de 4 millions de tonnes de terre et de déblais qui seront ainsi rejetés du haut de la falaise à la mer, ce qui ne sera pas sans conséquences pour l'environnement.

Les roches rejetées étaient principalement des schistes et des ophiolites comme la pierre de serpentine, noire et verte, mais aussi des boues et des rebuts d'amiante non commercialisables.

Avec étonnement, la flore et la faune marine ne semblent pas avoir trop souffert, contenu dans la thèse d'un jeune plongeur et biologiste, [Alain Souquet], sous la supervision et la signature du professeur [Roger Molinier], intitulée Étude des biocénoses du Cap Corse[8], qui bénéficia du support technique du "CESM de Saint Florent", étant une école de plongée scientifique pionnière et réputée, installée dans la Citadelle de St Florent, elle dressera le bilan d'une faune marine en bonne santé et d'une flore perturbée uniquement dans la zone immédiate des rejets, au Nord de la "Punta Bianca".

Par contre le volume des rejets importants a modifié nettement l'environnement physique: la "marine" (crique utilisable comme port naturel de beau temps) d'Albo, au Sud de la Punta Bianca, fut la première touchée, le comblement de la baie empêchant la mise à l'eau des barques de petite pêche et même si la "SMA" finança (en la camouflant astucieusement dans ses comptes) la construction d'une rampe de mise à l'eau devant la tour génoise d'Albo, cette mesure d'apaisement sera vite oubliée: car la rampe sera vite rendue inutilisable par l'amas et la concentration de pierres, que le ressac et les courants marins feront inexorablement progresser vers le Sud.

L'étape suivante sera le lent comblement de la marine de Nonza, où se créera une immense plage anthropique (créée par l'homme) de galets de serpentine et de schistes de couleurs vertes et noires, décalant le trait de côte de plus de 300 mètres de large et rendant obsolètes les antiques "magazzini", greniers où les cap-corsins entreposaient les céréales cultivées dans les Agriates, étant transportées en fin d'été vers Nonza à bord de Gabares. Ces magazzini subsistent encore à l'état de ruines pathétiques au pied du village de Nonza perché à flanc de falaises, un des panoramas touristiques les plus réputés de la Corse.

L'usine en 2019. Les traces des rejets à la mer sont encore bien visibles sur la falaise.

La plage en elle-même, accessible par un interminable et abrupt escalier menant à la chapelle-source "miraculeuse" de Sainte Julie, n'a rien d'un atout véritablement touristique: elle est formée un talus de galets assez abrupt où les vagues se brisent avec une rare brutalité les jours de gros vent d'Ouest (dit Libeccio en corse), elle est parfaitement impropre à la pratique du surf - les vagues y meurent brutalement sans se "dérouler" - et le baigneur trébuchant risque d'être assommé par le fond de galets (qui produit un curieux son sous-marin presque métallique).

L'accostage des bateaux n'y étaient possible que par vent quasi nul ou temps "de demoiselle", la pente du talus sous-marin et la nature du fond rendant très hasardeuse la tenue de n'importe quel type d'ancrage de bateau, quelle que soit la longueur de chaîne utilisée.

Elle fait par contre le bonheur des amateurs de Land-Art : visible depuis la route de corniche, elle est comme un immense tableau noir où les "artistes du dimanche" collectent les rares galets blancs et s'en servent pour y "écrire" et y "dessiner" d'éphémères figures d'un goût artistique plus ou moins sûr, allant de superbes motifs décoratifs à des mots d'amour ou des inscriptions triviales voire injurieuses... que des grosses déferlantes de l'hiver effaceront inexorablement. Sanction officielle: une installation artistique nocturne (utilisant des structures métalliques couvertes d'éclairages électriques et alimentées par de puissants groupes électrogènes) intitulée Les Arts/Lézards au soleil y a fonctionné le temps d'un été, à la fin des années 1980. Son inauguration jugée coûteuse par le ministre de la culture Jack Lang, qui se fit transporter sur place lors d'un onéreux vol en hélicoptère qui suscita une brève polémique.

Entre 1963 - 1964, les rejets s'étendaient toujours plus au Sud, menaçant les baies de Negro et de Saint Florent, à tel point que le ministre de la culture de l'époque André Malraux, entre autres, en fut ému. La construction de digues au niveau de la "Punta Bianca" fut envisagée, mais le coût était prohibitif et la "SMA" était de moins en moins rentable, la mine fermera finalement en 1965.

Notes et références

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  • Guy Meria, L'Aventure industrielle de l'amiante en Corse[9]

Références

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  1. ↑ La distinction entre mine et carrière tient à la nature du matériau extrait (stratégique ou précieux pour la mine, de moindre valeur pour la carrière).
  2. ↑ Notice no IA2B000939, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  3. ↑ « Dans le Cap Corse, le seul site industriel d’amiante de la métropole va être démoli », sur La Tribune, (consulté le ).
  4. ↑ Siège social à Prouvy Thiant dans le Nord.
  5. ↑ témoignage de Mr Ange Brignole, frère de l'ancien maire - apparenté communiste et ancien partisan-résistant de Saint Florent, Mr Louis Brignole, corroboré par les mémoires du chanteur corse Antoine Ciosi dans son bouquin : une odeur de figuier sauvage, éd. Albin Michel
  6. ↑ (it) « Balangero: la più grande miniera d’amianto d’Europa », sur www.zeroamianto.it (consulté le )
  7. ↑ témoignage de Mr Ange Brignole, déjà cité
  8. ↑ Roger Molinier, « Étude des biocénoses marines du cap corse (France) », Vegetatio, vol. 9, no 3,‎ , p. 121–192 (lire en ligne, consulté le )
  9. ↑ Ouvrage de référence pour comprendre la raison d'être de ce site industriel, sa création, son déclin et le devenir de l'actuelle friche industrielle, rédigé par un historien local, Guy Meria, ancien fonctionnaire à la DDASS,
    Guy Meria, L'Aventure industrielle de l'amiante en Corse, Ajaccio, éditions Alain Piazzola, , 318 p. (ISBN 2-907 161 -77-6).

Bibliographie

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  • Guy Meria, L'Aventure industrielle de l'amiante en Corse, Ajaccio, éditions Alain Piazzola, , 318 p. (ISBN 2-907 161 -77-6).