Minolta SR-2
Fabriqué à partir de 1958, le SR-2 est le premier appareil photographique relex mono-objectif fabriqué par la firme Chiyoda Kogaku Seiko K.K. d'Osaka (Minolta). Au Japon, il a été précédé de peu[1] par le Pentaflex de Tokiwa Seiki (1955), l’Orion (T) de Miranda (1956), le Pentax d’Asahi (1957) et le Topcon R de Tokyo Kogaku (1957) tous dotés d’un pentaprisme, à l’exception du premier qui est plutôt muni d’un pentamiroir. Le SR-2 est reconnu[2] pour avoir été un appareil novateur, regroupant pour la première fois dans un seul appareil la plupart des caractéristiques qui définiront les SLR argentiques modernes.
| Minolta SR-2 | |
| Type | Reflex mono-objectif |
|---|---|
| Format de pellicule | 135 |
| Format d'image | 24 × 36 mm |
| Monture porte-objectifs | baïonnette SR |
| Obturateur | plan focal à rideaux |
| Synchro flash | F et X |
| Viseur | Reflex à pentaprisme toit |
| Mise au point | Manuelle |
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Le nom de la compagnie devient Minolta Camera Company Ltd en 1962, utilisant ainsi la dénomination qui était utilisé auparavant seulement pour les appareils photographiques et confirmant l’importance qu’ils occupaient dorénavant dans la renommée de l’entreprise.
Contexte historique
modifierPopularisé à partir de 1925 grâce au Leica d’Oscar Barnack, l’usage de la pellicule 35mm pour les appareils photographiques petit format a vite encouragé l’essor des appareils télémétriques, suivi par celui des appareils reflex. Bien qu'initié en Europe, le développement de cette filière a bientôt suscité de l’intérêt au pays du soleil levant, surtout avec l’arrivée de reporters étrangers venus couvrir la guerre de Corée[3]. Asahi (Pentax) est la première firme à proposer un appareil reflex à visée à hauteur de poitrine, l’Asahiflex, en 1952. Tokiwa Seiki entre dans la course en 1954 avec le Firstflex-35 (aussi appelé Soligor-35, Lafayette-35 ou Windsorflex-35)[4], et poursuit dès l’année suivante en introduisant le Pentaflex. Ce dernier est le premier appareil japonais à visée reflex à la hauteur des yeux[1] grâce à un pentamiroir ajusté sur le dessus de son appareil précédent pour remplacer le viseur de poitrine. En 1956 et 1957, Miranda, Asahi (Pentax) et Tokyo Kogaku (Topcon) sont les premières compagnies japonaises à construire des appareils 35mm équipés d’un pentaprisme. Elles sont bientôt suivies par Minolta, puis par une quinzaine d’autres firmes nipponnes, chacune essayant de séduire les acheteurs à coup d’innovations technologiques. C’est dans ce contexte que Minolta cherche à se faire une place dans le marché des SLR.
Description de l’appareil
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Avec son premier reflex, la compagnie veut donc non seulement faire son entrée parmi les SLR mais elle cherche aussi à occuper une place de choix. Ainsi, en plus de son pentaprisme, l’appareil qu’elle propose regroupe plusieurs caractéristiques encore peu répandues[5].
D’abord, Minolta s’inspire du Pentax apparu sur le marché une année plus tôt. Ainsi, on retrouve un levier d’armement rapide à droite du prisme, et à gauche, une molette de rembobinage avec une manivelle escamotable dont l’axe sert de loquet au couvercle arrière de l’appareil. Ainsi, le dos peut être ouvert en tirant sur le bouton de rembobinage. Mais surtout, le SR-2 se voit équipé d’un miroir à retour rapide comme celui introduit en 1954 avec l’Asahiflex IIb de Pentax.

Minolta introduit une large monture à baïonnette pour fixer ces objectifs, semblable à celle du Rectaflex italien. Très solide, cette solution est aussi plus facile et plus rapide à utiliser que la monture à vis universelle populaire chez plusieurs fabricants de cette époque.
Le viseur du SR-2 est parmi les plus lumineux grâce à l’utilisation d’une lentille de Fresnel. L’appareil est aussi équipé d’un retardateur, caractéristique encore peu fréquente, de vitesses d'obturation allant de B à 1/1000 de seconde, de deux contacts pour l’utilisation de flashs électroniques ou à bulbes, ainsi que d’un disque aide-mémoire au dos de l’appareil pour indiquer le type de film utilisé. Visible à travers une fenêtre sur le dessus du boîtier, le cadran du compteur de vues est noir avec des marquages clairs très faciles à lire. Le compteur se remet automatiquement à « 0 » lorsque le dos de l'appareil est ouvert[6].

Diaphragme semi-automatique à mécanisme interne
modifierJusque-là, presque tous les diaphragmes étaient manuels. Il fallait d’abord ajuster l’ouverture selon l’éclairage disponible et la profondeur de champs souhaitée. Ensuite, il était nécessaire d’ouvrir complètement le diaphragme pour effectuer la mise au point et, juste avant d’appuyer sur le déclencheur, de le replacer selon l’ouverture sélectionnée. Au moment de la mise en marché du SR-2, très peu d’appareils offraient un système de diaphragme semi-automatique. Ceux-ci faisaient appel à une bague ou à un levier supplémentaire sur l’objectif qui permettaient d’ouvrir temporairement le diaphragme sans modifier l’ajustement. Il suffisait ensuite d’activer le retour du diaphragme à la position voulue avant de prendre la photographie. Bien que ce soit un progrès, il fallait tout de même s’assurer de ne pas oublier le diaphragme.

Pour régler ce problème, Minolta s’inspire d’un appareil allemand de VEB Pentacon, le Praktica FX-2. Disponible sur le marché de 1955 à 1959, c’est l’itération de juin 1956 qui introduit le premier système interne au monde[7] permettant de contrôler le diaphragme à partir du boîtier de l’appareil. Un mécanisme relié au déclencheur assure la communication entre l’appareil et l’objectif. Avec ce système, la gestion du diaphragme est donc simplifiée encore davantage. Ainsi, sur le SR-2, lorsque l’obturateur est armé, le diaphragme s’ouvre au maximum. Et lorsque le photographe appuie sur le déclencheur, le mécanisme referme le diaphragme à la position présélectionnée, juste avant que l’obturateur soit actionné. Évidemment, l’objectif doit être conçu pour supporter ce couplage interne avec l’appareil. Au moment de la mise en marché du Minolta SR-2, il n'y a que trois objectifs qui le permettent : l’objectif standard 55mm Auto Rokkor f/1.8, le grand-angle 35mm Auto W.Rokkor f/2.8 et le téléobjectif 100mm Auto Tele-Rokkor f/3.5[6]. Un autre téléobjectif est aussi disponible, le 135mm Tele-Rokkor f/2.8. mais le diaphragme est manuel. Ces objectifs possèdent un revêtement achromatique vert foncé développé par Chiyoda Kogaku et réputé idéal pour la photographie couleur[5].


Sélecteur de vitesse non rotatif
modifierLe SR-2 est aussi muni d’un sélecteur de vitesse non rotatif, ce qui signifie qu’il ne tourne pas pendant l’armement ou le déclenchement de l’obturateur. On évite ainsi qu’il puisse être entravé par le frottement d’un doigt et nuise ainsi à la durée d’exposition. Cette fois, Minolta s’est inspiré d'appareils télémétriques tels que le Leica M3 et le Nikon SP sortis respectivement en 1954 et 1957.

Système de valeurs de lumière
modifierLe mécanisme d'obturation à plan focal du SR-2 est doté du système de valeurs de lumière (LV pour « light values ») que l'on retrouvait généralement plutôt sur les appareils à obturateur à lamelles. Contrairement à d'autres fabricants qui n’utilisaient qu’une seule échelle de nombres LV, l'implémentation du système LV par Minolta utilise deux ensembles de nombres, l'un sur la bague d'ouverture et l'autre sur la molette de vitesse d'obturation. Ces nombres donnent chacun une partie du nombre total de valeur lumineuse pour une exposition donnée. Ce système repose sur l’utilisation d’un posemètre externe avec des nombres LV. Lorsque celui-ci est exposé à une quantité donnée de lumière, il indique un nombre LV pouvant aller de 2 à environ 12 et cette valeur doit être transférée à l'appareil. Avec le SR-2, il faut utiliser les chiffres LV inscrits sur l’anneau du diaphragme et sur la molette des vitesses d’obturation. Toute combinaison de ces deux nombres dont la somme est égale au nombre LV sur le posemètre donnera une exposition correcte[6].
Conclusion
modifierBien que le SR-2 n’a pas amené de révolution technique, aucun autre appareil de l’époque ne pouvait prétendre à regrouper autant de caractéristiques qui facilitaient l’utilisation de l’appareil et qui, autrement, étaient disséminées chez plusieurs concurrents.
Il a été suivi l’année suivante par le SR-1, modèle identique mais avec un obturateur limité à 1/500, par le SR-3 en 1961, muni de griffes pour installer un photomètre, et par le SR-7 en 1963, équipé d’une cellule CdS couplée à l’appareil[8]. En 1966, c'est l'arrivée du populaire SR-T 101 qui offre non seulement une mesure de la lumière à travers la lentille (TTL), mais aussi une mesure à diaphragme ouvert. Toujours basée sur le même boitier, la série SR a ensuite été suivie par de nombreuses variations. Le dernier modèle, le SR-T 100X, a été mis sur le marché en 1979, vingt-et-un an après les débuts du SR-2.
Parmi les accessoires disponibles, on retrouve un ensemble de tubes-allonge, un filtre polarisant, un viseur avec coude, un pare-soleil et une gamme complète d’objectifs.
Références
modifier- 1 2 (en) The Hove International Blue Book, 14th edition, Hove Collectors Books, Hove, (ISBN 1-874707-36-7)
- ↑ (en) Mike Eckman, « Minolta SR-2 (1958) », sur mikeeckman.com,
- ↑ (en) John Wade, The Camera, From the 11th Century to the present day, Jessop Specialist Publishing, (ISBN 0-9514392-3-5), p. 119
- ↑ (en) Chris Sherlock, « Firstflex-35 », sur Chris's camera pages
- 1 2 (en) Paul Wahl, Single Lens Reflex Guide, Philadelphia, USA, Chilton Company, coll. « The Modern Camera Guide Series », , 149 p. (LCCN 58014332), p. 69-71
- 1 2 3 (en) Minolta SR-2, Owner's Mamual, Osaka, Japan, Chiyoda Kogaku Seiko K.K., 45 p.
- ↑ (de) Richard Hummel, Spiegelreflexkameras aus Dresden Geschichte - Technik – Fakten, Leipzig, Ed. Reintzsch, , 300 p. (ISBN 3-93084-601-2), p. 237
- ↑ (en) Rudolph Lea, Lea's Register of 35mm SLR Cameras 1935-1981, Elkins Park, PA, USA, Rudolph Lea, , 176 p., p. 74-75