Mir (titre)
Mir (مير, Mîr, میر) (dérivé du titre arabe Émir « élite, général, prince ») est un titre persan, kurde et baloutche[1] aux connotations variables.
Princes tribaux des Sayyids sunnites persans
modifierMir est la version persane du titre des chefs tribaux des Sayyids, qui sont appelés dans le monde arabe Naqib. Des exemples de « Miran » (pluriel de Mir) persans sont Mir Sayyid Ali Hamadani ainsi que la famille de Mir Sayyid Hasan bin Azimullah et Hazrat Ishaan, qui sont aujourd'hui connus sous le nom de famille Dakik[2],[3].
Princes tribaux des Yézidis kurdes
modifierDans la culture yézidie, le Mîr est l'autorité religieuse et administrative issue de la branche Qatani de la caste des Cheikhs. L'ancien Mir était Tahseen Said Beg, dont le fils Hazim bin Tahsin Said et le neveu Naif ben Dawood se disputent la direction[4].
Empire britannique
modifierLe titre de Mir est également utilisé par divers vassaux de l'Empire britannique, qui ne sont ni Sayyids ni Yézidis.
Exemples
modifierDans les États princiers musulmans des Indes britanniques, quelques souverains portaient officiellement le titre de Mir, notamment dans l'actuel Pakistan, où seuls deux des six ont atteint le niveau de Salute state (État à salut), ayant droit à un salut au canon et au prédicat d'« Altesse » :
- Le Mir de Morni, Garhi Kotaha et Pindrawal, faisant partie de la province du Pendjab et des Provinces-Unies. Dans les Indes britanniques, aujourd'hui le Pendjab, l'Haryana et certaines parties de l'Uttar Pradesh en Inde (voir Muhammad Baquar Ali Khan).
- Le Mir de Khairpur (17 coups de canon), une partie du Rajputana dans l'actuelle province du Sind au Pakistan, sous une branche du clan Talpur.
- Le Mir de Hunza (15 coups de canon).
Les suivants sont restés des États sans salut (non-salute states) :
- Le Mir de Mirpur, sous une branche du clan Talpur susmentionné, dans le Sind(h).
- Le Mir de Kharan ; titré à partir de 1921 Sardar Bahador Nawab, vassal jusqu'en 1940 du Khan et Wali de Kalat (le souverain principal du Baloutchistan britannique/pakistanais).
- De petits États Pachtounes de la Frontière du Nord-Ouest :
- Le Mir d'Amb (Tanawal), capitale Darband ; à partir de 1868, titré Nawwab ; à partir de 1921 promu Nawab Bahador.
- Le Mir de Nagar, dans la partie nord du Gilgit-Baltistan.
- Le Mir de l'État de Jandala, un petit État Rajput de la frontière nord.
Mir était également utilisé comme rang honorifique (voir : Mirza).
Titres composés
modifierDans le sous-continent indien, depuis la période moghole, divers composés étaient utilisés en persan, notamment :
- Styles princiers indiens combinés, notamment Sahibzada Mir.
- Mīr-tuzak ou tǒzak : Maréchal, dans le sens d'un officier qui maintient l'ordre lors d'une marche ou d'une procession ; maître de cérémonie.
- Mīr-dah ou Mīr-daha : Commandant ou surintendant de dix hommes : décurion ; un dizenier.
- Mīr-sāmān : Intendant principal.
- Mīr-Shikar : Grand Veneur, chasseur en chef ; aussi Grand Fauconnier ; par extension oiseleur, et (métaphoriquement) un proxénète.
- Mīr-ě-ātash ou Mīr-ātish : Chef des feux d'artifice ; aussi Commandant de l'artillerie, Maître de l'artillerie.
- Mīr-ě-majlis, abrégé en Mīr-majlis : Maître de cérémonie ou président d'un majlis (assemblée).
- Mīr-mahalla : Chef d'un mahal(la), c'est-à-dire un quartier (d'une ville).
- Mīr-ě-manzil, abrégé en Mīr-manzil : Superviseur des haltes ; Quartier-maître général.
- Mīr-munshī : Secrétaire en chef ; Commis principal (indigène) d'un bureau (colonial).
- Mir-Hashimi : leader dans la province de Logar en Afghanistan (Mir Samim Hashimi).
Dans le royaume hindou du Népal :
- Mir Munshi, de l'arabe Amir-i-Munshi, « commandant des secrétaires », est le Secrétaire en chef du Bureau des Affaires étrangères.
- Mir Umrao, de l'arabe Amir al-Umara, « commandant des commandants » : un officier militaire supérieur se classant au-dessous d'un Sardar et chargé du commandement d'un fort et des territoires environnants, de l'entraînement et de l'équipement des soldats et de l'approvisionnement en matériel.
Dans le royaume baloutche du Baloutchistan :
- Mir Chakar Rind, souverain du Baloutchistan au XVe siècle.
Dans l'Empire ottoman, Mir-i Miran était utilisé comme équivalent persan du titre turc Beylerbey (« Bey des Beys »), aux côtés de l'équivalent arabe Amir al-Umara (« Émir des Émirs »)[5].
Notes et références
modifier- ↑ (en) « BALUCHISTAN », Encyclopaedia Iranica (consulté le ) : « Mīr is a Baluchi title for leaders, Arabic amīr »
- ↑ (en) Sir Walter Roper Lawrence, The Valley of Kashmir. Asian Educational Services, 2005, p. 292 (ISBN 978-81-206-1630-1).
- ↑ (en) Tariq Jameel Gillani dans Zikr Jameeliyya: On the greatness of Sayyid Mir Jan Shah Saheb
- ↑ (en) Philip G. Kreyenbroek, Yezidism-Its Background, Observances and Textual Tradition, Lewiston, New York, Edwin Mellen Press, , 126 p. (ISBN 0773490043)
- ↑ Zetterstéen (1986), p. 446[réf. incomplète]