Misère au Borinage
Misère au Borinage est un film muet tourné en 1933 par Henri Storck et Joris Ivens.
| Réalisation |
Henri Storck Joris Ivens |
|---|---|
| Scénario |
Henri Storck Joris Ivens |
| Pays de production |
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| Genre | Documentaire |
| Durée | 36 minutes |
| Sortie | 1934 |
Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution.
Synopsis
modifierFiche technique
modifier- Titre : Misère au Borinage
- Réalisation : Henri Storck et Joris Ivens
- Scénario : Henri Storck et Joris Ivens, sur une idée d'André Thirifays et Pierre Vermeylen
- Photographie : Henri Storck et Joris Ivens
- Montage : Helen van Dongen
- Production :
- Société de production :
- Pays :
Belgique - Genre : Documentaire
- Durée : 36 minutes
- Dates de sortie :
Belgique :
Genèse
modifierLorsque Henri Storck revient en Belgique de son séjour en France où il a travaillé comme assistant pour Jean Grémillon et comme assistant et acteur pour Jean Vigo, les grèves viennent de s'abattre sur le Borinage. Denis Marion, André Thirifays et Pierre Vermeylen, animateurs du Club de l'Écran (ancêtre de la Cinémathèque royale de Belgique qu'ils fonderont quelques années plus tard) demandent au cinéaste de coréaliser avec Joris Ivens un film engagé sur les conditions de vie difficiles du prolétariat borain. Le film fut longtemps interdit et, comme pour Histoire du soldat inconnu (réalisé par Storck un an plus tôt), n'a été sonorisé que trente ans plus tard[1].
Réalité et fiction
modifierDans le film, les deux auteurs avaient organisé, avec des figurants borains, une manifestation de mineurs marchant derrière un portrait de Karl Marx. La gendarmerie prit cette scène de cinéma pour une vraie manifestation et intervint pour la disperser, ce que la caméra de Storck et Ivens filme également. Walter Benjamin écrit alors dans L'œuvre d'art à l'époque de sa reproductibilité technique « De la même façon, grâce aux actualités filmées, n'importe quel passant a sa chance de devenir figurant dans un film. Il se peut même qu'il figure ainsi dans une œuvre d'art — qu'on songe aux Trois Chants sur Lénine de Dziga Vertov ou au Borinage de Joris Ivens. Chacun aujourd'hui peut légitimement revendiquer d'être filmé[2]. »
Cinéma militant
modifierFilm ouvertement militant, Misère au Borinage dénonce l'exploitation des mineurs belges et conclut en faveur du socialisme. Il comporte des scènes reconstituées et une conclusion idéologique explicite : cette mise en scène s’applique à des éléments aussi bien infimes que majeurs. Dans une séquence où un ouvrier est expulsé de son logement, il reçoit la visite d’un camarade. Ce dernier a dans sa poche un exemplaire du Drapeau Rouge — journal du Parti communiste belge —, plié de manière à ce que l’on puisse identifier clairement la publication et le parti qu’il représente. Storck et Ivens peuvent ainsi montrer la solidarité communiste envers ceux qui perdent leur foyer, ainsi que l’engagement de ces militants dans la lutte[3].
Œuvres réalisées avec les épreuves de tournage du film
modifier- Autour du Borinage, de Jean Fonteyne (1933-1936)
- À chacun son Borinage, Images d'Henri Storck, de Wieslaw Hudon (1978)
Notes et références
modifier- ↑ Cinéma: cent ans de cinéma en Belgique par Jean Brismée, Éditions Mardaga, 1995, pages 53, 54 et 55
- ↑ Walter Benjamin, Œuvres, Tome III, Folio/essais, Paris, 2000, p. 296
- ↑ (en) Mitchell Abidor, The Films of Joris Ivens: Humanitarian Principles and Debatable Political Allegiances, cineaste.com, hiver 2024
Voir aussi
modifierArticles connexes
modifier- Cinéma belge
- Le Temps des ouvriers
- Les Enfants du Borinage, lettre à Henri Storck
- D'autres films documentaires datant de la même époque montrent la misère de la population et des travailleurs et la dureté de leurs conditions de travail :
- Le Sel de Svanétie de Mikhaïl Kalatozov, sorti en 1930
- Terre sans pain de Luis Buñuel, tourné en 1933
Liens externes
modifier- Ressources relatives à l'audiovisuel :
- [vidéo] Public Domain Archive, « Misère au Borinage », sur YouTube, (consulté le ).