Mohamed Saïl

Militant anarchiste kabyle, anticolonialiste, journaliste et volontaire en Espagne républicaine

Mohamed Saïl, (en kabyle : Muḥend U Ameẓyan At Ameẓyan, en tifinagh : ⵎⵓⵃⵏⴷ ⵓ ⴰⵎⵥⵢⴰⵏ ⴰⵜ ⴰⵎⵥⵢⴰⵏ), de son nom complet Mohand Amezian ben Ameziane Saïl, est né le dans le village de Taourirt, situé dans la commune de Souk Oufella. À l'époque, cette région faisait partie du département de Constantine durant la période coloniale ; elle se trouve aujourd'hui dans la wilaya de Béjaïa, en Kabylie. Il est décédé le à Bobigny (Seine)[1]. Mohamed Saïl fut un révolutionnaire libertaire.

Mohamed Saïl
Biographie
Naissance
Décès
(à 58 ans)
Bobigny (Seine, France)
Sépulture
Nom dans la langue maternelle
Muḥend U Ameẓyan At Ameẓyan
Nom de naissance
Mohand Amezian ben Ameziane Saïl
Surnom
« Un Anarchiste Kabyle »
« Léger »
« Georges »
Nationalité
Activité
Période d'activité
1911–1953
Langue d'écriture
Appartenance ethno-culturelle
Autres informations
Religion
Idéologie
Membre de
Union anarchiste
Comité d'action pour la défense des indigènes Algériens
CGT-SR
Colonne Durruti
Fédération Anarchiste
CNT-AIT
Conflit

Enfant, Mohamed est l'un des rares à pouvoir fréquenter l'école primaire pendant une courte période, mais il parvient à devenir autodidacte[2]. Il passe la première moitié des années 1920 à militer contre le militarisme - il s'est rebellé et a refusé de s'enrôler dans l'armée française pendant la Première Guerre mondiale 1914-1918. Il a travaillé comme chauffeur-mécanicien puis réparateur de faïence. Il fut également anarchiste, communiste libertaire, anarcho-syndicaliste, militant anticolonialiste et farouche opposant au nationalisme et à l'État communiste, en plus d'être écrivain et volontaire au sein du Groupe international de la colonne Durruti pendant la Guerre d'Espagne[3].

Biographie

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Mohamed Saïl est né le à dans le village de Taourirt de la commune de Souk Oufella dans la province de Béjaïa en Kabylie[4]. Comme beaucoup d'Algériens à cette époque, il a peu fréquenté l’école. Chauffeur-mécanicien de profession, il vécut avec Madeleine Sagot. On sait peu de choses de sa jeunesse ; on apprend par un témoignage (article publié le 6 septembre 1932) qu’il donne au Semeur de Normandie, le journal d’Alphonse Barbé, qu’il est interné pour insoumission puis pour désertion pendant la Première Guerre mondiale : « pendant près de quatre ans, en temps de guerre, je fus insoumis puis déserteur ». Ses sympathies pour le mouvement libertaire sont déjà affirmées[5]. D’après une lettre à Georges Fontenis en , Mohamed Saïl serait entré dans le mouvement anarchiste en 1911[6].

Après l’armistice et l’amnistie, et dès la reconstitution du mouvement libertaire, à la sortie de la Première Guerre mondiale il prend (ou reprend) contact avec le mouvement anarchiste, et adhère à l’Union anarchiste où il milite au sein de la Fédération de la région parisienne. En 1923, il constitue, avec son ami le chansonnier Slimane Kiouane, le premier Comité d’action pour la défense des indigènes algériens, ainsi, bien avant la fondation de l’Étoile nord-africaine[7]. Kiouane est né en 1896 à Alger. Il milite à l’Union anarchiste. En 1925, il est membre de la commission administrative de l’UA. Kiouane anime les galas et les fêtes du mouvement. Nous le retrouvons dans les souscriptions du Libertaire dans les années cinquante[8]. À partir de cette date, Saïl traite majoritairement des problèmes coloniaux. Souvent, il transpose l’anticléricalisme libertaire métropolitain hostile principalement à l’Église, à l’islam et aux formes polythéistes des pratiques religieuses, tonnant à plusieurs reprises contre « les marabouts qui avec leur religion bernent les populations ». Il s’inscrit aussi dans la dimension prédictive et volontariste propre à l’anarchisme insurrectionnel[9]. Ainsi, le prophétisme menace lorsqu’il annonce, dans « Le calvaire des indigènes algériens » : « Prenez garde qu’un jour les parias en aient marre et qu’ils prennent les fusils pour les diriger contre leurs véritables ennemis, au nom du droit à la vie et non comme autrefois pour une soi-disant patrie marâtre et criminelle[10]. » À côté de cette dimension, avec son groupe du XVIIe arrondissement de Paris arrondissement de Paris, il tente d’éveiller les consciences et « d’éduquer les parias d’Algérie ». Ce fut alors le seul groupe libertaire à organiser des meetings en langue Arabe et en Français[11].

Comme, le reste du mouvement libertaire, il fait preuve d’anticommuniste, dont le substrat repose sur la comparaison et l’analogie entre les systèmes répressifs. Saïl proteste régulièrement contre les emprisonnements en Russie soviétique[9]. « Mais en attendant, les pauvres bagnards de Solovieski vous envoient le cri d’amnistie, eux qui ont osé élever la voix contre toutes les dictatures. Quant à nous leurs frères de misère, nous vous crions: “ À bas les deux bagnes celui de Biribi et celui de Solovietski ”[12]. » Entre 1924 et 1926, il semble avoir vécu en Algérie, où il collabore au journal Le Flambeau. Il y dénonce le colonialisme et le code de l’indigénat, et appelle les Algériens à l’instruction, à la révolte et à « rejoindre les groupes d’idées avancées ». À l’époque, il donna également des articles à L’Insurgé d’André Colomer et à L’Anarchie de Louis Louvet, sous la signature « un anarchiste kabyle ». En , il fut emprisonné dix jours pour avoir critiqué « le régime des marabouts qui bernent les populations » dans un café à Sidi-Aïch (Kabylie)[6].

En , installé à Aulnay-sous-Bois, il est le gérant du journal local L’Éveil social, qui parait de à avant de fusionner avec Terre libre. Un article lui vaut des poursuites « provocation de militaire à la désobéissance »[5]. Le Secours rouge international, organisation satellite du Parti communiste, lui apporte son soutien qu’il rejette au nom des victimes du stalinisme et il a répondu à l'organisme en disant : « Aujourd’hui il lui prend la fantaisie de réclamer l’amnistie pour mon cas. Le « Secours rouge » s’attache à démontrer ainsi son indépendance politique, tout comme il s’attache à démontrer le plus souvent possible un internationalisme qui n’exclut pas une soumission servile au gouvernement de Moscou qui torture et emprisonne les meilleurs révolutionnaires dans les bagnes de Russie. Que le Secours rouge sache bien que, anarchiste convaincu, je ne tolérerai jamais que ma défense soit prise par les enfants de chœur du fascisme rouge qui sévit en Russie, pas plus d’ailleurs que par tout autre polichinelle politique qui viendra crier aujourd’hui amnistie pour m’enfermer lui-même demain. Ma carcasse est suffisamment dure pour résister à plus d’un séjour dans les geôles des régimes blancs ou rouges qui pourront porter atteinte à ma liberté. Ce n’est pas pour cela que j’irai implorer la pitié de gens qui ne sont que des rabatteurs de certains politiciens et les valets d’un régime qui ne le cède en rien au régime capitaliste[13]. » La thématique anticolonialiste forme la particularité de son intervention. Il n’est pas le seul. Des opérations militaires contre le soulèvement au Maroc à la dénonciation de l’exposition coloniale, le mouvement anarchiste dans son ensemble dénonce le colonialisme ; la particularité de son intervention est d’analyser la situation algérienne. Tout au long de cette période (1923-1939), Saïl donne aux journaux anarchistes des articles dénonçant « la barbarie coloniale » ou « le cynisme des administrateurs » ou encore les différentes affaires financières et politiques qui secouent l’Algérie. Il proteste contre l’arrestation de Victor Spielman[14] où il dénonce encore une fois « “ la civilisation française en Algérie ” : vol, rapine, incendie, assassinat d’un peuple trop faible pour se défendre, voilà votre œuvre, ce qu’est votre civilisation dans sa triste réalité »[15]. Lorsque la France célèbre en 1930 le centenaire de la conquête de l’Algérie, le mouvement anarchiste lance une campagne de protestation au nom du Comité de défense des indigènes algériens. Saïl Mohamed, alors secrétaire du comité, rédige tracts et communiqués contre « la provocation du centenaire de l’Algérie », dans lesquels il dénonce : « la conquête de l’Algérie [qui] ouvrit, pour la bourgeoisie française, une ère de banditisme coloniale qui n’est point close »[16] et réclame « l’abolition de l’indigénat, le droit syndical, la liberté de la presse, l’extension à l’Algérie de toute la législation française »[17], soulignant par là même le régime particulier du statut colonial et ses lois d’exception.

Plate-formiste, Mohamed Saïl et le groupe de Livry-Gargan furent exclus de l’UACR en 1931, en même temps que la fédération du Languedoc, puis réintégrés en 1933[18].

Installé ensuite à Aulnay-sous-Bois, il fut gérant du journal local L’Éveil social, qui parut de à avant de fusionner avec Terre libre. Un article lui valut des poursuites pour incitation de militaires à la désobéissance[18].

En 1934, il fonda le Groupe anarchiste des indigènes algériens et devint responsable de l’édition nord-africaine de Terre libre dont on ne sait si elle parut effectivement[18].

« Affaire Mohamed Saïl »

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Le , à la suite d'un meeting antifasciste à l’adresse des travailleurs nord-africains, où il avait pris la parole, il fut arrêté à Saint-Ouen par la police, qui le trouva porteur d’un revolver. Perquisitionnant chez lui, elle saisit, selon le Comité de défense sociale, « un vieux fusil Mauser et une grenade vide rapportés du front par le mari de la compagne de Saïl, veuve de guerre ». Pour ces raisons, il fut condamné à un mois de prison pour port d’arme prohibé et fut maintenu douze semaines de plus en détention d’armes de guerre. De sa cellule, il envoya un message de sympathie au congrès dit « d’unité » de l’UA, qui eut lieu à Paris les 20 et [18].

L'Humanité s’interroge sur son arrestation. Le quotidien communiste écrit : « Qui est ce Saïl ? Et tout d'abord qu'est-ce que c'est que ce Saïl qui donne l'occasion de crier aux armements communistes ? Est-ce l'un des nôtres 

« Non : c'est un agent provocateur, bien connu déjà dans la banlieue est, et dénoncé comme tel. »

« À Vincennes, où il sévissait, il opérait sous une pancarte où on pouvait lire : « Ravachol partout ». »

« Il suffit d'une telle formule pour qu'on voit bien de qui il s'agit, et qu'il s'agit d'un individu qui ne peut avoir aucun lien avec des communistes. »

« C'est bien parce que ce provocateur était connu comme tel qu'il a été arrêté, car il ne pouvait plus servir en liberté, étant brûlé. »

« Il est à noter que, d' après les journaux, Saïl était bien connu pour son activité débordante, et malgré cela, et malgré notamment la sévérité de la police envers les Nord-Africains, il n'avait jamais été inquiété. » Si le droit de réponse demandé est resté lettre morte, la presse libertaire prend sa défense, accusant le gouvernement et l’État d’emprisonner un militant antifasciste et de laisser les militants d’extrême droite en liberté. En réaction aux déclarations de L'Humanité, La Voix libertaire publie un article intitulé : « Saïl Mohamed et les Autrucho-Marxistes » dans lequel il s'en prend à la fois au Gouvernement français et au parti communiste (et son organe journalistique) : « Au moment où les matraqueurs, décerveleurs et assassins réactionnaires stockent par milliers des armes et des munitions de guerre avec la complicité des pouvoirs publics, au moment où le pavé de Paris est encore taché du sang de nombreux prolétaires, au moment où les apprentis dictateurs multiplient les appels au meurtre et ne cherchent même plus à cacher leurs intentions liberticides et leurs préparatifs sanguinaires, Saïl Mohamed a fait ce que tout citoyen conscient, tout prolétaire avisé, tout homme digne de ce nom est appelé à faire aujourd'hui : il a cherché les moyens de prévenir le viol fasciste de sa liberté et d e sa sécurité individuelles les plus élémentaires, en s'armant pour sa propre défense et pour celle des masses laborieuses qu'on veut plier à de nouvelles déchéances. »

« Le gouvernement de la République, en emprisonnant Saïl Mohamed, a prouvé qu'il était l'ennemi naturel des " Droits de l'Homme " et le complice avéré des trublions de droite qui prétendent soumettre la France ouvrière à un régime de bagne et de caserne. »

« Les partis politiques d'opposition, en désavouant Saïl Mohamed, ont prouvé qu'ils sont les serviteurs d'une mauvaise cause, qui n'a rien de commun avec celle de la liberté, et qu'ils sont prêts à vendre au plus offrant la confiance aveugle que leur témoignent encore les masses [...] Le parti Communiste, parti soi-disant révolutionnaire et prolétarien, et qui revendique, paraît-il dans son programme éléctoral la formule démagogique de " l'armement " du prolétariat a fait, une fois de plus, la preuve de son abominable duplicité en matière de lutte de classe. » Il reprend ses activités militantes au sein de l’Union anarchiste et prend part aux débats sur l'organisation qui traversent le mouvement. Partisan d’une structure qui regroupe l’ensemble des courants anarchistes il développe son analyse en tenant compte des leçons espagnoles et de l’action qu’il mène à Aulnay-sous-Bois : « Sachez que si notre groupe dépasse cent cinquante copains à l’heure actuelle, c’est parce que ses animateurs ne sont pas des rigolos mais des anarchistes sans compromission et que, s’ils sont de différentes écoles, ils ne connaissent avant tout qu’un seul idéal et une Anarchie »[19],[20].

L’Éveil social s’étant entre-temps fondu dans Terre libre (organe mensuel de l’Alliance libre des anarchistes du Midi) dont le responsable était André Prudhommeaux. Il se serait occupé de l’édition nord-africaine. Selon le double principe du fédéralisme et de la presse régionale, le journal contenait des déclinaisons locales[1].

Volontaire en Espagne

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En 1936 en Espagne (au premier rang, au milieu) avec des membres du Groupe international de la colonne Durruti.
Le Groupe International de la Colonne Durruti à l’enterrement de Buenaventura Durruti (Barcelone, le 23 novembre 1936).
Mohamed Saïl revient blessé de la guerre civile espagnole et condamné à 18 mois de prison, SIA, 22 décembre 1938.
Mohamed Saïl (avec turban) au banquet des 80 ans de Sébastien Faure.

Avec le militant socialiste Mohand Amokrane Belaïdi et le militant communiste Rabah Oussidhoum, Saïl a fait partie des 500 à 800 membres de la section algérienne des Brigades internationales qui ont combattu aux côtés des républicains pendant la guerre civile espagnole[21].

Après le Coup d'État des 17 et 18 juillet 1936 et le début de la Révolution espagnole, Saïl, alors âgé de 42 ans, part, fin , rejoindre les rangs du Groupe international de la colonne Durruti[22] avec notamment avec Louis Mercier-Vega et Charles Carpentier. Il devient, après la mort de Berthomieu à Perdiguera, le responsable du groupe. C’est lui qui le conduit à l’attaque à Quinto. Le , en mission de reconnaissance, il est blessé au bras par une balle explosive à cent mètres des lignes franquistes. Hospitalisé à Barcelone, il regagne Aulnay-sous-Bois en . Mutilé, il doit désormais exercer le métier de réparateur de faïences[6].

Le , aux côtés de Frémont, il fut l’orateur du meeting de soutien aux Nord Africains organisé par le groupe anarchiste de Clichy à la salle municipale et y invita les travailleurs nord africains à se grouper aux côtés des travailleurs français pour « abattre leurs exploiteurs capitalistes et lutter contre la guerre qui menace »[23].

Après l’Espagne, Saïl retrouve le combat anticolonialiste. Le , il participe au meeting tenu à la Mutualité par l’ensemble des organisations de la gauche révolutionnaire non stalinienne et des indépendantistes nord-africaine conduite par Messali Hadj et pour protester contre les massacres en Tunisie et l’interdiction de l’Étoile nord-africaine, où il dénonce « les mensonges de la civilisation »[24]. Il participe au congrès de l’Union anarchiste en , puis reprend son travail de militant de base.

Il résidait à cette époque 16 rue d’Amiens à Aulnay et était l’un des principaux animateurs du groupe local de l’Union anarchiste, qui selon la police, comptait 92 adhérents et près de 200 sympathisants. Le la police avait signalé qu’un drapeau noir portant l’inscription Groupement d’Aulnay-sous-Bois Ni Dieu ni maître avait flotté toute la journée sur son domicile. Les rapports de police le qualifiât de « très actif, dangereux… constitue un véritable danger social »[23].

Lors des évènements de à Barcelone, il fit plusieurs comptes rendus sur la situation des compagnons assassinés ou emprisonnés par les staliniens, dans les colonnes du Libertaire et du Combat syndicaliste[23].

Du 11 au , Saïl participe au congrès de l’Union anarchiste, dans laquelle il intervient pour rappeler les conditions de lutte en Espagne. Lucien Feuillade, qui a retranscrit les propos de cette séance du congrès, a remplacé les propos de Saïl, qui comme à son habitude utilise des termes crus : « Pour avoir un fusil, j’aurais léché le cul d’un garde mobile », par « ..., j’aurais fait toutes les concessions »[25]. Saïl continue son travail de militant. À nouveau arrêté pour « provocation de militaire », il est jugé par le tribunal de Pontoise et condamné en décembre 1938 à dix-huit mois de prison[26].

Durant la Seconde Guerre mondiale

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Au début de la Seconde Guerre mondiale, il est à nouveau arrêté lors d’une perquisition à son domicile qui entraîne la dispersion de sa bibliothèque. Libéré ou évadé du camp de Riom, où il avait été transféré, il s’occupe de la fabrication de faux papiers pendant l’Occupation[27].

En 1941, il aurait été détenu au camp de Riom-ès-Montagnes (Cantal). Il aurait par la suite participé à la fabrication de faux papiers pour les compagnons recherchés[28]. Athée[29], il anime un groupe anarchiste au sein de la grande mosquée de Paris[30].

De 1945 à son décès en 1953

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Dès la Libération, Saïl reconstitue le groupe d’Aulnay-sous-Bois et relance les appels aux travailleurs algériens : « Jaloux des lauriers du pape Staline qui est en train d’imposer sa au monde arabe, tels l’Iran et la Turquie dont il veut s’accaparer, en vertu sans doute du droit des peuples à se diriger eux-mêmes, nos communistes repartis de France tentent de vous imposer une fausse doctrine dont le but est de profiter de votre crédulité [...] Travailleurs algériens! Pour qu’il n’y ait plus de caïds, de députés ou de marabouts endormeurs du peuple, venez avec nous[31] ! » Il rejoint la CNT-AIT à sa création en 1946 et tient dans Le Libertaire une chronique de la situation en Algérie. En 1951, il est nommé responsable au sein de la commission syndicale aux questions nord-africaines. Il produit une série d’articles sur « Le calvaire des indigènes algériens ».

Dans les conflits qui déchirent la Fédération anarchiste francophone en 1952-1953, il soutient, par ouvriérisme, la prise de pouvoir par la tendance communiste libertaire de Georges Fontenis qui crée la Fédération communiste libertaire[32].

Mort de Mohamed Saïl, Le Libertaire, no 358, 30 avril 1953.

« Mon vieux Fontenis, lui écrivait-il en , vous êtes jeunes pour la plupart des camarades dits majoritaires, et c’est pourquoi vous ignorez que vous êtes, vous, dans la véritable ligne traditionnelle de l’anarchisme[6]. » Mohamed Saïl meurt d'un cancer des poumons le à l'l’hôpital franco-musulman à Bobigny[33]. Il est inhumé au cimetière musulman de Bobigny[34].

Georges Fontenis prononce son éloge funèbre lors de ses funérailles le qui se tiennent entre les deux tours d'élections municipales de 1953.

Vision politique

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Critique du colonialisme

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Mohamed Saïl développe, dès les années 1920, une critique radicale du colonialisme français en Algérie[35]. Il considère ce système comme fondé sur l’exploitation économique, la spoliation foncière, la répression militaire et juridique, ainsi que sur la collaboration des élites locales[35]. Dans ses articles, il dénonce la prétention de l’Europe à incarner la « civilisation » face à des peuples qualifiés de « sauvages[35] ». Dans un texte publié en 1926 dans L’Insurgé et intitulé Civilisation !, il renverse cette opposition en soulignant que la véritable barbarie réside, selon lui, dans les ruines et les morts laissées par la colonisation[36].

« Civilisation! Civilisation! Que signifie ce mot? L’histoire de toutes les colonisations nous l’apprendra sans conteste: elle se résume à un servage intensif; c’est le vol, la piraterie, le viol qui l’accompagnent toujours! [...] Tout cela est appris, imposé aux vaincus coloniaux. Les indigènes soumis sont des enfants, de grands enfants qui vivaient librement et simplement, avec leurs traditions. Ils naissaient et mourraient hors des trompeuses complications des sociétés modernes. Et voilà que, sous prétexte de les coloniser, on les vole, on les pille, on les dépouille. Le soldat arrive: il détient la force, il définit le droit, il dédie aussi toutes les vérités. Après la bataille, razzias, vols et rapines. Au nom de la civilisation, il brûle, il massacre, emporte. Il affame les vieillards quand il ne les tue pas; il prend les femmes pour son plaisir; il s’intéresse aux enfants quand il ne les souille pas de sa bave soldatesque[36]. »

Il poursuit:

« Travaille là où ton tortionnaire européen t’a fixé. Si tu refuses de créer pour son compte, si tu te dresses, au nom de la justice et de l’humanité, tu iras en prison!» Si tu acceptes la tutelle, on fera pour toi des écoles, où l’on t’apprendra la thèse « du droit des peuples de se gouverner eux-mêmes »; on te dira que ta patrie n’existe pas, mais qu’il y a une nouvelle patrie, qu’il faut servir jusqu’à la mort si c’était nécessaire; on t’apprendra qu’il faut que tu sois soldat pour défendre les biens que tu n’as pas, et que tu dois apprendre à te faire tuer pour protéger ceux qui t’ont dépouillé; on t’expliquera qu’il y a un mystère de la Sainte-Trinité pour le plus grand honneur des évêques et archevêques, et le plus grand profit de quelques officiers ruinés ou très riches, avides d’honneurs et de prébendes[36]. »

Anarchisme et traditions locales

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Bien que Saïl ait été actif dans des organisations anarchistes en France, il ne concevait pas l’anarchisme comme une idéologie strictement européenne[37]. Il affirme que certaines pratiques sociales existantes en Algérie, en particulier en Kabylie, relevaient d’un mode d’organisation anarchiste « tajmâat » sans être nommées comme telles : gestion communautaire, autonomie villageoise, structures décentralisées et refus de la représentation hiérarchique[37]. Pour lui, ces traditions démontraient que la culture algérienne possédait des éléments libertaires préexistants[37].

« Les Algériens se gouverneront eux-mêmes à la mode du village, du douar, sans députés ni ministres qui s’engraissent à leurs dépens, car le peuple algérien libéré d’un joug ne voudra jamais s’en donner un autre, et son tempérament fédéraliste et libertaire en est le sûr garant. C’est dans la masse des travailleurs manuels que l’on trouve l’intelligence robuste et la noblesse d’esprit, alors que la horde des « intellectuels » est, dans son immense majorité, dénuée de tout sentiment généreux. »[38]

Position vis-à-vis du nationalisme

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Mohamed Saïl se distingue par sa méfiance à l’égard du mouvement nationaliste algérien. Il critique le caractère opportuniste de certains de ses dirigeants, accusés de vouloir remplacer la domination française par une nouvelle hiérarchie politique. Il estime que le peuple algérien, libéré du joug colonial, refuserait toute nouvelle forme d’asservissement. Selon lui, le « tempérament fédéraliste et libertaire » des Algériens constituait une garantie contre l’instauration d’un régime centralisé ou autoritaire après l’indépendance.

« Le plus amusant de l’histoire, c’est que la bande des 40 voleurs ou charlatans politiciens nous représente le nationalisme d’outre-mer sous la forme d’une union arabe avec l’emblème musulman et avec des chefs politiques, militaires et spirituels à l’image des pays du Levant. J’avoue que le dieu arabe de nos sinistres pantins d’Algérie a bien fait les choses, puisque la guerre judéo-arabe nous révéla que les chefs de l’islamisme intégral ne sont rien d’autre que de vulgaires vendus aux Américains, aux Anglais, et aux Juifs eux-mêmes, leurs prétendus ennemis. Un coup en traître pour nos derviches algériens, mais salutaire pour le peuple qui commence à voir clair. Pensez donc, un bon petit gouvernement algérien dont ils seraient les caïds, gouvernement bien plus arrogant que celui des roumis, pour la simple raison qu’un arriviste est toujours plus dur et impitoyable qu’un «arrivé»! Rien à faire, les Algériens ne veulent ni de la peste, ni du choléra, ni d’un gouvernement de roumis, ni de celui d’un caïd. »[39]

Héritage et réception

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Après la mort de Saïl, la guerre d'indépendance algérienne a débuté en 1954. Le Mouvement libertaire nord-africain (MLNA) s'est alors engagé dans la lutte pour l'indépendance, mais a été réprimé en 1957[40]. Après l'indépendance de l'Algérie en 1962, la quête pour l'autodétermination kabyle a perduré, donnant lieu au printemps berbère anti-autoritaire en 1980[37], suivi 21 ans plus tard par le printemps noir[41]. Cependant, le mouvement anarchiste algérien s'est essoufflé, aucune organisation spécifiquement anarchiste ne s'étant constituée dans le pays, bien que certains Algériens se soient identifiés comme anarchistes[37].

En 1994, la Fédération anarchiste a publié un ouvrage rassemblant les œuvres de Saïl[42]. Plus tard, en 2009, un article de Saïl intitulé « The Kabyle Mindset » a été traduit en anglais par Paul Sharkey et inclus par Robert Graham dans le deuxième volume de Anarchism: A Documentary History of Libertarian Ideas[43].

La pensée de Saïl est aujourd’hui considérée comme une contribution importante à l’« anarchisme non-occidental » et à l’anarchisme anticolonial[44]. Son œuvre s’inscrit dans une tradition transnationale d’anarchistes issus de sociétés colonisées ou semi-périphériques[37], comparable à celle de figures telles que Ricardo Flores Magón au Mexique, Alexandre Atabekian en Arménie, Ba Jin et Liu Shifu en Chine, Shūsui Kōtoku, Sakae Ōsugi et Uchiyama Gudō au Japon[45]. Bien que son rôle ait longtemps été marginalisé par une historiographie centrée sur l’Europe et l’Amérique du Nord, il est aujourd’hui reconnu comme un précurseur de l’« anarcho-indigénisme »[46]. Ses écrits, redécouverts récemment, suscitent un intérêt croissant parmi les chercheurs et militants s’intéressant aux formes non-occidentales de l’anarchisme et aux luttes autochtone[47].

Hommage

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L'association socioculturelle Taddart-iw, établie dans le village de Taourirt, au sein de la commune de Tibane, dans la daïra de Chemini (wilaya de Béjaïa), a organisé le une journée commémorative dédiée à la mémoire de Mohamed Saïl. À cette occasion, les membres de l'association, sous la direction d'Ameziane Hadjab, ont conçu un programme varié d'activités. Ce programme comprenait une exposition de coupures de presse, de photographies et de documents illustrant la vie et l'œuvre de ce militant anarchiste originaire de la région, présentée à la bibliothèque communale de Tibane. Dans l'après-midi, une table ronde a été tenue, rassemblant des chercheurs universitaires, des élus locaux, des syndicalistes, ainsi que des militants politiques et associatifs. Lors de cette rencontre-débat, le professeur Djamal Aïssani, président de l'association savante Gehimab de l'Université Abderrahmane-Mira de Béjaïa, a salué l'initiative des jeunes de Taourirt pour avoir mis en lumière la mémoire de Mohand Ameziane Saïl, ainsi que pour avoir ressuscité son œuvre et sa pensée.

Une stèle a été inaugurée en son honneur dans son village, en présence de sa nièce, marquant ainsi un hommage durable à son héritage[48].

Dans la presse

Le journal Le Libertaire lui a rendu hommage dans l'article no. 390 publié le , commémorant la première année de sa mort avec ces mots:

« A quelques semaines avant sa mort, il collait encore le « LIB » à Aulnay. Nous lui disions de se reposer, nous le sentions faible. Il n’y avait rien à faire. Il voulait militer, il voulait se battre jusqu’au bout.

Sa vie a été un éternel combat. Il a vécu notre idéal, il a été de toutes les actions. Il a payé durement.

Pour notre idéal, il a passé onze années de son existence brève dans les prisons et les camps de la République. Même là il trouvait le moyen de convertir. Partout, à tout instant, il n’avait qu’un seul but : Répandre autour de lui, les graines de la révolution.

Il incarnait l’anarchisme social, le communisme libertaire, pour lui les deux termes étaient synonymes. Son combat était prolétarien et révolutionnaire.

Il souffrait au plus profond de lui-même la vie injuste, la vie mauvaise imposée par les puissants de l’heure. Il souffrait surtout pour ses frères algériens, pour ses frères colonisés du monde. »[49]

Dans la littérature Le poète libertaire français Jacques Prévert lui a dédié le poème Étranges étrangers, écrit en 1951 et paru en 1955 dans le recueil Grand bal du printemps aux éditions Gallimard[50].

Kabyles de la Chapelle et des quais de Javel

hommes des pays loin

cobayes des colonies

Doux petits musiciens

soleils adolescents de la porte d’Italie

Boumians de la porte de Saint-Ouen

Apatrides d’Aubervilliers

brûleurs des grandes ordures de la ville de Paris

ébouillanteurs des bêtes trouvées mortes sur pied

au beau milieu des rues

Tunisiens de Grenelle

embauchés débauchés

manœuvres désœuvrés

Polacks du Marais du Temple des Rosiers

Cordonniers de Cordoue soutiers de Barcelone

pêcheurs des Baléares ou bien du Finistère

rescapés de Franco

et déportés de France et de Navarre

pour avoir défendu en souvenir de la vôtre

la liberté des autres

Esclaves noirs de Fréjus²

tiraillés et parqués

au bord d’une petite mer

où peu vous vous baignez

Esclaves noirs de Fréjus

qui évoquez chaque soir

dans les locaux disciplinaires

avec une vieille boîte à cigares

et quelques bouts de fil de fer

tous les échos de vos villages

tous les oiseaux de vos forêts

et ne venez dans la capitale

que pour fêter au pas cadencé

la prise de la Bastille le quatorze juillet

Enfants du Sénégal

dépatriés expatriés et naturalisés

Enfants indochinois

jongleurs aux innocents couteaux

qui vendiez autrefois aux terrasses des cafés

de jolis dragons d’or faits de papier plié

Enfants trop tôt grandis et si vite en allés

Qui dormez aujourd’hui de retour au pays

le visage dans la terre

et des bombes incendiaires labourant vos rizières

On vous a renvoyé

la monnaie de vos papiers dorés

on vous a retourné

vos petits couteaux dans le dos

Étranges étrangers

Vous êtes de la ville

vous êtes de sa vie

même si mal en vivez

même si vous en mourez[51]

Articles

Cette liste n'est pas exhaustive, Mohamed Saïl ayant écrit plusieurs articles pour diverses revues anarchistes sous différents pseudonymes, selon les compilateurs de ses écrits comme le politologue canadien Francis Dupuis-Déri[52] et surtout l'historien français Sylvain Boulouque, qui rapporte dans son introduction au recueil des écrits de Mohamed Saïl qu'il a utilisé les pseudonymes « Léger » et « Georges ».[53]

  • La propagande orthodoxe chez les algériens, Le Libertaire, no 214, 19 juillet 1924.
  • Le calvaire des indigènes Algériens, Le Libertaire, no 242, . Texte intégral
  • À bas l'indigénat, Le Flambeau, no 22, 1er au . Texte intégral.
  • L'idéal du Parti communiste, Le Libertaire, no 341, . Texte intégral
  • La vie des Kabyles, Le Libertaire, no 393, 15 janvier 1925.
  • L'Afrique et la civilisation française, no 242, 27 juin 1925.
  • Une commune mixte à Paris[52].
  • Colonisation!, Le Flambeau, no 3, [52].
  • L'enseignement en Algérie, Le Libertaire, no 88, 10 décembre 1926.
  • Au pays des bourriques, Le Libertaire, no 91, 31 décembre 1926.
  • Le centenaire de la conquête de l’Algérie, La Voix libertaire, no 30, . Texte intégral.
  • À l’opinion publique, La Voix libertaire, no 55, . Texte intégral.
  • Les Caïds et le centenaire, Le Libertaire, no 258, . Texte intégral.
  • Pour elle comme pour vous, debout peuple algérien!, L'Éveil social no 2, . Texte intégral.
  • Réponse au Secours rouge, L'Éveil social, no 2, . Texte intégral
  • Le cynisme des administrateurs, L'Éveil social, no 2, . Texte intégral
  • L'oppression en Algérie, L'Éveil social, no 26, [52].
  • Justice!, L'Éveil social, no 30, [52].
  • Aux travailleurs Algériens (et aux autres...), Le combat syndicaliste, [52].
  • Un appel du Groupe anarchiste aux indigènes Algériens, La Voix libertaire, no 295, [52].
  • La tribune Nord-Africaine, Terre libre, no 12, édition nord-africaine, [52].
  • La « Civilisation française » en Algérie, Terre libre, no 20, [52].
  • Le calvaire du peuple Algérien, lettre à mon cousin, no 501, Le Libertaire, 19 juin 1936.
  • À bas le code de l'indigénat, Le Libertaire, no 506, . Texte intégral
  • Police et armée, Le Libertaire, no 506, 4 octobre 1930.
  • Lettre du Front, L'Espagne antifasciste, no 17, . Texte intégral
  • Paris-Banlieue, Le Libertaire, no 529, [52].
  • Aux travailleurs Algériens, Le Libertaire, no 22, [52].
  • À l'heure des élections, Le Libertaire, no 255, [52].
  • La mentalité Kabyle, Le Libertaire, no 257, , texte intégral, texte intégral.
  • Le calvaire des travailleurs Nord-Africains I, Le Libertaire, no 273, [52].
  • Le calvaire des travailleurs Nord-Africains II, Le Libertaire, no 274, [52].
  • Le calvaire des travailleurs Nord-Africains III, Le Libertaire, no 275, [52].
  • Le calvaire des travailleurs Nord-Africains IV, Le Libertaire, no 276, [52].
  • Le calvaire des travailleurs Nord-Africains V, Le Libertaire, no 277, [52].
  • Le calvaire des travailleurs Nord-Africains VI, Le Libertaire, no 278, [52].
  • Lettre aux Français, Le Libertaire, . Texte intégral
  • Algériens, ne votez pas, Tract du MLNA de . Texte intégral
  • L'Enfer colonial, Le Libertaire, no 279, [52].
  • Prisons d'Afrique du Nord, Le Libertaire, no 281, [52].
  • Le Calvaire Nord-Africain I, Le Libertaire, no 282, [52].
  • Le Calvaire Nord-Africain II, Le Libertaire, no 283, [52].

Livres

Bibliographie

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Notices

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Articles connexes

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Notes et références

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  1. 1 2 Sylvain Boulouque, « Mohamed Saïl (1894-1953) », sur PARTAGE NOIR, (consulté le ).
  2. « 22/03/2021 – Mohamed Saïl (1894-1953), l’anarchiste kabyle – Association de Culture Berbère Paris », sur acbparis.org (consulté le ).
  3. Émile Carme, « BALLAST. Mohamed Saïl, ni maître ni valet », sur BALLAST, (consulté le ).
  4. Paris-luttes.info, « 14 octobre 1894, naissance de Mohamed Saïl », sur paris-luttes.info, (consulté le ).
  5. 1 2 « Notice biographique »(Archive.orgWikiwixGoogleQue faire ?).
  6. 1 2 3 4 Dictionnaire des anarchistes, « Le Maitron » : notice biographique.
  7. Arezki Metref, « Mohamed Saïl, l’anarchiste de Sidi-Aïch ! » Accès payant [html], sur https://www.lesoirdalgerie.com/, (consulté le )
  8. Daniel Dupuy note qu’il milite encore à la Fédération anarchiste jusque dans les années soixante-dix. Il meurt à Saint-Affrique, dans l’Aveyron, alors qu’il était toujours souscripteur du Monde libertaire jusqu’à son décès en 1971. Pour les noms mentionnés, voir leur biographie dans Jean Maitron (sous la direction de), Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français (désormais DBMOF), Paris, Éditions ouvrières [On peut maintenant trouver toutes les notices en ligne sur <https://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/> , note de l’éditeur].
  9. 1 2 Gaetano Manfredonia, Anarchisme et changement social, Lyon, Atelier de création libertaire, 2007, en particulier le chapitre sur l’idéal-type insurrectionnel, p. 30-50.
  10. Le Libertaire, no 242, 16 août 1924.
  11. Le Libertaire, no 343, 26 novembre 1924.
  12. Le Libertaire, no 341, 24 novembre 1924. L’expression pour qualifier les premiers camps de concentration soviétiques a été conservée. Il s’agit des îles Solovki.
  13. L’Éveil social, deuxième année, no 2, février 1933
  14. Victor Spielmann (1866-1943) est un ancien colon. Il se rapproche du mouvement libertaire et devient éditeur de brochures à caractère libertaire et collaborateur de la presse libertaire. Il adhère au PCF en 1920 et fonde le Trait d’Union, à la suite de la publication d’articles hostiles à la colonisation. (Jean-Louis Planche, « Victor Spielmann », Parcours, no 12, mai 1990).
  15. Terre libre, no 20, décembre 1935.
  16. La Voix libertaire, no 30, 21 septembre 1929
  17. La Voix libertaire, no 55, 15 mars 1930.
  18. 1 2 3 4 Jean Maitron, Philippe Bouba, Guillaume Davranche et Rolf Dupuy, « SAÏL Mohamed (Saïl Mohand Ameziane, dit) », dans Dictionnaire des anarchistes, Maitron/Editions de l'Atelier, (lire en ligne)
  19. Lettre fraternelle au camarade Planche, La Voix libertaire, no 349, 29 janvier 1937, lire en ligne.
  20. « Saïl Mohamed et les "Autrucho-Marxistes" », La vois libertaire, no 264, (lire en ligne [PDF])
  21. Christiane Chaulet Achour, « Guerre d’Espagne (II) : Maghrébins dans le conflit », sur DIACRITIK, (consulté le ).
  22. Ce Groupe International est bien distinct des Brigades internationales, liées à l’Internationale communiste et au Parti communiste espagnol.
  23. 1 2 3 « SAÏL, Mohamed, Ameriane ben Ameziane - [Dictionnaire international des militants anarchistes] », sur militants-anarchistes.info (consulté le )
  24. Le Libertaire, no 542, 23 mars 1937.
  25. « Le Libertaire / fondé par Sébastien Faure », sur Gallica, (consulté le )
  26. SIA, no 6, 22 décembre 1938.
  27. Le Libertaire, no 390, 20 mai 1954.
  28. Dictionnaire international des militants anarchistes : notice biographique.
  29. « kabyle.com/articles/mentalite-… »(Archive.orgWikiwixGoogleQue faire ?).
  30. France Culture, Les Justes de la Mosquée de Paris (2 épisodes) Épisode 1 : Un soir devant la télé
  31. Le Libertaire, no 22, 25 mars 1946.
  32. https://www.cairn.info/revue-ballast-2015-1-page-98.htm
  33. « Mohamed Saïl (1894-1953) - [Demain Le Grand Soir] », sur demainlegrandsoir.org (consulté le ).
  34. R. D., « SAÏL, Mohamed, Ameriane ben Ameziane », militants-anarchistes.info, (consulté le )
  35. 1 2 3 Mohamed Saïl, « Mohamed Saïl (1894-1953) » Accès libre [PDF], sur https://www.partage-noir.fr/, (consulté le )
  36. 1 2 3 Francis Dupuis-Déri, L'étrange étranger, Écrits d'un anarchiste Kabyle, Canada, Lux Éditeur, , 176 p. (ISBN 9782895967989)
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  38. Partage Noir, « Mohamed Saïl (1894-1953) : « La mentalité kabyle » – 🔴 Info Libertaire », sur www.infolibertaire.net (consulté le )
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  40. « Une résistance oubliée 1954 -1957 Des libertaires dans la guerre d'Algérie », sur rebellyon.info, (consulté le )
  41. « Black Spring | Encyclopedia.com », sur www.encyclopedia.com (consulté le )
  42. Mohamed (1894-1953) Auteur du texte Saïl, Appels aux travailleurs algériens / par Saïl Mohamed ; textes recueillis et présentés par Sylvain Boulouque, (lire en ligne)
  43. David Berry, « Anarchists and anarchisms in France since 1945: introduction and sources », Modern & Contemporary France, vol. 24, no 2, , p. 115–126 (ISSN 0963-9489, DOI 10.1080/09639489.2016.1154307, lire en ligne, consulté le )
  44. (en) Maia Ramnath, « Non-Western Anarchisms and Postcolonialism », dans The Palgrave Handbook of Anarchism, Springer International Publishing, , 677–695 p. (ISBN 978-3-319-75620-2, DOI 10.1007/978-3-319-75620-2_38, lire en ligne)
  45. (en-US) www.bibliopolis.com, « Non-Western Anarchisms: rethinking the global context by Jason Adams on Bolerium Books » [archive du ], sur Bolerium Books (consulté le )
  46. Benjamin Pillet, Francis Dupuis-Déri, L'anarcho-indigénisme, Canada, Lux Éditeur, , 208 p. (ISBN 9782895967637)
  47. Sylvain Boulouque, « Mohamed Saïl (1894-1953) », sur PARTAGE NOIR, (consulté le )
  48. La Rédaction, « Honneur à l’anarchiste », sur La Dépêche de Kabylie, (consulté le )
  49. « Voici un an disparaissait notre camarade Mohamed Saïl militant exemplaire », sur [سي نجيب], (consulté le ).
  50. Nicolas Rouleau, « Colère, j’écris ton nom », sur Lux Éditeur | maison d'édition indépendante | publication d'ouvrages à caractère critique en sciences humaines, (consulté le ).
  51. Guillaume Riou, « Étranges étrangers - Poème de Jacques Prévert », sur Poussière Virtuelle, (consulté le )
  52. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 « L'étrange étranger », sur Lux Éditeur | maison d'édition indépendante | publication d'ouvrages à caractère critique en sciences humaines (consulté le )
  53. Sylvain Boulouque, MOHAMED SAÏL (1894‐1953), 40 p. (lire en ligne)

Liens externes

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