Mohammed Ould El-Khorshi
Mohammed Ould El-Khorshi Ould Abdeljalil al-Aitoussi (en arabe : محمد ولد الخُرشي ولد عبد الجليل الأيتوسي, en Tifinagh: ⵎⵓⵃⵎⵎⴰⴷ ⵓⵍⴷ ⵍⵅⵓⵔⵛⵉ ⵓⵍⴷ ⵄⴱⴷⵊⴰⵍⵉⵍ ⵍⴰⵢⵜⵓⵙⵙⵉ), de son nom complet, (~1880-1957), est un caïd, chef de guerre et résistant anti-coloniale marocain de la tribu des Aitoussa.
| Mohammed Ould El-Khorshi محمد ولد الخرشي | |
Mohammed Ould el-Khorshi | |
| Titre | |
|---|---|
| Caid et Cheikh des Ait Boujemaa | |
| Prédécesseur | El-Khorshi Ould Abdeljalil (son père) |
| Successeur | Sid Ould El-Khorshi |
| Caïd des Ida Ou Mellil | |
| Chef de guerre des Aitoussa | |
| Biographie | |
| Dynastie | famille Ould el-Khorshi Ould Abdeljalil, du clan Ait Boujemaa des Aitoussa |
| Nom de naissance | Mohammed Ould El-Korshi Ould Abdeljalil al-Boujem’i al-Aitoussi |
| Surnom | Mas’ūd fī al-Ghaziyān (en arabe : مسعود في الغزيان), en français Le Chanceux aux Razzias |
| Date de naissance | début des années 1880 ou 1878 |
| Date de décès | |
| Sépulture | Guelmim |
| Nationalité | Marocains |
| Père | El-Khorshi Ould Abdeljalil |
| Fratrie | Sid Ould El-Khorshi |
| Profession | Moudjahid et Caïd |
| Religion | Islam |
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Biographie
modifierDébut de vie
modifierMohammed naquit au début des années 1880 (ou 1878), dans une famille puissante de la sous-tribu Ait Boujemaa, de la tribu des Aitoussa[1], cette sous tribu est issue des Ouled Mbarek, une tribu des Banu Hassan des Banu Maaqil, venant de la région de Brakna[2],[3]. Son père El-Kharshi Ould Abdeljalil lui même étant caïd de sa sous-tribu[1]. Par sa lignée, il appartient donc aux Ait Boujemaa qui sont, selon le droit coutumier des Aitoussa, les chefs de la tribu en temps de guerre, prétendu être d'excellents chefs de guerre. En opposition à la sous-tribu des Ait Waaban qui sont les chefs de la tribu en temps de paix[4].
Participation à la résistance des Ahl Maa al-’Aynin
modifierOuld el-Khorshi, ainsi que sa tribu seront très actifs dans les différentes luttes dirigées par la famille de Maa al-Aynin, ayant déclaré la guerre sainte contre les armées françaises. C'est notamment dans le mouvement hibiste, d'Ahmed al-Hiba, que s'illustre le plus Mohammed, qui participa notamment à la bataille de Sidi Bou Othmane, une des plus iconiques de la résistance d'Ahmed al-Hiba. La résistance du caïd aitoussi durera jusqu'en 1934[1].
Pillier politique tribale
modifierMohammed Ould el-Khorshi hérite du caïdat de son père sur sa tribu, accompagné de cette loi qui fait de lui le chef des guerre des Aitoussa dû à l'appartenance à la sous-fraction des Ait Boujemaa, parmi qui sont toujours choisis les chefs de guerres (appelés Moqadem el-Keshatt). Dans cet aspect de chef de guerre, Mohammed est considéré excellent et même comme le chef militaire le plus important de la tribu du début du XXe siècle[2]. Ses exploits et ses nombreuses victoires lui valent le surnom de "Mas’ūd fi al-Ghaziyān", qui veut dire le Chanceux à la Guerre/aux Razzias[4]. Auprès des siens, il est reconnu pour son intelligence et son jugement équilibré et dont l'avis était fortement respecté, et dont la désobéissance finit mal, comme l'exemple d'un ancien chef aitoussi, Aliyat Ould Chiahou, voulant faire un raid contre les Azraqiyin, Ould El-Khorshi refusa et argumenta une situation instable avec l'avancée coloniale et autres. Cependant Ould Chiahou n'écouta rien et partit tout de même en raid, qui finira en fiasco pour ses partisans et mena même à sa mort[5].
Outre la guerre, il est également un caïd diplomate, il participe au traité de l'Oued Rmath, entre les Aitoussa et les Rguibat après une longue guerre, ou participa plusieurs fois dans le règlement de litiges entre particuliers de sa tribu[1]. Il tient également, comme le décrit Frédéric de la Chapelle dans son ouvrage sur les Tekna, des relations cordiales avec les Ait Ou Mribet, et est un homme doux, intelligent et pondéré et dont les avis sont écoutés[6].
Relations avec l'administration coloniale
modifierIl était respecté mais aussi une épine dans celle-ci, n'hésitant pas à s'opposer à certains décisions protectorales, notamment l'incident entre Ould el-Khorshi et l'officier de Guelmim Henri Perrin. Ce dernier convoqua le caïd, qui lui transmis le fait qu'il se rendra à Touizki, sous occupation espagnole, pour régler un problème d'un membre de sa tribu qui avait sollicité son aide. Perrin refusa affirmant qu'il faut avant tout écrire à la garnison et demander plusieurs autorisations. Ce qui énerva Ould El-Khorshi qui rétorqua : « C’est nous qui régnons ici, pas vous, et nous ne coopérerons pas avec vous. Les affaires tribales sont nos affaires, et je n’attendrai pas qu’un officier de Guelmim m’autorise à régler un problème de ma tribu. »[7].
Rencontre avec Mohammed V
modifierC'est à Mhammid al-Ghizlane que Mohammed V rend visite à la ville. Ould el-Kharshi est invité à le rencontrer avec une réception d'autres chefs sahraouis. Il fut notamment invité en raison de sa renommée et sa réputation[7].

Fin de vie
modifierNotes et références
modifier- 1 2 3 4 5 (ar) معلمة المغرب 4, (lire en ligne), p. 75
- 1 2 (ar) نور الدين بلحداد (Nordine Belhadad), التسرب الإسباني إلى شواطئ الصحراء المغربية (1934-1860), Rabat, Université Mohammed V - Souissi, Institut des Études Africaines, (lire en ligne), p. 53-54
- ↑ (ar) شذرات من تاريخ قبيلة أولاد بوعيطة (lire en ligne), p. 28
- 1 2 (ar) رحال بوبريك (Rahal Boubrik), ، زمن القبيلة السلطة وتدبير العنف في المجتمع الصحراوي، ط 1، دار أبي رقراق للطباعة والنشر،, (lire en ligne), p. 42
- ↑ (ar) « بورتريه لبعض الزعامات في قبيلة أيتوسى – طانطاني 24 », (consulté le )
- ↑ Frédéric de la Chapelle, Les Tekna du Sud Marocain - Étude géographique, historique et sociologique, (lire en ligne), p. 99
- 1 2 3 (ar) أحمد الهيبة صمداني, « أعلامٌ من الصحراء: الخرشي..قائدٌ استعصى على ضبّاط الإستعمار الفرنسي واستقبله محمد الخامس », sur آشكاين, (consulté le )