Mohsen Sadr
Sayyed Mohsen Sadr (en persan : محسن صدر), dit Sadr-ol-Ashraf, né en [1] à Mahallat et mort le à Téhéran, est un homme politique iranien. Juriste de formation, il a occupé plusieurs postes importants au sein du gouvernement et a été premier ministre puis président du Sénat. Sous son gouvernement, l'Iran adhère à l'Organisation des Nations Unies en signant la charte des Nations Unies[2],[3].
| Mohsen Sadr (fa) محسن صدر | |
Mohsen Sadr, président du Sénat | |
| Fonctions | |
|---|---|
| Premier ministre d'Iran | |
| – (4 mois et 24 jours) |
|
| Prédécesseur | Ebrahim Hakimi |
| Successeur | Ebrahim Hakimi |
| Président du Sénat d'Iran | |
| – (7 mois et 29 jours) |
|
| Prédécesseur | Hassan Taghizadeh |
| Successeur | Jafar Sharif-Emami |
| Ministre de la Justice | |
| – (3 ans et 18 jours) |
|
| Premier ministre | Mohammad Ali Foroughi Mahmoud Jam |
| Prédécesseur | Ali Akbar Davar |
| Successeur | Ahmad Matin-Daftari |
| Biographie | |
| Surnom | Sadr ol-Ashraf |
| Date de naissance | |
| Lieu de naissance | Mahallat (Perse) |
| Date de décès | |
| Lieu de décès | Téhéran (Iran) |
| Nationalité | iranienne |
| Religion | Chiisme duodécimain |
|
|
|
| Liste des premiers ministres de l'Iran | |
| modifier |
|
Biographie
modifierMohsen Sadr fut gouverneur du Khorassan, président du Majlis (le Parlement iranien), ministre de la Justice (à cinq reprises), Premier Ministre en 1945 et enfin sénateur (à deux reprises).
Jeunesse
modifierFils de Seyyed Hossein « Fakhr ol-Zakerin », un riche religieux, et d'une fille de Hajji Molla Akbar Khorassani, Mohsen Sadr est né à Mahallat dans le Markazi en 1871. Il reçoit le titre de Sadr ol-Ashraf après la mort de son oncle paternel Seyyed Sadr ed-Din, qui était également surnommé Sadr ol-Ashraf. Ce dernier était le gendre d'un puissant membre de la cour des Qadjars, Anoushirvan Khan Eyn ol-Molk, un cousin de Nassereddine Shah Qajar[4]. Mohsen Sadr ol-Ashraf reçoit une éducation traditionnelle jusqu'à l'âge de 11 ans ; toutefois, en raison d'un conflit opposant son père au gouverneur de la province de Markazi, la famille déménage dans la région de Téhéran, où Sadr poursuit ses études dans un séminaire.
Sadr ol-Ashraf entre au service de la famille du shah en étant le précepteur de Nosrat al-Din Mirza « Salar es-Saltaneh », (1882-1954), fils de Nassereddine Shah. Après la mort de ce dernier en 1896, son successeur Mozaffareddine Shah nomme Salar es-Saltaneh gouverneur de la province de Hamadan. Sadr l'y accompagne, comme conseiller. En 1906, il entre au ministère de la Justice comme adjoint auprès des tribunaux pénaux[3].

Après le bombardement du Baharestan en 1908 par les troupes russes alliées de Mohammad Ali Shah, un tribunal spécial fut constitué pour instruire les charges pesant sur les personnes arrêtées ; Sadr ol-Ashraf y siége en tant que juge. Par la suite, il occupe diverses fonctions judiciaires jusqu'en 1933, notamment : président des cours d'appel de Téhéran, responsable de l'administration judiciaire du Gilan, président de la deuxième chambre de la Cour suprême, président du tribunal disciplinaire des magistrats et procureur général d'Iran (Président de la Haute Cour de Justice de Téhéran)[3].
Député, ministre et Premier ministre
modifierDu 13 septembre 1933 à fin septembre 1936, Mohsen Sadr est ministre de la Justice au sein des gouvernements de Foroughi et de Mahmoud Jam, avant de siéger au Parlement en tant que député de Mahallat et de Kamareh. Au terme de son mandat parlementaire en 1943, il redevint ministre de la Justice, dans le gouvernement d'Ali Soheili.
Le 5 juin 1945, il est nommé Premier ministre après avoir obtenu la majorité des suffrages, remplaçant Ebrahim Hakimi. Durant son bref mandat à la tête du gouvernement, Mohsen Sadr se heurte à une vive opposition de la part du parti Tudeh et du groupe parlementaire minoritaire dirigé par Mohammad Mossadegh. Sadr ol-Ashraf démissionna en octobre 1945, seulement quatre mois après sa nomination, et quitta l'Iran[3], tandis qu'Ebrahim Hakimi redevient Premier Ministre.

Dernières années
modifierAprès sa démission Sadr s'installa en Irak. En 1947 il est chargé par le shah Mohammad Reza Pahlavi de gérer les relations avec l'Arabie Saoudite, notamment pour faciliter le hajj des Iraniens. À son retour en Iran trois ans après sa démission, Sadr devint gouverneur du Khorassan. En 1953, il devint sénateur nommé pour Machhad puis Téhéran et enfin devint le président du Sénat[2], entre 1960 et 1961, jusqu'à ce que le Premier Ministre Ali Amini dissolve le Parlement, suspendant l'assemblée Constituante et le Sénat. En 1959 il fait partie des témoins du shah lors de son mariage avec Farah Diba[5].
Mohsen Sadr meurt d'un cancer du cerveau, à l'âge de 91 ans à Téhéran le 19 octobre 1962. Il avait trois fils et sept filles. Par son fils aîné, Abul Qasem Sadr, Mohsen Sadr est l'arrière-grand-père de Hossein Eslambolchi, physicien, ingénieur et homme d'affaires irano-américain[2],[3].
Références
modifier- ↑ (fa) Asiyeh Ale Ahmad, « Sayyed Mohsen Sadr », sur Institute for Iranian Contempory Historical Studies (consulté le )
- 1 2 3 « درباره صدرالاشراف », sur www.irna.ir (consulté le )
- 1 2 3 4 5 (en) Behnegarsoft.com, « Sayyed Mohsen Sadr | IICHS », sur Institute For Iranian Contemporary Historical Studies | IICHS, (consulté le )
- ↑ (en) L.A. Ferydoun Barjesteh van Waalwijk van Doorn, « Mistaken Identities: Anoushirvan (Shir) Khan (Qajar Qovanlou) Eyn ol-Molk Etezad od-Doleh and Prince Ali Qoli Mirza Etezad os-Saltaneh », Qajar Studies, Journal of the International Qajar Studies Association, vol. II, , pp. 91-150
- ↑ Yves Bomati et Houchang Nahavandi, Mohammad Réza Pahlavi, Place Des Editeurs, (ISBN 978-2-262-07981-9, lire en ligne)