Ebrahim Hakimi

homme politique et médecin iranien

Ebrahim Hakimi (en persan : ابراهیم حکیمی), né à Tabriz en 1871 (possiblement le ) et mort à Téhéran le , est un homme politique iranien. Il a été de nombreuses fois ministre et trois fois Premier ministre.

Ebrahim Hakimi
Illustration.
Ebrahim Hakimi
Fonctions
Président du Sénat d'Iran
–
(5 ans, 6 mois et 10 jours)
Prédécesseur Aucun
Successeur Hassan Taghizadeh
Premier ministre d'Iran
–
(5 mois et 15 jours)
Prédécesseur Reza Sardar Fakher Hekmat
Successeur Abdolhossein Hajir
–
(2 mois et 29 jours)
Prédécesseur Mohsen Sadr
Successeur Ghavam os-Saltaneh
–
(24 jours)
Prédécesseur Morteza Gholi Bayat
Successeur Mohsen Sadr
Ministre des affaires étrangères
–
(4 mois et 22 jours)
Prédécesseur Asadullah Mashar-ol-Saltaneh
Successeur Ghavam os-Saltaneh
Député de l'assemblée consultative nationale
–
(4 ans)
Biographie
Nom de naissance Ebrahim Hakimi
Surnom Hakim ol-Molk
Date de naissance
Lieu de naissance Tabriz (État sublime de Perse)
Date de décès (à 88 ans)
Lieu de décès Téhéran (État impérial d'Iran)
Sépulture Ibn Babawayh Cemetery (en)
Nationalité Iranienne
Parti politique Revival Party (en)
Diplômé de Faculté de médecine de Paris
Profession Homme politique, médecin
Religion islam chiite

Image illustrative de l’article Ebrahim Hakimi
Liste des Premiers Ministres d'Iran

Biographie

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Jeunesse et médecin de la cour qadjare

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Ebrahim Hakimi naît en 1869[1] ou plus vraisemblablement en 1871, possiblement le 15 août, à Tabriz au sein d'une famille de médecins proche de la cour de la dynastie Qadjar alors au pouvoir, voire même proche de l'ancienne dynastie Safavide. L'un de ses ancêtres, Mohammad Daoud Khan Hakim (en) (dit Hakim Daoud) a été le premier a servir la cour royale au sein des cours des chahs Safi (1629-1642) et Abbas II (1642-1666), et fut également le fondateur de la mosquée Hakim, importante mosquée d'Ispahan[2].

Hakimi en 1907.

Après des études primaires et secondaires à Tabriz, Ebrahim Hakimi suit un enseignement de français et de sciences naturelles à l'institut Dar ol-Fonoun de Téhéran de 1889 à 1892. Il obtient grâce à l'influence de son oncle, médecin du prince Mozaffaredin Mirza, l'autorisation de voyager à l'étranger et se rend à Paris en 1894 pour y étudier la médecine. Il y reste neuf ans et épouse une Française. Il est présenté au prince Mozaffaredin Mirza, devenu Mozaffaredin Chah (en 1896) par son oncle lors du voyage du monarque en Europe. Il se joint alors à l'entourage royal avec lequel il rejoint la Perse en 1902, sans sa femme qui refuse de l'y suivre. Il épousera ensuite sa cousine Belgays Hakimi. Il devient médecin du roi à la mort de son oncle, dont il reprend le titre de Hakim ol-Mollk[2].

Premières activités politiques (1907-1925)

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Après la révolution Constitutionnelle et la promulgation de la Constitution par Mozaffaredin Chah et son fils et successeur Mohammad Ali Chah, Ebrahim Hakimi est élu en 1907 député de la première assemblée consultative Nationale, chambre basse du Parlement (Majlis), et qui fera office de Parlement unique jusqu'en 1949. Il fait partie du Parti Démocrate de Perse, et devient également à cette époque une personnalité centrale dans l'expansion et la réorganisation de la franc-maçonnerie persane, et obtient le titre de grand-maître à vie[2].

Quelques mois après la convocation de ce premier parlement, Mohammad Ali Chah le dissout et cherche à revenir sur la Constitution. Cela déclenche une guerre entre le chah, soutenu par les Russes qui bombardent le bâtiment du Parlement au Baharestan en 1908, et les constitutionnalistes, dont Ebrahim Hakimi ainsi que plusieurs autres personnalités, dont Hassan Taghizadeh. En 1909, les constitutionnalistes sont victorieux et Mohammad Ali Chah abdique, et est remplacé par son fils Ahmad Chah Qadjar. Ebrahim Hakimi se livre par la suite à de nombreuses activités politiques, tout en restant membre du parlement, et occupe de nombreux postes à différents ministères. Il devient notamment ministre des Finances en 1910[2]. En 1911, il est nommé ministre de l'Éducation. L'un de ses premiers actes officiels fut de faire adopter par le Parlement la première loi iranienne en faveur de l'éducation, qui accordait chaque année à trente étudiants une bourse d'études de cinq ans à l'étranger[3].

Ebrahim Hakimi en 1920.

En 1921, il est arrêté par le nouveau gouvernement de Sayyed Ziaeddin Tabatabaï, qui est instauré à la suite du coup d'État du 3 Esfand, puis est libéré à la chute de Ziaeddin Tabatabaï cent jours plus tard. Dans les cabinets de Mirza Hossein Khan Mochir-od-Dowleh qui se succèdent dans les années suivantes, il devient ministre des affaires étrangères en janvier 1922, puis ministre de l'Éducation en juin 1923[2].

Après l'arrivée au pouvoir de Reza Chah à la fin de l'année 1925, Hakimi cesse ses activités politiques et se consacre essentiellement à la médecine et l'écriture[4].

Retour en politique, chef de gouvernement et haut personnage de l'État (1941-1957)

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Il revient en politique sous le règne de Mohammad Reza Chah, au cours duquel il est par trois fois Premier ministre.

A la suite de l'abdication de Reza Chah, la vie politique, contrôlée par le pouvoir royal dans la dernière décennie de règne de l'ancien chah, se libéralise. Mais une grande instabilité s'instaure et les cabinets se succèdent : Hakimi devient ministre sans portefeuille dans le cabinet de Ghavam os-Saltaneh en 1942. A la fin de la Seconde Guerre Mondiale, le chah Mohammad Reza le nomme Premier Ministre le 12 mai 1945, en remplacement de Morteza Gholi Bayat. Mais il échoue à obtenir le vote de confiance du Majles, et doit donc démissionner le 6 juin suivant. Son successeur, Mohsen Sadr, ne reste en fonction que quelques mois, lui aussi. Hakimi redevient Premier ministre le 29 octobre 1945 et le reste pendant trois mois. C'est alors que l'Iran affronte une grave crise internationale : après le refus de l'Union soviétique de retirer ses troupes du nord du pays, troupes qui avaient envahi le territoire lors de l'invasion anglo-soviétique de 1941, Staline soutient désormais le gouvernement populaire d'Azerbaïdjan, proclamé en novembre 1945. Les troupes soviétiques arment les membres locaux du parti communiste Tudeh et aident également des mouvements sécessionnistes dans le Kurdistan à proclamer la république de Mahabad en janvier 1946[5].

Hakimi (au centre) à la fin des années 1940, ici avec Shapour Reporter (à gauche).

La situation échappe complètement au gouvernement iranien. Hakimi tente bien de négocier avec le gouvernement soviétique mais cela se révèle inutile, ces derniers prétendant n'être nullement impliqués dans le soulèvement de la région de Tabriz (en Azerbaïdjan), puisque l'armée rouge n'est pas intervenue. Hakimi décide donc de porter l'affaire devant les Nations Unies, jeune organisation encore basée à Londres. Hakimi réussit à temporiser auprès de l'ambassadeur soviétique et des relais du pouvoir moscovite (essentiellement le Tudeh) jusqu'à ce que l'affaire soit inscrite à l'ordre du jour du Conseil de Sécurité de l'ONU[5]. Les ambassadeurs britannique et américain proposent ensuite à Hakimi la création d'une commission composée de représentants britanniques, américains, soviétiques et iraniens afin d'examiner la question des provinces sécessionnistes pouvant également, dans le cas où les revendications seraient considérées légitimes, de mettre en place des parlements provinciaux. Le Premier ministre transmet cette proposition à la commission des affaires étrangères du Parlement pour discussion, mais elle est rejetée[6].

Ebrahim Hakimi (à gauche) et Mohammad Sa'ed (à droite), alors Premier Ministre, recevant le roi de Jordanie Abdallah Ier (au centre) lors de sa visite à Téhéran en 1949.

Sous la pression de l'opposition parlementaire menée par Mohammad Mossadegh, Hakimi est contraint de démissionner le 20 janvier 1946. Ghavam os-Saltaneh redevient alors Premier ministre et réussit, au terme d'un voyage à Moscou, à convaincre Staline de retirer les troupes russes du nord du pays en échange d'une concession pétrolière dans le nord de l'Iran, ce qui fut accepté par le dirigeant soviétique. Privé du soutien russe, le mouvement séparatiste en Azerbaïdjan s'effondre. Mais lorsque Ghavam présente au Parlement le traité signé avec l'Union soviétique pour un vote le 22 octobre 1947, le Parlement le rejette. Bien que la manœuvre ait été prévue par le Premier Ministre, qui entendait duper Staline pour le faire cesser son soutien aux mouvements séparatistes, Ghavam passe désormais pour un pro-russe au gouvernement. Il doit démissionner après avoir échoué à obtenir un vote de confiance le 10 décembre 1947 : sur les 112 députés présents, seuls 46 avaient voté pour lui[7].

Hakimi succède à Ghavam et devient une troisième fois Premier Ministre, remportant le vote de confiance à une voix près le 21 décembre, face à Mossadegh. Il doit cependant démissionner six mois plus tard, à la suite de la présentation d'un programme ambitieux de réformes sociales, nécessitant un budget stable et un programme d'austérité, ce dernier point lui ayant fait perdre la confiance du Parlement[3]. Abdolhossein Hajir lui succède le 21 juin 1948.

Vue de la sépulture d'Hakimi.

En 1949, Hakimi fait partie d'une commission parlementaire chargée d'étudier la possibilité d'amender la Constitution, convoquée à la suite d'une tentative d'assassinat du chah. L'amendement modifie les conditions de dissolution du Parlement par le chah (et renforce ses pouvoirs) mais aussi permet l'instauration du Sénat, prévu par le Constitution mais qui n'avait pas été convoqué depuis 1906. Hakimi devient sénateur à deux reprises, et est même président du Sénat de 1951 à 1957.

Fin de vie

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Âgé, il cesse d'être sénateur et quitte ses fonctions de président du Sénat en 1957. Hassan Taghizadeh lui succède.

Son dernier poste est d'être membre de la commission consultative convoquée par le chah en 1958 pour examiner la question de sa succession, posée à la suite de la stérilité de son mariage avec Soraya Esfandiary Bakhtiari. La commission finit par conclure que Mohammad Reza Pahlavi devait divorcer et se remarier s'il souhaitait conserver son titre de chah[2].

Ebrahim Hakimi meurt à Téhéran le 19 octobre 1959 d'une pneumonie, et est enterré à Rey, en banlieue de la capitale, au cimetière Ibn Babawayh[1]. Il avait un fils de son premier mariage avec une Française, nommé Joseph ou Youssef. Il laisse de nombreux ouvrages sur la franc-maçonnerie en Iran[3].

Références

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  1. 1 2 (en) Fariborz Mokhtari, « Iran's 1953 Coup Revisited: Internal Dynamics versus External Intrigue », The Middle East Journal, The Middle East Journal, vol. 62, no 3,‎ , p. 457–488 (ISSN 0026-3141 et 1940-3461, DOI 10.3751/62.3.15, lire en ligne, consulté le )
  2. 1 2 3 4 5 6 (en) « ḤAKIMI(Ḥakim-al-Molk), EBRĀHIM », dans Encyclopædia Iranica (lire en ligne)
  3. 1 2 3 (en) Abbas Milani, Eminent Persians: The Men and Women Who Made Modern Iran, 1941-1979, Volumes One and Two, Syracuse University Press, (ISBN 978-0-8156-0907-0, lire en ligne), pp.176-179
  4. ↑ (en) « Mirza Ebrahim Khan Hakim-el-Molk Hakimi », sur le site des Hakimi (consulté le ).
  5. 1 2 Yves Bomati et Houchang Nahavandi, Mohammad Réza Pahlavi, Perrin, (ISBN 978-2-262-07981-9, lire en ligne), pp.120-121
  6. ↑ Hasan Internet Archive, Under five shahs, New York, W. Morrow, (lire en ligne), p.351
  7. ↑ (en) Gholam Reza Afkhami, The Life and Times of the Shah, University of California Press, (ISBN 978-0-520-94216-5, lire en ligne), p.108

Liens externes

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