Mona Ozouf

philosophe et historienne française

Mona Ozouf, née Mona Annig Sohier le à Lannilis, est une historienne et philosophe française. Elle est directrice de recherche émérite à l'École des hautes études en sciences sociales (EHESS) et spécialiste de l'éducation et de la Révolution française.

Mona Ozouf
Mona Ozouf en 2018.
Fonction
Directrice de recherche au CNRS
Biographie
Naissance
Nom de naissance
Mona Annig SohierVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Formation
Activités
Père
Conjoint
Jacques Ozouf (de à )Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
A travaillé pour
Domaine
histoire culturelle, histoire de la Révolution française
Parti politique
Distinctions
Travaux
  • La Fête révolutionnaire 1789–1799 (1976)
  • La République des instituteurs en collaboration avec Jacques Ozouf (1989)
  • L'Homme régénéré : essai sur la Révolution française (1989)
  • La Gironde et les Girondins (1991)

Biographie

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Famille et études

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Née le à Lannilis[1], elle est la fille de Yann Sohier[2]. Son père meurt d'une broncho-pneumonie alors qu'elle n'est âgée que de quatre ans[3]. Cette disparition précoce laisse sa mère, Anne, dans un profond chagrin. Mona Sohier vit dès lors une enfance, dit-elle, « claustrale » et « recluse ». La jeune fille se réfugie alors dans les études. Elle effectue d'abord sa scolarité primaire à Plouha, puis aborde les études secondaires au collège Ernest-Renan à Saint-Brieuc[3], une époque où elle côtoie l'écrivain Louis Guilloux et son épouse Renée Guilloux qui fut sa professeure de lettres, et à qui elle rend régulièrement hommage[4]. L'un et l'autre auront une forte influence intellectuelle sur elle. Elle obtient, durant sa scolarité à Ernest-Renan, le premier prix de français au concours général de 1947 et raconte, durant l'inauguration de l'amphithéâtre qui porte son nom au campus Mazier à Saint-Brieuc[5], comment le deuxième conflit mondial les a obligées, elle et ses camarades de classe, à migrer dans le salon de sa professeure afin de poursuivre les cours du fait de la réquisition par l'occupant des locaux briochins de son école.

Toujours de nature studieuse, elle continue sa formation en classe d'hypokhâgne à Rennes au lycée Chateaubriand et effectue une khâgne à Versailles, où sa mère et sa grand-mère la suivent. Elle ne tient que quelques jours dans cette classe de khâgne où elle pense ses camarades plus fortes qu'elle, ce qui l’amène à s'inscrire en licence de philosophie à la Sorbonne. Mona Sohier retourne finalement l'année suivante en khâgne[6], et elle est admise à l'École normale supérieure de jeunes filles (promotion 1952)[7] : elle en sort agrégée de philosophie[8],[3], reçue 6e, en 1955[9]. La même année, Mona Sohier rencontre l'historien Jacques Ozouf, avec qui elle aura deux enfants[10].

Carrière universitaire

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De la philosophie, elle passe finalement à l'histoire[3]. Pendant sa carrière universitaire, elle fait la connaissance des historiens Denis Richet, Emmanuel Le Roy Ladurie et François Furet. De nombreux ouvrages sont nés de la collaboration avec ce dernier. Membre du Centre de recherches politiques Raymond-Aron à l'École des hautes études en sciences sociales (EHESS), elle est, jusqu'à sa retraite en 1997, directrice de recherche au CNRS. Elle est chroniqueuse au Nouvel Observateur[3] et participe à la revue Le Débat. Ses travaux portent pour l'essentiel sur les questions relatives à l'école publique et à la Révolution française. Elle s'intéresse particulièrement aux rapports qu'entretiennent pédagogie, idéologie et politique.

Engagements

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Comme beaucoup d'étudiants de son époque, elle milite au Parti communiste français, qu'elle quitte après l'insurrection de Budapest de 1956[8].

En 2003, elle est l'une des signataires de la pétition « Avec Washington et Londres, pour le soutien du peuple irakien »[11] qui soutient la coalition anglo-américaine dans son intervention contre Saddam Hussein.

En 2005, elle promeut la pétition Liberté pour l'histoire et participe au conseil d'administration de l'association éponyme.

En 2012, lors de la campagne présidentielle, elle signe une tribune intitulée « Pour une nouvelle république » appelant à voter pour le candidat François Hollande[12].

Langue bretonne

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Dans le premier chapitre de son ouvrage Composition française, elle critique ouvertement le livre de Françoise Morvan, Le Monde comme si, qu'elle décrit comme « un injuste et talentueux pamphlet » qui s'en prend aux choix politiques de son père, Yann Sohier, ainsi qu'au mouvement breton et à la langue bretonne. Elle dénonce également le jacobinisme qui réprime la diversité culturelle et prône un universalisme abstrait.

Féminisme

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Mona Ozouf considère que la généralisation de la contraception est la plus grande révolution moderne, et « la raison pour laquelle [elle] ne dira jamais que "c'était mieux avant" »[13].

Dans son ouvrage Les Mots des femmes : essai sur la singularité française, Mona Ozouf critique le féminisme égalitaire dit « à l’américaine », en opposant un commerce heureux entre les sexes à la judiciarisation excessive de leurs rapports telle qu’elle existe aux États-Unis. Selon elle, ce féminisme serait un apport étranger, en décalage avec la singularité des mœurs françaises issues du modèle aristocratique de la galanterie.

Publications

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Distinctions

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Décorations

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Hommages

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En 2016, un collège public de la commune de Savenay (Loire-Atlantique) est construit et sera plus tard nommé « collège Mona-Ozouf ». L'inauguration a lieu le en présence de Mona Ozouf[31].

En 2020 est annoncé que le futur lycée de Ploërmel (Morbihan) portera son nom ; son inauguration a eu lieu le [32],[33].

L'école primaire de Plouha (Côtes-d'Armor) porte son nom ainsi que celui de son mari (école Jacques-et-Mona-Ozouf).

Notes et références

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  1. Jean-Claude Raspiengeas, « Mona Ozouf, une adolescente d’autrefois », La Croix, (lire en ligne)
  2. « SOHIER Yann, Jean – Maitron » (consulté le )
  3. 1 2 3 4 5 Annick Cojean, « Mona Ozouf : « Je n’aime que les choses qui durent » », sur Le Monde, (consulté le ).
  4. « « La certitude de Renée Guilloux a changé la mienne », par Mona Ozouf », sur nouvelobs.com, (consulté le ).
  5. « Inauguration de l’amphithéâtre Mona Ozouf au campus Mazier de Saint Brieuc », sur intranet.univ-rennes2.fr (consulté le ).
  6. « Une histoire de lectures et de sentiments », lemonde.fr, (lire en ligne, consulté le ).
  7. Recherche, sur archicubes.ens.fr.
  8. 1 2 Eugénie Bastié, « Mona Ozouf, une certaine idée de la civilisation française », Le Figaro, 9-10 mars 2019, p. 15.
  9. « Les agrégés de l'enseignement secondaire. Répertoire 1809-1960 | Ressources numériques en histoire de l'éducation », sur rhe.ish-lyon.cnrs.fr (consulté le )
  10. « Mona Ozouf. Entre révolution et institutions... », sur letelegramme.fr, (consulté le ).
  11. Pétition parue dans Le Figaro du 4 mars 2003; voir revue Le Meilleur des mondes.
  12. « TRIBUNE. "Pour une nouvelle république" », sur L'Obs, (consulté le )
  13. Interview télévisée sur Arte, émission 28 minutes, 3 juillet 2021.
  14. Le Monde avec AFP, « Légion d'honneur : Gisèle Pelicot, Sophia Aram, Mona Ozouf… Les femmes mises en avant dans la promotion du 14-Juillet », sur Le Monde,
  15. « Décret du 11 juillet 2025 portant élévation aux dignités de Grand-croix et de Grand officier de l'ordre national de la Légion d'honneur », sur Journal officiel de la République française,
  16. « Décret du 31 décembre 2020 portant élévation aux dignités de grand'croix et de grand officier dans l'ordre national de la Légion d'honneur - Légifrance », sur www.legifrance.gouv.fr (consulté le )
  17. Décret du 11 juillet 2014 portant promotion
  18. Décret du 25 mars 2005 portant promotion et nomination
  19. Décret du 18 novembre 2017 portant élévation aux dignités de grand'croix et de grand officier
  20. Décret du 13 mai 2011 portant promotion et nomination
  21. Arrêté du 23 novembre 2007
  22. Ouest-France des 3–4 octobre 2009, page « Bretagne ».
  23. Académie royale néerlandaise des Sciences et des Lettres.
  24. Prix-littéraires.net.
  25. Agence Bretagne Presse
  26. prix-litteraires.net
  27. . Décret du 13 mai 2011
  28. Archimag
  29. Céline Mazin, « Mona Ozouf, lauréate du Prix de la langue française 2015 », sur Actualitté, (consulté le )
  30. « Victoires de la Bretagne 2023. Retrouvez tout le palmarès des personnalités bretonnes récompensées », sur France 3 Bretagne, (consulté le )
  31. « Savenay. Mona Ozouf inaugure le nouveau collège », sur saint-nazaire.maville.com (consulté le )
  32. « Ploërmel : Qui est Mona Ozouf, la femme qui donnera son nom au lycée public ? », actu.fr, 24 septembre 2020.
  33. « Le futur lycée Mona-Ozouf de Ploermel », bretagne.bzh, consulté le 6 décembre 2021.

Voir aussi

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Bibliographie

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Filmographie

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  • Mona Ozouf, femme des Lumières, film documentaire réalisé par Juliette Senik, France Télévisions/Schuch Productions, 2011, 52 min, rediffusé sur France 5 le
  • Les Identités de Mona Ozouf, film documentaire réalisé par Catherine Bernstein, Tébéo, Tébésud, TVR les chaines locales de Bretagne, Histoire TV / Paris-Brest Productions, 52 min. [[ présentation en ligne]].

Articles connexes

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Liens externes

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