Morave (cheval)
Le Morave (tchèque : Moravský teplokrevnik) est une race moderne de cheval à sang chaud[1]. C'est un cheval au caractère exceptionnel, doté de traits de personnalité équilibrés, toujours prêt à travailler, excellent sous la selle comme à l'attelage, robuste et en bonne santé. Il est facile à nourrir. Ce sont des chevaux au sang chaud, travailleurs, performants et surtout polyvalents. Ils se caractérisent principalement par une constitution robuste et une bonne maniabilité[2].
Cheval à sang chaud de Moravie | |
| Région d’origine | |
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| Région | |
| Caractéristiques | |
| Morphologie | Cheval de sport |
| Registre généalogique | Oui |
| Robe | généralement bai |
| Autre | |
| Utilisation | Sports équestres |
| modifier |
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L'élevage du cheval morave à sang chaud repose sur trois lignées fondamentales : Przedświt, Furioso et Gidran. La lignée Przedswit se divise en deux branches, dites « brune » et « alezan ». La branche brune était principalement élevée à Motešice, tandis que la branche alezan l'était à Kladruby nad Labem[3].
Les épreuves de performance des chevaux ont lieu à l'âge de 4 ans, et non à 3 ans (comme c'est le cas, par exemple, pour le cheval à sang chaud tchèque). L'épreuve vise à démontrer la polyvalence du cheval, comme c'était le cas par le passé, et comprend également l'attelage[4].
Le Morave est aussi une race de chevaux de sport originaire de Moravie. Très populaire au début du XXe siècle, elle est ensuite tombée au bord de l'extinction, mais ses effectifs se sont redressés depuis la création de son stud-book en 2004.
Histoire
modifierLa race descend des lignées de chevaux Furioso et Przedświt de l'ancienne Autriche-Hongrie, croisées ensuite avec le Shagya et l'Anglo-arabe[5]. Il s'agit d'une race de chevaux issue des lignées Furioso, Gidran, Przedświt, Star of Hannover, North Star, Nonius, Shagya et Dahoman. Plus tard, la lignée Catalin, élevée depuis 1927 au haras de Motešice, aujourd'hui en Slovaquie, est venue s'ajouter à ces lignées. De 1920 à 1971, ces chevaux formaient une population distincte : les chevaux à sang chaud de Moravie.
Le président Tomas Garrigue Masaryk est un adepte de ces chevaux, puisqu'il monte régulièrement un étalon nommé Hektor[6]. En raison de la chute de ses effectifs, le Morave est cependant fusionné avec le Selle tchèque en 1971[6].
C'est en 1944 que les étalons reproducteurs issus de l'élevage régional et leur descendance ont été désignés pour la première fois sous le nom administratif de « chevaux à sang chaud de Moravie ». Les étalons reproducteurs issus des haras, bien qu'ayant des pedigrees similaires, continuaient quant à eux d'être désignés comme des « demi-sang anglais ». L'élevage du cheval morave à sang chaud est indissociable du haras régional de Moravie situé à Pohořelice, près de Napajedla. L'influence des étalons de race de Pohořelice est encore perceptible aujourd'hui dans l'élevage. En raison de sa polyvalence et de sa robustesse, le cheval morave à sang chaud était utilisé aussi bien par les unités de cavalerie de l'armée que par les agriculteurs.
L'après-guerre n'a pas été favorable à l'élevage des chevaux de race. La suppression des unités militaires et des unités équestres, ainsi que le changement de climat politique, ont entraîné un désintérêt pour les chevaux de selle fougueux, qui ont été soit vendus à l'étranger, soit abattus. En conséquence, la lignée de dressage de haut niveau « Star of Hannover » a disparu. Les chevaux issus de cette lignée étaient les seuls à pouvoir rivaliser, avant la guerre, avec l'équipe hanovrienne, alors pratiquement invincible. La fermeture du haras de Moravie à Pohořelice a constitué un autre coup dur pour l'élevage du cheval à sang chaud de Moravie. La qualité des chevaux de Pohořelice est également attestée par le fait que les étalons issus de cet élevage ont trouvé leur place dans d'importants haras de l'ancienne Tchécoslovaquie : Hostouň, Motešice, Kladruby et, après la fermeture du haras militaire de Hostouň, à Albertovec (fondé en 1952). Pohořelice était le fournisseur attitré d'étalons pour le haras de Tlumačov.
Depuis 1971, ils étaient inscrits au registre généalogique des chevaux à sang chaud tchèques, qui comprenait également de nombreux croisements entre des chevaux à sang chaud tchécoslovaques et des races étrangères importées, comme par exemple le cheval de Trakehnen. En 1991, Jan Bínek a eu l'idée de relancer l'élevage de chevaux, qui était autrefois pratiqué à Pohořelice. En 1992, il a rallié d'autres passionnés à son idée.
Les efforts visant à rétablir le cheval morave à sang chaud en tant que race distincte ont débuté en 1996, lorsque l'Association des éleveurs et des amateurs du cheval morave à sang chaud a été fondée à l'initiative de passionnés. Cette association a été reconnue par le ministère de l'Agriculture de la République tchèque en tant qu'association d'éleveurs en 2004. Parallèlement, la race a été reconnue et un registre généalogique a été créé.
Un stud-book séparé est re-créé en 2004[7]. En 2013, il compte entre 330 et 350 sujets[7][8].
En 2018, il a été établi que le cheval morave à sang chaud était génétiquement plus éloigné du cheval tchèque à sang chaud que le cheval de Kinsky, qui disposait de son propre registre généalogique depuis 2005.
Description
modifierC'est un cheval de sport[5]. La robe est le plus souvent baie[6]. Sa sélection est assurée par la Svaz chovatelů a příznivců moravského teplokrevníka (Association des éleveurs du cheval de sport Morave)[9][7].
- Furioso VIII MT-2/Fanhally, jument
- Furioso XIV MT/Richard, G étalon
- Gidran IV MT-3/Stella, jument
- Gidran VI MT/Filipo, G étalon
- Przedświt IV MT-6/Karena, jument, lignée alezane
- Przedświt/Kontana, jument, lignée brune
- Przedświt V MT/Hary, étalon, lignée alezane
- Przedswit XVI MT/Svatopluk, G étalon, lignée brune
Caractéristiques
modifierLa hauteur au garrot varie entre 159 et 165 cm chez les juments et entre environ 161 et 167 cm chez les étalons et les hongres.
Après le brun, la robe alezan est la deuxième plus répandue (l'alezan peut présenter n'importe quelle nuance, allant de l'alézan clair doré au brun foncé, mais la crinière, la queue et les membres doivent être de la même teinte que le corps). On trouve également des chevaux alezans, noirs et gris[9].
Utilisations
modifierC'est un cheval adapté à la selle et aux sports équestres[5]. Les chevaux peuvent être utilisés aussi bien pour l'équitation que pour le trait[4].
Marquage
modifierEn tant que race historique, le cheval morave à sang chaud est identifié par une marque au fer, à savoir un symbole indiquant son appartenance à la race, apposé sur la cuisse gauche. De 2004 à 2009, il s’agissait d’un « MT » stylisé et, depuis 2010, c’est l’aigle morave. La selle gauche porte le marquage de la lignée et, en dessous, celui de la famille, tandis que la selle droite porte le numéro indiquant l'ordre de naissance du poulain par rapport à l'étalon concerné[4].
Objectif d'élevage
modifierL'objectif d'élevage est d'obtenir un cheval de race noble, à sang chaud, de taille moyenne, issu des lignées austro-hongroises d'origine, en tenant compte de l'appartenance à une lignée donnée ; un cheval à maturation tardive mais à longue durée de vie, de constitution robuste, facile à nourrir, en excellente santé et doté d'un excellent caractère, pouvant être utilisé de multiples façons, tant sous la selle qu'à l'attelage. La SCHPMT s'efforce de préserver toutes les lignées historiques, à savoir : Furioso XI R* 1895, Furioso XIII R *1906, Furioso XXVIII M * 1902, Gidran XXXIII R * 1913, Przedświt III K * 1925, Przedświt VIII Pib. * 1913, Catalin *1921, Shagya XI*1886 et North Star III B*1944. Il faut toutefois reconnaître que c'est uniquement grâce au haras de Motěšice qu'il a été possible de sauver les lignées Furioso XI, Furioso XIII, Przedświt VII, Gidran XXXIII, North Star III et Catalin, grâce à l'importation d'étalons issus de ces lignées, dont les origines remontent souvent à Pohořelice[4].
Les éleveurs slovaques n'ont pas été les seuls à contribuer à la sauvegarde du cheval morave à sang chaud. Przedswit Jung a été importé de Pologne, et un véritable tour de force a été accompli avec l'intégration de l'étalon hongrois Furioso-68 Figura, arrière-petit-fils du célèbre Furioso I – 21/Honor, dont la lignée semblait irrémédiablement perdue pour l'élevage du cheval à sang chaud de Moravie[4].
Essais de performance
modifierL'évaluation des aptitudes fonctionnelles du cheval à sang chaud de Moravie s'effectue de deux manières : par des épreuves de performance et sur la base de la carrière sportive. Depuis 2013, les règles relatives aux épreuves de performance ont été modifiées afin de mieux s'adapter à la polyvalence de la race. L'épreuve peut être réalisée sous la selle ou à l'attelage. Les juments et les étalons sont présentés au pas et au trot à la main, en liberté, dans les trois allures. Viennent ensuite un saut en liberté de 110 cm et un test de mécanique du mouvement sur le carré de dressage. Les juments effectuent ensuite un parcours de cross de 2 km comprenant plusieurs obstacles de terrain et un passage à gué. Les juments attelées ne sont pas tenues d'effectuer le saut en liberté. Le ZZUV (test de base des aptitudes utilitaires) est une condition préalable à l'inscription d'une jument au registre HPK.
L'épreuve des étalons est plus exigeante. Tous les étalons doivent passer par une présélection au cours de laquelle ils démontrent leur mécanique de mouvement, tant sous la main qu'en liberté, jusqu'à 120 cm. Les propriétaires des étalons présélectionnés peuvent ensuite choisir entre une épreuve sous la selle ou à l'attelage. Les étalons doivent passer un test de mécanique de mouvement sur le carré de dressage et un parcours d'obstacles ; ils sont ensuite évalués par un cavalier d'essai ou un cocher, et l'épreuve se termine par une épreuve de cross-country. Avant d'être admis à la reproduction, les étalons doivent avoir mené une carrière sportive. Les chevaux doivent être âgés d'au moins quatre ans au moment de passer l'examen. Les étalons peuvent également être admis à la reproduction sur la base de leurs performances sportives ; ils doivent alors atteindre le niveau « S » dans les disciplines sous la selle et le niveau « T » en attelage.
Par le passé, les descendants de la lignée austro-hongroise ont prouvé qu’ils étaient capables de pratiquer le sport au plus haut niveau. Pour n’en citer que quelques-uns, dans le saut d’obstacles, Havana, Iluze, Przedswit Horymír, Pramen, Rytmus et Oran se sont illustrés, tous au niveau « T » ou « TT ». En dressage, on peut citer Ivo et Komtesa, et en concours complet, Renata, Furioso VII et bien d’autres encore. Dans l'histoire récente, les chevaux à sang chaud de Moravie commencent à faire leur apparition dans toutes les disciplines équestres et, étant donné qu'il s'agit principalement de jeunes chevaux, ils s'en sortent plutôt bien. Il semble que leur discipline de prédilection soit avant tout le concours complet, où ils ont pour l'instant atteint le niveau (S), mais ils s'en sortent également bien en dressage (TT), en endurance (L), en saut d'obstacles (ST*) et en attelage (TT)[4].
Diffusion de l'élevage
modifierLa race est indiquée comme rare sur la base de données DAD-IS[7], CAB International précisant qu'elle se trouve au bord de l'extinction (2016). En 2017, les effectifs recensés se situent entre 390 et 400 têtes[7]. L'étude menée par l'Université d'Uppsala, publiée en pour la FAO, signale le Morave comme race locale d'Europe dont le niveau de menace est inconnu[10].
Notes et références
modifier- ↑ (en) « Horse Isle: Big Book of Breeds: Moravian Warmblood » (consulté le )
- ↑ (cs) « Muzeum Kroměřížska: Naše koně », (consulté le )
- ↑ (cs) « Národní hřebčín Kladruby nad Labem » (consulté le )
- 1 2 3 4 5 6 (cs) « Sborník Moravský teplokrevník »,
- 1 2 3 Porter et al. 2016, p. 459.
- 1 2 3 (en) « Fans succeed in resurrecting extinct Moravian horse breed | Prague Monitor », sur praguemonitor.com (consulté le )
- 1 2 3 4 5 DAD-IS.
- ↑ (cs) Stejskalová Jana, Analýza chovu moravského teplokrevníka v České republice, Brno, Mendelova univerzita v Brně, Agronomická fakulta, , 54 p. (lire en ligne)
- 1 2 (cs) « Svaz chovatelů a příznivců moravského teplokrevníka: Historie moravského teplokrevníka » (consulté le )
- ↑ (en) Rupak Khadka, « Global Horse Population with respect to Breeds and Risk Status », Uppsala, Faculty of Veterinary Medicine and Animal Science - Department of Animal Breeding and Genetics, , p. 59 ; 70.
Annexes
modifierArticles connexes
modifierLiens externes
modifier- « Morave : le cheval de Moravie, rustique, endurant et discret »
- (en) « Moravsky teplokrevnik / Czech Republic (Horse) », Domestic Animal Diversity Information System of the Food and Agriculture Organization of the United Nations (DAD-IS)
Bibliographie
modifier- [Porter et al. 2016] (en) Valerie Porter, Lawrence Alderson, Stephen J. G. Hall et Dan Phillip Sponenberg, Mason's World Encyclopedia of Livestock Breeds and Breeding, CAB International, , 6e éd., 1 107 p. (ISBN 1-84593-466-0, OCLC 948839453), « Czech », p. 459.
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