Mundiya Kepanga

chef papou

Mundiya Kepanga, de son nom traditionnel Ukuma Mundiya Kepanga, né vers 1965 à Anda Mini dans la région de Tari (province de Hela), est un chef coutumier huli (en) de Papouasie-Nouvelle-Guinée, connu pour son engagement en faveur de la protection des forêts primaires et du dialogue entre les cultures[1],[2],[3].

Mundiya Kepanga
Mundiya Kepanga
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Distinction

Révélé en France par le documentaire L'Exploration inversée (2008), dans lequel il observe la société française à la manière des Lettres persanes, il est ensuite le protagoniste du documentaire Frères des arbres (2017), lauréat notamment du prix du public du Greenpeace Film Festival et du Festival international du film documentaire océanien[4],[5], puis de Gardiens de la forêt, le temps des solutions (2023), diffusés sur Arte. Il a fait don de quatre ensembles de parures cérémonielles à des musées européens, dont le musée de l'Homme et le musée d'ethnographie de Genève[6]. En 2024, il est reçu par le pape François[2] et reçoit le titre de docteur honoris causa de l'université Le Havre Normandie[7].

Biographie

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Traditionnellement nommé Ukuma Mundiya Kepanga, Mundiya est né au milieu des années 1960 au cœur des Hautes Terres de Papouasie-Nouvelle-Guinée dans une petite case construite spécialement pour sa naissance à Anda Mini, un lieu-dit situé dans la région de Telabo. Appartenant au clan Telabo Angi Puria, il fait partie de la tribu des Hulis dont les membres se concentrent autour de la région de Tari située au centre de la province de Hela. Menant une existence simple et traditionnelle, il vit de la culture des patates douces et de l’élevage des cochons. Adolescent, il fait pousser ses cheveux pour obtenir une manda, une perruque rituelle liée à la période d’initiation des jeunes hulis. Depuis, il cultive l’art des parures et des plumes et fait partie du groupe de sing-sing, le groupe de danse traditionnelle de sa communauté.

Après une rencontre en septembre 2001 avec le photographe français Marc Dozier spécialiste de la Papouasie-Nouvelle-Guinée, Mundiya devient le guide du reporter et l’accompagne durant plusieurs semaines afin de l’aider à réaliser un reportage sur sa tribu. Cette rencontre donnera lieu à la réalisation du reportage Dans la maison des hommes publié par le magazine Grands Reportages[8].

Touché par l’amitié et la générosité de Mundiya, Marc Dozier aidé par l’agent de voyage français Philippe Gigliotti, décide de l’inviter à venir découvrir l’Hexagone en 2003, accompagné par son cousin Polobi Palia. L’invitation amicale prend vite une dimension inattendue et l'enthousiasme soulevé par leur présence et la pertinence de leurs observations ont donné lieu à la publication du livre Le long-long voyage aux éditions Dakota[9].

Le chef Mundiya Kepanga en compagnie de Marc Dozier (à gauche) et d'un spectateur originaire de Wallis-et-Futuna, lors d'une projection de L'Exploration inversée, à Saint-Loubès (Gironde), le 28 avril 2026.

Fin 2006 - début 2007, Mundiya et son cousin Polobi sont réinvités en France mais ce nouveau voyage donne naissance à la réalisation du documentaire de 100 minutes intitulé L’Exploration Inversée (Un film de Jean-Marie Barrère et Marc Dozier – Production Bonne Pioche)[10]. Au cours du film, Mundiya et son cousin Polobi explorent l’Hexagone et commentent les us et coutumes des Français à la façon des Lettres persanes de Montesquieu. Diffusé pour la première fois sur Canal+ le , le film qui rencontre un certain succès sera ensuite repris sur de nombreuses chaînes françaises et internationales.

De 2008 à 2015, Mundiya revient en Europe à plusieurs reprises et donne de nombreuses conférences en France, en Belgique, en Suisse, au Luxembourg, aux États-Unis… À l’occasion de ces rencontres, il invite à jeter un nouveau regard sur les peuples du monde dans un esprit de tolérance et de respect[11].

En 2012, avec l’aide de son ami français Marc Dozier qui traduit et adapte ses propos, Mundiya publie sa biographie Au pays des hommes blancs, les mémoires d'un Papou en Occident (Édition Niugini)[12], qui dévoile sa conception pleine d'humour et de philosophie du monde occidental. Le début de l’ouvrage est très révélateur du style direct et du renversement de point de vue opéré par Mundiya : « C’est vous, les Blancs, qui avez inventé les livres… Moi, je ne sais ni lire, ni écrire mais j’ai beaucoup de choses à raconter sur votre drôle de tribu ! »[11].

Cette même année, après avoir appris la restitution d’un crâne maori aux communautés autochtones de Nouvelle-Zélande par Sébastien Minchin, le directeur du Muséum d’histoire naturelle de Rouen[13], Mundiya Kepanga décide d’offrir un ensemble complet des parures de sa tribu aux collections du musée[14]. Au cours de la cérémonie officielle de donation, le , il déclare : « Je suis très fier de remettre mes parures entre vos mains. Je sais que vous en prendrez soin. Plus tard, lorsque je serais mort, vos enfants et les enfants de vos enfants pourront encore les admirer et comprendre leur sens pour ma tribu. C’est un pont que nous construisons entre nos deux mondes. »[11]. Nommé Djeri en langue Huli, l’ensemble est actuellement exposé au troisième étage du Muséum d’histoire naturelle de Rouen dans une vitrine qui lui est spécialement réservée et ouvre la section Océanie.

Cette première remise donnera lieu à trois autres legs dans de grands musée européens. Le , Mundiya Kepanga remet ses parures au musée de l’Homme à Paris, dans le but de favoriser le dialogue entre les cultures[15]. Le , il remet ses parures et de sa perruque Manda Ongolo au Muséum d’Histoire Naturelle de Bourges[16]. Le , il remet ses parures et de sa perruque Manda Kindéria au Musée d’Ethnographie de Genève en Suisse.

Dans le cadre de la Conférence de Paris de 2015 sur les changements climatiques (COP21) et en tant que chef traditionnel, Mundiya Kepanga est invité à participer à plusieurs conférences. Il participe notamment, le , aux côtés de Nicolas Hulot, Gilles Bœuf et du cacique Raoni Metuktire, à la conférence Peuples autochtones face aux changements climatiques organisée au Muséum national d'histoire naturelle de Paris[17]. Il y exprime sa vision du dérèglement climatique et son impact sur sa communauté.

Le samedi , Mundiya Kepanga témoigne également des changements climatiques devant les chefs d’Etats à l’auditorium de l’Unesco dans le cadre des Universités de la Terre[18], lors de la conférence Comment apprendre de l'Autre ?, rassemblant alors plus d’une centaine de personnalités parmi lesquelles Jacques Attali, Isabelle Autissier, Jean-Louis Etienne, Nicolas Hulot, Corinne Lepage, Bertrand Piccard, Raoni Metuktire et Reza Deghati[réf. nécessaire].

Orthographe de son nom

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La langue Huli n’étant pas une langue écrite, l’orthographe du nom de Mundiya n’est pas clairement établie. On trouve plusieurs variantes : Mudeya, Mundeya, Mundiya… L’orthographe la plus couramment retenue est celle qui figure sur son passeport : Mundiya Kepanga.

Bibliographie – Principaux livres et articles

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  • Mundi et la plume magique, Éditions Moai et Niugini, 56 pages, textes : Céline Ripoll, illustrations : Anna Aparicio Català, introduction et idée originale : Marc Dozier, 2026.
  • Au pays des Hommes blancs, Éditions Niugini, 440 pages, sixième édition illustrée, 2026.
  • Au pays des Hommes blancs, Éditions Niugini, 408 pages, cinquième édition, 2025.
  • L'étrange tribu des Français, Éditions Niugini, 56 pages, 2023.
  • Gardiens de la forêt, Éditions du Seuil, 216 pages, texte : Claire Eggermont & Marc Dozier, préface : Francis Hallé, 2023.
  • Contes des gardiens de la forêt, Éditions Seuil Jeunesse, 56 pages, textes : Céline Ripoll, illustrations : Anna Aparicio Català, introduction et idée originale : Marc Dozier, 2023.
  • Au pays des Hommes blancs, Éditions Niugini, 380 pages, quatrième édition, 2023.
  • Contribution of indigenous peoples to the definition of health on the occasion of the COP 21, co-auteur avec Philippe Charlier, Yves Coppens, Jean Malaurie, Brun, Hoang-Opermann, Hassin, Hervé, Paris, 2015.
  • Autopsie de l'Art premier, Préface du livre du paléopathologiste Philippe Charlier, Éditions du Rocher, Paris 2012.
  • La fabuleuse tribu des Papous, Éditions Plume de carotte, 56 pages, 2021.
  • Au pays des Hommes blancs, Éditions Niugini, 320 pages, troisième édition, 2019.
  • La Tribu des Américains, Éditions Niugini, 320 pages, 2017.
  • Au pays des Hommes blancs, Éditions Niugini, 256 pages, deuxième édition, 2016.
  • Le cabaret du bout du monde, le Lido chez les Papous, Éditions Niugini, 164 pages, 2013.
  • Au pays des Hommes blancs, Éditions Niugini, 184 pages, 2012.
  • La tribu des Français vue par des Papous, Dakota éditions, 288 pages, 2009.
  • L’Exploration inversée, magazine Grands Reportages, 14 pages, no 312, .
  • Le long – long voyage, Dakota éditions, 200 pages, 2006.
  • Dans la maison des hommes, magazine Grands Reportages, no 240, 14 pages, 2002.

Filmographie

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  • Gardiens de la forêt, le temps des solutions, production Lato Sensu, 52 minutes, un film de Marc Dozier (2023).
  • Frères des arbres, production Lato Sensu, 85 minutes, un film de Marc Dozier et Luc Marescot (2017).
  • Un Papou à Binche, production Niugini, 7 minutes, un film de Marc Dozier.
  • Danse avec les Papous, production One Planet, 52 minutes, un film de Jean-Marie Barrère et Marc Dozier.
  • L’Exploration inversée, production Bonne Pioche, 104 minutes, un film de Jean-Marie Barrère et Marc Dozier.

Notes et références

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  1. ↑ « Les tribulations d'un Papou en France », sur Le Nouvel Observateur, (consulté le )
  2. 1 2 « Un gardien de la forêt primaire de Papouasie reçu par le Pape », sur Vatican News, (consulté le )
  3. ↑ « Mundiya Kepanga, un chef papou fidèle à ses racines », sur Le Courrier de l'UNESCO, (consulté le )
  4. ↑ « Frères des Arbres remporte la 2e édition du Greenpeace Film Festival », sur Greenpeace France, (consulté le )
  5. ↑ Tahiti-Agenda, « Le palmares du Fifo 2018 », sur Tahiti Agenda, vos sorties du fenua, (consulté le )
  6. ↑ « Le MEG reçoit une parure traditionnelle de Papouasie-Nouvelle-Guinée », Musée d'ethnographie de Genève, (consulté le )
  7. ↑ « Mundiya Kepanga, un chef papou devenu doctorant », sur Ouest Track Radio (consulté le )
  8. ↑ Magazine Grands Reportages, no 240, janvier 2002
  9. ↑ Le long-long voyage, Dakota édition, 195 pages, 2007, (ISBN 2846401918)
  10. ↑ Le site de Bonne Pioche Production
  11. 1 2 3 « FAIT DU JOUR Événement : Mundiya Kepanga, un Papou dans la ville ! – Objectif Gard » (consulté le )
  12. ↑ Au Pays des hommes blancs, édition Niugini, 188 pages, 2012, (ISBN 978-2953887327).
  13. ↑ Affaire des têtes maories Affaire des têtes maories
  14. ↑ Délibération 8-6 du Vendredi 6 juillet 2012 - ville de Rouen
  15. ↑ « Une parure du chef papou Mundiya Kepanga offerte au Musée de l'Homme », sur Franceinfo, (consulté le )
  16. ↑ Reportage France Bleue
  17. ↑ Présentation par le Musée d’histoire naturelle de Paris
  18. ↑ Site de l’Université de la Terre

Sources

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Voir aussi

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