NCSM Moose
Le NCSM Moose était un yacht armé en service dans la Marine royale canadienne (MRC) durant la Seconde Guerre mondiale. Initialement le yacht Cleopatra construit en 1930 au Massachusetts, ce navire fut acquis en 1940 pour la défense portuaire. Après la guerre, le Moose fut vendu à un particulier et transformé en yacht de plaisance. Toujours en service de nos jours, il a porté successivement les noms de Fraternité, Ottelia, Shogun, Naroma, Eretria, Candida A et (depuis 2019) Uthingo.
| NCSM Moose | |
| Autres noms | Cleopatra Fraternité Ottelia Shogun Naroma Eretria Candida A Uthingo |
|---|---|
| Type | Yacht armé |
| Fonction | militaire / civil |
| Histoire | |
| A servi dans | |
| Chantier naval | George Lawley & Son, Neponset, Massachusetts[1],[2],[3] |
| Fabrication | acier |
| Lancement | 1930[1],[2],[3] |
| Acquisition | 1940 |
| Commission | 8 septembre 1940[1],[2] |
| Statut | Désarmé le 20 juillet 1945[1],[2], vendu pour un usage privé en 1946 |
| Caractéristiques techniques | |
| Longueur | 39,6 m |
| Maître-bau | 6,7 m |
| Tirant d'eau | 2,7 m |
| Déplacement | 267 tonnes |
| Vitesse | 12 nœuds (22 km/h) |
| Caractéristiques militaires | |
| Armement | 1 canon de marine de 12 livres QF 12 cwt Charges de profondeur |
| Électronique | ASDIC |
| Carrière | |
| Pavillon | |
| Indicatif | Z14[2],[3] |
| modifier |
|
Description
modifierQuand il servait dans la Marine royale canadienne, le Moose avait un déplacement de 267 tonnes, une longueur de 39,6 m, une largeur de 6,7 m et un tirant d'eau de 2,7 m. Le navire atteignait une vitesse maximale de 12 nœuds (22 km/h) et son équipage était composé de 5 officiers et 35 marins. Il était armé d'un canon de marine de 12 livres QF 12 cwt à l'avant et de rails pour grenades anti-sous-marines[4].
En 2019, le yacht Uhtingo, rénové en 2001, affichait un tonnage de 256 tonnes de jauge brute (TJB) et un tonnage net de 114 tonnes (TN). Le yacht mesure 40,54 m de longueur hors tout et 38,5 m de longueur entre perpendiculaires, pour une largeur de 6,74 m et un tirant d'eau maximal de 3,05 m. Il est propulsé par deux hélices entraînées par deux moteurs diesel General Motors 16V 71N d'une puissance combinée de 1360 chevaux (1010 kW), lui permettant d'atteindre une vitesse maximale de 15 nœuds (28 km/h) avec une autonomie de 6500 km à 11 nœuds (20 km/h). Le pont de l'Uhtingo est en teck. Le yacht nécessite un équipage de 7 personnes et peut accueillir 11 passagers[5].
Historique
modifierLe yacht fut construit en 1930 par George Lawley & Son dans leur chantier naval de Neponset, au Massachusetts[1],[2],[4]. Baptisé Cleopatra, il avait été commandé par A. C. Murphy de l’État de New York[6].
Avec le début de la Seconde Guerre mondiale en 1939, la Marine royale canadienne (MRC) souhaitait renforcer les défenses maritimes des ports côtiers. Elle recherchait de grands yachts à coque d'acier à réquisitionner. Cependant, les Canadiens ne possédaient que très peu de navires adaptés. Le Canada se tourna alors vers son voisin du sud pour trouver des navires appropriés et en trouva plusieurs répondant aux exigences de la marine. Toutefois, les lois américaines sur la neutralité empêchaient leur vente aux belligérants. Afin de contourner ces lois, la MRC réquisitionna les yachts de plaisanciers canadiens de renom, puis les envoya aux États-Unis pour acheter les yachts identifiés par la marine, sans que le gouvernement américain ne sache qu'ils travaillaient pour elle. Le financement de l'acquisition des navires fut assuré par le gouvernement du Canada au moyen de prêts bancaires[7].
Ralph P. Bell était armateur, propriétaire de plusieurs sociétés offshore et ancien secrétaire de la Commission de secours d'Halifax, en plus d'être membre du Royal Nova Scotia Yacht Club. Bell figurait parmi les personnes sélectionnées par la Marine royale canadienne (MRC) pour être envoyées dans le sud afin d'acquérir de nouveaux yachts. Il reçut l'ordre d'acheter le Cleopatra et traita avec des courtiers en yachts à New York pour acquérir le navire[8].
Le yacht quitta Halifax (Nouvelle-Écosse) le 3 juin 1940[1],[2], en même temps que le Otter, pour être transformé en yacht armé à Québec[1],[2],[3][9]. Cette transformation impliquait le retrait de la plupart des ornements luxueux et l'installation d'armements navals. Outre l'installation de ces armements, le Moose nécessita d'autres modifications, notamment l'ajout de quilles de roulis pour améliorer sa stabilité et la modification de la poupe pour accueillir les rails de lancement des grenades anti-sous-marines[10]. Le navire fut mis en service dans la MRC le 8 septembre 1940[1],[2] à Québec, puis affecté à la Force de défense locale d'Halifax[3],[4]. Le Moose resta au sein de cette unité jusqu'en mai 1942, date à laquelle il fut réaffecté à Sydney (Nouvelle-Écosse)[1],[2],[3]. Le canon principal fut retiré en raison de l'absence de menace de surface pour la marine marchande alliée dans la région, mais les grenades anti-sous-marines furent conservées[11]. En mai 1943, le Moose fut retiré du service de première ligne et envoyé au centre d'entraînement NCSM Cornwallis, où il servit de navire-école et de navire d'inspection[1],[2],[4]. De plus, après le naufrage du ferry Caribou, les yachts armés stationnés à Cornwallis escortaient le ferry Princess Helen lors de la liaison entre Saint-Jean (Nouveau-Brunswick) et Digby (Nouvelle-Écosse)[12].
Le Moose fut désarmé le 20 juillet 1945. En 1946, le navire fut vendu à Marine Industries Ltd. et rebaptisé Fraternité[1],[2],[4]. Il fut ensuite transformé en yacht de plaisance pour Joseph Simard, président de Marine Industries[13]. En 1956, il fut vendu à W.E. Pennick de La Nouvelle-Orléans (Louisiane) et rebaptisé Ottelia[1],[2],[4],[14]. La propriété de l'Ottelia fut ensuite transférée à A. H. Schaupeter, qui utilisa le yacht dans le golfe du Mexique jusqu'en 1974. Cette année-là, il le vendit à la société Green Seas de Gibraltar. L'Ottelia fut alors immatriculé à Southampton, en Angleterre, et son port d'attache était Monaco[14]. Le yacht, toujours en service, a connu plusieurs autres propriétaires et changements de nom, notamment Shogun, Naroma, Eretria, Candida A et Uthingo[5].
Commandants
modifierNotes et références
modifier- (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « HMCS Moose » (voir la liste des auteurs).
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 (en) « HMCS MOOSE S03 / Z14 », sur For Posterity's Sake (consulté le ).
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 (en) « HMCS MOOSE (1st) - Ships of the Royal Canadian Navy », sur ReadyAyeReady.com (consulté le ).
- 1 2 3 4 5 6 « Moose (H.M.C.S.) (I) », sur Nauticapedia (consulté le ).
- 1 2 3 4 5 6 Macpherson et Barrie 2002, p. 208.
- 1 2 (en) « Yacht UTHINGO, George Lawley & Son Corp », sur CHARTERWORLD Luxury Superyacht Charters (consulté le ).
- ↑ McKee 1983, p. 160.
- ↑ McKee 1983, p. 53, 63-64.
- ↑ McKee 1983, p. 63, 77.
- ↑ Macpherson et Barrie 2002, p. 208-209.
- ↑ McKee 1983, p. 90, 93.
- ↑ McKee 1983, p. 127.
- ↑ McKee 1983, p. 145.
- ↑ McKee 1983, p. 73, 160.
- 1 2 McKee 1983, p. 162.
Bibliographie
modifier- Ken Macpherson et Ron Barrie, The Ships of Canada's Naval Forces 1910-2002, St. Catharines, Ontario, Vanwell Publishing, (ISBN 1-55125-072-1).
- Fraser McKee, The Armed Yachts of Canada, Erin, Ontario, The Boston Mills Press, (ISBN 0-919822-55-X, lire en ligne).