Nabil Ahamjik

activiste marocain

Nabil Ahamjik (en arabe : نبيل أحمجيق ; en tamazight : ⵏⴰⴱⵉⵍ ⴰⵃⵎⵊⵉⵇ en tifinagh), né en 1984 à Al Hoceïma (Maroc), est un militant politique et activiste rifain. Considéré comme le numéro deux, le principal stratège politique et le « cerveau » organisationnel du Hirak du Rif aux côtés de Nasser Zefzafi, il a été arrêté en 2017 et condamné à une peine de 20 ans de prison ferme.

Nabil Ahamjik
Nom de naissance Nabil Ahamjik
نبيل أحمجيق
Naissance
Al Hoceïma (Maroc)
Nationalité Marocaine
Profession
Militant politique, activiste, entrepreneur

Biographie

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Jeunesse et profil professionnel

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Nabil Ahamjik grandit à Al Hoceïma. Diplômé en gestion et comptabilité, il travaille dans le secteur privé et gère une petite entreprise locale avant le déclenchement des événements en 2016[1]. Ce profil de jeune cadre dynamique, pragmatique et inséré dans le tissu économique local lui confère une forte crédibilité auprès de la classe moyenne et des commerçants de la province lors de son entrée en militantisme.

Le « cerveau » organisationnel du Hirak

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À la suite de la mort de Mohcine Fikri en octobre 2016, il s'investit immédiatement dans le mouvement de contestation populaire. Alors que Nasser Zefzafi incarne le visage charismatique et tribun de la contestation sur le terrain, Ahamjik est rapidement décrit par les observateurs et la presse arabophone comme le « dynamo », le « stratège » ou le coordinateur politique du mouvement[2],[3].

Doté d'un profil plus gestionnaire, il est le principal maître d'œuvre du « Cahier des revendications populaires » (*المَلفّ المَطلَبي*), un document de consensus rédigé après consultation des comités de quartier et des corporations professionnelles (marins-pêcheurs, artisans)[4]. Ce texte, qui détaille les besoins économiques, sociaux et culturels de la région tout en excluant explicitement toute demande politique séparatiste, sert de base de négociation unique face aux délégations ministérielles dépêchées par le gouvernement de Rabat. Ahamjik veille également à la mise en place de structures d'autodiscipline (comités de nettoyage, chaînes humaines de sécurité) pour préserver le caractère strictement pacifique (*Silmiya*) des marches quotidiennes face aux forces de l'ordre.

Arrestation et procès

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À la suite de l'interruption d'un prêche du vendredi dans une mosquée par Nasser Zefzafi, les autorités marocaines lancent des mandats d'arrêt contre l'ensemble du comité de direction du Hirak. Après une brève cavale dans les montagnes entourant Al Hoceïma, Nabil Ahamjik est arrêté par la police nationale le [5].

Comme ses compagnons, il est transféré à la prison d'Oukacha à Casablanca pour y être jugé par la chambre criminelle de la Cour d'appel. Le parquet l'accuse notamment de « complot visant à porter atteinte à la sécurité de l'État » et d'« atteinte à l'intégrité territoriale du Royaume ». Lors de ses auditions devant le tribunal, Ahamjik récuse point par point les accusations de haute trahison ou de financement étranger, affirmant que le mouvement n'a fait qu'exercer un droit constitutionnel face à la défaillance des services publics dans le Rif.

Le , il est condamné à une peine de 20 ans de prison de prison ferme, une sentence identique à celle infligée à Nasser Zefzafi[6]. À l'instar des autres cadres du mouvement, il refuse à plusieurs reprises d'introduire des demandes de grâce royale individuelles, estimant que le Hirak n'a commis aucun crime et exigeant la libération collective et inconditionnelle de tous les détenus. Cette condamnation suscite l'indignation de plusieurs organisations internationales de défense des droits humains, qui qualifient le procès de parodie de justice politique[7]. En avril 2019, la peine est confirmée en appel.

Conditions de détention

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Incarcéré à la prison locale de Ras El Ma à Fès, puis transféré dans d'autres établissements pénitentiaires du pays, Nabil Ahamjik observe plusieurs grèves de la faim successives aux côtés d'autres détenus du mouvement. Ces actions visent à protester contre l'isolement cellulaire, à réclamer l'amélioration de leurs conditions de détention ainsi que leur regroupement géographique dans une prison plus proche de leurs familles dans le nord du Maroc[8].

Notes et références

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  1. (ar) « من هو نبيل أحمجيق "دينامو" حراك الريف ؟ », sur Hespress, .
  2. « Maroc : qui sont les leaders du Hirak du Rif condamnés à Casablanca ? », sur Jeune Afrique, (consulté le ).
  3. (ar) « أحمجيق.. العقل المدبر لـ"حراك الريف" أمام القضاء », sur Lakome, .
  4. « Rif: Nabil Ahamjik, le stratège du Hirak », sur L'Économiste, (consulté le ).
  5. « Maroc : arrestation de Nabil Ahamjik, considéré comme le numéro 2 du Hirak », sur Le Monde, (consulté le ).
  6. « Maroc : lourdes peines de prison pour les leaders du Hirak du Rif », sur La Croix, (consulté le ).
  7. « Maroc. Les lourdes peines prononcées contre des manifestants du Rif sont une parodie de justice », sur Amnesty International, (consulté le ).
  8. « Maroc: les prisonniers du Hirak du Rif suspendent leur grève de la faim », sur RFI, (consulté le ).

Voir aussi

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