Nahman de Bratslav

rabbin ukrainien

Nahman de Bratslav (hébreu : רבי נחמן מברסלב, Rabbi Nahman mi-Breslev), né le à Medjybij et mort le à Ouman, est un rabbin et maître hassidique, fondateur du mouvement de Bratslav[1].

Nahman de Bratslav
Image illustrative de l’article Nahman de Bratslav
Tombe de Rabbi Nahman à Ouman
Présentation
Nom de naissance Nahman ben Simha
Surnom(s) Nahman de Breslev
Naissance
Medjybij
Décès (à 38 ans)
Ouman
Lieu de sépulture Ouman
Ses disciples Nathan de Bratslav
Père Simha
Mère Feyga

Arrière-petit-fils du Baal Shem Tov par sa mère, il développe un enseignement centré notamment sur la prière personnelle, la joie, la simplicité religieuse et la relation individuelle à Dieu[1].


Ses enseignements sont principalement transmis par son disciple Nathan de Bratslav, qui les rassemble et les publie après sa mort[1].

Nahman meurt sans désigner de successeur. Le mouvement Bratslav se maintient néanmoins autour de ses écrits, de ses disciples et du kibboutz de Rosh Hashana, rassemblement annuel de ses disciples à Ouman à l'occasion de Roch Hachana[1].

Portrait traditionnel de Nahman de Bratslav.

Biographie

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Origines et jeunesse

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Nahman ben Simha naît le 4 avril 1772 à Medjybij, en Podolie, alors située dans la république des Deux Nations. Il appartient, par sa mère Feiga, à la famille du Baal Shem Tov, dont il est l'arrière-petit-fils. Son grand-père paternel, Nahman de Horodenka, compte également parmi les premières figures du mouvement hassidique[1].

Il grandit ainsi dans un milieu directement lié aux premières générations du hassidisme, au moment où celui-ci commence à s'organiser autour de lignées de maîtres héréditaires. Selon Arthur Green, son ascendance le prédestinait, dans ce contexte, à exercer lui-même une fonction de direction religieuse[1].

Les traditions bratslav rapportent dès son enfance des pratiques religieuses intenses et des comportements ascétiques. Les historiens modernes utilisent toutefois ces récits avec prudence, en raison de leur caractère en partie hagiographique[2].

Mariage et premiers disciples

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Encore adolescent, Nahman se marie et s'installe auprès de la famille de son épouse. Il vit d'abord dans la région d'Ossatin, puis à Medvedevka, où il commence à attirer autour de lui un premier cercle de disciples[2],[3].

Dans les premières années de son activité, il se montre critique envers certaines formes prises par le hassidisme de son époque, en particulier l'institutionnalisation de la fonction de rebbe et la recherche de prestige entourant certains maîtres hassidiques[2],[1].

Voyage en Terre d'Israël

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En 1798, Nahman entreprend un voyage en Terre d'Israël, accompagné d'un disciple. Il quitte Medvedevka au printemps 1798 et séjourne notamment à Haïfa, Safed et Tibériade[2],[4].

Le voyage se déroule dans le contexte de la campagne d'Égypte et de Syrie de Napoléon Bonaparte, alors que les combats affectent une partie de la région. Nahman quitte finalement la Terre d'Israël en 1799[2],[3].

Nahman accorde par la suite une importance déterminante à ce séjour dans son évolution spirituelle. Arthur Green considère ce voyage comme un tournant majeur de sa trajectoire : s'il possède déjà quelques disciples avant son départ, c'est surtout après son retour qu'il assume plus nettement un rôle public de maître hassidique[2],[1].

Les récits bratslav consacrés à ce voyage comportent plusieurs épisodes à caractère miraculeux ou symbolique. Dans une approche historique, ces traditions sont généralement distinguées des éléments biographiques qui peuvent être établis par recoupement documentaire[2].

Zlatopol et Bratslav

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Peu avant Roch Hachana 1800, Nahman s'installe à Zlatopol, où il entre rapidement en conflit avec plusieurs autorités hassidiques locales. Ces tensions s'inscrivent dans une opposition plus large avec certains maîtres hassidiques de son époque[2],[1],[5].


En 1802, il quitte Zlatopol et s'installe à Bratslav, ville qui donne ensuite son nom au mouvement formé autour de lui[1],[3].

C'est à Bratslav que son cercle de disciples se structure durablement et que son enseignement prend la forme sous laquelle il sera transmis après sa mort[2],[1].

Nathan de Bratslav

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En 1802, Nahman rencontre Nathan Sternhartz de Nemirov, qui devient son principal disciple, son secrétaire et le principal transmetteur de son enseignement[6],[7].

Nathan consigne les enseignements formels de Nahman et joue un rôle déterminant dans leur mise par écrit, leur publication et leur diffusion. Après la mort de Nahman, il devient la principale figure organisatrice du mouvement sans toutefois prendre le titre de rebbe ni être considéré comme son successeur dynastique[6],[7].

La transmission assurée par Nathan est essentielle à la constitution ultérieure du corpus bratslav, notamment du Likouté Moharan, des conversations de Nahman et des récits biographiques relatifs à sa vie[6],[7].

Controverses

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La carrière de Nahman est marquée par plusieurs controverses avec d'autres dirigeants hassidiques. La plus connue l'oppose à Aryeh Leib de Shpola, le « Shpoler Zeide »[1],[2].

Ces conflits portent à la fois sur sa conception du rôle du tsadik, sur son style de direction spirituelle et sur certaines de ses déclarations concernant sa propre mission religieuse. Arthur Green souligne que Nahman développe une conception particulièrement exigeante et singulière de l'autorité spirituelle, qui le distingue d'une partie du monde hassidique contemporain[2].

Les récits bratslav interprètent souvent ces oppositions comme faisant partie intégrante de la vocation spirituelle de Nahman. Les historiens modernes les replacent plutôt dans le contexte des rivalités entre cours hassidiques et de la structuration du mouvement hassidique au tournant du XIXe siècle[2],[1].

Dernières années et installation à Ouman

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Au cours des dernières années de sa vie, Nahman est atteint de tuberculose[2],[3].

En 1810, après l'incendie de sa maison à Bratslav, il s'installe à Ouman. Il choisit cette ville notamment en raison de la présence des tombes de nombreux Juifs tués lors des massacres de 1768 liés à la révolte des Haidamaks[2],[1].

La tombe de Nahman de Bratslav à Ouman au début du XXe siècle.

Nahman meurt à Ouman le 16 octobre 1810, à l'âge de 38 ans, et y est inhumé[1],[2].

Avant sa mort, il avait demandé à ses disciples de continuer à se réunir à Roch Hachana. Ce rassemblement devient après sa disparition le Kibboutz de Rosh Hashana, centré progressivement autour de sa tombe à Ouman[6],[7].

Enseignement

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L'enseignement de Nahman de Bratslav se caractérise par une forte insistance sur l'expérience religieuse individuelle, la prière personnelle, la foi, la joie et le rôle du tsadik. Il développe également une pensée mystique originale, qui accorde une place importante à l'imagination, au doute, aux états de crise spirituelle et au langage symbolique[2],[8],[9].

Hitbodedout

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Nahman accorde une place centrale à l'hitbodedout, pratique de prière personnelle et spontanée accomplie en dehors de la liturgie communautaire. Il recommande à ses disciples de consacrer régulièrement un temps à une parole directe adressée à Dieu, dans la langue qu'ils utilisent quotidiennement[2],[1].

Cette pratique s'inscrit dans une tradition plus ancienne de retrait et de contemplation dans le judaïsme mystique, mais Nahman lui donne une place particulièrement importante dans la vie religieuse quotidienne[10].

Dans le mouvement Bratslav, l'hitbodedout devient l'une des pratiques les plus caractéristiques de l'enseignement de Nahman[2],[11].

Joie et lutte contre le désespoir

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La joie occupe une place importante dans l'enseignement de Nahman. Il présente la tristesse et le désespoir comme des obstacles majeurs à la vie religieuse et insiste sur la nécessité de rechercher des éléments positifs en soi-même et chez autrui[2],[1].

Cet enseignement est notamment associé au passage connu sous le nom d'Azamra, dans lequel Nahman invite à rechercher le « point positif » chez chaque individu, même lorsque celui-ci semble spirituellement éloigné[8].

La formule « Il n'existe absolument aucun désespoir dans le monde », fréquemment citée dans la tradition bratslav, résume l'un des thèmes les plus connus de son enseignement et de sa réception ultérieure[2],[8].

Foi, imagination et raison

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Nahman entretient un rapport complexe à la raison philosophique. Il critique certaines formes de spéculation intellectuelle lorsqu'elles conduisent, selon lui, à éloigner l'individu de la foi religieuse, tout en utilisant lui-même des constructions intellectuelles et symboliques élaborées[2],[12].

Zvi Mark souligne la place particulière de l'imagination dans la pensée de Nahman : loin d'être seulement considérée comme une source d'erreur, elle peut également jouer un rôle dans l'expérience religieuse, la foi et la perception du monde spirituel[8].

Joseph Weiss a également insisté sur le caractère singulier de la pensée de Nahman dans le contexte du hassidisme d'Europe orientale et sur la difficulté de la réduire à une doctrine systématique[13].


Le tsadik

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La figure du tsadik occupe une place centrale dans la pensée de Nahman. Il attribue au maître spirituel une fonction de médiation, d'enseignement et de restauration spirituelle de ses disciples[2],[1].

Sa conception du tsadik est toutefois plus radicale que celle de nombreux maîtres hassidiques contemporains. Nahman attribue à la figure du « véritable tsadik » une capacité exceptionnelle à guider les âmes, à interpréter leurs états spirituels et à agir sur leur rapport à Dieu[9],[2].

Cette conception contribue à la place unique que Nahman conserve après sa mort au sein du mouvement Bratslav : contrairement à la plupart des autres dynasties hassidiques, ses disciples ne désignent pas de nouveau rebbe, Nahman demeurant la référence centrale du mouvement[1].

Tikkoun Haklali

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Nahman développe également la notion de Tikkoun Haklali (hébreu : תיקון הכללי, « réparation générale »), qu'il associe à la récitation de dix psaumes précis : 16, 32, 41, 42, 59, 77, 90, 105, 137 et 150.

Dans la tradition de Bratslav, cette récitation est présentée comme une forme particulière de réparation spirituelle. Nahman lui attribue notamment une fonction dans le traitement de certaines fautes liées à la sexualité et à ce qu'il appelle le tikkoun habrit réparation de l'alliance »)[14].

Zvi Mark a montré que la formulation du Tikkoun Haklali s'est développée progressivement dans les dernières années de la vie de Nahman et qu'elle doit être distinguée des interprétations messianiques qui lui ont parfois été attribuées ultérieurement[15].


Musique et chant

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La musique et le chant occupent une place importante dans la pensée religieuse de Nahman. Il attribue au nigoun, la mélodie hassidique, une capacité particulière à agir sur l'état intérieur de l'individu et à favoriser son élévation spirituelle[8].

Dans plusieurs enseignements, Nahman associe la musique à la prophétie, à la prière et à la capacité du tsadik à discerner et à transformer les différentes forces spirituelles présentes dans le monde[8].

Zvi Mark considère la musique et l'imagination comme deux éléments importants de l'expérience mystique décrite par Nahman, notamment dans ses réflexions sur la prophétie et la transformation spirituelle[8].

Les contes

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À partir de 1806, Nahman commence à raconter à ses disciples une série de récits fantastiques, utilisant des motifs issus du folklore d'Europe orientale auxquels il associe des thèmes mystiques et kabbalistiques[1],[2].

Ces récits sont rassemblés après sa mort par Nathan de Bratslav et publiés en 1815 sous le titre Sipouré Maassiyot (hébreu : סיפורי מעשיות, « Contes »), dans une édition bilingue en yiddish et en hébreu[1].

Parmi les récits les plus connus figurent La Princesse perdue, Le Roi humble et Les Sept Mendiants. Le recours au conte constitue chez Nahman un mode d'enseignement distinct de ses homélies du Likouté Moharan : les récits présentent souvent une structure symbolique ouverte et ne sont pas accompagnés d'une explication systématique de leur signification[2],[8].

Les historiens de la littérature juive considèrent ces récits comme des œuvres importantes de la littérature hébraïque et yiddish moderne. Ils continuent parallèlement d'occuper une place centrale dans la tradition de Bratslav, où ils ont fait l'objet de nombreux commentaires[1].

Diffusion et réception littéraire des contes

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Au début du XXe siècle, les récits de Nahman connaissent une diffusion nouvelle dans le monde germanophone grâce à Martin Buber, qui en publie en 1906 une adaptation allemande.

Cette publication contribue à faire connaître les contes de Nahman au-delà des milieux hassidiques et à leur donner une place dans la réception moderne de la littérature juive d'Europe orientale[1].

Arthur Green et d'autres chercheurs ont relevé des rapprochements entre l'univers narratif de Nahman et certaines œuvres de Franz Kafka. La YIVO estime probable que les adaptations de Buber aient contribué à transmettre les contes de Nahman à Kafka et à d'autres écrivains modernes[1].

Likouté Moharan

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Le principal recueil des enseignements de Nahman est le Likouté Moharan (hébreu : ליקוטי מוהר"ן), titre formé à partir de l'expression Liqouté Morénou HaRav Rabbi Nahman Recueil de notre maître, le rabbin Nahman »).

Une première partie est publiée du vivant de Nahman, en 1808. La publication du recueil est poursuivie et complétée après sa mort par Nathan de Bratslav[1],[2].

L'ouvrage rassemble des enseignements prononcés par Nahman devant ses disciples. Ceux-ci associent commentaires bibliques et talmudiques, thèmes kabbalistiques, réflexion sur la prière, la foi, le rôle du tsadik, la musique, l'imagination et la vie spirituelle[2],[16].

Arthur Green souligne le caractère fortement associatif de ces enseignements, dans lesquels les liens entre les différents thèmes reposent souvent davantage sur une construction symbolique et imaginative que sur une démonstration systématique[1].

Écrits secrets et textes détruits

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Les sources bratslav mentionnent également plusieurs textes de Nahman qui n'ont pas été conservés ou dont la diffusion fut volontairement limitée.

Le Sefer HaNisraf Livre brûlé ») désigne un manuscrit que Nahman ordonna lui-même de détruire. Un autre ensemble d'enseignements, connu sous le nom de Megillat Setarim Rouleau des secrets »), fut transmis de manière restreinte à certains disciples et demeura longtemps inédit[17].

L'étude de ces textes et des traditions relatives à leur transmission a notamment été développée par Zvi Mark, qui y analyse les dimensions messianiques et ésotériques de la pensée de Nahman[17].


Œuvres et transmission

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Œuvres et enseignements attribués à Nahman

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  • Likouté Moharan (hébreu : ליקוטי מוהר"ן), principal recueil de ses enseignements, dont une première partie paraît de son vivant en 1808[1],[2].
  • Sipouré Maassiyot (hébreu : סיפורי מעשיות, « Contes »), recueil de récits publié après sa mort par Nathan de Bratslav en 1815, dans une édition bilingue en hébreu et en yiddish[1].
  • Sefer HaMiddot (hébreu : ספר המידות), recueil d'aphorismes et d'enseignements organisés par thèmes[2].
  • Sihot HaRan (hébreu : שיחות הר"ן), recueil de conversations et d'enseignements rapportés par Nathan de Bratslav[6].
  • Hayé Moharan (hébreu : חיי מוהר"ן), recueil biographique et doctrinal rédigé par Nathan à partir de ses souvenirs et des traditions du cercle de Nahman[6].

Transmission par Nathan de Bratslav

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Après la mort de Nahman, Nathan de Bratslav poursuit la publication et l'organisation de ses enseignements. Il compose notamment Likouté Tefilot (hébreu : ליקוטי תפילות), recueil de prières fondé sur les enseignements du Likouté Moharan, et joue un rôle essentiel dans la constitution du corpus bratslav[6].

Postérité

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Le mouvement après sa mort

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Nahman de Bratslav meurt sans désigner de successeur. Son principal disciple, Nathan de Bratslav, organise la conservation, la publication et la diffusion de ses enseignements, sans prendre lui-même le titre de rebbe[6],[1].

Cette absence de succession dynastique distingue Bratslav de nombreuses autres branches du hassidisme. Nahman demeure ainsi, après sa mort, la référence centrale du mouvement[1],[2].

Nathan de Bratslav joue un rôle déterminant dans la structuration du groupe, notamment par la publication des enseignements de Nahman, la rédaction de récits biographiques et l'organisation des rassemblements de Roch Hachana[6].

Kibboutz de Roch Hachana

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Nahman accorde une importance particulière à Roch Hachana et demande à ses disciples de se réunir autour de lui à cette occasion. Après sa mort, Nathan de Bratslav maintient cette pratique et organise le rassemblement annuel autour de sa tombe à Ouman, qui prend progressivement le nom de Kibboutz de Rosh Hashana[6],[2].

Le rassemblement devient l'une des principales institutions du mouvement de Bratslav. Malgré les restrictions imposées successivement par les autorités tsaristes puis soviétiques, des hassidim continuent à tenter de se rendre à Ouman au cours du XXe siècle[18].

Depuis la disparition de l'Union soviétique, le pèlerinage connaît un développement considérable et rassemble chaque année des dizaines de milliers de participants[19].

Le lien entre le rassemblement de Roch Hachana, la tombe de Nahman et certaines pratiques de réparation spirituelle a notamment été étudié par Zvi Mark, qui en analyse l'évolution historique et les dimensions messianiques[15].

Renouveau contemporain

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À partir de la seconde moitié du XXe siècle, le mouvement de Bratslav connaît un important renouveau, notamment en Israël et dans les milieux de retour à la pratique religieuse[1],[2].

Les écrits de Nahman sont traduits et diffusés dans de nombreuses langues, tandis que ses enseignements sur la prière personnelle, la joie et la lutte contre le désespoir rencontrent un public plus large que les seuls milieux hassidiques[2],[1].

Plusieurs courants contemporains se réclament de son héritage. Parmi eux figure notamment le courant associé à Israël Dov Odesser et à la formule « Na Nah Nahma Nahman Meouman ».


Réception académique

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À partir du XXe siècle, Nahman de Bratslav devient également un objet important de la recherche sur le hassidisme, la mystique juive et la littérature juive d'Europe orientale.


Martin Buber contribue fortement à leur diffusion en Europe occidentale en publiant en 1906 une adaptation allemande de plusieurs récits de Nahman[1].

Des chercheurs et écrivains ont ensuite étudié les affinités entre l'univers narratif de Nahman et la littérature moderne. Des rapprochements ont notamment été établis avec l'œuvre de Franz Kafka, sans qu'une influence directe puisse toujours être démontrée de manière certaine[1],[20].


Joseph G. Weiss compte parmi les premiers chercheurs modernes à consacrer des études approfondies à la personnalité religieuse et à la pensée de Nahman. Ses travaux mettent notamment en évidence le caractère singulier et parfois paradoxal de sa mystique dans le contexte du hassidisme d'Europe orientale[21].

Arthur Green développe une approche biographique et historique de Nahman dans Tormented Master, en étudiant notamment la relation entre son expérience personnelle, ses crises spirituelles et l'élaboration de son enseignement[2].

Les recherches de Zvi Mark portent notamment sur les dimensions mystiques, littéraires, musicales et messianiques de son œuvre ainsi que sur ses enseignements secrets[8],[17].

Notes et références

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  1. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 34 (en) Arthur Green, « Naḥman of Bratslav », sur YIVO Encyclopedia of Jews in Eastern Europe (consulté le )
  2. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 34 (en) Arthur Green, Tormented Master: The Life and Spiritual Quest of Rabbi Nahman of Bratslav, Jewish Lights, (ISBN 9781879045118)
  3. 1 2 3 4 (en) « Nahman of Bratslav », sur Encyclopedia.com (consulté le )
  4. (en) Yosef Kaplan, Hasidism, Haskalah, Zionism: Chapters in Literary Politics, The Open University of Israel, , « Rabbi Nahman of Bratslav's Journey to the Land of Israel »
  5. (en) « Naḥman B. Simḥah of Bratzlav », sur Jewish Encyclopedia (consulté le )
  6. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 (en) « Natan Sternhartz of Nemirov », sur YIVO Encyclopedia of Jews in Eastern Europe (consulté le )
  7. 1 2 3 4 (en) Jonatan Meir, « R. Nathan Sternhartz's Liqquṭei Tefilot and the Formation of Bratslav Hasidism », The Journal of Jewish Thought and Philosophy, vol. 24, , p. 60-94
  8. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 (en) Zvi Mark, Mysticism and Madness: The Religious Thought of Rabbi Nachman of Bratslav, Continuum, (ISBN 9781441169389)
  9. 1 2 (en) Joseph Weiss, Studies in East European Jewish Mysticism and Hasidism, Littman Library of Jewish Civilization, (ISBN 9781874774327)
  10. (en) Joseph Weiss, Studies in East European Jewish Mysticism and Hasidism, Littman Library of Jewish Civilization, (ISBN 9781874774327), « Contemplation as Solitude »
  11. (en) Joseph Weiss, Studies in East European Jewish Mysticism and Hasidism, Littman Library of Jewish Civilization, (ISBN 9781874774327), « Contemplation as Solitude »
  12. (en) Zvi Mark, Mysticism and Madness: The Religious Thought of Rabbi Nachman of Bratslav, Continuum, (ISBN 9781441169389), « Imagination, Prophecy and Faith »
  13. (en) Joseph Weiss, Studies in East European Jewish Mysticism and Hasidism, Littman Library of Jewish Civilization, (ISBN 9781874774327), « Sense and Nonsense in Defining Judaism — The Strange Case of Naḥman of Brazlav »
  14. (en) Zvi Mark, « The Formulation of R. Nahman of Bratslav's Tikkunim, the Pilgrimage to the Tomb of R. Nahman, and their Relationship to Messianism », Kabbalah,
  15. 1 2 (en) Zvi Mark, « The Formulation of R. Nahman of Bratslav's Tikkunim, the Pilgrimage to the Tomb of R. Nahman, and their Relationship to Messianism », sur Université Bar-Ilan (consulté le )
  16. (en) Joseph G. Weiss, Studies in East European Jewish Mysticism and Hasidism, Littman Library of Jewish Civilization, (ISBN 9781874774327)
  17. 1 2 3 (en) Zvi Mark, The Scroll of Secrets: The Hidden Messianic Vision of R. Nachman of Breslav, Academic Studies Press,
  18. (en) David Assaf, Untold Tales of the Hasidim: Crisis and Discontent in the History of Hasidism, Brandeis University Press, (ISBN 9781611683059)
  19. (en) « Rosh Hashanah pilgrimage to Uman », sur The Jerusalem Post (consulté le )
  20. « Les Sept Mendiants, Nahman de Bratslav », sur Fondation pour la Mémoire de la Shoah (consulté le )
  21. (en) Joseph G. Weiss, Studies in East European Jewish Mysticism and Hasidism, Littman Library of Jewish Civilization, (ISBN 9781874774327)

Bibliographie

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  • Martin Buber, Les Contes de Rabbi Nachman, Stock, 1981
  • (en) David Assaf, Bratslav. An Annotated Bibliography. R. Nahman of Bratslav. His Life and Teachings. The Literary Legacy of His Disciples. Bratslav Hasidism in Its Context, Zalman Shazar Center for Jewish History, Jérusalem, 2000, (ISBN 965-227-145-4)
  • Avraham Greenbaum, Tzaddik: Le Portrait de Rabbi Nahman, Jérusalem: Breslov Research Institute, 1987. (ISBN 0-930213-17-3)
  • (en) Aryeh Kaplan, Rabbi Nachman's Wisdom, Jérusalem: Breslov Research Institute, 1973.
  • (en) Aryeh Kaplan, Until the Mashiach: The Life of Rabbi Nachman, Jérusalem: Breslov Research Institute, 1985.
  • (en) Chaim Kramer, Crossing the Narrow Bridge, Jérusalem: Breslov Research Institute, 1989. (ISBN 0-930213-40-8)
  • Israël Isaac Besançon, Rabbi Na'hman de Breslev, Ed. Meshivat Nefesh, Aix-les-Bains, 1984
  • Marc-Alain Ouaknin, Le livre brûlé, Lieu Commun, 1987, Point-Seuil, 1992. (The Burnt Book, Princeton University Press, traduction par Llewellyn Brown, 1995 et 1998)
  • Haviva Pedaya, Kabbale et Psychanalyse, voyage intérieur sur les pas de la mystique juive, trad. de l'hébreu par Yeḥiel Davenne, Puyméras, éditions localement transcendantes, 2026, (ISBN 978-2-38366-053-8). [Chapitre 8 consacré à la théorie naḥmanienne de l'espace vide et à sa lecture comme dispositif thérapeutique non verbal.]

Annexes

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