Nanotyrannus

ancien genre de dinosaure
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Nanotyrannidae

Nanotyrannus
Description de cette image, également commentée ci-après
Squelette de Jane, l'holotype de Nanotyrannus lethaeus. Musée Burpee d'histoire naturelle (en), Rockford (Illinois, États-Unis).
72.2 –66 Ma
3 collections
Classification
Règne Animalia
Embranchement Chordata
Sous-embr. Vertebrata
Classe Sauropsida
Super-ordre Dinosauria
Ordre Saurischia
Sous-ordre Theropoda
Infra-ordre Tetanurae
Micro-ordre Coelurosauria
Super-famille  Tyrannosauroidea

Famille

 Nanotyrannidae
Zanno & Napoli, 2025

Genre

 Nanotyrannus
Bakker, Williams & Currie, 1988

Espèces de rang inférieur

Description de cette image, également commentée ci-après
Crâne CMNH 7541.

Nanotyrannus est un genre de dinosaures théropodes de la super-famille des Tyrannosauroidea, le seul connu de la famille des Nanotyrannidae. On en connaît deux espèces, N. lancensis (l'holotype) et N. lethaeus, toutes deux découvertes dans la formation de Hell Creek (Nord-Ouest des États-Unis), datant principalement du Crétacé supérieur.

Liste des genres

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  • Nanotyrannus lancensis Gilmore, 1946
  • Nanotyrannus lethaeus Zanno & Napoli, 2025

Historique

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Le genre Nanotyrannus est décrit en 1988 par les trois paléontologues Bakker, Williams & Currie[1],[2].

Un crâne (spécimen CMNH 7541), collecté en 1942 par David Dunkle (en) dans la formation de Hell Creek, est décrit en 1946 par Charles Gilmore, qui le classe comme une nouvelle espèce du genre Gorgosaurus, G. lancensis. L'épithète spécifique fait référence à la formation de Lance, Gilmore considérant alors la formation de Hell Creek comme en faisant partie[3].

En 1965, Anatoli Rochdestvenski (en) suggère que ce crâne est en fait celui d'un jeune Tyrannosaurus rex[4].

En 1988, le spécimen est étudié par Robert Bakker, Michael Williams et Philip Currie. Assurant que les os du crâne sont soudés et qu'il s'agit donc d'un adulte, ils en font le représentant d'un nouveau genre qu'ils nomment Nanotyrannus Petit tyran »). Ils expliquent aussi que la denture, la boîte crânienne et l'occiput de Nanotyrannus diffèrent suffisamment de ceux de Gorgosaurus, Albertosaurus, Tarbosaurus et Tyrannosaurus pour en faire non seulement un genre séparé, mais le représentant d'une lignée de tyrannosauroïdes séparée de celle de ces quatre genres[5].

En 1999, l'étude du même spécimen par Thomas Carr indique qu'il est immature, ce qui le conduit à le considérer à nouveau comme un spécimen juvénile de T. rex. Il argue notamment que les différences de denture et de morphologie crânienne sont dues au fait qu'au cours du développement d'un tyrannosauridé le nombre des dents diminue et leur largeur augmente, tandis que le squelette cranio-facial évolue d'un morphotype gracile à un morphotype robuste[6]. Une majorité de paléontologues le suivent[7], mais l'argumentaire sur la denture et le crâne sera contesté en 2011[7].

Crâne de Jane.

En 2001 est découvert le squelette assez complet d'un tyrannosauroïde, surnommé Jane, que derechef certains paléontologues classent comme Nanotyrannus lancensis et d'autres comme un Tyrannosaurus rex juvénile.

Moulage du crâne de Bloody Mary.
Reconstitution des « dinosaures en duel », dans leur position in situ[a]. Musée des sciences naturelles de Caroline du Nord.

En 2006, deux squelettes quasi complets d'un tyrannosauroïde et d'un cératopsien sont découverts ensemble, toujours dans la formation de Hell Creek. Ils sont étudiés sur place par Chris Morrow, Clayton Phipps, Peter Larson et Robert Bakker, ces deux derniers décrivant le tyrannosauroïde, surnommé Bloody Mary, comme un Nanotyrannus[8]. En raison de querelles de propriété, les deux fossiles ne sont plus accessibles aux chercheurs jusqu'en 2020, après que le Musée des sciences naturelles de Caroline du Nord les a acquis. Entretemps la controverse Nanotyrannus vs jeune Tyrannosaurus s'est poursuivie.

En 2024, un réexamen de l'holotype et des autres spécimens attribués à Nanotyrannus établit des différences de morphologie, d'ontogenèse et de phylogénie qui indiquent que Nanotyrannus constitue un taxon distinct, et même extérieur à la famille des Tyrannosauridés d'après les analyses phylogénétiques[9]. La controverse n'est cependant pas totalement éteinte[10],[11].

En , la validité du genre Nanotyrannus est confirmée par un réexamen du spécimen Bloody Mary, dont la maturité squelettique est garantie par 25 marques de croissance cyclique indiquant au moins 14 ans de développement : l'âge de Bloody Mary à sa mort était compris entre 17 et 22 ans ; l'âge de Jane à sa mort est de même compris entre 8 et 14 ans. L'étude montre que pour être de jeunes Tyrannosaurus, les spécimens auraient dû présenter des variations de vitesse de croissance jamais répertoriées et des variations individuelles inédites dont l'oblitération et la résorption d'un sinus et le rétrécissement absolu de certains membres, sans équivalent chez les amniotes actuels[12]. Cette étude convainc de nombreux paléontologues ayant auparavant mis en doute la validité du genre Nanotyrannus[13]. En décembre, une étude histologique des os hyoïdes de l'holotype de N. lancensis conclut aussi qu'il appartenait à un individu mature et donc à une espèce distincte de Tyrannosaurus rex[14]. Ce dernier étant, d'après les estimations de chercheurs, environ 3 fois plus long qu’un Nanotyrannus adulte[15].

Voir aussi

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Liens externes

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Bibliographie

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Publication originale

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Notes et références

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  1. Le double fossile ayant dû être exhumé par morceaux, les squelettes ne sont plus disposés de cette manière.

Références

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  1. R. T. Bakker, M. Williams et P. J. Currie 1988, p. 1-30.
  2. (en) Paleobiology Database : Tyrannosaurus Osborn, 1905 (tyrant lizard) (consulté le ).
  3. (en) Charles W. Gilmore, « A new carnivorous dinosaur from the Lance Formation of Montana », Smithsonian Miscellaneous Collections (es), vol. 106, no 13, , p. 1-19 et pl. 1-4 (lire en ligne Accès libre [PDF], consulté le ).
  4. (en) A. K. Rozhdestvensky, « Growth changes in Asian dinosaurs and some problems of their taxonomy », Paleontological Journal, no 3, , p. 95-109 (lire en ligne Accès libre [PDF], consulté le ).
  5. (en) R. T. Bakker, M. Williams et P. J. Currie, « Nanotyrannus, a new genus of pygmy tyrannosaur, from the latest Cretaceous of Montana », Hunteria, vol. 1, , p. 1-30 (lire en ligne Accès libre [PDF], consulté le ).
  6. (en) T. D. Carr, « Craniofacial ontogeny in Tyrannosauridae (Dinosauria, Coelurosauria) », Journal of Vertebrate Paleontology, vol. 19, no 3, , p. 497-520 (DOI 10.1080/02724634.1999.10011161).
  7. 1 2 (en) T. Tsuihiji, M. Watabe, K. Tsogtbaatar, T. Tsubamoto, R. Barsbold et al., « Cranial osteology of a juvenile specimen of Tarbosaurus bataar from the Nemegt Formation (Upper Cretaceous) of Bugin Tsav, Mongolia », Journal of Vertebrate Paleontology, vol. 31, no 3, , p. 497-517 (DOI 10.1080/02724634.2011.557116).
  8. (en) Riley Black, « Montana’s “Dueling Dinosaurs” », Smithsonian Magazine, (lire en ligne Accès libre, consulté le ).
  9. (en) Nicholas R. Longrich et Evan T. Saitta, « Taxonomic Status of Nanotyrannus lancensis (Dinosauria: Tyrannosauroidea)—A Distinct Taxon of Small-Bodied Tyrannosaur », Fossil Studies, vol. 2, no 1, , p. 1-65 (DOI 10.3390/fossils2010001 Accès libre).
  10. (en) Jared T. Voris, Darla K. Zelenitsky, Yoshitsugu Kobayashi, Sean P. Modesto, François Therrien et al., « A new Mongolian tyrannosauroid and the evolution of Eutyrannosauria », Nature, vol. 642, no 8069, , p. 973-979 (DOI 10.1038/s41586-025-08964-6).
  11. (en) Gregory S. Paul, « A presentation of the current data on the exceptionally diverse non-tyrannosaurid eutyrannosaur and Tyrannosaurini genera and species of western North America during the end Cretaceous North American interchange », Mesozoic, vol. 2, no 2, , p. 85-138 (DOI 10.11646/mesozoic.2.2.1 Accès libre).
  12. (en) Lindsay E. Zanno et James G. Napoli, « Nanotyrannus and Tyrannosaurus coexisted at the close of the Cretaceous », Nature, vol. 648, , p. 357-367 (DOI 10.1038/s41586-025-09801-6).
  13. (en) Asher Elbein, « The Case of the Tiny Tyrannosaurus Might Have Been Cracked », The New York Times, (lire en ligne, consulté le ).
  14. (en) Christopher T. Griffin, Jeb Bugos, Ashley W. Poust, Zachary S. Morris, Riley S. Sombathy et al., « A diminutive tyrannosaur lived alongside Tyrannosaurus rex », Science, (DOI 10.1126/science.adx8706).
  15. @NatGeoFrance, « Découverte : le Nanotyrannus n'était pas un simple T. rex en pleine croissance », sur National Geographic, (consulté le )