Nazira Joumblatt

femme politique libanaise

Nazira Joumblatt (1890-1951) (arabe : نظيره جنبلاط) est une dirigeante des Druzes du Liban de l'importante famille Joumblatt. Elle reçoit le titre de sitt (Dame en français)[1].

Nazira Joumblatt
Biographie
Naissance
Décès
Sépulture
Nom dans la langue maternelle
نظيرة جنبلاطVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activité
Famille
Conjoint
Enfant

Biographie

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Le palais de la famille Joumblatt à Moukhtara en 1861.

Famille et enfance

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Nazira naît en 1890 de Faris et Afrida Saïd Joumblatt[2]. Son grand-père maternel, Saïd, meurt de la tuberculose en prison le [3]. Il était lui-même le fils de Bachir Joumblatt, étranglé en pour s'être révolté contre Bachir Chehab II[4]. Elle est élevée par sa grand-mère et des précepteurs qui lui enseignent le français et l'anglais[2].

Elle épouse Fouad Joumblatt en 1905 à l'âge de 15 ans[2]. Le , alors caïmancan du Chouf pour le compte du Mandat français, Fouad est assassiné dans une embuscade par un partisan des Arslan, qu'une vieille rivalité oppose aux Joumblatt[5]. Nassib, l'oncle de Fouad, meurt en 1922 et Ali, le frère de Fouad, abandonne la direction du clan l'année suivante[6].

La Dame du palais

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Elle se met alors à la tête de la famille Joumblatt, et assume également la dimension politique de dirigeante de la communauté druze du Liban que la famille Joumblatt détient[2],[7]. Elle dirige les affaires de la famille jusqu'en 1943, quand son fils Kamel reprend ce rôle[2],[7].

Après l'assassinat de Fouad Joumblatt, il y a une lutte de pouvoir entre deux branches de la famille Joumblatt, menées respectivement par Nazira d'un côté et Ali Joumblatt, frère aîné de Fouad, et son fils Hikmat, de l'autre, qui contestent la prééminence de Nazira[7]. Nazira réussit à mettre fin à cette querelle en 1937 en mariant sa fille Linda à Hikmat[7].

Elle consacre beaucoup d'efforts à empêcher la grande révolte syrienne (1925-1927), déclenchée par les Druzes du Djebel el-Druze, de se propager au Liban, ce qu'elle réussit[7] évitant ainsi une guerre entre Maronites et Druzes[6]. Cela ne l'empêche pas d'encourager la révolte syrienne par ailleurs[6]. Elle a pour conseiller personnel et ami Paul Pierre Méouchi, évêque maronite[8].

Pendant toute la période où elle assume la direction de la famille, elle est très proche des autorités du Mandat français[2], s'appuyant sur elles pour assurer son pouvoir. De son côté, Henri de Jouvenel, Haut-Commissaire français, y trouve son intérêt, l'action de Nazira Joumblatt modérant les velléités de révolte[6]. Son fils Kamel ne poursuit pas cette relation de proximité avec les autorités mandataires[2].

Elle meurt le [9].

Enfants

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Elle a plusieurs enfants avec Fouad Joumblatt dont Kamal Joumblatt et l'actrice Linda al-Atrash. Sur les conseils de l'évêque maronite Augustin al-Boustany, elle envoie son fils Kamal au collège des Lazaristes d’Aïntoura dès ses huit ans. Après son baccalauréat, elle l'envoie, toujours sur les conseils d'al-Boustany, faire des études de droit à la Sorbonne jusqu'en 1938. Devant les rumeurs de guerre provoquées par la crise des Sudètes, elle le fait rentrer à Beyrouth[6].

Sa fille Linda al-Atrash ou Joumblatt est assassinée en et son fils Kamal Joumblatt en , au cours de la guerre du Liban[2],[10].

Postérité

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Le romancier Pierre Benoit en a fait le modèle de l'héroïne de son roman de 1924 La Châtelaine du Liban[11],[12] qui a inspiré trois films, également intitulés La Châtelaine du Liban. Le documentaire La Dame du Palais, sorti en 2003, a pour sujet Sitt Nazira.

Notes et références

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(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de la page de Wikipédia en anglais intitulée « Nazira Jumblatt » (voir la liste des auteurs).

  1. Political Leaders of the Contemporary Middle East and North Africa: A Biographical Dictionary, New York; Westport, CT; London, Greenwood Press, (ISBN 978-0-313-26213-5, lire en ligne)
  2. 1 2 3 4 5 6 7 8 Eyal Zisser, « Under the Glass Ceiling and in the Family 'Cage': The Role of Women in Lebanese Politics », Interdisciplinary Middle Eastern Studies, vol. 1, , p. 13–16 (lire en ligne)
  3. Kamal S. Salibi, The Modern History of Lebanon, New York, Frederick A. Praeger, (OCLC 317457986, hdl 2027/heb00935.0001.001, lire en ligne), p. 109
  4. Farah, Caesar E. Politics of Interventionism in Ottoman Lebanon, 1830–1861 ; Centre for Lebanese Studies (Great Britain) (2000). I. B. Tauris. (ISBN 9781860640568), p. 10.
  5. Claire Grandchamps, « Arslane vs Joumblatt : des siècles de lutte d'influence pour le leadership druze », L'Orient-Le Jour, 23 juillet 2018.
  6. 1 2 3 4 5 Yara el-Khoury, « Le camarade Kamal Bey Joumblatt, seigneur de Moukhtara (1/3) », Les Clés du Moyen-Orient, 9 novembre 2018, modifié le 15 août 2025, consulté le 16 août 2026.
  7. 1 2 3 4 5 Yusri Hazran, « How Elites Can Maintain their Power in the Middle East: The Junblat Family as a Case Study », Middle Eastern Studies, vol. 51, no 3, , p. 356–357 (DOI 10.1080/00263206.2014.976621, S2CID 143880985)
  8. Sami E. Baroudi, « Divergent Perspectives among Lebanon's Maronites during the 1958 Crisis », Critique: Critical Middle Eastern Studies, vol. 15, no 1, , p. 13 (DOI 10.1080/10669920500515093)
  9. « Timeline. Death of Nazirah Jumblatt », Kamal Jumblatt Digital Library (consulté le )
  10. Fawwaz Traboulsi, A History of Modern Lebanon, London, Pluto Press, , 2nd éd. (ISBN 9780745332741, DOI 10.2307/j.ctt183p4f5, JSTOR j.ctt183p4f5, lire en ligne), p. 206
  11. Travaux et jours, Beirut, Université Saint-Joseph, (lire en ligne), p. 112
  12. Edmond Jouve, Pierre Benoit, témoin de son temps: actes du colloque de l'Association des écrivains de langue française (ADELF) à Masclat (Lot), Editions Albin Michel, (ISBN 978-2-226-05705-1, lire en ligne)

Voir aussi

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