Nicolas-Julien Forgeot

avocat, homme de lettres et auteur dramatique

Nicolas-Julien Forgeot, né en juillet 1758 à Paris, où il est mort le 15 germinal an VI, est un librettiste, homme de lettres et dramaturge français.

Nicolas-Julien Forgeot
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Biographie

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Forgeot n’a d’abord abordé la littérature que comme passe-temps, consacrant l’essentiel de son temps à son travail d’inspecteur des postes, un poste à responsabilités qui l’occupait pleinement[1]. Les rencontres qu’il a faites par la suite avec plusieurs écrivains, en particulier Andrieux, lui ont donné le gout du théâtre. Il a alors composé de nombreuses comédies et opéras-comiques, mais avec un succès plutôt limité[2].

Sa première pièce, Les Rivaux amis, est une œuvre très légère. Le dialogue y est si haché qu’on n’y trouve pas trois répliques de plus de six vers : tout repose sur des jeux de mots, mis en valeur par le talent des comédiens. Ce type de pièces, très populaire dans les années précédant la Révolution, fonctionnait comme un simple canevas que les acteurs enrichissaient à leur guise. Ces œuvres prenaient vie uniquement grâce à leur jeu silencieux et à leurs nuances de voix que ; à la lecture, on était souvent surpris de n’y découvrir presque rien[3].

Les Deux Oncles, une courte pièce en vers jouée à Paris en 1780, a rencontré un bon accueil du public. Avec les Épreuves (1782), qui a suivi les Rivaux amis, l’auteur montre une réelle progression : ses personnages gagnent en profondeur et son style devient plus gracieux et élégant. L’intrigue, fine et délicate, met en scène une jeune ingénue d’une grande naïveté. Ce rôle a été l’un des grands succès de la comédienne Césarine Olivier, morte, peu de temps après[3].

Pendant la Révolution, ayant perdu son poste, il s’est consacré entièrement à l’écriture, sans confirmer la promesse montrée par le succès des Épreuves. Sa pièce la Ressemblance (1796), en trois actes et en vers libres, est passée inaperçue. Sur les nombreuses œuvres qu’il a fait jouer à cette époque, la plupart ont disparu aussitôt créées. La seule qui soit vraiment restée dans les mémoires est l’opéra les Dettes, mis en musique par Stanislas Champein et représenté le 8 janvier 1787, qui se distingue par plusieurs scènes très comiques[3].

Forgeot est mort des suites d’une affection respiratoire. Son fils, Louis Philippe, anobli en 1821 sous le titre de baron Philippe Morande-Forgeot, a dirigé l’administration des Postes et épousé Cécile Bochet, veuve d’Henry Panckoucke. Le couple est resté sans enfants, mais Louis Philippe a fréquenté les cercles artistiques et mondains unissant les familles Bochet, Panckoucke et Marcotte de Quivières[3].

Notes et références

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  1. Gustave Vapereau, « FORGEOT (Nicolas-Julien) », dans Dictionnaire universel des littératures, t. 1, Paris, Hachette, , xvi-2096, 2 vol. in-8º (OCLC 500040555, lire en ligne sur Gallica), p. 418.
  2. « FORGEOT (NICOLAS-JULIEN) », dans Antoine Vincent Arnault, Étienne-François Bazot, AntoineJay, Étienne de Jouy, Jacques Marquet de Montbreton de Norvins, Biographie nouvelle des contemporains : ou Dictionnaire historique et raisonné de tous les hommes qui, depuis la Révolution française, ont acquis de la célébrité par leurs actions, leurs écrits, leurs erreurs ou leurs crimes, soit en France, soit dans les pays étrangers, t. 7, Paris, Librairie historique, , 469 p., 20 vol. : ill. ; in-8º (lire en ligne sur Gallica), p. 223.
  3. 1 2 3 4 Répertoire du théâtre français, t. 28, , 389 p. (lire en ligne), p. 67.

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