Noëlie Drous
Noëlie Drous, de son vrai nom Léonie Sourd, est une militante féministe, syndicaliste, pacifiste et poétesse française née à Aoste le et décédée à une date inconnue.
| Naissance | Aoste |
|---|---|
| Nom de naissance |
Léonie Sourd |
| Pseudonyme |
Noëlie Drous |
| Nationalité |
française |
| Activité |
Féministe, pacifiste, syndicaliste, poétesse |
Sous la tempête. Poésie (1920) |
Biographie
modifierNoëlie Drous, qui est l'anagramme de Léonie Sourd, naît le dans une famille bourgeoise aisée dont les hommes ont dilapidé la fortune. Sa mère décède lorsqu’elle a 9 ans et elle est confiée avec son frère et sa sœur à une grand-tante. Elle entre à l’École normale de Chambéry en 1906, et en 1909 elle obtient son premier poste d’institutrice[1]. En 1914, elle se marie avec Ferdinand-Louis Gallet, un architecte, et quitte Chambéry pour Paris où elle continue dans l'enseignement. Toutefois, ses engagements féministes et surtout son pacifisme ont raison de son mariage et le divorce est prononcé en 1920[1]. Cette même année paraît son unique recueil de poésie, Sous la tempête, avec une préface de son amie, la militante féministe Hélène Brion[2]. Très active dans les milieux féministes et syndicalistes durant les années 1910-1930, on perd ensuite sa trace, hormis quelques lettres en 1945[3].
Engagement féministe
modifierL'engagement féministe de Noëlie Drous prend racine dans son histoire familiale et ses hommes « bambocheurs »[1]. Institutrice, elle adhère à la Fédération féministe universitaire dont elle est la déléguée lors du Congrès de Bordeaux en 1913[1] et participe à la rédaction du bulletin mensuel de la fédération[4], L'Action féministe, fondé par sa consœur Marie Guérin en 1908[5]. En 1917, elle participe au lancement du journal La Voix des femmes, dont elle sera ensuite la rédactrice en chef de 1923 à 1925. Avec son adhésion au parti communiste en 1920, ses combats féministe et communiste vont s'unir, à l'instar de beaucoup de militantes institutrices[6]. Ainsi elle s'implique dans le journal féministe du Parti, L'Ouvrière, journal des travailleuses. Elle est nommée également dans la Commission centrale pour le travail parmi les femmes avec Marthe Bigot lors de la réunion du comité directeur du 14 février 1922[7].
Le 30 novembre 1944, Hélène Brion et Noëlie Drous écrivent à Marianne Verger, membre de l'Assemblée consultative provisoire, s'interrogeant sur les réformes féministes à venir et proposant leur aide. Aucune suite concrète ne sera donnée[8].
Engagement pacifiste
modifierLe pacifisme de Noëlie Drous est entier et peut passer avant les combats féministes. Madeleine Vernet, dans son livre La Nouvelle Équipe, lui fait tenir les propos suivants lors d'un débat sur le droit au suffrage des femmes associé à une conscription de celles-ci :
Moi aussi j’ai bataillé pour les droits politiques des femmes, mais je tiens à dire ici que si c’est dans le sang des champs de bataille qu’il nous faut aller ramasser le bulletin de vote, je fais des vœux pour que nous ne l’obtenions jamais[9].
Ce pacifisme est revendiqué durant la Première Guerre mondiale à travers des articles parus dans L'Action féministe[10], entre autres, et ses poèmes d'abord publiés dans des revues pacifistes[11]. En 1918, lors du procès d'Hélène Brion, accusée de propagande défaitiste[12], elle viendra témoigner en sa faveur[13].
En 1921, elle rejoint Madeleine Vernet et des journalistes de La Voix des femmes à la Ligue des femmes contre la guerre fondée par Colette Reynaud[14].
Politique et syndicalisme
modifierPour Noëlie Drous, faire de la politique en tant que femme est nécessaire pour « voir clair autour de soi », se battre pour ses droits[15]. Comme beaucoup d'institutrices, elle associe adhésion au syndicat unitaire et au Parti communiste[16]. Enthousiaste de la révolution russe, elle s'engage au Parti communiste dès le Congrès de Tours en 1920[17], quittant ainsi la SFIO (Section française de l'Internationale ouvrière) où elle militait précédemment[18]. La rupture avec le P.C. se fera rapidement suite à différents désaccords, dont un sur la politique communiste d'éducation[19]. Noëlie Drous écrit à ce sujet dans La Voix des femmes[17] :
Y verser [scil. : dans le cerveau de l’enfant] le communisme ne vaut pas mieux, pour la formation spirituelle, qu’y verser le patriotisme ou le papisme parce que communisme, papisme ou patriotisme ne sauraient être soumis à une critique sérieuse par un enfant.
En 1923, et d'autres militantes institutrices feront de même durant la suite de cette décennie, elle quitte le Parti communiste. On la retrouve alors à l'Union socialiste communiste[17] puis en 1930 au Parti d'unité prolétarienne (PUP)[20].
Œuvre
modifierSous la tempête. Préface d'Hélène Brion. Paris, Société d'édition et de librairie de l'Avenir social, 1920
Notes et références
modifier- 1 2 3 4 Christine Bard, Dictionnaire des féministes : France, XVIIIe-XXIe siècle, Paris, PUF, , 1700 p. (ISBN 978-2-13-078720-4), p. 451
- ↑ Hélène Brion, Sous la tempête : poésies, Société d'édition et de librairie de l'Avenir social, coll. « Bibliothèque féministe », (lire en ligne)
- ↑ Sylvie Chaperon, Le creux de la vague : Mouvements féminins et féminismes 1945-1970 (Thèse de doctorat Histoire et Civilisation de l’Institut universitaire européen), , 761 p. (file:///C:/Users/je6204br/Downloads/Chaperon_1996_Vol_1_2-1.pdf), p. 68
- ↑ Marthe Pichorel, « Quelques souvenirs », La révolution prolétarienne, no 400, , p. 12 (lire en ligne)
- ↑ Bérengère Kolly, « L’Action féministe et les institutrices : un « événement de parole » au début des années 1910 », La Pensée d’Ailleurs, no 1, , p. 55 (lire en ligne)
- ↑ Claude Pennetier et Bernard Pudal, « La part des femmes, des femmes à part... », dans Claude Pennetier et Bernard Pudal, Le sujet communiste, Rennes, Presses universitaires de Rennes, , 258 p. (ISBN 978-2-7535-5986-8, lire en ligne), p. 165
- ↑ Fondation Gabriel Peri, Réunions du Comité central du PCF 1921-1977 : État des fonds et des instruments de recherche, t. 1, Paris, Fondation Gabriel Peri, coll. « Archives du Parti communiste français », , 380 p. (lire en ligne), p. 92
- ↑ Sylvie Chaperon, Le Creux de la vague : mouvements féminins et féministes 1945-1970 (Thèse de doctorat Histoire et Civilisation de l’Institut universitaire européen), , 761 p. (file:///C:/Users/je6204br/Downloads/Chaperon_1996_Vol_1_2-1.pdf), p. 169
- ↑ Madeleine Vernet, La nouvelle équipe, Levallois-Perret, Éditions de "La Mère éducatrice", , 392 p. (lire en ligne), p. 269
- ↑ Noëlie Drous, « En passant... », L'action féministe, no 48, décembre 1916-janvier 1917, p. 2 (lire en ligne)
- ↑ Gary D. Mole, « Réactions à la Grande Guerre dans la poésie féminine française », French Review, vol. 82, no 4, , p. 733 (lire en ligne)
- ↑ « Brion, Hélène (1882-1962) », sur FranceArchives
- ↑ Hélène Brion, « ...et sur les procès de guerre », La révolution prolétarienne, no 401, , p. 16 (lire en ligne)
- ↑ « REYNAUD Colette [Eliza, Colette] – Maitron » (consulté le )
- ↑ Ludivine Bantigny, La bourse ou la vie, Paris, La Découverte, , 368 p. (ISBN 9782348089084, lire en ligne), p. 42
- ↑ André D. Robert et Pierre Kahn, « Le Parti communiste français à la recherche de sa politique scolaire (1921-1934) », Histoire de l'éducation, no 160, , p. 257 (file:///C:/Users/je6204br/Downloads/histoire-education-9018.pdf)
- 1 2 3 « DROUS Noélie (Léonie SOURD dite), épouse GALLET – Maitron » (consulté le )
- ↑ Jean Rabaut, Histoire des féminismes français, Paris, Stock, , 460 p. (ISBN 9782234009332), p. 289
- ↑ Lucien Mercier, « Les Écoles enfantines du Parti communiste français Groupes communistes d’enfants et Pionniers (1921-1933) », Cahiers d'histoire, no 79, , p. 61 (lire en ligne)
- ↑ « Communisme et ou féminisme : Introduction sommaire aux débats du P.C.F. dans les années 20 »
, sur Contretemps, revue de critique communisme (consulté le )