Normands
Les Normands sont les habitants de la Normandie, le terme désignant aussi historiquement les habitants du duché de Normandie.
Autrefois, le mot de Normands (en ancien français Normanz / Normant) était employé pour qualifier les Vikings ou les ethnies d'ascendance scandinave.
Il signifie littéralement « Hommes du Nord ».
Étymologie et définitions
modifierLe mot français Normand (substantif) est issu soit du vieux bas francique Nortman[1], soit du vieux norrois Norðmann (accusatif de Norðmaðr cf. vieux danois Northman)[2], qui veulent dire « homme du nord ». Le mot est attesté dès la fin du IXe siècle en latin sous les formes Nortmannus[3] ou Normannus.
Sous la plume des auteurs contemporains des Vikings, le terme de Normands désigne l'ensemble des habitants de la Scandinavie et ils parlent parfois de Dani, « Danois », pour désigner le même ensemble de populations. Dans le cas d'Éginhard (dans Vita Karoli Magni), le terme Normand est distingué des termes Danois et Sueones. Selon Procope de Césarée, il existe treize peuples parmi les Normands[4].
Depuis le Xe siècle[5],[6], le mot Normand désigne essentiellement les personnes étant originaires ou habitant en Normandie[7],[8].
Démographie
modifierLa Normandie compte environ 3 500 000 habitants (2024). La Normandie française accueille plus de 3,3 millions d'habitants pour une densité de population proche de la moyenne nationale (environ 110 habitants au kilomètre carré[9]). La population des îles de la Manche dépasse quant à elle les 170 000 habitants[10] (environ 850 habitants au kilomètre carré).
Migrations et diasporas
modifierLes conquêtes et invasions normandes des XIe et XIIe siècles (Italie du Sud, Angleterre, pays de Galles, Irlande) entrainent l'immigration de nombreux habitants[11],[12].
Aux XVIIe et XVIIIe siècles, de nombreux marins et colons quittent les ports normands pour l'Amérique du Nord et s'en vont peupler la Nouvelle-France[13],[14]. Au XIXe siècle, l'exode rurale est marquée par une vague d'émigration des campagnes normandes vers la région parisienne[15].
En 2022, l'INSEE estime que 28 % des natifs de la région Normandie (soit environ un million de personnes) vivent en dehors du territoire[16].
Histoire de l'État normand
modifierFondé en Neustrie par Rollon, le duché de Normandie occupe à partir de 911 la basse vallée de la Seine, puis le Bessin, le pays d'Auge et l'Hiémois en 924, le Cotentin, l'Avranchin et les îles de la Manche en 933.
Origines de la Normandie
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Dès la première moitié du IXe siècle, des bandes vikings ravagent les côtes d'Angleterre, d'Écosse, d'Irlande et de France et s'y installent de manière limitée et ponctuelle[17]. Progressivement, certains établissements plus solides prennent place aux embouchures de la Loire et de la Seine ainsi que dans la péninsule du Cotentin. Sous la conduite de Rollon, viking d’origine danoise ou norvégienne, l'établissement de la Basse Seine prend un caractère permanent, tout comme le Cotentin, isolé et délaissé par les pouvoirs francs et bretons.
En 911, Rollon reçoit du roi Charles le Simple le comté de Rouen et le territoire entre l'Epte et la mer en échange de son allégeance, de sa conversion au christianisme et d'une alliance pour protéger le royaume de Francie occidentale de nouvelles incursions des Vikings. Cet accord est scellé par le traité de Saint-Clair-sur-Epte et constitue le point de départ de ce qui deviendra le duché de Normandie[18]. Le fils de Rollon, Guillaume Longue-Épée, se charge ensuite d'inclure à son territoire les établissements du Bessin, du Cotentin, de l'Avranchin, ainsi que les îles de la Manche, se calquant de la sorte sur la principauté ecclésiastique de Rouen, elle-même correspondant à la Seconde Lyonnaise antique[19].
Colonisation de la Normandie
modifierHormis les Vikings, une population scandinave à la fois maritime et rurale s’implante dans le futur duché. Elle est majoritairement originaire du Danemark et du Danelaw (anglo-scandinave)[20], mais une partie non négligeable est originaire de Norvège[20],[21].
La colonisation scandinave de la Normandie, tout comme la formation du duché normand, s’étale sur plus d’un siècle et, dans les années 1020, des bandes vikings viennent encore s’installer dans le duché sous le règne du duc Richard l’Irascible[22]. Le duché de Normandie se constitue surtout sous les successeurs de Rollon et de Guillaume Longue-Épée et c’est seulement au siècle suivant, sous le règne du duc Guillaume le Bâtard, que le pouvoir ducal est totalement affirmé[23].
L'esprit de conquête et ses conséquences
modifierConquêtes de l'Angleterre, de l'Irlande, de l'Écosse et du Pays de Galles
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En 1066, le chef normand, Guillaume le Bâtard, bientôt surnommé le « Conquérant », conquiert l’Angleterre grâce à sa victoire lors de la bataille d'Hastings. Les Normands et leurs descendants y remplacent les Anglo-Saxons en tant que classe régnante[24]. Après une phase initiale de ressentiment et de révolte, les deux populations finissent par s’entremarier et fusionner en agrégeant les langues et les traditions respectives. Les Normands finissent par s’identifier comme Anglo-Normands, d’autant plus que leur langue diffère considérablement du français parisien. Si cette distinction a, par la suite, disparu en grande partie au cours de la guerre de Cent Ans, l’aristocratie anglo-normande s’identifie de plus en plus comme anglaise et les langues anglo-normandes et anglo-saxonnes fusionnent pour former le moyen anglais[25].
En 1072, Guillaume le Conquérant envahit l’Écosse jusqu’au Firth de Tay où il retrouve sa flotte. Le roi d'Écosse Malcolm III se soumet et rend hommage à Guillaume[26]. Les Normands construisent des châteaux et fondent des familles nobles qui fourniront des rois (comme Robert Ier d'Écosse), ainsi que des clans écossais dans les Highlands. Le roi David Ier d'Écosse joue un rôle primordial dans l’introduction des Normands et de la culture normande en Écosse, ayant passé du temps à la cour d’Henri Beauclerc (mari de Mathilde d'Écosse, sœur de David Ier). Le système féodal normand est appliqué dans les Lowlands[27] mais l’influence sur la langue écossaise de cette région reste limitée.
À partir de 1169, les Normands envahissent l'Irlande[28]. Ils s’installent principalement à l’est de l'île, dans un rayon d’une trentaine de kilomètres autour de Dublin, et y construisent des villages et des châteaux, comme ceux de Trim et de Dublin. Les Normands maintiennent une culture et identité distinctes mais les deux ethnies s’empruntent mutuellement leurs langues, leurs cultures et leurs perspectives[28]. L’arrivée des Normands eut un impact profond sur la culture, l’histoire et l’ethnicité irlandaises.
Conquête en Europe du Sud et en Asie Mineure
modifierDès le début du XIe siècle, des Normands partent s’illustrer et chercher fortune par petits groupes en Espagne, combattant les Maures aux côtés des rois chrétiens du Nord, mais surtout en Italie du Sud et en Sicile, jusqu’à Byzance et en Asie mineure, et enfin, en « Terre Sainte » à l’époque des croisades.
Italie et Sicile
modifierLes Normands conquièrent progressivement l’Italie du Sud et la Sicile, où ils jettent les fondements du royaume de Sicile. L’immigration normande dans le Mezzogiorno n'a rien de massif mais on estime qu'entre les années 1010 et les années 1120, il y eut un flux constant de départs du duché de Normandie vers l’Italie du Sud[29] (quelques centaines de Normands par an pendant un siècle environ[30]). Cette conquête est menée sur une longue durée, par de petits seigneurs normands de plusieurs générations, et n'est ni dirigée ni inspirée par le duc de Normandie[31].
Les Normands laissent leur marque dans le paysage avec de nombreux châteaux (comme la forteresse de Guillaume Bras-de-Fer à Squillace ou le Palais des Normands à Palerme) et cathédrales (comme celle de Roger II à Cefalù), qui parsèment le pays et lui donnent une saveur architecturale distincte. Institutionnellement, les Normands ont associé l’administration des Byzantins, des Arabes et des Lombards à leurs propres concepts de droit et d’ordre féodaux pour élaborer un leur gouvernement.
Orient
modifierPeu après leur arrivée en Italie, les Normands entrent dans l’empire byzantin et combattent en Arménie les Petchénègues, puis les Bulgares et les Seldjoukides[32]. Invités par les Lombards dans le sud pour intervenir contre les Byzantins, les mercenaires normands combattent bientôt au service des Byzantins en Sicile. Dans les années 1060, Robert Crispin mène les Normands d’Edesse contre les Turcs et Roussel de Bailleul tente de créer son propre État indépendant en Asie mineure. En 1073-1074, 8 000 des 20 000 soldats du général arménien Philaretos Brakhamios sont des Normands menés par Raimbaud[33].
Les croisades
modifierLa piété des Normands s'illustre dans les guerres religieuses avant que la première croisade n'aboutisse à la création de la principauté d'Antioche par les Normands d'Italie. Ils participent également à la Reconquista en Espagne[34]. En 1064, pendant la croisade de Barbastro, Guillaume de Montreuil prend la tête de l’armée pontificale.
En 1096, des croisés passant par le siège d’Amalfi sont rejoints par Bohémond de Tarente et son neveu Tancrède de Galilée avec une armée d’Italo-Normands[35]. Bohémond est le chef de facto de la croisade pendant son passage de l’Asie mineure. Après le succès du siège d'Antioche en 1097, Bohémond crée une principauté indépendante autour de cette ville. Tancrède joue un rôle essentiel dans la conquête de Jérusalem et contribue à l’expansion du royaume de Jérusalem en Transjordanie et en Galilée[36].
Intégration
modifierL’esprit viking, toujours vivace au XIe siècle, s’estompe au cours du XIIe siècle. Les Normands d’Angleterre ou d’Italie cessent peu à peu, de la seconde moitié du XIIe siècle jusqu’au cours du XIIIe siècle, de former un peuple distinct.
Le duché de Normandie, bien qu'annexé (pour sa partie continentale) au domaine royal capétien en 1204, garde pendant longtemps, face au pouvoir royal français, un fort particularisme, source de conflits entre les royaumes de France et d’Angleterre (conflits issus directement, ou indirectement, de ces anciens Normands, Vikings francisés et autochtones normannisés par près de trois siècles d’autonomie du duché).
Droit
modifierLa Charte aux Normands
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La Charte aux Normands était un acte octroyant certains droits et privilèges aux Normands. Décrétée le par le roi de France Louis le Hutin, elle est une réponse aux révoltes des barons normands et vise à reconnaître la spécificité de la Normandie[37]. Cette charte, ainsi que la seconde de 1339, faisait écho à la Grande Charte et à la Charte des libertés des Anglais. Abolie en 1789, elle était le symbole du particularisme normand[38].
La coutume de Normandie
modifierLa Coutume de Normandie est un système juridique apparu en Normandie au début du Xe siècle qui est resté en vigueur sur le continent jusqu'à la promulgation du Code civil français en 1804[39].
De nos jours, la Coutume de Normandie s'applique toujours dans les îles anglo-normandes[40].
Traits de caractère et stéréotypes
modifierDans la seconde moitié du XIe siècle, l'historien et moine Geoffroi Malaterra décrit les Normands comme « un peuple d'une très grande habileté, qui tire vengeance des torts qu'on lui inflige, et qui, dans l'espoir de faire davantage de profit ailleurs, méprise les terres héritées de ses pères ; avide de gain et de domination, il sait tout simuler et dissimuler, et tient un juste milieu entre générosité et avidité »[41].
Cette capacité de dissimulation attribuée aux Normands se reflète encore à l'époque moderne dans la culture populaire : ce qu'on appelle en français « réponse de Normand » est une formulation « exprimée en termes ambigus »[42], symbolisée par la formule « P'têt ben qu'oui, p'têt ben qu'non »[43]. Cette réputation proviendrait du fait que selon la Coutume de Normandie, tout engagement pris pouvait être renié dans les 24 heures, rendant les promesses normandes peu fiables[43]. En 1678, Jean de la Fontaine, dans la fable « La Cour du Lion », écrit ainsi :
Ne soyez à la Cour, si vous voulez y plaire,
Ni fade adulateur, ni parleur trop sincère ;
Et tâchez quelquefois de répondre en Normand.
— Jean de la Fontaine, La Cour du Lion
Cette réticence prêtée aux Normands à s'exprimer en termes risquant de les engager[44] se reflète également à travers un vieux stéréotype les présentant comme des chicaneurs acharnés à tirer avantage des textes de loi. Geoffroi Malaterra évoque déjà cette passion procédurière, qu'il présente comme complémentaire de la violence entreprenante de ce peuple « qui sait manier la flatterie, qui nourrit une telle passion pour l'étude de l'éloquence qu'on entend même des enfants parler presque comme des rhéteurs, et qui par ailleurs ne connaît aucun frein tant qu'il n'est pas soumis au joug de la justice »[45].
En 1893, l'historien Jules Michelet évoque l'attachement prêté aux Normands envers les textes de loi en affirmant qu'en Normandie, « le père de famille, au retour des champs, aime à expliquer à ses petits, attentifs, quelques articles du Code civil »[46].
Génétique
modifierLorsque Jules César achève sa conquête de la Gaule, le territoire de la future Normandie est peuplée de neuf tribus celtes[47]. Plus tard, certains peuples francs, saxons et germaniques viendront se joindre à la population[48]. Autour du Xe siècle, « quelques dizaines de milliers »[49],[50] de Scandinaves s'installent en Normandie, menant à la fondation du duché.
Seule fondation politique durable établie par les Vikings sur le continent, la Normandie intéresse certains chercheurs désirant connaître la part génétique d'origine scandinave chez les Normands du XXIe siècle[51]. En 2015, une étude menée par l'Université de Leicester analyse l'ADN de 89 habitants du Cotentin (sélectionnés selon des critères précis[Note 1]) : 58,4 % présentent le type de variations du chromosome Y le plus répandu en Europe du Nord et de l’Ouest[52]. Les chercheurs estiment cependant que l'origine de ce type de variation pourrait se situer du côté de bergers des steppes au nord de la mer Noire ayant immigré vers l’Ouest il y a 4000 ans et ne peut donc être interprétée à coup sûr comme une signature « typiquement viking »[52]. L’haplogroupe l1, retrouvé chez 12,4 % des sujets étudiés, évoque lui plus directement une probable ascendance viking, ces variations de chromosomes étant très présentes chez les Scandinaves[52]. L'étude a également révélé la présence, dans le groupe étudié, de marqueurs jouant un rôle plus important que prévu : « des traces d'origines probablement germaniques, mais aussi des marqueurs balkanique et d'Afrique du Nord, rares en Europe de l'Ouest. Dans quelques échantillons a aussi été trouvé le marqueur génétique le plus fréquent en Géorgie et en Arménie »[53]. « Ainsi, les Normands ont certes des ancêtres vikings, mais réduire leur origine à ce seul aspect serait simpliste. La Normandie a toujours été une région de passage et de métissage, enrichie par diverses influences au cours de son histoire »[54].
Patronymes normands
modifierLes noms de famille les plus répandus en Normandie sont issus de l'ancien français, du normand, du latin ou du scandinave[55].
Ils évoquent principalement des noms de métiers, de statuts ou de lieux, et débutent souvent par l'article défini « le », sans espace à la suite (Lefèbvre, Levaseur...)[56].
À l'instar de la toponymie normande, les racines scandinaves de la Normandie se retrouvent parfois dans les noms de famille de ses habitants. Ainsi, les noms de famille « Anquetil » (du vieux norrois Ásketill, la chaudière des dieux) ou « Toutain »[57] (du vieux norrois Thorsteinn, la pierre de Thor) figurent parmi les patronymes les plus courants sur le territoire[56].
Sentiment d'appartenance des Normands
modifierSelon un sondage réalisé par l'IFOP en 2025, la Normandie est la deuxième région française pour laquelle ses habitants se considèrent « très attachés » à leur région[58] (pour un total de 85 % des habitants « attachés à leur région »[59]).
Régionalisme
modifierDans la seconde moitié du XXe siècle, l'activité du régionalisme normand vise essentiellement à mettre fin à la partition de la Normandie continentale datant de la création des régions administratives françaises en 1956. La fusion de la Haute-Normandie et de la Basse-Normandie (finalement actée en 2014) est un thème récurrent, notamment aux moments des élections régionales.
Plusieurs mouvements régionalistes se réclament de l'autonomisme (le Parti Fédéraliste de Normandie, l'Action Normande, le Normanring, Mouve Tei, etc.) avec pour objectifs, outre l'union normande, l'autonomie de la Normandie, la défense de sa langue, de ses sports, jeux, danses et musiques traditionnels. Ces derniers domaines sont également défendus par plusieurs associations culturelles (TecNor, Terroirs Histoires et Traditions de Normandie, Magène, Association Régionaliste Alfred Rossel, Le p'tit capé d'Brix, Société Jersiaise, Société Guernesiaise, etc.). Vers l'an 2000 existait le PNI, Parti de la Normandie indépendante[38].
Créée en 1896, Le Souvenir Normand est une association qui a pour objectif de rassembler tous les peuples européens qui ont pour origine des Normands. L'association joua un rôle majeur dans le régionalisme normand du début du XXe siècle et participa activement à l'organisation des fêtes du Millénaire en 1911.
Depuis 2016, la F.A.L.E (Fédération des Associations pour la Langue normande) agit pour la promotion et la sauvegarde de la langue normande. En regroupant les différents acteurs sensibles à ce sujet, elle cherche à « instituer au sein de la Normandie une politique de valorisation, de revitalisation de la langue normande[60] ».
Culture
modifierReligions
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Le catholicisme est la religion principale des Normands. L'évangélisation du territoire remonte au haut Moyen Âge (IVe siècle). Dès cette époque furent fondés des évêchés à Rouen, Évreux, Lisieux, Sées, Bayeux, Coutances et Avranches. La province ecclésiastique de Rouen (siège d'un archevêché) correspond aux limites de l'ancienne province normande. Les ravages dus aux incursions vikings cessent avec le baptême, sous le nom de Robert, de Rollon, premier duc de Normandie, qui sera dès lors protecteur de l'Église.
Les ducs de Normandie, puis les rois de France ont encouragé le développement du monachisme normand : la région compte de nombreuses abbayes.

Parmi les saints normands, il faut noter Jean Eudes, un acteur majeur de l'École française de spiritualité, Thérèse de Lisieux, née à Alençon et morte à Lisieux où elle est à l'origine d'un des plus importants pèlerinages de France. Le nom d'un autre docteur de l'Église lié à la Normandie est Anselme de Cantorbéry. Arrivé comme élève en 1059 à l'abbaye Notre-Dame du Bec, il en devient l'abbé en 1078 puis archevêque de Cantorbéry en 1093. Il est l'un des plus grands théologiens et philosophes du Moyen Âge.
Pendant la Réforme (au XVIe siècle), une partie de la Normandie constituait un des bastions du protestantisme en France.
L'anglicanisme est la religion d'État en Normandie insulaire, mais le catholicisme et le méthodisme y sont représentés par des minorités assez importantes de fidèles.
Le christianisme orthodoxe s'est implanté en Normandie, comme en France, à la suite des évènements politiques de 1917 en Russie puis de 1922 en Turquie. Les émigrés, soldats et officiers de l'Armée blanche recrutés par les industriels français qui manquaient de main-d'œuvre à la suite de la Grande Guerre, se sont installés dans les villes industrielles périphériques, la première paroisse, la plus nombreuse, ayant été créée en 1926-1927 à Colombelles près de Caen, sur le site de la Société métallurgique de Normandie[61].
Il existe en 2019 plusieurs lieux de culte orthodoxe et un certain nombre de paroisses orthodoxes en Normandie[62],[63],[64].
S'agissant du culte juif, il se trouve en Normandie cinq synagogues. Des communautés se sont en effet implantées dès le Moyen Âge à Rouen et à Caen[65].
En 2017, 35 lieux de culte musulman ont été dénombrés en Normandie, allant de la simple cave ou du préfabriqué à la mosquée bâtie en dur[66].
Plusieurs centres et pagodes bouddhistes existent en Normandie. Le plus important est le Vajradhara-Ling, centre tibétain implanté à Aubry-le-Panthou dans l'Orne[67].
Costume traditionnel
modifierLe costume masculin se caractérise par le port du pantalon à pont, du gilet, inspiré de l'habit à la française, de la blaude (blouse), du mouchoir de cou et de la casquette. La blaude bleue se porte pour les fêtes, ornée de broderies blanches au point de chaînette aux épaules, à l'encolure, aux poignets et aux poches. Pour que le tissu de coton soit brillant, il est calandré, passé entre deux cylindres).
Le costume féminin est plus varié et évolue plus avec le temps. Composé d'une jupe et d'un corsage, le costume est orné d'un tablier plissé ou à bavette épinglé sur le corsage. La robe fait son apparition à la campagne au début du XIXe siècle. La coiffe est un élément culturel et régional fort du costume normand. Son invention date de la fin du XVIIIe siècle avec le bonnet cauchois[68] et s'achève à la veille de la Seconde Guerre mondiale avec la bonnette de la Manche. S'il existe une régionalisation forte des coiffes, elles ont toutefois des points communs : un fond, plus ou moins grand, la présence de broderies, une passe et des barbes (sorte de volants qui encadrent le visage). La plus courante reste le bonnet rond, appelé aussi « pierrot ». Les grandes coiffes sont à la mode jusque dans les années 1850. À ce moment-là, elles prennent des mesures exacerbées puis disparaissent peu à peu au profit des bonnettes, plus petites et pratiques à porter.
- Paysans normands (1920)
- Fête des Rouaisouns en Seine-Maritime (2010)
- Costumes normands à Bricquebec (2007)
- Fête normande à Jersey (2011)
- Deux normandes
- Costumes traditionnels normands au Musée de Normandie (Caen)
- Bonnet rond de Bayeux (années 1920)
- Habit de fête à Caen (vers 1850)
- Coiffe du Pays de Caux (années 1930)
- Coiffe d'Alençon
- Coiffe d'Argentan
- Coiffe de la vallée de la Touques
- Danseurs folkloriques normands à Guernesey
Les Normands dans les arts
modifierLittérature
modifierAu XIXe siècle, de nombreux Normands s'illustrent dans le domaine de la littérature. Parmi les principaux auteurs, on retrouve Guy de Maupassant, Gustave Flaubert, Alphonse Allais, Maurice Leblanc, Henri de Régnier, Jules Barbey d'Aurevilly.
Fête régionale
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En 2013, la société civile crée la Fête des Normands, fête régionale de la Normandie, célébrée autour du 29 septembre (jour de la Saint Michel) de chaque année, sur l'ensemble du territoire normand, en France et à l'étranger[69]. En 2017, elle est patronnée par la commission nationale française pour l'UNESCO.
Personnalités normandes
modifier- Richard sans Peur (Fécamp, 930-996)
- Emma de Normandie (980-1052)
- Guillaume de Jumièges (1000, 1070)
- Guillaume le Conquérant (Falaise, 1027-1087)
- Wace (Jersey, 1100-1174)
- Nicole Oresme (Fleury-sur-Orne, 1320-1382)
- François de Malherbe (Caen, 1555-1628)
- Nicolas Poussin (Les Andelys, 1594-1665)
- Corneille (Rouen, 1606-1684)
- Cavelier de La Salle (Rouen, 1643-1687)
- Pierre-Simon de Laplace (Beaumont-en-Auge, 1749-1827)
- Marie Harel (Crouttes, 1761-1844)
- Charlotte Corday (Ligneries, 1768-1793)
- Charles-Louis Havas (1783-1835)
- Jules Dumont d'Urville (Condé-sur-Noireau, 1790-1842)
- Théodore Géricault (Rouen, 1791-1824)
- Jean-François Millet (Gruchy, 1814-1875)
- Eugène Boudin (Honfleur, 1824-1898)
- Erik Satie (Honfleur, 1866-1925)
- René Coty (Le Havre, 1882-1962)
- Théodore Monod (Rouen, 1902-2000)
- Christian Dior (Granville, 1905-1957)
- Jean Marais (Cherbourg, 1913-1998)
- Bourvil (Prétot-Vicquemare, 1917-1970)
- Jacques Anquetil (Mont-Saint-Aignan, 1934-1987)
- Annie Ernaux (Lillebonne, 1940)
- Michel Drucker (Vire, 1942)
- Gérard Lenorman (Bénouville, 1945)
- Anny Duperey (Rouen, 1947)
- François Hollande (Rouen, 1954)
- Franck Dubosc (Petit-Quevilly, 1963)
- Valérie Lemercier (Dieppe, 1964)
- Philippe Torreton (Rouen, 1965)
- David Douillet (Rouen, 1969)
- Emmanuel Petit (Dieppe, 1970)
- Thomas Pesquet (Rouen, 1978)
- Orelsan (Alençon, 1982)
- Sabine Devieilhe (Caen, 1985)
- Ousmane Dembélé (Vernon, 1997)
Notes et références
modifierNote
modifier- ↑ Ces personnes devaient toutes porter un nom de famille à consonnance scandinave et avoir quatre grands-parents ayant toujours vécus dans un rayon de 50 km autour de leur lieu de vie actuel.
Références
modifier- ↑ Albert Dauzat, Jean Dubois, Henri Mitterand, Nouveau Dictionnaire étymologique et historique, Paris, Larousse, 1971, p. 497.
- ↑ Jan de Vries, Altnordisches etymologisches Wörterbuch, 3. Aufl., Brill, Leiden, 1977.
- ↑ Site du CNRTL : étymologie du mot Normand (lire en ligne)
- ↑ Lucie Malbos, Les peuples du Nord: De Fróði à Harald l'Impitoyable (Ier-XIe siècle), Belin, (ISBN 978-2-410-02741-9, lire en ligne), p. 165-167
- ↑ Elisabeth van Houts, « Qui étaient les Normands ? Quelques observations sur des liens entre la Normandie, l’Angleterre et l’Italie au début du XIe siècle », dans 911-2011. Penser les mondes normands médiévaux, Presses universitaires de Caen, coll. « Symposia », , 129–146 p. (ISBN 978-2-38185-036-8, lire en ligne)
- ↑ Pierre Bauduin, « Vikings et Normands du milieu du IXe siècle à 1066 », sur Mondes nordiques et normands médiévaux, (ISSN 2497-3157)
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