Notable
Les notables sont, au sein d'un groupe social, des personnalités d'un rang prépondérant ayant, ou ayant eu, un ascendant et une influence sur les autres membres de la société. La notion de « notable » est donc indissociable de celle de hiérarchie sociale, même si les notables ne sont pas toujours des « chefs » reconnus[1].
- "Qui se distingue des autres par son importance, son rang social prééminent, auquel sa situation vaut, en marge des cadres officiels, une autorité personnelle dans les affaires publiques (Foulq. Sc. soc. 1978)".
Le système notabiliaire est un système social basé sur le pouvoir des notables. Sa primauté est validée en France par la Révolution, dont les acquis seront reconnus par la Charte constitutionnelle de 1814. Ces notables composeront la nouvelle élite qui évoluera rapidement en un patriciat ou une gentry à la française.
Notion de « notable »
modifier« La notion de notable a occupé une place essentielle au sein de l’histoire sociale de la politique dans la France contemporaine. Elle a servi à caractériser les élites dirigeantes du XIXe siècle, entendues comme un groupe restreint d’individus et de lignées familiales qui cumulait richesse économique (principalement foncière), prestige social et pouvoir politique »[2].
La notion est assez subjective car le notable — notion qui se confond par ailleurs avec la notion du « bourgeois rural et local »[3] — ne porte pas forcément de « titre » attestant de sa « notabilité ». L'étendue d'une « notabilité » varie donc selon les points de vue de chaque observateur et révèle dans une certaine mesure les priorités ainsi que le système de valeur adopté par un groupe humain, dans une région donnée (village, canton
), à une époque donnée.
« La fin des notables » apparait avec le processus de démocratisation, qui ne se réalise pleinement qu’après l’instauration de la Troisième République en 1870[2]. En somme, les notables apparaissent comme les protagonistes d’une époque de transition entre une société d’ordres prolongeant l’Ancien Régime et une modernité politique (démocratique) dont ils seraient l’une des figures antithétiques[2].
De nos jours, certaines familles notables — influentes ou fortunées — inculquent à leurs enfants une éducation spécifique, destinée à leur apprendre à gérer leur patrimoine aussi bien relationnel que matériel et à se distinguer des autres membres de la société. Tout comme la noblesse, la notabilité est parfois considérée comme une sorte d'aristocratie.
Exemples
modifierPersonnalités traditionnellement reconnues comme des notables :
- Ministres (et hauts fonctionnaires de l'État)
- Ambassadeurs (et diplomates)
- Généraux (et officiers supérieurs)
- Préfets (et sous-préfets)
- Juges (et magistrats)
- Parlementaires (sénateurs et députés)
- Secrétaires généraux de syndicats nationaux[4]
- Maires (et conseillers régionaux et départementaux)
- Membres du clergé
- Grands propriétaires terriens et/ou immobiliers
- Industriels, banquiers, négociants et armateurs
- Administrateurs de sociétés
- Officiers ministériels, avocats, médecins, architectes, ingénieurs et journalistes[5]
- Professeurs des universités et professeurs agrégés
- Membres d'une académie, d'un ordre honorifique, etc.
Références
modifier- ↑ Le notable est parfois une personne qui peut être reconnue spontanément appartenir au corps des notables par la prééminence ou l'importance qu'on lui prêterait, qui la différencie du reste d'un groupe ou de la population, et issue de la présomption, la connaissance ou la constatation d'un ou plusieurs « critères » distinctifs et considérés subjectivement « de supériorité » sur le reste du groupe ou de la société (ex. : lieu d'habitation, profession, diplômes, prénom, nom de famille, réseau, apparence physique, tenue vestimentaire, élocution, vocabulaire, codes sociaux, habitudes alimentaires, destinations touristiques, etc).
- 1 2 3 Jean-Louis Briquet, « Notables et processus de notabilisation dans la France des XIXe et XXe siècles », sur politika.io, (consulté le ).
- ↑ Gilles Laferté, « Du notable à la petite bourgeoisie », sur Études rurales, (consulté le ).
- ↑ Favilla, « République des notables », sur Les Échos, (consulté le ).
- ↑ William Réjault et Mathieu Dehlinger, « Les notables d'hier sont-ils les précaires d'aujourd'hui ? », leplus.nouvelobs.com, 26/10/2011.
Voir aussi
modifierBibliographie
modifier- Pierre Grémion, Le Pouvoir périphérique. Bureaucrates et notables dans le système politique français, Paris, Éditions du Seuil, 1976 (ISBN 9782020043892)
- Vincent Hoffmann-Martinot, Le Gouvernement des villes : une comparaison internationale, Paris, L'Harmattan, 2007 (ISBN 2296031625)
- Jean-Luc Coronel et avec Christophe Boutin, Olivier Dard et Frédéric Rouvillois (dir.), « Notables », dans Le Dictionnaire du conservatisme, Paris, Le Cerf, coll. « Idées », (ISBN 978-2-2041-2358-7).