Notre temps (1927-1940)
Notre temps est un périodique français fondé en 1927 par Jean Luchaire et disparu en 1940.
| Format |
Mensuel (1927-1929) Bimensuel (1929-1930) Hebdomadaire (1930-1933/1934-1940) Quotidien (1933-1934) |
|---|---|
| Fondateur | |
| Date de création |
1927 |
| Date de fin |
1940 |
| Pays |
Historique
modifierNotre temps est fondé en sous la forme d'une revue mensuelle. Jean Luchaire bénéficie à l'origine de l'appui d'Émile Roche pour son financement . Ce dernier est pour un temps bref le codirecteur de la revue et emploie Luchaire comme rédacteur en chef de son propre périodique, La Voix. Il rompt avec Luchaire en 1928 pour des motifs financiers, lui reprochant d'avoir utilisé les fonds versés pour ces journaux pour ses besoins personnels[1]. Luchaire, ayant besoin d'argent, se met en 1928-1929 au service du ministère des Affaires étrangères qui le subventionne. Ce périodique, dès lors, soutient la politique de paix prônée par Aristide Briand : entreprendre la création de l'Europe culturelle, économique puis politique.
Outre son créateur, l'équipe est formée notamment de Jacques Chabannes, rédacteur en chef, Pierre Brossolette et Guy Crouzet (secrétaires généraux). De nombreux contributeurs participent à la rédaction et notamment Bertrand de Jouvenel, André Weil-Curiel, Pierre Mendès France, Daniel-Rops, Steve Passeur (chronique sportive) , Jean Sarment, Marcel Achard, Marcel Arland, Oscar Paul Gilbert et même pour un article sur la paix H. G. Wells.
En 1930, il devient hebdomadaire et certains numéros paraissent également sous le titre La Jeune Europe.
Luchaire rencontre en 1930 l'Allemand Otto Abetz, ce qui a eu un impact décisif sur sa revue qui va prôner un rapprochement franco-allemand de plus en plus inconditionnel et va soutenir les vues des gouvernements allemands, même après l'arrivée au pouvoir d'Hitler en 1933.
Le , Notre temps publie un manifeste « contre les excès du nationalisme, pour l'Europe et pour l’entente franco-allemande » signé par 186 intellectuels[2],[3],[4].
Le journal devient quotidien à partir du . Deux directeurs le dirigent alors : Luchaire et Édouard Pfeiffer, un cadre du parti radical-socialiste[5]. Mais ce dernier, plus attentif que Luchaire au danger allemand depuis l'arrivée au pouvoir d'Hitler et plus rétif au désarmement, rompt avec Luchaire en sur la question de la réduction des armements français, et quitte le journal[6]. La parution redevient hebdomadaire le . La même année, l'équipe initiale se sépare, Pierre Brossolette et Jacques Chabannes ne voulant pas continuer à travailler à un journal qui se veut européen « à n’importe quel prix », entraînant avec eux Daniel-Rops, Pierre Mendès France, Louis Martin-Chauffier, Maurice Schumann. Ils sont remplacés par Paul Marion, qui quitte aussi le périodique en [7], et Guy Crouzet, un ami de Luchaire, qui collabore à la revue depuis 1928 mais l'abandonne un temps, entre 1935 et 1938[7]. L'équipe est de plus en plus restreinte autour de Luchaire ; il est en 1936 le seul rédacteur politique. Le journal parait irrégulièrement et connait de graves difficultés financières en 1937-1938[8].
Après une interruption entre et , le périodique reparaît brièvement, grâce à l'autorisation et le financement du ministre de l'Information Ludovic-Oscar Frossard. Luchaire est notamment secondé par ses fidèles amis Guy Crouzet, Guy Zuccarelli et André Boll ainsi que de son père Julien Luchaire. Note Temps devient un journal de propagande au service de la France en guerre contre l'Allemagne nazie[9]. Il cesse définitivement sa parution le quelques jours avant l'entrée des troupes allemandes dans Paris.
Le , Jean Luchaire lance un quotidien intitulé Les Nouveaux Temps qui paraîtra jusqu'au et deviendra un des outils de propagande de la Collaboration.
Périodicité
modifier- Mensuel du (no 1) au (no 29) ;
- Bimensuel du (no 1 nouvelle formule) au (no 14) ;
- Hebdomadaire du (no 15) au (no 211) ;
- Quotidien du au
- Hebdomadaire de au (no 1026).
Source : Notice BNF
Notes et références
modifier- ↑ Jean-René Maillot, « Jean Luchaire et la revue Notre temps (1927-1940) », thèse en histoire contemporaine soutenue à l’Université de Lorraine, 2012, p. 150-154 (« lire en ligne » (version du sur archive.org))
- ↑ Guillaume Piketty, Pierre Brossolette : Un héros de la Résistance, éd. Odile Jacob, 1998.
- ↑ Simon Epstein, Un paradoxe français, Albin Michel, 2008, p. 161.
- ↑ Notre temps, 18 janvier 1931 (une de la revue), Texte du manifeste et signatures
- ↑ Notre Temps, 26 septembre 1933
- ↑ Maillot 2012, p. 460-466.
- 1 2 Maillot 2012, p. 517.
- ↑ Maillot 2012, p. 540.
- ↑ Maillot 2012, p. 563-564.
Annexes
modifierBibliographie
modifier- Jean-René Maillot, Jean Luchaire et la revue Notre temps (1927-1940), Berne, Peter Lang, coll. « Convergences » (no 78), , XX-503 p. (ISBN 978-3-0343-1342-1, présentation en ligne).