Novaesium

établissement humain en Allemagne

Novaesium, Castrum Novaesium ou encore Novesium, aujourd'hui Neuss, est un castrum romain de Germanie inférieure faisant partie du système défensif du limes de Germanie inférieure.

Fort romain de Novaesium
Période d'activité
12 av. J.-C. à la fin du IIIe siècle
Localité moderne
Dimension du fort
570 × 420 m (=25 ha)
Province romaine
Coordonnées
Carte

Histoire

modifier

Un point d'appui dans le dispositif militaire du limes

modifier
Topographie de Novaesium, Castrum et Vicus sur les limes du Rhin, aujourd'hui Neuss.

Les premiers corps légionnaires semi-permanents datent probablement d'une période postérieure à , lorsque Auguste et le futur empereur Tibère se rendirent en Gaule en [1],[2]. Chargé de la conquête de la Germanie libre, son beau-fils Nero Claudius Drusus, après avoir repoussé une invasion des Sicambres, de leurs alliés les Tenctères et les Usipètes, pénétra en territoire des Bataves ( probablement alliés de Rome) en et ravagea les terres des Usipètes et des Sicambres. Descendant ensuite le Rhin avec une flotte vers la mer du Nord, il s'allia aux Frisons et pénétra en territoire des Chauques[3].

En , Drusus mena ses opérations plus au sud, affrontant et vainquant une nouvelle fois les Usipètes. Cette même année, il utilisa l'importante base légionnaire de Novaesium, faisant construire, durant la campagne, un pont sur la Lupia, l'actuelle Lippe (située en face de Castra Vetera, aujourd'hui Xanten), et envahit de nouveau le territoire des Sicambres (absents car engagés dans une guerre contre les Chattes voisins), y bâtissant des forteresses (dont l'Aliso). Enfin, il pénétra sur les territoires des Marses et des Chérusques, jusqu'au Visurgis (l'actuel Weser). Pour ces succès, il reçut des honneurs triomphaux (ornamenta triumphalia)[4]. Les années suivantes, le général romain étendit son champ d'action plus au sud et Novaesium fut probablement abandonnée comme castrum légionnaire au profit de Vetera, tout en conservant une première garnison de troupes auxiliaires.

Il est également vrai que Novaesium aurait pu être utilisé dans d'autres circonstances, comme lors des campagnes militaires de Tibère en 4, lorsqu'il a attaqué les Bructères voisins ou lors des campagnes de Germanicus en 14-16[5].

À la fin de ces dernières opérations en 16, l'empereur romain Tibère créa deux nouvelles zones militarisées à l'ouest du Rhin, qui devinrent 70 ans plus tard les nouvelles provinces de Germanie inférieure et de Germanie supérieure[6],[7].

Durant les dernières années du principat de Tibère (vers 30/35), la Legio XX Valeria Victrix fut transférée de Colonia Claudia Ara Agrippinensium au nouveau castrum de Novaesium , où elle demeura jusqu'en 43/47[8],[9],[10]. Elle fut remplacée par la Legio XVI Gallica qui y resta jusqu'en 70[11].

Avec la mort de l'empereur Néron, le castrum fut impliquée dans la révolte des Bataves (69-70), à la fin de laquelle elle fut partiellement reconstruite en raison des actions manifestes menées par les rebelles bataves.

De Domitien à Dioclétien

modifier

Avec le nouvel empereur Vespasien (en 70), une nouvelle forteresse légionnaire fut reconstruite à Novaesium, dont la défense fut confiée à la Legio VI Victrix, qui y resta jusqu'en 101/104 environ[12],[13].

À partir de 84/87, Novaesium est devenue une partie de la nouvelle province de Germanie inférieure, qui comprenait parmi ses principales agglomérations également Castra Vetera (Xanten), Ulpia Noviomagus Batavorum (Nimègue), Trajectum ad Rhenum (Utrecht) et Colonia Claudia Ara Agrippinensium (Cologne, la capitale de la province), comptant jusqu'à 27 forts et fortins auxiliaires, les trois forteresses légionnaires, à l'époque de Vespasien, le long du limes de Germanie inférieure qui, de l'embouchure du Rhin, menait au fort de Remagen.

En 100, l'empereur Trajan, probablement après un premier bref séjour dans le castrum , décida de retirer définitivement la legio VI Victrix au profit de la forteresse voisine de Castra Vetera, fermant ainsi la forteresse légionnaire de Novaesium. Dès lors, un fort pour les troupes auxiliaires fut construit à l'emplacement de l'ancien fort[14].

Durant les siècles suivants, Novaesium fit partie du secteur nord du limes rhénan et dut relever le défi de repousser les nombreuses invasions barbares qui suivirent la formation de la fédération germanique des Francs à partir du IIIe siècle. Vers 275, la forteresse fut détruite par une invasion de Francs, qui occupèrent ensuite toute la zone située entre la Meuse et l'Escaut.

Le IVe siècle

modifier
Diorama du camp légionnaire de Novaesium.

En 342, la confédération franque lança une incursion en territoire gaulois, depuis sa zone d'implantation près du Rhin. Elle fut repoussée par Constance Chlore. Dix ans plus tard, entre 355 et 358, Julien constata que les routes du Rhin étaient de nouveau sous contrôle franc et les pacifia une fois encore. Rome accorda aux Francs une portion considérable de la Gaule belgique, incluant les territoires entourant Novaesium.

À partir de ce moment, les Francs devinrent peuple fédéré de l'Empire romain. En substance, ils furent le premier peuple germanique à s'établir de façon permanente en territoire romain, chargés de défendre la frontière du Rhin contre les Alains, les Suèves et les Vandales.

Éléments du site

modifier

Canabae legionis

modifier

Les fouilles plus récentes (1994) ont découvert des thermes qui, semble-t-il, sont situés dans la zone entre le Grand Canal du Nord et "Marienhof" (68 m de long sur 30 m de large).

Villa Rustica de Neuss-Meertal

modifier

La villa été occupée du Ier au IIIe siècle les circonstances de son abandon sont inconnues. Il n'y a pas de traces de feu et un abécédaire du milieu du IVe siècle a été découvert[15].

Le Reckberg

modifier

À 3 kilomètres à l'est du castrum, un castelleum se situe le long de la voie romaine près de Neusser. Sa taille (34,5 × 33 m) montre qu'il ne pouvait abriter qu'une cinquantaine d'hommes. À près de 200 m se trouve une tour de guet de m sur m.

Le vicus

modifier

Il semble que le vicus ait été totalement détruit par la révolte des Bataves en 69/70, et si l'on a trouvé des peintures murales du IIe siècle, d'autres vestiges montrent une destruction par le feu dans la première partie du IIIe siècle. Des fouilles ont mis au jour des pièces de monnaie de 335.[réf. nécessaire]

Notes et références

modifier
(nl) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en néerlandais intitulé « Castra Novaesium » (voir la liste des auteurs).
  1. (en) L.Keppie, The making of the roman army, from Republic to Empire, p. 161.
  2. (en) Carroll, Romans, Celts & Germans: the german provinces of Rome, p. 34.
  3. (it) Dion Cassius, Storia romana, LIV.32.
  4. (it) Dion Cassius, Storia romana, LIV, 33.
  5. (en) C.M.Wells, The German Policy of Augustus, p. 130.
  6. (en) C.M.Wells, The German Policy of Augustus, p. 136-137.
  7. (en) Carroll, Romans, Celts & Germans: the german provinces of Rome, p. 41.
  8. (en) L.Keppie, The making of the roman army, from Republic to Empire, p. 194.
  9. CIL 13, 8553.
  10. CIL 13, 8554.
  11. CIL 13, 8552.
  12. (en) Campbell, Roman legionary fortresses 27 BC - AD 378, p. 16-20.
  13. AE 1905, 00135, CIL 13, 8549.
  14. (en) Campbell, Roman legionary fortresses 27 BC - AD 378, p. 38-39.
  15. [Sauer 1995] Sabine Sauer, « Eine villa rustica am Rande des Neusser Meertals », dans Archäologie im Rheinland Une villa au bord de la rustica Meertals Neusser »], 1995 (köln 1996), p. 60–62.

Voir aussi

modifier