Observatoire de Vienne
L'observatoire de Vienne (Universitäts-Sternwarte Wien) est un observatoire astronomique situé à Vienne, en Autriche.
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Objet autrichien classé monument historique (en) |
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045 |
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Le premier observatoire fut construit en 1753-1754, sur les bâtiments de l'université de Vienne. Un nouvel observatoire fut construit entre 1874 et 1879, et fut enfin inauguré par l'empereur François-Joseph Ier d'Autriche en 1883. Le dôme principal héberge une lunette de 68 cm de diamètre et d'une focale de 10,5 m. À cette époque, c'était la plus grande lunette astronomique du monde.
Histoire
modifierOn pourrait faire remonter la pratique de la science astronomique à Vienne au XIVe siècle, puisque dès 1391, des cours sur le Ciel et la Terre ont été continûment dispensés à l'université, avec des professeurs comme Johannes von Gmunden ou Georg von Peuerbach et son étudiant, Regiomontanus. Au début du XVIIIe siècle, le mathématicien impérial Johann Jakob Marinoni fit installer une tourelle sur les toits de sa résidence viennoise pour abriter sa lunette astronomique[1].
Le premier observatoire
modifierLes Jésuites, qui étaient chargés depuis 1551 de l’administration de l’université, y avaient déjà installé un Museum mathematicum en 1714, équipé d’instruments optiques et astronomiques, et d’un compendium de géodésie : globes terrestres et sphères armillaires du ciel[2]. Le Père Joseph Franz (1704–1776) y officiait, qui avait fait aménager en 1733, sur la requête de Marinoni, un observatoire sur les toits du collège jésuite : ce fut le premier observatoire institutionnel de Vienne[2]. Franz obtint l’année suivante la chaire de Mathématique, de Philosophie naturelle et d’Astronomie, et sa succession, en 1756, fut assurée par Joseph Liesganig (1719–1799). En 1755, sur la proposition du cardinal von Trautson, l’impératrice Marie-Thérèse accepta de doter l’université d'un observatoire[3]. Son premier directeur fut le jésuite de 35 ans qui avait dirigé le chantier, Maximilian Hell (1720–1792), un étudiant du P. Franz[4].
Après l’expulsion de Jésuites (1773), leur observatoire et ses instruments furent remis à l’université de Vienne[2].
- L'ancien prieuré jésuite et la tour de l’observatoire (à droite);
- Le nouveau bâtiment (place Ignaz-Seipel, avec l’observatoire ; la chapelle des Jésuites à droite ; Canaletto, 1758-61)
Les bâtiments du premier observatoire
modifierLa tour de l’observatoire des Jésuites[2], actuellement à l'angle de la Bäckerstraße et de la Postgasse, était une tour de huit étages, haute de 45 m, doublée d'une tour lanterne avec terrasse. Il ne subsiste de cet édifice que les premiers étages.
Sur les toits du Nouveau hall, jouxtant la chapelle des Jésuites (aujourd'hui occupée par l’Académie autrichienne des sciences, place du Dr.-Ignaz-Seipel) , un autre observatoire (une étroite tour en charpente de 4 étages) avait été édifié en 1753[3], mis en service en 1756 ; mais la trop grande proximité du centre-ville, avec les chocs sur les pavés, les turbulences de l'air, la pollution des fumées et l'éclairage intempestif nuisaient aux observations astronomiques et notamment à la précision des mesures. Aussi le successeur de Hell, Joseph Johann Littrow, demanda-t-il vers 1800, mais en vain, la construction d'un nouvel observatoire[3] : ce n'est qu'en 1825 que les fonds furent réunis pour agrandir l'observatoire existant[3]. On remplaça les vielles lunettes astronomiques, et l'on reconstruisit les bâtiments pour aménager une grande salle et y placer les instruments mobiles, une autre pour les grands télescopes fixes, ainsi que deux tours à coupole obturable. Une terrasse était réservée aux lunettes méridiennes, en face desquelles on édifia deux colonnes géodésiques, sur le Wienerberg. L'observatoire fut doté d'une tour supplémentaire en 1883[3]. Les vestiges de ce premier observatoire sont désormais classés au patrimoine historique de Vienne et inscrits au patrimoine mondial comme sites du Centre historique de Vienne.
Les instruments du premier observatoire
modifierLes premiers observatoires avaient hérité du matériel astronomique de leur fondateur Marinoni ; il fallut attendre les travaux de 1825–1831 pour enrichir notablement cet équipement.
Le principal instrument d'observation était une lunette astronomique d'une ouverture de 160 mm, dont l'optique avait été taillée par Joseph von Fraunhofer en 1825. L'observatoire disposait de deux autres lunettes Fraunhofer, une lunette méridienne pour la datation du midi vrai local, une lunette à foyer court pour la poursuite des comètes, et un théodolite de Reichenbach. Pour la localisation des astres, les astronomes disposaient d'un grand goniomètre à alidade d'une résolution de 24″, d'un équatoire portatif, d'un cercle répétiteur et d'un sextant Troughton d'une résolution de 10″. Ces instruments était manœuvrés et vérifiés grâce à un pignon réducteur de centrage et deux dynamètres Ramsden-Carry pour évaluer le grossissement des objectifs. Pour la mesure des périodes et la datation, on utilisait un pendule de Kater, 5 pendules astronomiques (pendule Molyneux, pendule Graham, pendules Auch-Geist) et un chronomètre Arnold inaltérable en or[3].
Ces instruments sont aujourd'hui conservés, les uns au Musée de l’Institut dans les jardins de l’Observatoire (Wien XVIII), les autres au musée de l’observatoire[3].
Observations jusqu'en 1842
modifierL’Observatoire, sous la direction de Hell, bénéficiait d’une renommée internationale : on doit à cet établissement la publication d’éphémérides, en 37 volumes, pour la période 1757 à 1792 (Ephemerides astronomicae ad meridianum Vindobonensem[3]), avec la position des planètes et des lunes de Jupiter, ainsi qu'un catalogue d'étoiles. Liesganig et Hell observèrent depuis Vienne le transit de Vénus de 1761 ; puis en 1769, Liesganig observa le transit à Vienne[2] et Hell, à Vardø (Norvège) : ces deux savants évaluèrent ainsi la distance Terre-Soleil à 152 millions de kilomètres (la valeur actuellement retenue est de 149,6 millions de kilomètres).
L’observatoire se consacrait également aux questions épineuses de longitude. Liesganig y avait déjà travaillé à l’observatoire des Jesuites, déterminant la déclinaison du pôle nord à Vienne en 1757 grâce à un quadrant zénithal de 10 pieds, puis fixant le méridien de Vienne et le méridien de référence pour la Hongrie à la demande de l'impératrice Marie-Thérèse[2] entre 1761 et 1769. C’est ainsi que l’observatoire de Vienne constitua devint l’origine pour le Relevé topographique joséphinien et le relevé franciscain. Ces canevas ont été conservés par le Bundesamt für Eich- und Vermessungswesen (BEV), dont le prédécesseur, l’Institut topographique de 1806, définit le cadastre sur la base des données géodésiques de l'observatoire.
L’observatoire eut également sa part à la chronométrie astronomique. L’heure légale étant fixée par le gros horloge de la cathédrale Saint-Étienne, l’observatoire fut chargé en 1822 de régler cet instrument par émission de signaux (probablement optiques).
Il disposait également d'un poste météorologique. On a longtemps cru les chroniques météorologiques des Jésuites perdues, avant qu'on les retrouve en 1768-1769, et qu'elles soient publiées dans les Ephemerides Astronomicae anni 1793[5]. Depuis 1775, l'Observatoire publiait les Meteorologische Beobachtungen an der Wiener Sternwarte[5] avant de les communiquer quotidiennement au Wiener Zeitung[2] , jusqu'à la fondation, en 1851, de l'Office central de Météorologie et de Géodynamique (ZAMG), qui a repris cette mission. Ces chroniques remontant à 1775, ainsi que celles de l'observatoire de Kremsmünster remontant à 1760, ont joué un rôle considérable dans la constitution de l’Historical Instrumental Climatological Surface Time Series of the Greater Alpine Region[5].
Le nouvel observatoire
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En 1842, le fils de Littrow, Karl Ludwig von Littrow, lui succéda au poste de directeur. Sa première tâche était la construction d'un nouvel observatoire[6]. Il en présenta les plans aux nouvelles autorités quatre ans plus tard, toujours en vain ; mais en 1850, grâce à l'appui de personnalité de la cour, Littrow put de nouveau présenter un programme : la construction d'un observatoire sur une hauteur boisée, libre de ruines. Il y avait un terrain convenable adossé aux fortifications de la ville. En 1858, les autorités militaires levèrent l'interdiction de construire contre les remparts ; simultanément, Littrow obtenait un permis de construire sur le Bastion des Turcs (Türkenschanze), dans le faubourg de Währing.
Lorsqu'en 1867 il fut question de reconstruire le grand hall de l'université, certains projets comportaient la réalisation d'un observatoire sur les toits du nouvel édifice. Ces variantes ayant été écartées, Littrow fut chargé de construire l’Observatoire national d’Autriche-Hongrie. Après diverses missions à travers l’Allemagne, l’Angleterre et les USA, il adopta finalement un plan en croix identique à celui de l’observatoire de Berlin. Le site retenu était un terrain de 5,5 ha sur le faubourg encore peu fréquenté du Bastion des Turcs. L'architecture, qui devait combiner logements de fonction et locaux techniques, fut confiée au cabinet Fellner & Helmer, déjà réputé pour des halles de concert et des théâtres. La construction des bâtiments techniques s'étala de 1874 à 1879. Le centre est occupé par une tourelle de 14 m de diamètre, entourée au nord, à l'est et à l'ouest de trois tourelles mineures. L'aile sud abritait les logements et les bureaux des astronomes. Avec une longueur de 101 m et une largeur de 73 m, c'est, encore en 2025, le plus grand complexe astronomique au monde[7]. Littrow, qui s'éteignit en 1877, ne vit d’ailleurs pas la fin des travaux. L'emménagement dans le nouvel Institut d'Astronomie ne fut achevé qu’en 1882. L'inauguration, présidée par l’empereur François-Joseph[8] et organisée par le directeur Edmund Weiss, eut lieu le 5 juin 1883.
Le transfert de l'Observatoire national à Neumarkt in Steiermark a été décidé en 1926, et se justifiait d’une part par la difficulté des observation célestes au voisinage d'une métropole populeuse[9], de l'autre par le transfert des facultés de sciences à Graz et Innsbruck.
La reconstruction du nouvel Institut zoologique de l’université, décidée au début des années 1970, devait prendre 6 000 m2 du Parc de l'Observatoire, mais un référendum organisé le 26 mai 1973 s'est opposé à cette initiative.
Il a été décidé en 2015 de réhabiliter plusieurs façades, et depuis 2017, plusieurs salles ont pu être rouvertes au public. L'ensemble du site est classé (Modèle:BDA Objekt Ref).
Les instruments du nouvel observatoire
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La grande coupole abrite un télescope de 680 mm d'ouverture et de 10,50 m de focale, fabriqué par le constructeur irlandais Grubb en 1878. Au moment de son installation, c'était l'un des plus grands télescopes au monde, dépassé seulement pour la taille par le Leviathan, le Grand Telescope de Melbourne et le télescope de 830 mm de l’Observatoire de Toulouse ; mais le Leviathan n'était plus guère utilisé ; le télescope de Melbourne donna des résultat décevant à cause de son miroir métallisé ; quant au télescope de Toulouse, il souffrait d’une monture défectueuse, en sorte que l'instrument de Vienne était le plus performant de l’époque. Dès 1885, l’Observatoire de Poulkovo se dotait d’un télescope de 760 mm d'ouverture, détrônant le télescope de Vienne ; cela n’empêche pas que ce dernier demeure, encore en 2025, l’un des dix plus gros télescopes jamais construits.
La coupole nord abritait autrefois une lunette à courte focale (chasseur de comètes) de marque Maerz, de 1 620 mm d’ouverture et de 1,50 m de focale, avant d'être remplacé par un télescope Schmidt de 400 mm d'ouverture. Depuis 2002, elle abrite un télescope Cassegrain de 800 mm d'ouverture et de 6,64 m de focale.
La coupole ouest abrite un télescope Clark de 300 mm d'ouverture et de 5,20 m de focale, qui fut longtemps le deuxième plus gros instrument de l'institut. La coupole est abritait autrefois le télescope Fraunhofer historique de 150 mm, hérité de l'ancien observatoire. C’est aujourd'hui un télescope Starke & Kammerer de 200 mm qui s’y trouve, ramené là en 1928 depuis l'Université technique de Vienne. Le couloir reliant le bâtiment principal aux deux coupoles est et ouest était destiné aux lunettes méridiennes, mais elles ont finalement été installées dans la coupole ouest. Ces locaux abritent une bibliothèque scientifique et des bureaux.
La moitié ouest du site est occupée par un pavillon latéral, qui abritait autrefois une lunette coudée de 380 mm d’ouverture et de 25 m de focale, offerte en 1885 par le banquier Albert von Rothschild[10]. Toujours à l’écart du bâtiment principal, on peut voir un télescope zénithal (dont le pied fixe a servi de point de référence pour la deuxième Convention du Mètre de 1960 et la rectification du Géoïde) et un télescope à double miroir historique, ainsi qu'un astrographe Steinheil de 330 mm d’ouverture et de 3,30 m de focale, équipé d’un viseur de 250 mm d'ouverture et de 3,30 m de focale. Ce sont, là encore, des dons du baron Rothschild.
Découvertes
modifierLe premier directeur du nouvel observatoire universitaire de Vienne fut Edmund Weiss, professeur d’Astronomie depuis 1869, qui s’était énormément investi dans le chantier. Weiss débaucha un astronome du centre météorologique de la Marine de Pula, Johann Palisa, déjà réputé pour ses multiples découvertes d’astéroïdes. Affecté à l’orbitographie et à la collaboration avec l'observatoire de Heidelberg, Palisa en découvrit encore 94 à Vienne entre 1881 et 1923 (soit au total 123). La plupart des 70 nébuleuses détectées grâce au grand télescope, ultérieurement identifiées comme autant de galaxies, ont été observées par Rudolf Spitaler entre 1890 et 1892. Spitaler y a découvert en 1890 une comète périodique, 113P/Spitaler.
La succession de Weiss a été assurée par Joseph von Hepperger en 1909. En raison de la capitulation austro-hongroise et de la crise économique qui s'ensuivit, Hepperger dut faire face à d'énormes restrictions. Son successeur, Kasimir Graff de Hambourg, ne parvint lui-même qu'à accomplir des réparations ponctuelles et à installer un pont élévateur pour faciliter l’utilisation du grand télescope. Graff, qui était aussi un spécialiste de l'observation des planètes, fut mis à la retraite d'office par les nazis en 1938 pour raisons politiques, avant de retrouver son poste en 1945. Il recruta alors deux Allemands, l'astronome Josef Hopmann (spécialiste des satellites et des étoiles doubles) et l’astrophysicien Joseph Meurers, et Konradin Ferrari d’Occhieppo pour enseigner l’Astrophysique théorique : en effet, avec les progrès des radars et de l’interférométrie, les activités se détournaient progressivement des domaines en faveur au début du XXe siècle (chronométrie et astrométrie) au profit de l'astrophysique. L’astrophotographie et la photométrie supplantaient désormais l'observation visuelle, déjà menacée par la pollution atmosphérique croissante et l'extension de la métropole viennoise. Le premier astronome, Johann Palisa, écrivait à ce propos en 1924, que « l’observatoire de Vienne et son grand télescope n'occupe plus aujourd'hui la place qu'il devrait ; il est grand temps de songer à un déménagement[11] ».
Directeurs
modifier- Maximilian Hell, 1755–1792
- Franz de Paula Triesnecker, 1792–1817
- Johann Josef von Littrow, 1819–1840
- Karl Ludwig von Littrow, 1842-1877
- Edmund Weiss, 1877–1908
- Kasimir Graff, 1928–1938
- Bruno Thüring, 1940–1945
- Kasimir Graff, 1945–1949
- Josef Hopmann, 1951–1962
- Josef Meurers, 1962–1979
- Karl Rakos, 1979–1981
- Werner Tscharnuter, 1981–1984
- Michel Breger, 1984–1986
- Paul Jackson, 1986–1994
- Michel Breger, 1994–2005
- Gerhard Hensler, 2006–2009
- Franz Kerschbaum, 2009-
Références
modifier- ↑ Cf. Maria G. Firneis, Hermann Haupt et Peter Holl, « Observatoires en Autriche: Vienne. », sur Österreichische Akademie der Wissenschaften: austriaca.at, – Carte et articles.
- 1 2 3 4 5 6 7 Maria G. Firneis, Hermann Haupt et Peter Holl, « L’observatoire des Jésuites. », sur Österreichische Akademie der Wissenschaften: austriaca.at, .
- 1 2 3 4 5 6 7 8 Maria G. Firneis, Hermann Haupt et Peter Holl, « L’ancien observatoire de lniversité. », sur Österreichische Akademie der Wissenschaften, .
- ↑ Modèle:Wien Geschichte Wiki
- 1 2 3 Ingeborg Auer, Barbara Chimani, P. Amand Kraml et Silke Adler, Very early instrumental measurements in Austria 18 th century climate data in Austria, still unexploited., Vienne, Office central de Météorologie et de Géodynamique., (lire en ligne [PDF]).
- ↑ Maria G. Firneis, Hermann Haupt et Peter Holl, « l’observatoire universitaire de Vienne », sur Sternwarten in Österreich - Österreichische Akademie der Wissenschaften, .
- ↑ (de) « Die neue Sternwarte der Wiener Universität. », sur ANNO (Historische Zeitungen und Zeitschriften), Allgemeine Bauzeitung, . Contient images et photos historiques des locaux.
- ↑ « ANNO, Neue Freie Presse, 1883-06-06, Seite 5 » (consulté le )
- ↑ (de) « Allerlei: Verlegung der Wiener Universitätssternwarte. », Badener Zeitung, , p. 5 (lire en ligne)
- ↑ « Erhaltung astronomischen Kulturerbes im Sternwartepark », sur astrocoude.at (consulté le )
- ↑ Johann Palisa, Die Aufhellung des Himmels über Währing durch die Ringstraßenbeleuchtung, vol. 222, (lire en ligne), p. 172
