Occupation des Samoa allemandes
L’occupation des Samoa allemandes regroupe l’invasion de l’île par la Nouvelle-Zélande en 1914, puis son administration par la colonie britannique jusqu’en 1919.
| Date |
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|---|---|
| Lieu | Archipel des Samoa |
| Issue |
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| Changements territoriaux | Annexion des Samoa par la Nouvelle-Zélande |
| 1 400 hommes[1] 5 croiseurs 2 navires de transport |
72 hommes |
| 4 morts | 72 prisonniers |
L’opération débute à la fin du mois d’, lorsque le corps expéditionnaire samoan venu de Nouvelle-Zélande débarque dans l’archipel. Le débarquement se déroule sans opposition et les troupes prennent possession des Samoa au nom du gouvernement néo-zélandais pour le compte du roi George V. Le colonel Robert Logan administre ensuite le territoire jusqu’en 1919.
Contexte
modifierDomination allemande sur les Samoa
modifierL’archipel samoan se compose de six îles principales, de deux atolls et de nombreux îlots situés dans le sud-ouest de l’océan Pacifique. Ses voisins les plus proches, au nord des Tonga, se trouvent à 210 km au sud-ouest[2].
Les Samoans ne sont pas consultés lorsque le Royaume-Uni, l’Empire allemand et les États-Unis décident de se partager les îles en . L’Allemagne obtient les îles occidentales (Savai'i et Upolu, ainsi que sept petites îles), tandis que les États-Unis acquièrent les îles orientales (Tutuila et Manu'a) et établissent une base navale à Pago Pago[2].
Déclenchement de la Première Guerre mondiale dans le Pacifique
modifierAu début de la Première Guerre mondiale, en , les Samoa allemandes représentent, à l’échelle de l’Empire allemand, un territoire de valeur stratégique modérée. Son principal atout est une station radio située dans les collines d’Apia, capable de transmettre des messages, en code Morse, à longue distance vers la métropole et de communiquer avec la Kaiserliche Marine, la puissante flotte allemande. Estimant finalement cette base menaçante, la Grande-Bretagne décide de la neutraliser en l’envahissant rapidement[3],[4],[5].
Débarquement
modifierLe , la Nouvelle-Zélande affrète les transports non armés Monowai et Moeraki pour mener une opération amphibie afin de conquérir l’île principal des Samoa allemandes. Le forces de débarquements sont composés de 1 400 hommes commandés Robert Logan[6], le gouverneur du district militaire d’Auckland[7]. Escortés par les croiseurs britanniques HMS Philomel, Psyche et Pyramus[8], les navires néo-zélandais entreprennent leur voyage dans le Pacifique dans un contexte douteux. En effet, la position de l’escadre allemande d’Asie de l’Est, comprenant notamment les croiseurs lourds Scharnhorst et Gneisenau, demeure inconnue. Ainsi, le convoi renforce sa protection le , lors d’une escale à Nouméa, où il reçoit l’appui du croiseur de bataille australien HMAS Australia, du croiseur léger HMAS Melbourne et du croiseur cuirassé français Montcalm[9],[10]. La traversée reste néanmoins marquée par une tension constante, liée à la possibilité d’une interception allemande[5].

À leur arrivée au large des Samoa[11], les forces néo-zélandaises constatent la faiblesse des moyens de défense locaux. Une unité indigène d’une cinquantaine d’hommes encadrés par deux Européens, une vingtaine de soldats supplémentaires et une unique pièce d’artillerie[12] sont mobilisés pour la défense de l’île[13]. Le gouverneur de l’île Erich Schultz-Ewerth (de) a, en outre, reçu l’ordre de ne pas opposer de résistance à une éventuelle occupation alliée. Alors, le , le corps expéditionnaire samoan débarque à Apia sans affrontement et prend le contrôle de la ville[14]. La prise se déroule sans incident, les autorités locales se rendent comme prévu[5].
Cette conquête dès le début de la guerre est le second territoire allemand à tomber aux mains des forces alliées après le Togoland[1].
Occupation
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Le suivant, les croiseurs Scharnhorst et Gneisenau se présentent finalement au large d’Apia. Constatant que les Samoa ne sont plus sous contrôle allemand, les navires se retirent sans engager le combat[5].
L’historien James Wightman Davidson qualifie l’administration néo-zélandaise des Samoa de « ramshackle administration », c’est-à-dire une « administration délabrée », en piteux état. Les autorités allemandes sont remplacées par des officiers militaires néo-zélandais, des civils ou des résidents britanniques, dont beaucoup ne possèdent ni l’expérience ni les compétences nécessaires pour gouverner. En tant qu’administrateur militaire, Robert Logan dirige alors une population d’environ 38 000 Samoans, 1 500 Européens (dont 500 Allemands et métis), ainsi que 2 000 travailleurs chinois et 1 000 ouvriers mélanésiens employés dans les plantations. L’administration maintient globalement les structures politiques et économiques instaurées par l’Allemagne, mais leur application devient moins rigoureuse, ce qui permet un retour des pratiques traditionnelles du Faʻa Sāmoa (en), auparavant strictement encadrées par les autorités coloniales allemandes[15].
À la suite de la défaite de l’Allemagne en 1918, l’ensemble de ses colonies lui est retiré. En 1920, la Société des Nations confie l’ancienne colonie des Samoa allemandes à la Nouvelle-Zélande sous la forme d’un mandat des Samoa occidentales[16], nom que le territoire conserve jusqu’à son indépendance en 1962[15].
Bien que l’occupation néo-zélandaise durant la guerre se déroule sans incidents majeurs, la période qui suit est marquée par de graves bouleversements. À la fin de 1918, une épidémie de grippe espagnole touche sévèrement les Samoa, provoquant la mort de 7 500 à 8 500 personnes, soit près d’un cinquième de la population[17],[15].
Notes et références
modifier- 1 2 3 4 (en) « Capture of German Samoa : Introduction », sur nzhistory.govt.nz (consulté le )
- 1 2 (en) « Capture of German Samoa : New Zealand in the Pacific », sur nzhistory.govt.nz (consulté le )
- ↑ Smith 1924, p. 14.
- ↑ McGibbon 1991, p. 248.
- 1 2 3 4 (en) « Capture of German Samoa : Seizing German Samoa », sur nzhistory.govt.nz (consulté le )
- ↑ Smith 1924, p. 23.
- ↑ Smith 1924, p. 15.
- ↑ Smith 1924, p. 25-26.
- ↑ McGibbon 2007, p. 65.
- ↑ Smith 1924, p. 29-30.
- ↑ Smith 1924, p. 57-58.
- ↑ (en) Mary Boyd, « The Military Administration of Western Samoan : 1914–1919 », New Zealand Journal of History, vol. 2, no 2, , p. 148 (lire en ligne)
- ↑ (de) Bernd G. Längin, Die deutschen Kolonien : Schauplätze und Schicksale 1888–1918 [« Les colonies allemandes : Territoires et évolutions 1888–1918 »], Hambourg, Sohn, , p. 304
- ↑ Smith 1924, p. 59-60.
- 1 2 3 (en) « Capture of German Samoa : Wartime administration », sur nzhistory.govt.nz (consulté le )
- ↑ (en) « Hobson's Choice » [archive du ], sur jamesrmaclean.com (consulté le )
- ↑ (en) « Logan, Robert », sur teara.govt.nz (consulté le )
Bibliographie
modifier- (en) John Alexander Clinton Gray, Amerika Samoa : A History of American Samoa and its United States Naval Administration, Annapolis, United States Naval Institute, , 295 p. (OCLC 606510006, lire en ligne)
- (en) James Wightman Davidson, Samoa Mo Samoa : The emergence of the Independent State of Western Samoa, Melbourne, Oxford University Press,
- (en) Ian McGibbon, The Path to Gallipoli: Defending New Zealand 1840–1915, GP Books, (ISBN 0-477-00026-6)
- (en) Ian McGibbon, « The Shaping of New Zealand's War Effort, August–October 1914 », dans John Crawford, New Zealand's Great War: New Zealand, the Allies & the First World War, Auckland, Exisle Publishing, (ISBN 978-0-908988-85-3), p. 49-68
- (en) Sergeant Smith, « The Seizure and Occupation of Samoa », dans H. T. B. Drew, The War Effort of New Zealand, Auckland, Whitcombe and Tombs Limited, , 276 p. (OCLC 2778918, lire en ligne)