Of One Blood
Of one Blood est un opéra contemporain de Brett Dean, sur un livret en anglais de Heather Betts, en deux actes et huit scènes, un prologue et un épilogue, créé à l'Opéra de Munich le 10 mai 2026. L'oeuvre a fait l'objet d'une commande conjointe de l'opéra de Munich, du Santa Fe Opera, du State Opera South Australia et du Garsington Opera[1].
| Genre | Opéra |
|---|---|
| Nbre d'actes | 2 |
| Musique | Brett Dean |
| Livret | Heather Betts |
| Langue originale |
anglais |
| Sources littéraires |
Textes de Marie Stuart, reine d'Ecosse, de Elizabeth 1ère, reine d'Angleterre, et autres sources du XVIème siècle |
| Durée (approx.) | 2h30 |
| Dates de composition |
2025 |
| Création |
10 mai 2026 Munich, Bayerische Staatsoper |
Historique
modifierAprès le succès de son Hamlet, le compositeur australien Brett Dean s'est à nouveau intéressé à la période des Tudor pour mettre en scène cette fois, les deux reines Marie Stuart et Elizabeth 1°. La première a été reine d'Ecosse durant un quart de siècle, la deuxième a régné sur l'Angleterre et l'Irlande durant près d'un demi-siècle. Pour écrire le livret Heather Betts, s'est inspirée de la pièce de Schiller mais aussi de la correspondances des deux reines et de nombreuses autres sources de l'époque[2]. Outre la rivalité politique des deux cousines, les querelles entre Catholiques et Protestants jouent un rôle important dans l'issue du destin des deux Reines, puisque, après l'avoir tenue prisonnière durant dix-neuf ans, Elizabeth fait finalement décapiter Marie Stuart. C'est le récit de cette relation que Dean et Bretts mettent en scène dans cet opéra.
Créé à Munich le 10 mai, il remporte un grand succès et est salué par la critique en des termes élogieux. Le Frankfurter Allgemeine Zeitung analyse ainsi la réussite de Brett Dean : « *Of One Blood* est un succès retentissant… le son d’une plume sur le parchemin met la musique en mouvement et, dès le premier acte, cède la place à cette pulsation rythmique agitée qui caractérise l’écriture hyper-dramatique de Dean… il compose une musique nouvelle qui suscite l’envie d’écouter. Qui plus est, elle possède une telle dimension tactile qu’il est presque impossible d’y résister. ».[3]. Le Süddeutscher Zeitung, de son côté souligne : « Dean sait comment fonctionne un grand orchestre et de quoi il est capable. Il sait aussi exploiter ces possibilités – et parfois les pousser jusqu’à leurs limites – pour susciter une émotion intense »[4].
Le Santa Fe Opera a programmé la création américaine de Of One Blood pour cinq représentations entre le 31 juillet et le 26 Août dans la mise en scène de Claus Guth avec Emily Richter et Ambur Braid dans les rôles principaux[5]
Le Garsington Opera annonce en avril 2026 qu'il produira Of One Blood en Première britannique, dans une nouvelle production, mise en scène par Louisa Muller, sous la direction musicale de Douglas Boyd, directeur artistique de la compagnie qui déclare à cette occasion : « Le *Hamlet* de Brett Dean a marqué l'histoire de l'opéra au XXIe siècle (...).Nous sommes impatients de présenter *Of One Blood* en 2028 dans une production conçue sur mesure pour notre théâtre. »[6].
Argument
modifierActe 1
modifierPrologue - dans le mausolée
modifierDepuis le mausolée où repose Marie Stuart aux côtés de sa cousine issue de germain, Élisabeth Iʳᵉ d'Angleterre, on entend les mots du poème qu'elle écrivit à la veille de son exécution : « Madame, my good sister and dear cousin, (…) we be both of one country, in one island and of one blood ». Elle exprime le souhait de connaitre une joie éternelle après le châtiment subi sur terre.
Scène 1 - Ecosse
modifierEn 1561, à Édimbourg, la jeune reine Marie est entourée de ses cinq dames d'honneur, qui louent sa beauté et son esprit enjoué et ne cachent pas leur aversion pour son époux arrogant, Lord Darnley. Marie attend son premier enfant ; lorsque le couple royal se dispute, son secrétaire et confident italien, David Rizzio, prend sa défense, ce qui exaspère Darnley, rongé par la jalousie. Dans un accès de rage, Darnley poignarde Rizzio à mort sous les yeux horrifiés de Marie. Celle-ci déplore ce meurtre et laisse entendre qu'Élisabeth, reine protestante d'Angleterre et sa cousine, pourrait être de mèche avec Darnley et avoir commandité l'assassinat de Rizzio, resté fidèle au catholicisme.
Scène 2 - Angleterre, jeux de masques
modifierLes cinq lords anglais d'Élisabeth lui conseillent de se méfier de sa cousine et voisine écossaise. Bien qu'Élisabeth nie tout danger, le conflit éclate au grand jour lorsque toutes deux revendiquent le trône d'Angleterre.
Scène 3 : Naissance et meurtre
modifierMarie donne naissance à un fils en bonne santé et goûte aux joies de la maternité, mais elle n'éprouve plus aucune affection pour son mari et souhaite s'en libérer. Deux lords écossais suggèrent de l'éliminer ; sans donner un accord explicite, Marie laisse entendre qu'elle y consent. Les lords écossais piègent Darnley et l'assassinent.
Scène 4 : Expulsion
modifierEn apprenant la nouvelle, Élisabeth entre dans une colère noire et exige que Marie prouve qu'elle n'est pas impliquée dans ce second meurtre. En Écosse, la population, convaincue que Marie est responsable de la mort de son époux, se soulève et la contraint à l'exil. Elle s'enfuit en Angleterre, espérant y trouver refuge auprès d'Élisabeth, mais elle est stupéfaite d'être immédiatement arrêtée par des soldats anglais.
Acte 2
modifierScène 5 - La Chambre de l'Echo
modifierDix-neuf années se sont écoulées. Emprisonnée en Angleterre, Marie vit dans l'isolement et l'impuissance. Elle reçoit un message de son fils Jacques, désormais roi d'Écosse, rejetant sa demande de rentrer au pays pour régner à ses côtés. Désespérée, elle réaffirme ses prétentions au trône d'Angleterre. Les lords anglais exhortent leur reine à se méfier de sa cousine captive, qui bénéficie du soutien de l'Europe catholique. Élisabeth se sent prise au piège face à la menace que représente Marie. Cette dernière accepte alors de participer à un complot catholique visant à la faire évader et à assassiner Élisabeth.
Scène 6 - La chasse
modifierLa lettre de Marie confirmant son adhésion au complot est intercepté. Élisabeth, accablée, s'estime contrainte de poursuivre Marie pour trahison, tout en regrettant qu'elles n'aient pas été de simples « servantes » plutôt que des souveraines rivales de deux pays aux religions opposées.
Scène 7 - Le Procès
modifierMarie est traduite en justice et soutient que Dieu seul peut la juger. Elle est reconnue coupable et condamnée à mort. Tourmentée, Élisabeth signe à contrecœur l'ordre d'exécution.
Scène 8 - Exécution
modifierMarie pénètre dans la salle d'exécution où sont réunis le public, les lords anglais et ses propres dames d'honneur. Elle pardonne au bourreau et affronte son exécution avec courage, en récitant une prière en latin. Élisabeth est en proie à un profond tourment.
Epilogue - Mausolée
modifierDans le mausolée, depuis l'au-delà et rejointe par Élisabeth, Marie récite le poème qu'elle avait écrit à la veille de son exécution, demandant qu'après son châtiment terrestre, elle puisse connaître la joie éternelle.
Personnages, tessitures et interprètes de la Première
modifier| Rôles | Tessitures | Distribution de la première, le
Direction musicale : Vladimir Jurowski Mise en scène : Claus Guth |
|---|---|---|
| Marie Stuart, reine d'Ecosse | Soprano lyrique | Vera-Lotte Boecker |
| Elizabeth 1ère, reine d'Angleterre | Soprano dramatique | Johanni van Oostrum |
| Jane Kennedy & Female Consort V | Alto | Freya Apffelstaedt |
| Lord Darnley & Male Consort I | Ténor, haute-contre | Michael Butler |
| Female Consort I | Soprano colorature | Seonwoo Lee |
| Female Consort II | Soprano | Mirjam Mesak |
| Female Consort III | Mezzo Soprano | Lotte Betts-Dean |
| Female Consort IV | Mezzo Soprano | Meg Brilleslyper |
| Male Consort II | Ténor | Joel Williams |
| Male Consort III & Rizzio | Baryton | Andrew Hamilton |
| Male Consort IV & Scottish Lord I | Baryton | Armand Rabot |
| Male Consort V &Scottish Lord II / Executioner | Basse | Paweł Horodyski |
| 7 Chanteurs des Choeurs masculins dont 4 ténors et 3 Basses |
Instrumentation
modifierEn fosse : 3 flûtes (et 2 Piccolos, 3 Flûtes alto).3 Hautbois(et 1 cor anglais ).3 Clarinettes(et deux clarinettes basse, une contrebasse).3 Bassons (et 3 contrebassons)-4.3.3.1-timbales.percussions dont (4):I=vibraphone/bongos/güiro/glockenspiel/tambour ténor; II=3 cymbales suspendues/cymbale chinoise (gr.)/cymbale « sizzle »/charleston/4 toms/caisse claire (gr.)/2 triangles (pt, gr.)/5 wood-blocks/2 cloches tubulaires/tam-tam (gr.)/crotales/tambour ténor; III=cabasa/4 cymbales suspendues/5 temple-blocks/vibraslap (aigu)/crécelle/tambour ténor; IV=marimba/grosse caisse (gr.)/1 cymbale suspendue/glockenspiel/caisse claire (pt)/vibraslap (grave)-harpe-piano-celesta-clavier MIDI (2)- cordes[7] ;
Sur scène : 2 tambours ténor, 1 clavecin;
Satellite : 1 hautbois
Notes et références
modifier- ↑ (en) « Of One Blood », sur Bayerische Staatsoper, (consulté le )
- ↑ (en) « Brett Dean - Of One Blood », sur www.boosey.com (consulté le )
- ↑ (de) « Wir Frauen erkennen uns darin wieder », sur FAZ.NET, (consulté le )
- ↑ (de) Egbert Tholl, « Brett Deans Oper „Of One Blood“ über Maria Stuart und Elizabeth in München. », sur Süddeutsche.de, (consulté le )
- ↑ (en-US) « Of One Blood | Santa Fe Opera », sur www.santafeopera.org (consulté le )
- ↑ (en-US) « Announcing the UK premiere of Brett Dean's Of One Blood in 2028 | Garsington Opera », sur garsingtonopera.org, (consulté le )
- ↑ (en) « Brett Dean - Of One Blood », sur www.boosey.com (consulté le )