Œniadæ

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Œniadæ (forme latinisée, usuelle en français, prononcée [enjade]) ou Oiniadai (du grec ancien : Οἰνιάδαι[1]) est un port maritime de la Grèce antique, en Étolie-Acarnanie, à l'ouest du village actuel de Katochi, juste au nord d'un méandre du tumultueux fleuve Achéloos, près de son embouchure.

Unité démotique d'Œniadæ
Cales de navires, port antique d'Œniadæ.
Présentation
Type
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Localisation
Altitude
10 mVoir et modifier les données sur Wikidata
Coordonnées
Carte

Le site du port antique est aujourd'hui situé à l'intérieur des terres, à km de la côte, au sein du parc national de Missolonghi-Etolikó.

Histoire

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Œniadæ compte parmi les villes acarnaniennes les plus importantes. Fortifiée par la nature et par les hommes, elle dominait tout le sud de l'Acarnanie. Elle était entourée de marais, dont beaucoup étaient vastes et profonds, ce qui la rendait totalement inaccessible en hiver à une armée d'invasion. Son territoire, qui semble s'étendre de part et d'autre de l'Achéloos, comprenait une région très fertile, appelée Paracheloitis. Elle semble tenir son nom du personnage mythique d'Œnée, le grand héros étolien.

Plan du port et des fortifications.
Vestiges des anciennes cales à navires d'Œniadae.
Fortifications du port.

La ville est mentionnée pour la première fois vers 455 av. J.-C. Les Messéniens, installés à Naupacte par les Athéniens à la fin de la troisième guerre de Messénie, lancèrent peu après une expédition contre Œniadæ, qu'ils prirent ; mais après l'avoir tenue pendant un an, ils furent attaqués par les Acarnaniens et contraints d'abandonner la ville[2]. Œniadæ est alors présentée comme une ville ennemie d'Athènes, ce qui aurait été l'une des raisons de l'attaque messénienne. Vingt-trois ans avant la guerre du Péloponnèse (454 av. J.-C.), Périclès assiégea la ville, mais ne parvint pas à la prendre[3],[4]. Durant la guerre du Péloponnèse, Œniadæ demeura opposée aux Athéniens et fut la seule ville acarnanienne, à l'exception d'Astacos, à prendre le parti des Lacédémoniens. La troisième année de la guerre (429 av. J.-C.), Phormion mena une expédition en Acarnanie pour consolider la suprématie athénienne. Bien qu'il ait pris Astacos, il ne poursuivit pas sa marche contre Œniadæ, car c'était l'hiver, saison durant laquelle les marais protégeaient la ville de toute attaque. L'année suivante (428 av. J.-C.), son fils Asopios remonta l'Achéloos et ravagea le territoire d'Œniadæ. Ce n'est qu'en 424 av. J.-C. que Démosthène, appuyé par tous les autres Acarnaniens, contraignit la ville à rejoindre l'alliance athénienne[5].

Elle demeura un lieu d'une grande importance durant les guerres macédoniennes et romaines. À l'époque d'Alexandre le Grand, les Étoliens, qui avaient étendu leur domination sur la rive ouest de l'Achéloos, parvinrent à s'emparer d'Œniadæ et en expulsèrent les habitants avec une telle cruauté qu'ils furent menacés de la vengeance d'Alexandre[6]. Œniadæ resta aux mains des Étoliens jusqu'en 219 av. J.-C., date à laquelle elle fut conquise par Philippe V de Macédoine. Ce monarque, conscient de l'importance du lieu, fortifia amplement la citadelle et entreprit de relier le port et l'arsenal à la citadelle par des remparts[7]. En 211 av. J.-C., Œniadæ, ainsi que la ville voisine de Nesus (Νῆσος) ou Nasus, furent prises par les Romains, sous le commandement de Marcus Valerius Laevinus, et données aux Étoliens, qui étaient alors leurs alliés. Mais en 189 av. J.-C., elle fut restituée aux Acarnaniens en vertu d'une des conditions de la paix conclue cette année-là entre les Romains et les Étoliens[8],[9],[10],[11]. À partir de cette période, Œniadæ disparaît de l'histoire, mais elle continuait d'exister à l'époque de Strabon[12].

Vestiges archéologiques

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Vestiges du théâtre antique.

On voit, sur l'ancienne citadelle, un théâtre grec du IIIe siècle av. J.-C., creusé dans la colline, avec les vestiges de la scène et de l’orchestra (38° 24′ 34″ N, 21° 11′ 55″ E).

Au pied de la colline, au nord, se trouvent des cales antiques de navires tout à fait exceptionnelles : six cales adjacentes (cinq semblables juxtaposées, une sixième plus grande), creusées dans le roc (38° 24′ 41″ N, 21° 11′ 37″ E).

Numismatique

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Monnaie de bronze frappée à Oiniadai entre 219 et 211 av. J.-C. Avers : tête laurée de Zeus à droite, ΠPI sous la tête ; revers : tête du dieu-fleuve (Potamos) Achéloos à droite, OINIAΔAN au-dessus, monogramme (APK) derrière la tête.

Cette cité émettait sa propre monnaie[13].

Notes et références

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Liens externes

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