Olivier Bonnassies

entrepreneur et auteur (1966-)

Olivier Bonnassies est un entrepreneur catholique français né le à Fontenay-aux-Roses (Hauts-de-Seine).

Olivier Bonnassies
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Biographie
Naissance
Nationalité
Formation
Activité
Œuvres principales

Il est notamment le cofondateur en 2012 du média en ligne Aleteia et le co-auteur en 2021 du best-seller à visée apologétique, Dieu, la science, les preuves avec Michel-Yves Bolloré, frère de Vincent Bolloré.

Via son association « Marie de Nazareth », il est à l'origine de nombreuses initiatives dont l'objectif affiché est de « rechristianiser la France ».

Biographie

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Olivier Bonnassies naît le à Fontenay-aux-Roses dans une famille de tradition protestante au sein de laquelle il ne reçoit aucune éducation chrétienne. En 1986, il intègre l’École polytechnique. En quête de spiritualité, il se met à lire des ouvrages apologétiques et se convertit au catholicisme[1]. Souhaitant s'orienter vers une carrière politique, il prépare l'ENA, mais renonce en cours de route[2]. Il obtient en 1994 une licence en théologie à l'Institut catholique de Paris[3],[4]. Diplômé en 1995 de l'institut HEC start-up, destiné à la formation de chefs d'entreprise[3],[4], il crée et dirige plusieurs sociétés de conseil et de communication[5]. Il est le père de six enfants[1].

Initiatives

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Les Vierges pèlerines

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En 1995, en vue de la visite de Jean-Paul II à Reims[6] et du Grand Jubilé de l'an 2000, il lance l'opération des « Vierges pèlerines » en s'associant avec la confrérie Notre-Dame de France animée par Edmond Fricoteaux (1937-2007)[1],[5]. Il fait pour cela fabriquer 1000 statues de la Vierge qui sillonnent la France et 120 pays[1]. L'opération est accueillie fraîchement par la Conférence des évêques de France dont le président rappelle dans La Croix qu'elle « ne saurait être considérée que comme une initiative privée ». L'épiscopat déplore que « que des prêtres et des laïcs aient été littéralement harcelés parce qu'ils émettaient des réserves à l'égard de l'opération [...] Il est arrivé en maintes occasions que la venue d'une Vierge pèlerine provoque des tensions et même des divisions dans des communautés paroissiales. ». Les évêques s'inquiètent également des importantes collectes de fonds par publipostage auprès des fidèles catholiques de la part d'une association « n'ayant reçu aucune mission [et] sans contrôle ecclésial »[6],[7].

Lancement d'Aleteia

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Avec Pierre-Marie Morel, membre de la communauté de l'Emmanuel et ancien secrétaire général d'Aide à l'Église en détresse (AED), il cofonde en 2012 le média en ligne Aleteia, décliné en six langues, qui se propose d'être un site chrétien de référence. L'initiative reçoit le soutien du cardinal Philippe Barbarin, de Dominique Rey, évêque de Fréjus-Toulon, d'André Léonard, archevêque de Malines-Bruxelles, et du père Laurent Fabre, fondateur de la communauté du Chemin Neuf[8].

L'Institut Saint-Irénée

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Olivier Bonnassies lance en mai 2026 avec Matthieu Raffray, prêtre de l'Institut du Bon Pasteur, une association de formation à l'apologétique chrétienne, l’Institut Saint-Irénée[9].

Association Marie de Nazareth

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Dans la suite de l'initiative des Vierges pèlerines, il fonde en 2001 l'association « Marie de Nazareth ». Elle publie via sa maison d'édition de nombreux livres religieux et brochures avec une propension au spectaculaire et au merveilleux[5],[1] jusqu'à la promotion de mystiques controversées comme Maria Valtorta et Luisa Piccarreta auxquelles Olivier Bonnassies voue une grande admiration[1],[10].

En partenariat avec la communauté du Chemin Neuf, Olivier Bonnassies investit 17 millions d'euros dans la construction d'un centre international, portant le nom de l'association, situé en Galilée au nord d'Israël, qui ouvre ses portes en 2011[1],[11]. Le lieu, destiné à présenter la foi chrétienne grâce à des supports multimédias, est inauguré en présence de Fouad Twal, patriarche latin de Jérusalem. Le centre, à vocation œcuménique, reçoit sur place le soutien de onze églises chrétiennes, mais aussi de représentants juifs et musulmans[11].

L'association dépose une plainte en contre l'hebdomadaire Charlie Hebdo pour incitation à la haine religieuse en raison d'une caricature de la Vierge Marie publiée le lendemain de la fête de l'Assomption[12].

« Le M de Marie »

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En 2020, l'association organise un pèlerinage, « Le M de Marie », visant à rallier cinq lieux d'apparitions mariales (Lourdes, Pontmain, Pellevoisin, la rue du Bac à Paris et La Salette) selon un itinéraire dessinant un M sur la France[1],[13]. L'opération reçoit le soutien d'une trentaine d'évêques dont celui d'Éric de Moulins-Beaufort, président de la Conférence des évêques de France[14] et connaît un succès populaire[1]. Selon Olivier Bonnassies, le pèlerinage vise au « réveil spirituel de la France [qui] passe par l’intercession de la Vierge Marie »[15].

« 1000 raisons de croire »

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L'association lance en 2023 le magazine « 1000 raisons de croire » avec le concours de l'un de ses salariés, Matthieu Lavagna[1],[16],[17],[18]. Un festival du même nom est créé dont la première édition se tient à Nice en avec le soutien de son maire Christian Estrosi. Il est organisé grâce à Frédéric Bard, ancien membre de l’UMP chargé de mission au ministère de l’immigration et de l’identité nationale sous la présidence de Nicolas Sarkozy. Le festival comprend notamment des concerts, comme celui de Natasha St-Pier qui chante des poèmes de Thérèse de Lisieux, et des conférences dont l'une est animée par l'écrivain à succès Éric-Emmanuel Schmitt[5]. La mise à disposition gratuite du Centre universitaire méditerranéen par la municipalité niçoise est critiquée par l'opposition EELV qui dénonce le caractère prosélyte de l'opération incompatible avec son financement public[5],[19],[20].

Dieu, la science, les preuves

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En , Olivier Bonnassies publie Dieu, la science, les preuves[21] avec Michel-Yves Bolloré, frère de Vincent Bolloré et membre de l'Opus Dei[22]. Le livre, qui comprend près de 600 pages, est publié chez Trédaniel, éditeur connu pour ses ouvrages consacrés à l'ésotérisme et aux pseudosciences[23],[22]. Il bénéficie d'une importante promotion : campagne d’affichage payée par Havas, présentation de l'ouvrage à la Maison de l'Amérique latine, couverture du Figaro Magazine et passage des auteurs sur CNews, C8 et Europe 1, propriétés du groupe Bolloré[24],[23],[22],[25]. L'ouvrage connaît un important succès d'édition avec 70 000 exemplaires vendus en deux mois[22].

Dans un but apologétique, le livre entend réfuter le matérialisme et potentiellement prouver l'existence de Dieu, comme créateur et architecte de l'univers, à travers l'exposition de preuves scientifiques plaidant en faveur d'un dessein intelligent[22],[3]. Il s'aventure également sur d'autres terrains comme la faveur divine qui aurait révélé au peuple hébreu des « vérités humainement inatteignables » en cosmologie et permis à Israël une victoire-éclair dans la guerre des Six Jours, ou encore la réalité du miracle du soleil à Fátima en 1917[22],[23],[3].

Il s'appuie sur la contribution de plusieurs conseillers scientifiques, par ailleurs catholiques militants, tels le mathématicien Rémi Sentis, le paléontologue Marc Godinot, président et vice-président de l'Association des scientifiques chrétiens ou encore Yves Dupont, enseignant de physique en classes préparatoires et ancien élu d'extrême droite. Le livre compte aussi comme collaborateurs le théologien Jean-Robert Armogathe, le biochimiste australien Michael Denton, Jean Staune, fondateur de l'Université interdisciplinaire de Paris et les frères Igor et Grichka Bogdanoff[22],[23]. Le livre est préfacé par le prix Nobel de physique Robert Woodrow Wilson. Ce dernier, qui n'a lu que la partie du livre traduite en anglais[23], explique qu'il n'aurait pas accordé sa caution scientifique à l'ouvrage, s'il avait pris connaissance des passages sur Fátima et l'élection du peuple juif, en plaidant pour la séparation entre science et religion[22],[26].

Le concordisme de l'ouvrage[23], qui fait de la science une alliée dans la démonstration de l'existence de Dieu, fait largement débat parmi des scientifiques, des philosophes des sciences et des théologiens qui contestent sa thèse[27],[28],[29],[30],[31],[32], en particulier le jésuite François Euvé qui lui consacre un livre de réponse[33],[34],[35],[36].

Dieu, la science, les preuves connaît une très large diffusion : ses ventes se poursuivent à raison de 250 000 exemplaires au total en 2024[1],[26]. L'ouvrage est traduit en anglais et en espagnol[37],[26].

Références

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  1. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 Guillaume Daudé et Héloïse de Neuville, « « 1 000 raisons de croire » : qui est Olivier Bonnassies, l’entrepreneur qui veut rechristianiser la France ? », La Croix, (lire en ligne).
  2. Sabine Chevallier, « Olivier Bonnassies, Jacques de La Bastide, Pierre Eïd - Ils parient sur Marie », Famille chrétienne, (lire en ligne).
  3. 1 2 3 4 Sixtine Chartier, « Existence de Dieu, big bang, miracles : le best-seller « Dieu, la science, les preuves » en débat », La Vie, no 4006, , p. 12-16 (lire en ligne).
  4. 1 2 « Rencontre avec Olivier Bonnassies », sur Diocèse de Monaco, (consulté le ).
  5. 1 2 3 4 5 Youness Bousenna, « La drôle d’histoire de 1 000 Raisons de croire, le festival promouvant la foi chrétienne soutenu par Christian Estrosi », Le Monde, (lire en ligne).
  6. 1 2 Michel Kubler, « Voyage de Jean-Paul II en France. L'épiscopat renforce sa distance à l'égard des " Vierges pèlerines ". Une note du Conseil permanent de la Conférence épiscopale s'inquiète face à certains effets pastoraux, financiers et spirituels de cette opération. », La Croix, , p. 11.
  7. Benoît Vandeputte, « Voyage du Pape. Des Vierges divisent les diocèses. Les 108 Vierges pèlerines qui sillonnent actuellement la France, appelant à la dévotion mariale, sont diversement appréciées par l'épiscopat. Même si la sincérité des organisateurs ne fait aucun doute. », La Croix, , p. 9.
  8. Frédéric Mounier, « La Fondation pour l’évangélisation par les médias prend son envol à Rome », La Croix, (lire en ligne).
  9. Bernadette Sauvaget, « Avec l’Institut Saint-Irénée, le catholicisme identitaire se met en ordre de bataille », Libération, (lire en ligne)
  10. Yves Chiron, « Suspension du procès de béatification de Luisa Piccarreta », Aletheia, no 333, (lire en ligne).
  11. 1 2 « Israël: Un centre pour faire rayonner le message actuel de Nazareth », Cath.ch, (lire en ligne).
  12. Le Figaro avec AFP, « Charlie Hebdo : deux associations catholiques portent plainte pour incitation à la haine religieuse », Le Figaro, (lire en ligne).
  13. Anne-Laure Juif, « Le pèlerinage « M de Marie » sur les traces des apparitions mariales en France », La Croix, (lire en ligne).
  14. Raphaël Zbinden, « Le pèlerinage «M de Marie», pour confier la France à la Vierge », Cath.ch, (lire en ligne).
  15. Constantin de Vergennes, « Marie et la France, une histoire d’amour », France catholique, 30 avril, 2020 (lire en ligne).
  16. Youna Rivallain, « Festival « 1000 raisons d’y croire » : Matthieu Lavagna, nouveau visage de l’apologétique en France », La Croix, (lire en ligne).
  17. Christophe Geffroy, « La raison est pro-vie : entretien avec Matthieu Lavagna », La Nef, no 372, (lire en ligne).
  18. Jean-Loup Adénor, « La science au secours de Dieu ? Le braquage continue », Charlie Hebdo, (lire en ligne).
  19. François Reynaert, « À Nice, Christian Estrosi joue l’abbé des anges », Le Nouvel Obs, (lire en ligne).
  20. Victor Combalat, « "Du prosélytisme religieux" : polémique autour du festival "1000 raisons de croire", qui a reçu une aide de la mairie de Nice », France Info, (lire en ligne).
  21. Michel-Yves Bolloré et Olivier Bonnassies, Dieu, la science, les preuves : l'aube d'une révolution, Éditions Trédaniel, , 577 p. (ISBN 978-2813225856).
  22. 1 2 3 4 5 6 7 8 Étienne Girard et Thomas Mahler, « "Dieu, la science, les preuves", ce best-seller catholique qui met la science à l'épreuve », L'Express, (lire en ligne).
  23. 1 2 3 4 5 6 Jean-François Bert et Adrien Miqueu, « « Dieu est mort ! » Mais le concordisme n’en finit pas de le ressusciter », Zilsel, no 10, , p. 11-29 (ISSN 2551-8313, DOI 10.3917/zil.010.0011).
  24. Raphaëlle Bacqué et Ariane Chemin, « Comment Vincent Bolloré mobilise son empire médiatique pour peser sur la présidentielle », Le Monde, (lire en ligne).
  25. Antonio Fischetti, « Dieu et la science : hold-up des bigots sur les labos », Charlie Hebdo, (lire en ligne).
  26. 1 2 3 « Un best-seller français montre que la science prouve l’existence de Dieu », Zenit, (lire en ligne).
  27. Bruno D. Cot et Mahler Thomas, « Etienne Klein : "L'idée de Dieu renvoie nécessairement au mystère" », L'Express, (lire en ligne).
  28. Raphaël Duqué, « « Le livre “Dieu, la science, les preuves” dessert la science et la foi » », La Croix, (lire en ligne).
  29. Thierry Magnin, « “Dieu, la science, les preuves” : « Le Dieu de Jésus-Christ n’est certainement pas un grand horloger » », La Croix, (lire en ligne).
  30. Gaël Lombart, « Dieu existe-t-il ? Ce best-seller qui tente de le démontrer par la science », Le Parisien, (lire en ligne).
  31. Philippe Deterre, « « Dieu, la science, les preuves » : « L’acte créateur est autre chose qu’une fabrication » », La Croix, (lire en ligne).
  32. Charles Jaigu, « Olivier Bonnassies et Jacques Arnould: « La science peut-elle prouver Dieu? » », Le Figaro Vox, (lire en ligne).
  33. François Euvé et Étienne Klein, La science, l'épreuve de Dieu ? : réponses au livre Dieu, la science, les preuves, Salvator, , 192 p. (ISBN 978-2706722547, présentation en ligne).
  34. Charles-Henri d'Andigné, « Un jésuite répond aux auteurs de « Dieu, la science, les preuves » », Famille chrétienne, (lire en ligne).
  35. Gaétan Supertino, « Dieu et la science : « Le mot de “preuve” ne s’applique pas à l’existence de Dieu » », Le Monde des religions, (lire en ligne).
  36. Laurence Moreau, « François Euvé : « L’Église a eu du mal à renoncer au monopole de la vérité » », Le Point, (lire en ligne).
  37. (en) « Science, Evidence, and the Existence of God », Wall Street Journal, (lire en ligne).

Voir aussi

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