Omikuji
Les omikuji (御御籤 / 御神籤 / おみくじ, litt. « loterie sacrée ») sont des divinations écrites sur des bandes de papier que l'on tire au sort dans les sanctuaires shintô et les temples bouddhistes au Japon.


Histoire
modifierLes omikuji auraient pris leur forme actuelle aux alentours de l'ère Edo (1603-1868), avec pour origine le tirage au sort kuji qui était pratiqué pour demander l'avis des dieux avant de décider des affaires politiques, d'un successeur ou d'un mariage[1]. Le terme kuji renvoie à deux idées: le recours au hasard pour rendre un verdict impartial, et l'interrogation de la volonté divine dans les cas où l'on estime qu'une décision doit revenir au kami. Bien que cette pratique évoque aujourd'hui davantage un divertissement enfantin, un tirage de type kuji est encore utilisé de nos jours lors de certains festivals provinciaux pour désigner la personne responsable (tōnin) ou d'autres charges religieuses pour l'année à venir[2].
Usage
modifierOn reçoit généralement les omikuji en les tirant au sort d'une boîte que quelqu'un a préalablement secouée, en espérant évidemment bonne fortune, pour 100 à 200 yens[1]. De nos jours, il y a beaucoup de machines automatiques. L'omikuji sort, enroulé, par un petit trou. Il faut donc dérouler le morceau de papier pour en lire la prédiction. Certains systèmes de tirage donnent un numéro par exemple sur une baguette de bois tombée au sort d'un tube en bambou qui renvoie à un casier numéroté ou au Livre des Changements pour obtenir la divination contre une offrande.
L’omikuji prédit si la personne a des chances ou non de voir ses rêves et ses projets se réaliser, si elle trouvera l'âme sœur, et prédit généralement la santé, la fortune, la vie, etc.[1]. Il existe quatre grandes catégories de prédiction : daikichi (大吉), kichi (吉), shōkichi (小吉) et kyō (凶)[3], bien que certains systèmes de tirage distinguent des gradations plus fines, allant jusqu'à douze degrés, de la grande bénédiction (dai kichi) à la grande malédiction (dai kyō)[4]. Lorsque la prédiction est mauvaise, on plie la bande de papier et on l'attache généralement à un pin se trouvant près du sanctuaire pour conjurer le mauvais sort[1].
Les Japonais se rendent souvent consulter l’omikuji avant un événement important (voyage, mariage…) et notamment pour le Nouvel An japonais.
Notes et références
modifier- 1 2 3 4 « Omikuji et ema », sur nippon.com (consulté le ).
- ↑ (it) Marco Milone, Lo scintoismo, Naples, Guida Editori, (ISBN 9788868667603), p. 391
- ↑ (en) « Draw an “Omikuji” when you visit a temple or a shrine! », sur japan.travel (consulté le ).
- ↑ (it) Marco Milone, Lo scintoismo, Naples, Guida Editori, (ISBN 9788868667603), p. 390
Voir aussi
modifierBibliographie
modifier- Louis Frédéric, Le Japon. Dictionnaire et civilisation, Éditions Robert Laffont, coll. « Bouquins », , 1470 p. (ISBN 2-221-06764-9).