Online Safety Act 2023
L'Online Safety Act 2023 (en français : loi sur la sécurité en ligne de 2023[1]) est une loi du Parlement du Royaume-Uni visant à réglementer les contenus en ligne (en). Elle est adoptée le et confère au secrétaire d'État compétent le pouvoir de désigner, de supprimer et d'enregistrer un large éventail de contenus en ligne jugés « illégaux » ou « préjudiciables aux enfants »[2],[3],[4],[5],[6].
La loi crée un nouveau devoir de vigilance pour les plateformes en ligne, les obligeant à prendre des mesures contre les contenus illégaux ou les contenus légaux qui pourraient être « préjudiciables » aux enfants lorsque ceux-ci sont susceptibles d'y avoir accès. Les plateformes qui manquent à cette obligation s'exposent à des amendes pouvant atteindre 18 millions de livres sterling ou 10 % de leur chiffre d'affaires annuel, le montant le plus élevé étant retenu. Elle habilite également l'Ofcom à bloquer l'accès à certains sites web. Elle oblige les grandes plateformes de réseaux sociaux à ne pas supprimer et à préserver l'accès aux contenus journalistiques ou « importants pour la démocratie », tels que les commentaires des utilisateurs sur les partis politiques et les questions politiques.
La loi exige également que les plateformes, y compris les messageries cryptées de bout en bout, recherchent la pédopornographie, malgré les avertissements des experts selon lesquels il n'est pas possible de mettre en place un tel mécanisme de recherche sans porter atteinte à la vie privée des utilisateurs[7]. Le gouvernement déclare qu'il n'a pas l'intention d'appliquer cette disposition de la loi tant qu'elle ne sera pas « techniquement réalisable »[8]. La loi oblige également les plateformes technologiques à mettre en place des systèmes permettant aux utilisateurs de mieux filtrer les contenus « préjudiciables » qu'ils ne souhaitent pas voir[9], [10].
La loi confère des pouvoirs étendus et très controversés au secrétaire d'État compétent, lui permettant d'intervenir directement dans les activités de l'Ofcom, y compris le pouvoir de dicter le contenu de ses « codes de pratique ». Les détracteurs affirment que cela représente une centralisation dangereuse du pouvoir qui compromet l'indépendance supposée de l'Ofcom et ouvre la voie à un contrôle gouvernemental sur les discours en ligne. Ces pouvoirs, qui peuvent être exercés avec un minimum de contrôle et sous le vague prétexte d'une situation d'urgence, ont été qualifiés d'autoritaires et de dystopiques. La législation suscite de vives réactions tant au Royaume-Uni qu'à l'étranger de la part de politiciens, d'universitaires, de journalistes et d'organisations de défense des droits de l'homme, qui avertissent qu'elle constitue une grave menace pour le droit au respect de la vie privée et la liberté d'expression[11].
En , de nouvelles mesures sont ajoutées à la loi, dont l'obligation de procédures de vérification d'âge sur toutes les plateformes hébergeant du contenu pour adultes[12]. Ces mesures soulèvent des inquiétudes sur les libertés individuelles et la confidentialité des données personnelles. Une pétition britannique appelant à revenir sur cette loi est lancée en . Elle récolte 450 000 signatures en quelques jours[12] puis dépasse les 500 000 signatures[13]. Le gouvernement britannique répond ne pas avoir l'intention d'abroger la loi[12].
Notes et références
modifier- (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Online Safety Act 2023 » (voir la liste des auteurs).
- ↑ Chloé Goudenhooft, « Loi sur la sécurité en ligne : le Royaume-Uni plus strict que l’Union européenne sur la protection des mineurs », l'Opinion, (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ (en) « Online Safety Act 2023 », sur le site legislation.gov.uk (consulté le ).
- ↑ « Internet. Au Royaume-Uni, la loi pour protéger les mineurs en ligne étrillée de toutes parts », Courrier international, (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ (en) Imran Rahman-Jones et Chris Vallance, « Online Safety Bill: divisive internet rules become law », BBC, (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ (en) Martyn Landi, « Online Safety Act becomes law in the UK », Independent, (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ (en) « The UK’s controversial Online Safety Bill finally becomes law », The Verge, (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ (en) Natasha Lomas, « Ministerial statement on UK’s Online Safety Bill seen as steering out of encryption clash », TechCrunch, (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ (en) « Britain Admits Defeat in Controversial Fight to Break Encryption », Wired, (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ (en) Chris Vallance et Shiona McCallum, « Online Safety Bill: Plan to make big tech remove harmful content axed », BBC, (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ (en) Paul Sandle, « UK ditches ban on 'legal but harmful' online content in favour of free speech », Reuters, (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ (en) Fred de Fossard, « The Online Safety Act is an abomination », The Critic, (lire en ligne, consulté le ).
- 1 2 3 (en) Chiara Castro last updated, « Over 450,000 Brits want to repeal the UK Online Safety Act – here's how to have your say », sur TechRadar, (consulté le )
- ↑ (en) Chiara Castro published, « To repeal or not repeal: UK Parliament discusses the Online Safety Act », sur TechRadar, (consulté le )
Articles connexes
modifier- Loi sur la sécurité en ligne de 2021 (en) (Australie)
Liens externes
modifier- (en) « Draft Online Safety Bill » [PDF], sur le site assets.publishing.service.gov.uk (consulté le ).
- (en) « Draft Online Safety Bill (Joint Committee) », sur le site du parlement britannique (consulté le ).