Online public access catalog

type de catalogue en ligne

L'expression Online Public Access Catalog (anglais), souvent présentée sous la forme de l'acronyme OPAC désigne un catalogue de bibliothèque accessible en ligne[1]qui a remplacé les catalogues sur fiches utilisés auparavant[2].

Terminal connecté à l'OPAC

Un substitut français, CIEL, pour Catalogue informatisé en ligne a été proposé, mais n'a jamais été adopté par la communauté des bibliothécaires. Le terme CAP, pour Catalogue d'accès public, est également utilisé.

Histoire

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Avant les années 80, les catalogues sur fiches, ces meubles en bois qui contenaient les fiches catalographiques[3], constituaient le principal point d'accès aux ressources de la bibliothèque[2]. Il n’y avait que trois index de recherche possibles: le titre, l’auteur et le sujet[2]. Les premiers OPAC étaient en mode caractère et consultables uniquement à l'intérieur de la bibliothèque.

Dès les années 60 et 70, le Ohio College Library Center, désormais connu sous le nom d'OCLC[4], et l'université Northwestern de l'Illinois ont commencé à mettre en place des projets de numérisation de leurs catalogues. Ils sont surtout motivés par l’automatisation de leur système et l’amélioration de leur efficacité[5].

Le format MARC, qui permet aux ordinateurs et aux humains de comprendre et de documenter les fiches catalographiques, a été inventé par Henriette Davidson Avram et adopté à l’échelle internationale en 1973[5]. Le format MARC marque un tournant dans le développement d’outils informatisés pour les bibliothèques.

En 1971, le premier OPAC de première génération a été créé par la bibliothèque Alden de l’université de l’Ohio[5]. Le catalogue n’était pas en ligne et ne pouvait être consulté qu'à partir des lieux physiques de la bibliothèque. Son utilisation était très contre-intuitive pour les utilisateurs, et il offrait des fonctions de recherche très limitées. Il faudra attendre 1991 et l’invention d’Internet pour que les développements s’accélèrent[5].

En 1998, le catalogue collectif mondial, ou Worldcat, a été lancé. Il est encore utilisé aujourd'hui et il est basé sur le travail de l'Université de l'Ohio en 1967[5].

Depuis la fin des années 1990, les nouveaux OPAC ont une interface graphique, respectant le plus souvent les normes et standards du Web. De plus en plus d'OPAC sont consultables sur Internet. On parle alors parfois d'OPAC Web ou de webpac. Les OPAC doivent alors évoluer très vite pour concurrencer les autres outils de recherche en ligne plus conviviaux[6]. Les bibliothèques s’inspirent des moteurs de recherche des géants du Web, comme Google et Yahoo!, pour améliorer les fonctions de recherche de leurs OPAC[5]. Par contre, lors de ces changements, l’usager n'était pas au cœur des préoccupations, mais plutôt l'efficacité, la facilitation du partage d’information et la réduction des coûts de maintien du catalogue à fiches[4]. L'utilisabilité des OPAC, ou maintenant des outils de découverte, est encore critiquée à ce jour[7].

Fonctionnement

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Le catalogue a deux fonctions principales : rechercher des ressources et en repérer la localisation[8]. Il permet à ses membres ainsi qu’aux personnes externes d’y repérer à distance, sans se déplacer à la bibliothèque, tous types de documents ou de ressources dans les collections [9]. En plus de repérer les ressources, l’OPAC permet de constater leur disponibilité, leur date de retour et leur emplacement.

Concrètement, l’OPAC accède à sa base de données pour récupérer la notice MARC 21 ou UNIMARC décrivant chaque document ou ressource de la collection selon différents champs d'information, comme le titre, l’auteur, les sujets, le résumé, etc.[10]. Il indexe ensuite les notices pour les rendre disponibles sur une page Web, ce qui permet aux utilisateurs d’accéder aux informations de disponibilité des ressources[10]. De plus, le compte en ligne des membres permet d'effectuer différentes actions, comme effectuer des réservations, vérifier ses prêts, ses frais de retard, etc.[11].

La norme Z39.50 permet d'interroger simultanément plusieurs OPAC, via une interface Web. Cette fonctionnalité est très utile, car elle permet de localiser des ressources dans plusieurs bibliothèques sans avoir à utiliser le service de prêt entre bibliothèques[10].

Les deux modèles de recherche développés dans les premières générations étaient basés sur l’ancien modèle par fiches, avec des points d’accès très spécifiques, ou sur la recherche booléenne[12].

L'OPAC est généralement fourni par le logiciel de gestion de la bibliothèque, appelé Système intégré de gestion de bibliothèque (SIGB). Toutefois, l'OPAC peut aussi se trouver encapsulé dans un ensemble technique plus large appelé « Portail documentaire »

Stagnation et insatisfaction

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Les années 1990 ont été marquées par une relative stagnation du développement des catalogues en ligne. Bien que les anciennes interfaces textuelles aient été remplacées par des interfaces Web, la conception et la technologie de recherche sous-jacente de la plupart des systèmes n'ont guère évolué depuis la fin des années 1980[13]. La recherche consiste à sélectionner un index et à inscrire des mots-clés appropriés, ce qui donne une liste de résultats sur lesquels des tris peuvent s’appliquer pour faciliter leur repérage[6].

Parallèlement, des organisations extérieures aux bibliothèques ont commencé à développer des systèmes de recherche d'information plus sophistiqués. Les moteurs de recherche Web comme Google et les sites de commerce électronique populaires tels qu'Amazon.com ont offert des systèmes plus simples d'utilisation (mais plus performants) capables de fournir des résultats de recherche classés par pertinence grâce à des requêtes probabilistes et vectorielles. C’est pourquoi les technologies de recherche ne répondent plus aux besoins de leurs utilisateurs, car ces nouveaux moteurs offrent des résultats plus pertinents avec un minimum d’efforts et de connaissances[6].

Avant la généralisation d'Internet, le catalogue en ligne était souvent le premier système de recherche d'information auquel les usagers des bibliothèques étaient confrontés. Désormais habitués aux moteurs de recherche Web, les nouvelles générations d'usagers des bibliothèques sont de plus en plus insatisfaites des mécanismes de recherche complexes (et souvent obscurs) des anciens systèmes de catalogues en ligne. Ils recherchent des fonctions telles que la correction automatique des termes de recherche, l’évaluation de la pertinence des résultats et des suggestions de mots-clés pour orienter leurs recherches[6]. De plus, les possibilités participatives offertes par le Web 2.0 sont également des fonctionnalités attendues par ces utilisateurs[6].

Cela a, à son tour, conduit à des critiques véhémentes de ces systèmes au sein même de la communauté des bibliothèques, et au développement de catalogues plus récents (souvent appelés catalogues de « nouvelle génération »)[14].

Catalogues de nouvelle génération

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Les OPAC ont tendance à être remplacés par des outils de découverte depuis les années 2010 au sein des bibliothèques universitaires, ces derniers permettant l'accès unifié à toutes les ressources de l'établissement, y compris celles qui ne sont pas directement gérées par le SIGB (ressources électroniques, bibliothèque numérique)[15].

Les systèmes de catalogage de bibliothèques de nouvelle génération, généralement appelés outils de découverte, se distinguent des anciens catalogues en ligne (OPAC) par l'utilisation de technologies de recherche plus sophistiquées, telles que le classement par pertinence et la recherche à facettes, ainsi que par des fonctionnalités favorisant une plus grande interaction et participation des utilisateurs, notamment les tags. Ces nouvelles fonctionnalités reposent fortement sur des métadonnées existantes qui peuvent être lacunaires ou incohérentes, en particulier pour les notices anciennes.

Les OPAC de nouvelle génération doivent également intégrer de grandes collections de ressources en ligne[8]. Les outils de découverte permettent une recherche centralisée dans l’ensemble des ressources[8]. Ceux-ci offrent également la possibilité de filtrer les résultats pour ne présenter que les ressources auxquelles la bibliothèque est abonnée[8]. De plus, ils permettent l’intégration d’un résolveur de liens pour accéder au texte intégral des documents accessibles par les abonnements[8].

Les plateformes de catalogage de nouvelle génération peuvent être indépendantes du système intégré de gestion de bibliothèque (SIGB) de l'établissement, en fournissant des pilotes permettant la synchronisation des données entre les deux systèmes. Alors que les premières interfaces de catalogues en ligne étaient presque exclusivement développées par les fournisseurs de SIGB, les bibliothèques se tournent de plus en plus vers les catalogues de nouvelle génération conçus par des entreprises spécialisées dans la recherche et des projets de logiciels libres, souvent pilotés par les bibliothèques elles-mêmes[16],[17].

Notes et références

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  1. ↑ « Online Public Access Catalog | Glossaire CRFCB », (consulté le )
  2. 1 2 3 (en) Andrew Gaudio, « Research Guides: The Library of Congress Card Catalog: How to Use the Card Catalog », sur guides.loc.gov (consulté le )
  3. ↑ Tyler Ostapyk, « catalogue sur fiches », sur Le blogue de Bibliothèque et Archives Canada, (consulté le )
  4. 1 2 (en-US) Karen Coyle, « The Evolving Catalog : Cataloging tech from scrolls to computers », sur American Libraries Magazine, (consulté le )
  5. 1 2 3 4 5 6 (en) Salla Keenan, « The Evolution of the Online Public Access Catalog », sur Sutori, (consulté le )
  6. 1 2 3 4 5 Charles-Antoine Julien et France Bouthillier, « Le catalogue réinventé », Documentation et bibliothèques, Association pour l'avancement des sciences et des techniques de la documentation (ASTED), vol. 54, no 3,‎ , p. 229–239 (ISSN 0315-2340 et 2291-8949, DOI 10.7202/1029200ar, lire en ligne, consulté le )
  7. ↑ Julien Charles-Antoine, Catherine Guastavino et France Bouthillier, « Capitalizing on Information Organization and Information Visualization for a New-Generation Catalogue », Library Trends, vol. 61, no 1,‎ , p. 148-161 (lire en ligne)
  8. 1 2 3 4 5 Élise Chapoy et Joris Paillaré, « Donner accès à l’information : de l’OPAC aux outils de découverte », dans Bibliothèques universitaires : nouveaux horizons, Éditions du Cercle de la Librairie, , 221–231 p. (ISBN 978-2-7654-1469-8, ISSN 0184-0886, DOI 10.3917/elec.cava.2015.01.0221, lire en ligne)
  9. ↑ Francis Frank C., « Cataloging », sur Britannica (consulté le )
  10. 1 2 3 (en) « What Is an OPAC (Online Public Access Catalog)? | Definition & Features », sur OpenEduCat (consulté le )
  11. ↑ « OPAC | Made In Heritage », sur www.madeinheritage.com (consulté le )
  12. ↑ Christine L. Borgman, « Why Are Online Catalogs Still Hard to Use? », Journal of the American Society for Information Science, vol. 47, no 7,‎ (lire en ligne)
  13. ↑ (en) Christine L. Borgman, « Why Are Online Catalogs Still Hard to Use? », Journal of the American Society for Information Science, vol. 47, no 7,‎ , p. 493–503 (ISSN 0002-8231, lire en ligne, consulté le )
  14. ↑ (en) Kristen Antelman, Emily Lynema et Andrew K. Pace, « Toward a Twenty-First Century Catalog », Information Technology and Libraries, vol. 25, no 3,‎ , p. 128–139 (ISSN 2163-5226, DOI 10.6017/ital.v25i3.3342, lire en ligne, consulté le )
  15. ↑ Élise Chapoy et Joris Paillaré, « Donner accès à l’information : de l’OPAC aux outils de découverte », dans Bibliothèques universitaires : nouveaux horizons, Éditions du Cercle de la Librairie, , 221–231 p. (ISBN 978-2-7654-1469-8, lire en ligne)
  16. ↑ Marshall Breeding, « Open Source Library Automation », Library Technology Reports, vol. 44, no 8,‎ , p. 5–10 (lire en ligne)
  17. ↑ Joachim Ganseman, Refactoring a library’s legacy catalog: a case study, New York, IAML/IMS Congress, (lire en ligne)

Voir aussi

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Articles connexes

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Liens externes

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